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Le film n'est pas un film sur la peinture mais pleinement un film sur le peintre. Dans le titre, il se d'ailleurs être une étude de Francis Bacon. Le réalisateur devient alors un chercheur qui soulève la moindre parcelle, analyse, dissèque un travail d'une impressionnante richesse. Le film est un film de modèle. George Dyer tombe du ciel, littéralement et s'installe avec le peintre. Il est le catalyseur de l'inspiration de Bacon, celui par qui l'art va se matérialiser. Le réalisateur réussit avec un choix de mise en scène osé à nous faire pénétrer dans l'univers du peintre. Bien sûr toutes les toiles ne sont pas balayés et les moments de peinture et de création courts. Mais ce qui intéresse Maybury c'est le personnage de Bacon et sa vision incomparable et unique. Bacon est un peintre de violence, une violence qui se déchâîne aussi vite qu'elle se rétracte, un violence sans justification, une violence de l'être qui se meut dans la création de l'artiste. A travers des références subtiles et jamais déplacées le cinéaste met en oeuvre une mécanique savante et complexe en connexion directe avec l'esprit du peintre. Nous sommes ici devant une oeuvre engagée qui peut laisser sur le chemin mais qui, s'il prend, se révèle d'une redoutable efficacité tant dans la forme que dans le fond. A noter au passage les interprétations brillantes de Derek jacobi et Daniel Craig, couple improbable et évident. Un film de peinture comme on en voit peu, pas au même niveau du Munch de Watkins mais peut-être celui qui y tend le plus. Chapeau bas !
Ajoutée le 23 mai à 21h28 Signaler un abus
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