A bien des égards, et d’un point de vue de cinéphile, on se demandait souvent pourquoi le couple DiCaprio/Eastwood ne s’est pas formé plus tôt !D’un côté, Léonardo Dicaprio, un des meilleurs acteurs de sa génération, qui s’est affirmé ces dernière années en enchaînant les succès ( citons entre autres, Les Inflitrés, Shutter Island et bien évidemment Inception). De l’autre, Client Eastwood, un des plus grands réalisateurs de l’histoire du cinéma, traversant les temps et les âges avec des films atypiques et inoubliables. Cette association avait donc de quoi nous faire saliver et provoquer l’enthousiasme général auprès du public. Chose désormais faite avec ce , qui retrace la vie hors du commun d’un des personnages les plus emblématiques et controversés de l’histoire des Etats-Unis, entre autre fondateur du FBI! Alors que penser de cette réunion ? Est-ce un fantasme bâclé ou au contraire une attente récompensée ?
Il va sans dire que la deuxième hypothèse prévaut ! Le style posé, calme, réfléchi et sans artifice de Monsieur Eastwood derrière sa caméra offre une ambiance particulièrement sobre au film, ambiance sobre qui va pourtant de pair avec la mégalomanie, la paranoïa et la complexité du personnage de Hoover. Et quel personnage ! Pendant près de 2h15, le film nous offre, tel un documentaire, mais sans jamais être ennuyeux, une profusion d’informations sur d’une part, l’Amérique de l’époque (le début du fichage des citoyens, les secrets entre politiques…), et d’autre part la vie privée et publique d’Hoover (notamment son homosexualité refoulée…). Ce tourbillon d’informations rend ainsi le long-métrage véritablement passionnant, le tout relayé par l’interprétation magistrale de DiCaprio. Il a en effet parfaitement su coller à ce personnage craint et admiré, intenable et impétueux, qui, voulant combattre le crime et surtout la peur, l’a peu à peu instauré dans son pays.
Le reste du casting n’est pas en reste : dans les rôles féminins, Judi Dench et Naomi Watts sont, comme à leur habitude, parfaites. Mais c’est surtout Armie Hammer, jeune acteur californien (vu notamment dans The Social Network) qui tire son épingle du jeu : en éternel bras droit fou amoureux d’Hoover, il est tout simplement parfait !
Bien sûr, on pourra reprocher au film quelques effets de maquillage peu réussis, surtout vers la fin, qui s’apparente à du travail quelque peu bâclé. Qu’importe ! Cela est minime face au plaisir que nous procure Eastwood avec son 33e film. Continuer à nous faire rêver avec de pareilles merveilles à plus de 80 ans qui sortent généralement à environ un an d’intervalle, cela tient du miracle ! On demande alors à ce que Monsieur Eastwood ne meurt jamais et nous surprenne encore pour de nombreuses années.