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« Au loin s’en vont les nuages », du finlandais Aki Kaurismäki, est une tragi-comédie qui permet d’appréhender l’univers bien particulier de ce réalisateur. Le sujet a été abordé dans de nombreux films au cinéma comme à la télévision, mais c’est dans la mise en forme qu’Aki Kaurismäki se distingue. « Au loin s’en vont les nuages » raconte le parcours d’un couple ordinaire sans histoire qui vit avec son chien. Elle, est maître d’hôtel dans un restaurant, lui est conducteur de tramway. Ils vivent dans un appartement qu’ils aménagent à crédit. Mais en peu de temps, ils vont perdre tous deux leur emploi et vont devoir faire face brutalement à la précarité de leur situation. Retrouver un travail dans des bonnes conditions n’est pas facile. Ilona a l’idée alors de monter son propre restaurant mais se heurte au refus de sa banque de lui accorder un prêt. La réalisation est d’un style dépouillée dans des décors aux couleurs saturées de rouge et de bleu. Les dialogues sont minimalistes et les acteurs jouent dans le style de Buster Keaton. Des visages inexpressifs mais qui suscitent l’émotion par le seul fait de la description brute et sans fioriture de la situation. Le problème du chômage dans notre monde moderne et la précarité qui en découle sont abordés dans une mise en scène à l’esthétique soignée jusqu’à la bande son d’une grande qualité. Dans le dernier tiers du film, le couple réussit à ouvrir son propre restaurant grâce à l’aide de l’ancienne patronne d’Ilona. L’optimisme est alors à nouveau permis. L’image de fin est superbe avec l’utilisation du hors-champs, le couple scrutant le ciel, afin de montrer qu’après les malheurs de l’existence, l’espoir renait et l’avenir s’éclaircit car … au loin s’en vont les nuages.
Ajoutée le 17 avr. 2011 à 23h30 Signaler un abus
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