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Peter Franckson
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4,0
Publiée le 4 mars 2017
C’est la chronique froide, quasi documentaire, de la vie du ministre des transports, Bertrand Saint-Jean (excellent Olivier GOURMET), entouré de son directeur de cabinet (Michel BLANC) spoiler: qui écoute, chez lui, le discours d’André Malraux lors de l’entrée de Jean Moulin au Panthéon en décembre 1964 et de sa directrice de communication (Zabou BREITMAN), horripilante par son cynisme, à travers le quotidien : présence lors d’un accident de car dans les Ardennes, rencontre d’ouvriers en grève, contorsions gouvernementales concernant la privatisation des gares, détestation par les autres ministres du gouvernement. Les nombreuses récompenses qu’a obtenues le film sont méritées. A signaler que le film est coproduit par les frères DARDENNE, Jean-Pierre et Luc et que la musique est écrite par le frère du réalisateur, Philippe SCHOELLER.
Un film des plus bizarres qui se perd trop en atermoiements sur la dureté de "l'exercice de l'état" et de ses contingences fourbes, du poids et du stress de la fonction, avec un portrait en creux d'un ministre des transports que l'on tente de présenter comme un homme... comme les autres !
En fait, le film échoue déjà à cerner précisément la psychologie du personnage malgré ses rêves névrotiques et se perd dans la mélasse politicarde qui l'accompagne. On n'a finalement aucune idée de ce qu'il pense réellement et d'un autre côté, le film globalement très froid pour ne pas dire sinistre n'a pas non plus l'excuse d'un cynisme dont il est totalement dépourvu.
Le cul entre plusieurs chaises malgré la belle prestation du très bon Olivier gourmet, le film n'est ni un documentaire -même s'il s'en rapproche parfois- ni une satire, ni une humanisation réussie des antres du pouvoir. Il n'est pas non plus vraiment réaliste et reste en déséquilibre notoire d'un bout à l'autre entre une lenteur avérée et une incrédulité récurrente.
La musique expérimentale, une sorte de cacophonie superfétatoire, censée instiller une ambiance paranoïde, échoue elle aussi dans sa finalité qui reste un mystère. Notons que Michel Blanc et la Zabou sont contre toute attente tout-à-fait supportables mais ne tirent pas le film de son marasme d'indécision.
Un film politique neutre, précis, critique et intéressant comme on en fait rarement. L'Exercice de l'Etat présente le quotidien d'un homme d'Etat, ses habitudes, ses fonctions, ses obligations, ses erreurs, etc... Le long métrage est suffisamment sobre et objectif pour passionner et ne pas entrer dans un mauvais procès de la fonction politique.
Bof, on reste sur le même personnage : Le ministre des transports avec ses coups de gueule, ses affrontements, les ordres qu'il reçoit et donne... Il n'y a absolument rien de passionnant et l'on s'aperçoit vite qu'il semble davantage réduit à l'état de pantin qu'à un décisionnaire. Le film demeure complexe et montre qu'il faut du courage pour accepter de changer les choses en allant à contre courant de sa hiérarchie pour des causes plus nobles que le simple pouvoir et l'argent. Personnellement, je ne comprends bien cet éloge de prix. Les personnages sont presque tous antipathiques et aucun ne sort réellement du lot. Je mentirai en disant avoir été diverti ou avoir appris quelque chose. Une fin à la française, bien entendu. Le générique tombe de manière inattendue. Nul.
Un film tout en complexité avec des vrais personnages profonds comme je les aime, un point de vue intéressant car réaliste sur le pouvoir et des dialogues recherchés et bien sentis. Cela commence très bien et très fort puis il y a quelques baisses de rythme qui sont un peu préjudiciables au film. Néanmoins, le scénario est vraiment très bien : on vit la vie du ministre et de son cabinet par procuration. D’ailleurs, on s’aperçoit qu’il n’y a pas tant de différence entre la haute administration de l’Etat et le privé en terme de milieu professionnel, même si les coups tordus sont plus durs au sommet de l’Etat qu’à la « base » de la société dans laquelle je travaille. Ce film visionnaire aborde l’état réel dans lequel est la France et le plan de rigueur / austérité de nos 10 prochaines années avant même que celui-ci n’ait été annoncé par notre vrai gouvernement. Le thème du film m’a fait penser au film « Président », sorti en 2006, avec Albert Dupontel mais la qualité est un cran au-dessous par certains choix plus que discutables. Ainsi, j’ai été un peu heurté par certains choix de la bande originale du film qui ont eu tendance à agresser mes oreilles et, dans un tout autre domaine, quelqu’un pourrait-il m’expliquer l’intérêt de la scène d’ouverture spoiler: (celle de la femme nue qui entre dans la gueule du crocodile) ? En effet, j’ai eu du mal à comprendre ce rêve du ministre, même si à n’en pas douter, ce fut sans nul doute une scène sympa à tourner pour le réalisateur ;-)
L'exercice du travail bien fait. Il faut que çà trépigne, dans cette fourmilière géante, où l'on débute par la forme, dans une gueule de crocodile. Le thriller politique que Pierre Schoeller construit ici n'a rien d'anodin. Il vit. C'est un feuilleté de coup bas et mauvaise fois, mais toujours proprement. Les hommes respirent le dégoût, mais pourtant on en tire une empathie. Scénaristiquement implacable, singularité absolue de la mise en scène. Le film marque les esprits bien longtemps après. Il y a l'élaboration d'un vrai tour de force, et le film n'est que çà : il est insolent.
La scène onirique d'introduction est très jolie mais son symbolisme est louirdingue. Après un démarrage intéressant : le déplacement obligatoire du ministre, les propos de circonstances, la langue de bois, on s'aperçoit après une scène ridicule spoiler: (Blanc écoutant Malraux) que rien n'est maîtrisé, entre des dialogues qui sonnent souvent faux ("la politique est une meurtrissure permanente") des invraisemblances de situations spoiler: (les blessées des Ardennes qui sont soignés à Pompidou, le chauffeur intérimaire recruté par le directeur de cabinet, la présence du premier ministre à l'enterrement du chauffeur et plein d'autres). Certaines scènes sont interminables spoiler: (l'après accident, l'enterrement du chauffeur) d'autres sont inutiles spoiler: (la naissance du bébé) . La scène spoiler: de la caravane trouve le moyen d'être à la fois invraisemblable, gavante, grotesque et mauvaise. Si on ajoute à cela un montage raté (on a parfois du mal à bien suivre), une musique grotesque et une fin bisounours, ben, c'est pas terrible. De plus idéologiquement on est en pleine démagogie, si l'auteur à raison de nous montrer un monde politique nauséeux et destructeur, lui opposer la prétendue pureté du peuple (figurée ici par la famille du chauffeur) procède d'un manichéisme primaire. Les acteurs ne sont pas mauvais bien que Michel Blanc a l'air de s'emmairder. Sur un sujet proche on peut préférer de très loin "Quai d'Orsay" de Tavernier
J'aurais aimé mettre 4 étoiles pour l'interprétation car je trouve Gourmet vraiment très bon, mais il à part le témoignage d'une vie trépidante voulue par ce métier exigeant et l'accumulation de scènes presque "documentaires" sur les événements plus ou moins tragiques à gérer, on a du mal à trouver une unité à l'ensemble.
"L'exercice de l'état" est un film glaçant de réalisme sur le portrait d'un ministre des Transports, avec ses bons et ses mauvais côtés, dans son quotidien politique, où on passe en 2 secondes de l'émotion spoiler: (l'accident de bus) à l'effroispoiler: (les corps des enfants) , et de la colère spoiler: (les grévistes, les syndicats) au conflit spoiler: (politique, interne et externe) . En effet, la vie politique n'est pas de tout repos, il faut maîtriser sa communication spoiler: (le choix de cravate, le discours chez Fogiel, Libé) , faire face à toutes sortes de trahisons spoiler: (l'amitié en politique n'a guère de sens, sauf pour Gilles; les batailles interministériels, ici entre le budget et les transports sur la privatisation des gares; les magouilles pour virer les gens avec le chantage idéologique sur Bertrand; Bertrand qui veut dégager sa conseillère com Pauline) et gérer des situations délicates spoiler: (l'accident de bus, les anti-réforme) , le tout dans un contexte où règne le sexisme spoiler: (celui qui mate avec insistance la secrétaire; l'intro métaphorique sur le machisme des dirigeants avec le crocodile qui mange la femme nue) , l'illégalité spoiler: (les conflits d'intérêts multiples entre privé et public) et une forme importante de déconnexion avec la réalité et les gens spoiler: (Bertrand qui débat bourré dans la caravane de son chauffeur et de sa femme) . Pour symboliser l'ascenseur émotionnel de la fonction ministérielle, on notera l'alternance réussie entre l'humour spoiler: (les corps des enfants)0 et le dramatique spoiler: (les corps des enfants)1 , ainsi que le jeu tout en nuances des remarquables Olivier Gourmet, Zabou Breitman et Michel Blanc. Seule ombre au tableau de ce film saisissant, le coup de mou à mi-parcours, avec baisse de rythme et événements moins emballants. Au final, "L'exercice de l'État" est un film démonstratif accrocheur sur un univers politique sans pitié, qui ne prend pas de positions franches sur ses personnages mais les montrent dans toute leur complexité entre part d'ombre et volonté de bien faire. Le casting est brillant.
Un film politique comme j'en avais pas vu depuis longtemps et comme on n'en avait pas fait depuis longtemps. Pierre Schoeller nous montre les coulisses du pouvoir en France en 2011 à travers un ministre des transports. Et c'est vrai que ce film, très instructif au demeurant, ne donne pas envie de s'engager en politique. Déjà, les ministres enfermés dans leur tour d'ivoire : c'est terminé. Les Français veulent des hommes politiques au plus près de leurs réalités au quotidien et hyper réactifs. Ainsi, on voit plusieurs fois Saint-Jean aller en pleine nuit sur les lieux d'un accident de bus dans les Ardennes ou, une actualité en chassant une autre, affronter des syndicalistes vindicatifs. Le spectateur est empêtré dans ce tourbillon où se mêlent amitiés, parfois vieilles de dizaines d'années, trahisons, stratégies politiques et ambitions personnelles. L’État est une grosse machine, un mammouth pour reprendre l'expression d'un ancien ministre de l'éducation nationale, quelque part un peu hors du temps avec aujourd'hui un déluge d'informations à chaque seconde. Il y a quelque chose de pathétique à voir ces êtres humains, président de la République, premier ministre, ministres, directeurs de cabinet, écrasés par leurs fonctions malgré tous leurs conseilleurs, leurs diplômes, obnubilés par leur prochaine réélection plutôt que de sortir la France du marasme dans lequel elle est empêtrée depuis le début des années 80. J'en suis ressorti un peu dégoûté, résigné, à se demander si finalement une solution est possible. Ah et juste un petit mot comme ça pour conclure. Les comédiens sont vraiment excellents. Olivier Gourmet et Michel Blanc en tête.
C'en est bluffant tant ça semble réel. La réalisation réussie d'un scénario intelligent et plus fin qu'il n'y paraît. Et une interprétation exceptionnelle d'Olivier Gourmet et plus que convaincante de ceux qui lui donnent la réplique.
Un film français sur les coulisses du pourvoir passionnant. Les luttes internes, les enjeux, les ambitions et la politique sont parfaitement dépeint ici. Seulement ce film ne sait pas quoi raconter et se perd pendant deux heures pas aidé par un réalisateur dépassé. Dommage ce film aurait sûrement mérité mieux car il sent le vrai !
Qu'est-ce que le pouvoir sans la puissance d'agir ? Cette plongée fictive dans les coulisses du ministère des transports se révèle captivante et audacieuse. Captivante car elle nous immerge dans un milieu féroce et impitoyable. Audacieuse car Pierre Schoeller, opère un regard très personnel qui se retrouve dans une mise en scène et un montage aussi atypique que percutant. Tout est basé sur le personnage interprété par Olivier Gourmet, un homme complexe qui a ses convictions mais aussi ses ambitions, un homme politique qui n'est donc ni vraiment pourri ni totalement blanc. Cette ambiguité se conjugue dans un scénario qui opère une réflexion sincère et incisive sur ce qui reste des prérogatives de l'Etat et son influence réelle dans le monde économique et social. Sans pour autant condamner définitivement la fonction politique, le regard reste lucide et implacable d'où un résultat assez pessimiste et noir. A la différence des dernières productions françaises au cinéma sur le milieu de la politique ( « Quai d'Orsay », « La conquête »), Pierre Schoeller, ne cherche pas à nous faire rire mais à nous faire réfléchir sur l'essence de la politique aujourd'hui. Il n'hésite pas à bousculer le spectateur, à le sortir de sa zone de confort. Le rythme est ainsi bien tenu de bout en bout avec des fulgurances étonnantes. Le film ne prétend pas apporter des réponses définitives et n'assène pas son point de vue, il laisse beaucoup de zones d'ombres sur le personnage principal même à la fin. Cela laisse une place au spectateur pour se faire sa propre opinion. Autour d'un Olivier Gourmet qui ne cesse de s'étoffer en tant qu'acteur, on peut souligner l'interprétation d'une grande sobriété de Michel Blanc parfaitement à l'aise dans un rôle moins facile qu'il n'y paraît. On retiendra enfin certaines scènes absolument passionnantes qui s'interrogent sur le pouvoir et l'emprise sur le réel ( ou pas) des hommes politiques. Il faut donc saluer ce très bon film fouillé et personnel qui donne envie de retrouver le réalisateur très vite.