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    Cría Cuervos
    note moyenne
    3,8
    827 notes dont 96 critiques
    répartition des 96 critiques par note
    38 critiques
    35 critiques
    11 critiques
    8 critiques
    1 critique
    3 critiques
    Votre avis sur Cría Cuervos ?

    96 critiques spectateurs

    Robin M
    Robin M

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    5,0
    Publiée le 15 novembre 2012
    http://lecinemaduspectateur.wordpress.com/2012/11/09/cria-cuervos/ | L’enfance est un sujet complexe au cinéma. Il ne faut pas tendre vers une niaiserie en tentant de voir le monde comme un enfant, mais superposer l’enfance et un traitement adulte sonnerait tout aussi faux. Carlos Saura parvient avec maestria à nous montrer la vie d’un enfant, et cela à travers le regard de Ana – jeune enfant qui perd sa mère puis son père. Le réalisateur espagnol traite alors le sujet difficile de la perte de l’innocence et du premier choc entre l’enfance et l’adulte. Il ne faut pas de mot à Saura pour nous faire comprendre que Ana pense avoir empoisonné son père et pas de mot non plus pour comprendre l’absence douloureuse d’une mère vers laquelle elle tente de se réincarner. L’idée judicieuse de donner un même visage à la mère et la femme qu’elle deviendra – celui de Géraldine Chaplin – donne au film une dimension poétique et sinistre. Cependant, Ana est bloquée entre deux mondes qu’elle ne peut rejoindre. L’enfance lui a fermé ses portes suite aux diverses tragédies et le monde des adultes ne peut lui ouvrir ses portes tant son opacité lui est encore conséquente. Cette confrontation à l’adulte s’exprime bien sur à travers la mort, mais également d’une façon plus cocasse à travers l’opulence des seins de Rosa qu’Ana lui demande de dévoiler avec insistance. Comme si elle voulait voir son avenir et montrer de cette manière qu’elle aussi a grandie et que si elle n’est pas une femme morphologiquement, son esprit n’est plus enfantin. Il suffit de s’attarder sur ses jeux : elle joue à la poupée certes, mais elle prend le rôle d’une véritable mère agacée par son enfant et qui déjà semble connaître les sensations qu’elle ressentira à la tété (le bébé qui mort le bout du sein). Elle joue également avec ses sœurs à se déguiser, mais le but n’est que de rejouer une scène de dispute qui a eu lieu entre ses parents. Elle reprend d’ailleurs le rôle de sa mère comme pour mieux lui ressembler et pour mieux faire coïncider les deux An(n)as. Cette immobilisme entre l’enfance et le passage à l’âge adulte donne lieu à des scènes absurdes et cruelles: Ana est chassée du chevet de sa mère par les adultes qui essayent tant bien que mal de garder son innocence. Priée d’aller jouer, Ana quitte la chambre bientôt mortuaire et monte les escaliers pour retourner dans le monde de l’enfance sous les hurlements d’agonie de sa mère. Comme si l’abstraction enfantine permettait de tout surmonter. Ana n’est déjà plus une enfant et les adultes tentent de réparer l’irréparable : la perte de l’innocence. Ils essayent de l’endormir pour la maintenir dans une illusion. Comme ci, le voile du sommeil et le voile qui couvre le regard de l’enfant et l’empêche de voir une réalité bien cruelle ne faisaient qu’un. A cette redondance d’aller au lit, elle rétorque « Mais je ne suis pas fatiguée ». Malgré cela, Ana se protège comme une enfant dans les souvenirs et la création d’un monde où sa mère qu’elle chérie partage encore sa couche et son espace. Cependant, Saura inculque dans cet échappatoire des limites et questionne la notion de souvenirs. Ana se maintient dans le passé, et sa narration de femme adulte montre bien qu’elle n’a toujours pas réussi à s’en sortir. Elle est bloquée à nouveau entre deux réalités : la vrai et celle qu’elle s’est créée. Ana contrôle ses souvenirs, contrôle l’apparition de sa mère, mais à ce pouvoir presque divin que lui octroie Carlos Saura il y a des limites. Elle plisse les yeux avec hargne pour esquisser le va-et-vient d’une mère inquiète pour son enfant au seuil de la porte de sa chambre. Mais cette scène rassurante, elle ne peut la continuer ou la modifier. Elle ferme fortement ses yeux pour toujours faire ressurgir la même scène. Elle voyage dans ses souvenirs, mais ne peut en créer. Elle est contrainte de voir une scène à répétition pour se donner l’impression qu’elle perdure. De plus, sa mère porte dans chaque rêverie la même coiffure et la même tenue. Et si elle garde qu’une seule image de sa mère, qu’est-ce qui nous dit que cette dernière n’est pas faussée, embellie ou même complètement inventée ? De cette notion d’invention découle une autre réflexion mais cette fois-ci porté sur le cinéma même. « Cria Cuervos » pose un questionnement sur la notion d’auteur au cinéma. Et si nous prônions l’hypothèse que le véritable créateur était le personnage d’Ana. Le film donne l’impression qu’il n’y a pas de réalisateur et qui si on devait en désigner un on se pencherait aussitôt sur Ana. En effet, c’est elle qui a dans toute l’œuvre le pouvoir de décision et qui dirige le film. Tout d’abord, elle contrôle la caméra et propose au spectateur de s’unir à elle pour n’oublier aucun détail. Elle fait alors un jeu de champs/contre-champs montrant soit ce qu’elle voit soit ce qu’elle veut qu’on voit : c’est-à-dire sa mise en scène dans ses propres souvenirs. Ensuite, elle commande les personnages puisque nous voyageons dans sa tête, elle choisit donc de faire entrer ses personnages de manière théâtrale, les menant à sa guise. Dans la scène de cache-cache, elle se prend même pour Dieu tuant et ramenant à la vie ses sœurs. Elle choisit qui vit et surtout quand : ce qui sied avec le rôle d’empoisonneuse qu’elle croit avoir. On peut également voir dans la scène de la grand-mère face aux photographies, une Ana directrice d’acteurs qui récite le texte que la grand-mère devrait dire par la suite lors de la prise de vue. Elle explique ce qu’elle doit penser et ce qu’elle a vécu donnant l’impression d’une explication du rôle à jouer. Elle contrôle également la narration et s’octroie le rôle de maîtresse de l’action : elle choisit dans quels souvenirs nous la suivons et surtout à qu’elle moment ils commencent, nous jetant parfois un regard comme pour dire « je vous attendais ». Enfin, d’un point de vu plus technique, elle gère également la bande-son. La musique ne commence pas au hasard mais lorsqu’elle glisse le disque dans le tourne-disque et c’est elle qui choisit en quelque sorte de ce que sa mère joue au piano. Elle prend des décisions sur le film qui défile sous nos yeux. Certains théoriciens du cinéma disaient que la meilleure musique de film était celle que l’on ne remarquait pas, et si la perfection d’un réalisateur résidait également dans le fait qu’on ne le remarque pas. Carlos Saura a fait le film, mais il a réussi à gommer sa présence pour nous montrer seulement le principal : l’errance de cette enfant.
    chrischambers86
    chrischambers86

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    4,0
    Publiée le 9 septembre 2019
    "Cría Cuervos", c'est l'histoire de la petite Anna, neuf ans, qui ne se remet pas de la double disparition de ses parents! Son père, assassinè par sa maîtresse et sa mère, morte de chagrin! Alors pour tenter de faire revivre sa mère, elle s'invente un monde à elle avec ses soeurs! "Cría Cuervos" est le premier film de Carlos Saura qui lui apporte une renommèe internationale! A travers ce long-mètrage, il a èvidemment voulu parler de l'enfance qui est tout pour lui, sauf un paradis! C'est plutôt le lieu de toutes les peurs, peur de l'abandon, peur de la solitude et peur du noir! Mais, puisqu'il a ètait tournè en 1976, on peut y voir èvidemment aussi une critique du franquisme à travers notamment le personnage du père, militaire, assez odieux, qui fait face à une femme à fable qui elle, pourrait reprèsenter la rèsistance! Ce superbe film est très personnel dans la carrière de Carlos Saura, à tel point que la maison familiale, justement de cette oeuvre, est celle qui ètait voisine de celle qu'il occupait à l'èpoque! "Cría Cuervos" a obtenu le Grand Prix du jury au festival de Cannes en 1976 et ce n'est que justice! Comment oublier les grands yeux noirs de la petite Ana Torent et la chanson mythique de Jeanette "Porque te vas", vèritable triomphe en 1976...
    Caine78
    Caine78

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    5,0
    Publiée le 21 janvier 2009
    Considéré par beaucoup comme LE chef d'oeuvre de son auteur, "Cria Cuervos" semble en effet difficile à égaler pour quiconque tant la réussite est éclatante à tout point de vue. Incroyablement riche dans son traitement des thèmes mais le faisant toujours avec une incroyable délicatesse et sensibilité, Carlos Saura arrive à donner à son film l'ampleur caractérisant les grands films. Métaphore d'un fascisme à l'agonie, portrait de l'enfance, chronique sociale et familiale... il est impossible de ne pas se reconnaitre ne serait-ce qu'un peu devant une oeuvre aussi dense et profonde. Mais Saura sait néanmoins toujours garder un véritable fil conducteur, les différents sujets étant parfaitement intégrés à un scénario bien construit et totalement en phase avec tout ce qui peut être abordé dans l'oeuvre. Bref, on pourrait en parler des heures et des heures, le constat serait le même : "Cria Cuervos" est une oeuvre éblouissante, universelle et intemporelle, qui saura à jamais se faire une place privilégiée dans nos coeurs. Magnifique.
    EricDebarnot
    EricDebarnot

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    3,5
    Publiée le 14 juillet 2014
    L'édition en format Blu-ray du chef d'oeuvre de Carlos Saura (oserait-on dire de son unique "bon film" ?) permet d'évaluer l'impact du temps passé - une quarantaine d'années quand même - sur une oeuvre largement politique : Carlos Saura, en nous racontant dans "Cría Cuervos" l'histoire d'une petite fille bouleversée par la mort de sa mère, voulait montrer la souffrance de l'Espagne lors des dernières années de la dictature franquiste. S'il y a fort à parier que le rôle symbolique de chacun des personnages, représentant bourreaux et victimes du système fasciste, passera désormais bien au dessus des têtes des spectateurs modernes, ces mêmes spectateurs retiendront évidemment l'incroyable présence (s'agit-il même d'une interprétation ?) de la petite Ana Torrent, ainsi que l'utilisation percutante du tube "Porque te vas". Mais Saura faisait aussi un beau travail de mise en scène pour nous guider de manière subtile, mais efficace, au coeur du labyrinthe mental de sa petite héroïne. "Cría Cuervos" nous réserve ainsi toujours de grands et beaux moments - originaux - de sensibilité, sachant suggérer l'indicible (la disparition des parents, le désir de mort et la culpabilité de l'enfant) avec une étonnante intelligence et une grande sensibilité.
    Santu2b
    Santu2b

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    4,0
    Publiée le 10 mai 2013
    Un proverbe espagnol dit "Cría cuervos y te sacarán los ojos", soit littéralement "Élève des corbeaux et ils te crèveront les yeux "! Un bon équivalent français pourrait d’ailleurs être "réchauffer un serpent dans son sein". En gros, cela montre que si par malheur il vous arrive au cours de votre vie de faire du bien à un ingrat, ce dernier finira irrésistiblement par se retourner contre vous. Une prophétie dont s’inspira le cinéaste Carlos Saura afin d’octroyer un titre à son long-métrage le plus connu, "Cría Cuervos" réalisé en 1975, soit au moment où l’Espagne franquiste vivait alors ses derniers instants. Film résolument politique avant tout, ce dernier est également l'un des long-métrages parmi les plus subtils sur l'enfance. Par l’intermédiaire d'Ana, fillette orpheline de dix ans, meurtrie depuis la mort de sa mère, s'établit ainsi la construction d'un monde sans ambages, loin des écueils habituellement attribués à cette période de la vie. Vision non-idéalisée, presque lugubre, d'où se tisse au final un remarquable jeu de miroir entre le globe enfantin et la fin d'un régime totalitaire. Une oeuvre majeure.
    CineRepertoire.free.fr
    CineRepertoire.free.fr

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    4,0
    Publiée le 28 juin 2013
    Dans la série des grands films sur l'enfance meurtrie, Cría Cuervos tient une place de choix. Ce n'est pas très gai, certes, mais si l'on n'est pas complètement déprimé d'avance, on ne peut qu'apprécier cette oeuvre hantée par la mort et par le souvenir. Un beau film triste. Ana Torrent, qui s'était déjà révélée dans L'Esprit de la ruche, de Víctor Erice, est inoubliable. La chanson "Porque te vas", devenue célèbre après la sortie du film, ajoute à l'émotion.
    Hugo.Mattias
    Hugo.Mattias

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    3,0
    Publiée le 18 août 2019
    Sans doute l’un des films les plus sensibles et subtils que j’aie pu voir sur l’enfance, son impuissance et ses illusions de toute-puissance. Malheureusement, cette esthétique très 70’s, cette photographie terne et ces papiers peints à fleurs m’ont rendu le film assez peu sympathique, trop froid, trop distant et vaguement morbide. L'arrière-plan historique et la symbolique associés à la fin du franquisme ajoutent sûrement de l'intérêt au film, mais ils me sont passés au-dessus.
    jimi_page
    jimi_page

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    5,0
    Publiée le 15 avril 2009
    Filmé sans artifices et avec une simplicité déconcertante, Carlos Saura nous offre une oeuvre d'une sincérité rare. Bon, je vais pas sortir les superlatifs, car d'autres l'ont déjà fait.
    mastred
    mastred

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    5,0
    Publiée le 8 février 2009
    Ce film est un vrai chef d'oeuvre. Il fait clairement partie des plus gros succès du cinéma espagnol, et il est d'ailleurs la plus grande réussite de son auteur Carlos Sauro. Il y a en effet certains films qui nous touchent au plus profond de notre âme, "Cria Cuervos" en fait sensiblement partie. Ana Torrent n'y est pas pour rien: son regard triste et implacable nous plonge tout d'abord dans la tristesse puis nous donne des frissons à la fin du film. Je n'en dirais pas plus, si vous êtes cinéphile et que vous ne l'avez pas vu alors c'est le moment!
    stebbins
    stebbins

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    3,0
    Publiée le 26 janvier 2012
    Légère déception. Si l'émotion opère parfois - allant même jusqu'à nous tirer les larmes -, Cria Cuervos souffre d'un scénario répétitif : l'ennui vécu par la petite Ana est pour le moins communicatif ( il s'agit peut-être du choix de Carlos Saura ). Pourtant, au beau milieu de ce huis-clos dépressif, on peut déceler de magnifiques instants de grâce... A commencer par les deux scènes utilisant la célèbre chanson de Jeanette : Porque Te Vas ( mais ai-je besoin de le rappeler, étant donné le succès du tube ? ). D'un point de vue stylistique, le film est plutôt bien construit car il évite souvent les facilités : dans Cria Cuervos, aucune hystérie ne vient alourdir l'intrigue ( absence relative d'une musique pathétique, sobriété d'une majeure partie des acteurs, etc...). Au final, le film de Carlos Saura s'avère poignant voire déchirant ( mais il n'est pas le choc virtuose tant attendu ). Un bon film, peut-être légèrement surestimé, mais qui mérite que l'on s'y attarde. A voir en version originale.
     Kurosawa
    Kurosawa

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    2,5
    Publiée le 4 mai 2019
    "Cria Cuervos" est perçu comme un grand film sur l'enfance sous l'unique prétexte qu'il montre cette période comme profondément douloureuse, aux antipodes de l'idée préconçue selon laquelle l'innocence serait préservée. Carlos Saura dévoile ce moment de notre existence comme une source de traumatismes que l'on ne comprend qu'à moitié et qui, de ce fait, accentuent l'incompréhension et la frustration. Regard plutôt juste mais qui ne va pas assez loin dans la subjectivité, le point de vue de Saura s'arrêtant trop sur les tensions entre adultes – vues à travers l'enfant, nous dira-t-on –, alors que le film est plus émouvant lorsque les trois filles sont seules à l'écran. "Cria Cuervos" s'emploie à jouer sur l'indistinction entre la mère décédée et la fille ou sur la présence de celle-ci lors de discussions auxquelles elle n'a sans doute pas assistées mais ces procédés demeurent en fin de compte artificiels, avant tout symptômes de la tentative volontariste du cinéaste de connecter l'enfant aux adultes. Trop peu de trouble et d'abstraction dans "Cria Cuervos" – quoi de plus étrange pourtant que l'esprit d'un enfant –, film qui à force de répéter mécaniquement ses effets dévoile sa véritable nature : un objet touchant par moments mais au fond très académique.
    scorsesejunior54
    scorsesejunior54

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    5,0
    Publiée le 25 janvier 2009
    Et dire que j'ai dû me retenir pour ne pas pleurer comme une madeleine... Ca aurait été la première fois, alors vous comprenez, je me devais de garder ma fierté ! "Cria Cuervos" a été réalisé par Carlos Saura en 1975 dans une période de libéralisation du régime Espagnol puisque Franco, déjà vacillant depuis plusieurs années, n'allait plus tarder à rendre l'âme (pour peu qu'il en ait eu une). Chronique décalée et atypique d'une enfance meurtrie, le film narre en fait l'existence glauque d'une fillette se créant son petit monde afin d'échapper à la réalité. Habile, le générique laisse défiler plusieurs clichés de notre héroïne à des époques différentes, quelquefois entourée de ses proches : cela permet au spectateur de très vite cerner la situation avant même que le film n'ait démarré ; on évitera ainsi les présentations d'usage. Drôle et terrifiante, la première scène rentre très bien dans l'oeuvre, attaquant frontalement son sujet et se posant comme le premier bout du puzzle constituant un scénario alambiqué et troublant mais ô combien passionnant. Les rêves de la petite fille se mélangent avec ses souvenirs, des instants qu'elle croit avoir vécu et qu'elle incorpore dans une vie dont elle ne parvient à saisir les limites. Les morts reviennent lors de séquences surréalistes dans l'esprit d'une gamine à l'imagination débordante. Et puis, quelquefois, "Cria Cuervos" repose les pieds sur terre, analysant sereinement et magnifiquement l'enfance, son ennui, ses instants de grâce. La musique emporte le public dans un amas d'images splendides, renforcées par une photographie sobre ayant très bien traversé l'épreuve du temps. Les fillettes sont bouleversantes de justesse et les adultes illustrent très bien le contraste entre les mondes séparés de deux générations. Carlos Saura que je découvre m'avait fait bonne impression avec "Vivre Vite" : il m'a plus qu'ému par l'intermédiaire d'un film puissant et déroutant, à voir et revoir par plaisir comme par souci d'analyse.
    Loïck G.
    Loïck G.

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    4,5
    Publiée le 2 juillet 2014
    En pleine fête du cinéma ressortir ce petit bijou est une excellent opportunité pour comprendre ce que veut dire mise en scène, direction d’acteurs ( des enfants en particulier ) et sens du récit . Ce qui nous donne un tableau aussi édifiant que remarquable de l’agonie du franquisme, à travers la chronique familiale de trois petites filles, désormais orphelines . Carlos Saura filme avec une subtilité parfaite ce quotidien, passant de l’imaginaire à la fiction, du rêve à la réalité, sans indicateur particulier. Ca peut décontenancer, mais une fois dans le secret de cette villa espagnole, on ne se lasse pas de suivre le regard à la fois candide et cruel de la petite Ana, interprétée par Ana Torrent , qui n’était pas encore la grande comédienne de « Tesis ». Mais déjà tout à fait remarquable . Avis bonus Au milieu d'une rencontre avec le réalisateur, des spécialistes et le producteur reviennent sur le film, sa thématique, ses interprètes... Pour en savoir plus
    weihnachtsmann
    weihnachtsmann

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    4,0
    Publiée le 7 septembre 2015
    Je ne peux pas m'empêcher d'y voir, avec le recul, une similitude avec "6eme sens"; mais ici la mort rassure l'enfant. Elle dit elle-même que son enfance a été interminable, mais elle a pu compter dans son imagination sur la présence de sa mère, rassurante et douce. Un film aux accents fantastiques très beau et sensible sur l'enfance et ses blessures. La musique tendre et mélancolique crée aussi cet atmosphère de tristesse même si au final la vie reprend ses droits témoin cette fin assez optimiste.
    Aulanius
    Aulanius

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    5,0
    Publiée le 2 mai 2011
    "L'Esprit de la Ruche" m'a indéniablement donné l'envie de voir "Cria Cuervos", qui, ma foi, est un très beau drame. Ana Torrent, malgré une nouvelle fois, son âge, est tout simplement exceptionnelle et criante de naturelle. Je suis surpris de la voir remplir son rôle à merveille notamment lors des plans séquences, qui est l'une des choses les plus difficiles à faire au cinéma. Sin imagination lui joue des tours et on mêle la réalité aux souvenirs en passant par les hallucinations, syndrome, qui a du arriver à pas mal d'entre nous et auquel nous pouvons nous identifier quelques part. La relation qu'elle a/avait avec sa mère est spontanée et très touchante, c'est l'une des choses qui m'a le plus plu. En général, tous les acteurs sont bons et on pourrait limite penser à un documentaire par moment. Le scénario n'est pas forcément original mais je ne crois pas que ce soit l'effet voulu dans ce cas là. Quant à la bande originale est à la fois douce (pour tout se qui est musique d'ambiance) et revigorante pour "Porque te vas" qui m'a rappeler de très bons souvenirs. Je dois bien avouer que son prédécesseur m'a plus "transpercer" car pour moi plus symbolique mais cela reste quand même un excellent film, surtout pour l'époque. Comme quoi ... le cinéma espagnol n'est pas si mauvais, loin de là. La photo du haut de l'affiche est superbe et représente à ravir se que ressente la mère et la fille entre elles. Il y a des choses qui ne s'expliquent pas comme le fait que ses deux sœurs sont un peu éloignées au profit d'Ana mais c'est tout simplement la vie. En tout cas, un long métrage à voir absolument. 16/20.
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