Si j'aime beaucoup Mon Oncle et les Vacances de Monsieur Hulot, j'ai vraiment du mal avec PlayTime et je dois dire que trafic est pour moi encore pire. En fait pour tout bien dire je ne vois pas l'intérêt du film. Oui il y a des passages vraiment drôles, causés par Hulot, mais Hulot est quasiment absent de son propre film, il n'est qu'un personnage secondaire et parfois on se tape de longues secondes (voire minutes) avant qu'il ne débarque et fasse, parfois un truc drôle. Ce qui donne un rythme vraiment étrange au film, où on se fait pas mal chier... il faut le dire.
Aussi j'ai trouvé le son assez insupportable, car comme à son habitude Hulot ne parle pas vraiment (bon là il dit quelques mots), mais là c'est juste un capharnaüm auditif où ça baragouine en anglais, en néerlandais (je suppose), mais sans que ça soit des vrais conversations ayant un sens, ce qui est juste épuisant...
J'ai clairement l'impression qu'il s'agit de l'épisode de trop, qu'il y avait là le potentiel pour un court métrage, mais qu'on a étiré ça sur plus d'une heure trente et qu'on ne raconte finalement pas grand chose. Parce que autant je me suis marré à deux ou trois reprises, autant le reste du temps c'était un calvaire.
En plus les différentes étapes du road movie sont assez inégales et parfois on a plusieurs longues minutes où il ne se passe juste rien, où c'est pas drôle et où on se demande juste ce qu'on regarde, des dialogues abscons mais dont je ne vois pas en quoi ils devraient être drôle.
Bref, c'était vraiment pas au niveau de Mon oncle et j'en suis très déçu.
Après la déroute de "Playtime", Tati ne s'attendait certainement pas à pouvoir repasser derrière la caméra de sitôt. L'opportunité lui est offerte par Robert Dorfmann seulement quatre ans plus tard. Une aubaine sans aucun doute au regard du naufrage encore tout frais de "Playtime" qui a été tout sauf une partie de plaisir comme l'indique pourtant son titre. Mais désormais la liberté ne sera plus la même. Hulot doit être de la partie alors que Tati avait décidé de renoncer au personnage et plus grave encore, il devra laisser la réalisation à Bert Haanstra, un réalisateur hollandais. Mais face à une situation pour le moins compliquée et absurde, Ben Haanstra qui est un ami personnel de Tati laisse la place. Plus question d'un film aux ambitions démesurées mais plutôt d'un nouvel épisode des aventures de Monsieur Hulot qui pour la première fois de son existence cinématographique sera en possession d'un travail. Dessinateur pour la firme automobile artisanale Altra, il a conçu un modèle de mini camping-car qui a tout du couteau suisse. Accompagné de Maria (Maria Kimberley) chargée des relations publiques, il doit aller présenter son prototype innovant au grand salon automobile d'Amsterdam. Revenu par la force des choses à une composition plus traditionnelle, Tati n'en profite pas moins pour parodier assez vertement la transformation de l'homme dès qu'il passe derrière un volant. Mais c'est dans l'esprit bucolique de "Jour de fête" que le sujet est abordé, Tati profitant de ce périple entre Paris et Amsterdam pour prendre les chemins de traverses et montrer pour une dernière fois la vie telle qu'elle se pratique en dehors des lignes droites tracées désormais par les autoroutes qui sillonnent la France. Pourtant plus accessible que "Playtime" et rempli des gags qui il y a encore treize ravissaient les spectateurs, le film sera un nouvel échec, démontrant une ultime fois que la vision de Tati était vraiment trop avant-gardiste pour son époque. Heureusement, sans doute conscient que Monsieur Hulot boucle sa dernière aventure, Tati lui a offert un avenir amoureux souriant en le faisant quitter l'écran de "Trafic" au bras de la jeune Maria qui aura vécu à ses côtés cette "Grande Vadrouille" automobile. Un dernier tout de piste en 1974 avec "Parade" où le vieux clown un peu fatigué reprend les numéros de mime de sa jeunesse et le seul grand burlesque du cinéma français pourra rejoindre en 1985, Buster Keaton et Charlie Chaplin dans les étoiles.
Une fois n’est pas coutume, je vais commencer cet avis par une constatation avérée : vous avez sans doute tous remarqué que c’est toujours quand vous êtes pressés que le sort semble s’acharner pour vous retarder davantage. Ce sont exactement de ces coups du sort particulièrement énervants que Jacques Tati a choisi de nous parler à travers son film… bien nommé. Parce que des fois, sans faire de vilain jeu de mots, il faut faire un sacré trafic pour arriver à ses fins ! Sauf que le titre porte un magnifique double sens. Au prix d’un scénario tout bête, le cinéaste a multiplié les situations ubuesques en privilégiant le son et l’image au détriment des dialogues, lesquels sont rendus parfois inaudibles. L’important n’est pas dans ce qui se dit (dans le cas contraire, les dialogues sont parfaitement compréhensibles), mais bien dans le comportement des gens. Du style Jacques Tati pur jus, en somme. Mais là où il va plus loin, c’est qu’il parvient à faire vivre deux situations différentes en une seule scène. Je m’explique par un exemple : alors qu’on entend le directeur d’Altra vociférer après les organisateurs du salon automobile par rapport au montant exorbitant de la facture d’électricité, on voit M. Hulot évoluer dans la salle d’exposition. Ainsi, on ne rate rien. Le fait est que Jacques Tati, comme à son habitude, se moque ouvertement du ridicule, un ridicule qu’amènent la course après le temps, la recherche du plus moderne, les limites d’un contrat, le comportement des gens à bord de la voiture (je les ai observés aussi une fois à l’occasion d’un bel embouteillage, et… MDR !!!), du foutisme des uns (le garagiste, l’exubérante chargée des relations publiquesspoiler: qui se fout royalement des dégâts occasionnés lors d’accrochages simplement parce qu’elle conduit de la même façon que la bonne sœur dans Le gendarme de Saint-Tropez… elles ont dû avoir le même moniteur d’auto-école !), et la curiosité des autres devant des modèles de véhicules que jamais ils ne pourront se payer. Il suffit de regarder autour de soi pour s’apercevoir que ça dure encore, ce qui fait de "Trafic" un film visionnaire pour rester encore aujourd’hui d’actualité. "Trafic" est cependant aussi drôle que pas drôle. Il est drôle (ou tout du moins fait sourire) pour les gens capables d’autodérision. Et pas drôle pour les tous les autres. Parce que "Trafic" n’est rien d’autre qu’un miroir dans lequel le spectateur se regarde pour éventuellement se reconnaître dans tel ou tel personnage. On aime ou on n’aime pas, ou alors on apprécie moyen moyen. Toutes les évaluations des internautes cinéphiles sont compréhensibles.
Trafic n'est clairement pas le meilleur film de Jacques Tati. L'histoire se tient mais je pense que je dois commencer à me lasser de l'humour de Jacques Tati. J'ai trouvé que les gags étaient moins présents et un peu plus prévisibles et je me suis surpris à m'ennuyer par moment (ce qui ne m'arrive que très rarement devant un film de Tati). Jacques Tati est toujours aussi à l'aise dans son rôle de gentil gaffeur mais ça ne suffit pas. Bon, après tout, ça se regarde bien. Mais c'est vrai que c'est une déception par rapport à d'autres films du réalisateur (Les Vacances de Monsieur Hulot, Jour de Fête).
Voilà une autre production du grand dadet prétentieux qui se croit drôle mais qui ne l'est pas du tout, même pas en rève. Cela tient davantage du cauchemar à vrai dire : ces petites scènes grotesques qui s'enfilent les unes à la suite des autres sont vaines, aussi vaines que la vanité de leur auteur qu'on inviterait même pas à dîner mercredi soir et pour cause : on n'en rirait même pas. Vite, enterrons la honte du cinéma français dans le désert à côté d'E.T. et de ses cartouches.
Dernier film de Jacques Tati qui se concentre encore une fois de plus sur l'absurdité du monde contemporain,et là c'est sur la place que prend la voiture dans notre société qu'il se concentre. Elle est omniprésente au quotidien mais elle envahie aussi l'espace visuel avec toutes ces routes faites uniquement pour elle.
Si le film n'est pas sans intérêt il reste tout de même quelque peu longuet,notamment dans sa première partie qui démarre lentement. Les aventures de mr Hulot sont tout même ponctuées d'une bonnes dose de gags visuels qui rendent le tout plaisant.
Moi aussi j'aimerais pouvoir dire des choses intelligentes sur ce film mais je dois bien l'avouer, les films de Tati m'ennuient Prodigieusement. par contre,la restauration est vraiment superbe,l'image est vraiment belle et fait voyager dans le temps.seul qualité de ce film soporifique.
En prenant pour thème central la voiture individuelle, qui a progressivement envahi la France des Trentes Glorieuses, Jacques Tati nous offre une ode comico-poétique d'une grande beauté. A la fois fasciné et révulsé par cet incontournable de la société de consommation moderne, le cinéaste livre une œuvre pleine de trouvailles, où les gadgets en tous genres – pourtant dénoncés comme un comble de l'inutile – ont la part belle, pour notre plus grand plaisir. La mise en scène, qui n'est pas sans rappeler celle de Playtime et son obsession des formes géométriques, est remarquable de maîtrise. Et quel plaisir de retrouver Tati sous les traits de Monsieur Hulot, clown contemporain qui ne parvient (toujours!) pas à se fondre dans le moule de la contemporanéité. Seuls quelques hippies, rencontrés par hasard aux Pays-Bas – où se passe la majeure partie de l'histoire – semblent offrir une alternative au rouleau-compresseur dictant de manière implacable la marche à suivre.
On est toujours dans l'esprit visionnaire de monsieur Tati. Pure produit de consommation comme dirait Zazie (ndlr.), toujours est-il que 40ans plus tard, on peut constater que c'est encore une fois dans le mile. C'est vraiment beau la caricature, surtout quand elle finit pas être avérée. On rigole moins dans ce dernier pour autant, mais on est scotché par la modernité du propos.
C'est le deuxième film de Jacques Tati que je vois et je dois dire n'avoir toujours pas encore trouvé mon compte. Toutefois j'apprécie le passage à la couleur, ça permet au réalisateur de travailler les des teintes originales, il y a une ambiance visuelle plus riche que dans le noir et blanc. Ca m'a pas mal fait pensé à du Ramette ou du Magritte, surtout le plan final avec tout ces parapluies se baladant au milieu de voitures multicolores. Pour Ramette c'est surtout la scène du carambolage tout fait avec du bricolage, ça peut aussi évoqué Gondry, j'aime beaucoup ça. Je ne m'étais pas rendu compte mais en fait Tati est très encré dans une époque particulière et il porte un esprit critique sur ce monde moderne, il en parle sérieusement mais sans esprit de sérieux. C'est assez bienvenu, alors on peut voir ces voitures foisonnantes, la scène des essuie-glaces est excellente, la voiture vit à la place de son conducteur, elle le représente et se substitue à lui. Après ce film est assez narratif ce qui peut réduire son potentiel comique, je veux dire qu'on est plus dans de l'action pure, on a des moments plus posés, qui se succèdent. Même si certains passages semblent détachés du tout et totalement décalés. Le happy-end était prévisible, mais en même temps Tati c'est aussi donner le sourire à son spectateur avec des films généreux. Le sens du cadrage et du son prédominent sur le reste, j'aime particulièrement sa manière de traiter les dialogues, de les assourdir pour s'assurer que ça ne reste qu'un brouhaha sans importance et que le visuel prédomine le dialogue (mais le son est tout aussi important que l'image). Dommage qu'il reste très sobre et qu'on ait pas des moments de pure folie hystérique comme dans le burlesque de Chaplin ou des Marx Brothers, même si j'ai remarqué que quelques gags venaient de Laurel et Hardy, le traitement est très différent, les plans larges, la distanciation, etc. En tout cas on sort avec le sourire au lèvre à défaut de rire aux éclats.
Et Tati me convient pas une seconde fois. C'est quoi ce trafique ? C'est comme ça. Le cinéma qu'il réalise ici je n'y vois pas d'intérêt. Il filme une très longue partie des circulations automobiles, le spectateur est sur une voie rapide avec aucune sollicitude de la part du film, ici nous roulons sur la solitude. Pas un seul gags fait rires, mais au bout du compte y en a t-il vraiment ?
Trafic comme les autres comédies de Tati me fait moins d'effet qu'à ma 1ère vision, j'avais peu de souvenir du déroulement du film en soi mais je me souvenais de l'avoir apprécié par contre cette fois-ci je trouve cela est trop gentillet et manque de peps malgré une jolie mise en scène comme toujours soignée chez Tati et quelques gags amusants (les essuies-glace qui bougent selon l'allure du conducteur, Hulot qui rentre et qui sort du poste de douane en s'essuyant sur le paillasson). C'est très millimétré peut-être un peu trop, ça semble manquer d'improvisation pour un film comique et de diversité, Tati est amusant mais son numéro de M. Hulot reste similaire à chaque film, ce qui est lasse un petit peu mais le gros problème surtout de Trafic c'est que le film dure 1h30 alors qu'il aurait mieux tenu sur seulement la moitié.
Une comédie de Jacques Tati de 1971 qui se penche sur la place grandissante des automobiles et des axes routiers dans le paysage urbain. Au travers de gags visuels, sonores, et de situations ubuesques, le réalisateur émet de nouveau, à sa manière, une critique de la société de consommation française dans les années 1970, dans ce quatrième et dernier volet des mésaventures de Monsieur Hulot. Cependant, on peut regretter la mise à l'écart un peu trop importante de son personnage principal, avec l’emploi de plans larges. Malgré tout, même si "Trafic" manque quelque peu de poésie et de charme par rapport à ses prédécesseurs, il possède un contenu social toujours aussi intéressant !
Monsieur Hulot dans un monde automobile. Comico-surréaliste ou surréalisco-comique au choix, cette oeuvre nous dévoile les travers du modernisme automobile qui en fait n'a plus rien à voir avec le progrès. Mais c'est tout en finesse. Pas de violence, pas de stress, tout le monde reste calme et sympathique. Un monde poétique duquel on s'amuse et Tati en premier. Finalement Tati est indéfinissable et inimitable. Il n'a jamais connu le succès populaire. Et c'est ce qui nous fait dire qu'il fut un génie du cinéma.
Dans ce film de Jacques Tati, tout passe par l'image et le son. En effet, les dialogues sont eux soit inaudibles, soit au contenu banal. Le film s'appuye donc essentiellement sur un comique de situation. Et si quelques baisses d'intensité sont à noter, la plupart des gags restent très inventifs et se renouvellent. On appréciera entre autre de voir les occupations répétitives des gens dans les bouchons ou encore de connaitre la nouvelle voiture-camping. Ce procédé de mise en scène a le mérite de ne jamais tourner au simple exercice de style (ce qui était la grande difficulté). Le scénario, bien que très simple, n'est jamais délaissé. On arrive même à avoir de la sympathie pour des personnages que l'on connait et entend très peu. Un film surprenant qui s'engage sur des perspectives cinématographiques singulières.