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Oncle Boonmee (celui qui se souvient de ses vies antérieures)
note moyenne
2,2
787 notes dont 215 critiques
9% (19 critiques)
10% (22 critiques)
12% (26 critiques)
18% (39 critiques)
20% (42 critiques)
31% (67 critiques)
Votre avis sur Oncle Boonmee (celui qui se souvient de ses vies antérieures) ?

215 critiques spectateurs

dehaas84
dehaas84

Suivre son activité 43 abonnés Lire ses 163 critiques

0,5
Publiée le 28/11/2011
Dubitatif. Enervé. Gêné. Il y a beaucoup de mots qui peuvent résumer ce qu’on peut ressentir après avoir subi cette épreuve. Il est toujours étonnant de ressortir d’une séance en se demandant bien si on ne s’est pas trompé de salle, avec une très forte envie de crier à l’escroquerie intellectuelle. Je ne me souviens pas avoir été aussi blasé depuis Inland Empire qui avait pourtant mis la barre très haut en terme d’arnaque artistique… Quand le héros d’un film meurt et que l’on en éprouve un infini soulagement, ce n’est déjà pas très bon signe. Il faut aussi dire que l’agonie a été longue, pénible, et d’un désintérêt total. Tout commence pourtant bien. La première scène est silencieuse, lente, magnifique : un buffle, une forêt, la nuit, des animaux qui bougent, la magie opère, la poésie prend. Puis à partir de là, plus rien. Ou presque : un vieil homme va mourir, il revoit certains passages de sa vie à travers des fantômes qui viennent lui rendre visite. Puis il se rend dans une grotte pour mourir, le tout à vitesse réelle. J’ai beaucoup lu que le film risquait d’être déconcertant, dur à pénétrer. Dont acte : je n’ai strictement rien compris. Les images de la jungle ne sont pas spécialement belles, les personnages ne sont pas intéressants et l’ensemble baigne dans une lenteur ouatée qui touche tout, y compris les acteurs qui débitent leurs dialogues d’un éternel ton monocorde qui entretient l'effet puissamment soporifique de l'objet. Un film ne doit pas forcément avoir des rails et tout expliquer pour être passionnant, il peut même être totalement incompréhensible au premier abord et projeter un mystère, un univers, des images magnifiques, des scènes marquantes. (pour ceux qui en doutent, voyez ou revoyez Mulholland Drive). Rien de cela ici : la jungle n’est filmée que rarement, on y rentre peu et on ne voit pas le bestiaire fantastique et onirique auquel on pouvait s’attendre. La fameuse scène de l’orgasme par poisson-chat interposé a quelque chose d’incongru, de surprenant et de poétique mais elle est complètement perdue au milieu du film et sans aucun lien avec le reste. Vous n’êtes pas la pour comprendre ou ressentir des choses, vous êtes là pour admirer le délire…et si vous n’admirez pas, circulez y a rien à voir. Tout cela est donc d’une lenteur et d’un calme tellement inhabituels dans le cinéma contemporain qu'on peut vaguement percevoir un certain charme, mais l’effet est surtout un ennui abyssal et un très désagréable sentiment d’être totalement à l’extérieur de l’œuvre. On peut voir un film et ne pas l’aimer, tout en comprenant qu’il peut plaire ou toucher des gens. Ici, on ne comprend pas ce qui peut avoir de l’intérêt, jusqu’à cet interminable prologue, tout aussi incompréhensible que le reste dans le cadre d’un appartement en ville partagé entre la douche et les fantômes. On se console en ce disant que ce n’est pas tous les ans qu’on a la chance de voir une Palme d’Or complètement nulle. Et on en vient à se demander si, éreintés par leurs deux semaines cannoises, les critiques ont encensé ce film juste parce qu'il leur a permis de faire un petit somme très agréable de deux heures... http://dh84.over-blog.com/
John Henry
John Henry

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0,5
Publiée le 11/09/2010
Je me sens si con. Si con... Je lis toutes ces critiques d'âmes sensibles, capables de capter les émotions, capables de ressentir la poésie homérique de ce film. Je me sens si con quand tant de critiques comprennent si bien les métaphores spirituelles de poisson-chat, de la grotte, de cette fin dans la chambre, quand tant de critiques louent le rythme indolent mais hypnotisant du cinéaste thaïlandais... Je me sens si con quand je constate avec effroi que je partage le même avis que ces crétins cartésiens insensibles et hermétiques à tout ce qui n'appartient pas au prêt-à-penser... Tout cela est tellement triste.
rayonvert
rayonvert

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5,0
Publiée le 05/09/2010
Attention, ceci n'est pas un film mais une méditation. Une méditation sur la mort et donc la vie. Le tout filmé dans la jungle thaïlandaise bruissante de mille bruits. Attention, ceci n'est pas un film mais un voyage. Un voyage entre les morts et les vivants. "oncle Bonmee" est bien plus qu'un film, c'est un hymne à la vie et c'est magnifique.
Top of the World
Top of the World

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2,5
Publiée le 22/09/2013
La Palme d'or au festival de Cannes 2010 a pour héros un apiculteur dont l'insuffisance rénale le condamne à une mort certaine. Accompagné de sa belle-sœur et de son neveu, il se retrouve confronté à ses vies antérieures...Difficile de parler avec précision d'une histoire dont l'abstraction ne fait que croître tout au long du film, finissant par être agaçante de par son exagération. C'est regrettable, d'autant plus que la première demi-heure est assez fascinante, grâce à une beauté plastique évidente et à un important travail sur le son, remarquable surtout dans les scènes de jungle. Hélas, la lenteur du rythme plonge peu à peu le spectateur dans l'ennui, dont il sort toutefois lors de quelques belles séquences, comme celle entre la princesse et le poisson-chat. Un film intrigant mais inégal donc, qui se vit comme une expérience réclamant trop de patience de la part du spectateur.
RENGER
RENGER

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0,5
Publiée le 04/10/2010
Grand lauréat de la Palme d'Or lors du dernier Festival de Cannes, Oncle Boonmee (celui qui se souvient de ses vies antérieures) (2010) va à coup sûr en dérouter plus d'un, comme cela a été le cas lors de sa présentation en mai dernier. Et pourtant, cela ne l’a pas empêché de remporter haut la main le sésame tant convoité, comment est-ce possible ? Les jurys étaient-ils conscients lorsqu'ils ont assisté à la projection ? Il y a de quoi se poser des questions en effet, car le film, d'une durée de 110 minutes, est complètement abstrait, soporifique, assommant et expérimental. Apichatpong Weerasethakul, qui a adapté le roman "A Man who can recall his past lives" (qui parle de réincarnation), avait toutes les cartes en main pour nous offrir une oeuvre intéressante, car le film parvient tout de même à nous faire ressentir certaines choses, mais à trop vouloir en faire avec peu de consistance à l'image, on déchante rapidement et le film s'enlise rapidement dans du grand n'importe quoi intellectuel.
lhomme-grenouille
lhomme-grenouille

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1,0
Publiée le 18/09/2010
Je pense sincèrement que ceux qui s'enthousiasmaient déjà de savoir que la dernière Palme d'or sortait quelque peu des sentiers battus avec son histoire de fantômes risquent vite de déchanter s'ils se retrouvent dans une salle obscure pour aller voir cet "Oncle Boonmee"... Pour ma part, j'avoue ne pas être parvenu à m'empêcher d'espérer un peu d'audace, de décalage, ou au moins de l'onirisme... Manque de pot, l'ami Weerasethakul (à vos souhaits...) a opté pour une formule qui plait en ce moment (du moins aux festivaliers faut-il croire) : celle du film qu'on aime à qualifier aujourd'hui de « contemplatif ». Personnellement je reste toujours ébahi par ces gens qui savent avouer une passion dévorante pour un film qui se contente de nous filmer la forêt pendant dix minutes (sans réelle originalité soit dit en passant) puis qui enchaîne piteusement avec des scènes de dialogues incroyablement monocordes et durant lesquels les personnages restent droits comme des piquets pour déblatérer des lieux communs dignes des plus belles parties de bridges dont sont friandes les vieilles mémés radoteuses. Donc - encore une fois - ce sera pour moi l'incompréhension totale face à un palmarès cannois qui, d'année en année, me désole de plus en plus. Après, pour vous, qui choisir d'écouter ? C’est vrai que c'est un peu ma parole contre celles de ces critiques qui n'ont pas pu s’empêcher - une fois de plus - d'abonder dans le sens de la Croisette, mais je ne pense toutefois pas me tromper en disant que ceux qui ne veulent pas passer leur temps devant une étrange caricature d'un sketch des Inconnus mimant Henri Chapier (le tout sur fond d'une heure et demi de grillons « non stop ») auraient mieux à faire de leur temps que de le risquer auprès de cet oncle végétatif qui, à défaut de savoir vous transcender pour ses vies antérieures, pourrait bien au contraire vous ôter toute énergie vitale.
cinephile45
cinephile45

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0,5
Publiée le 07/09/2010
J'ai officiellement vu le plus mauvais film de ma vie! Oncle Boonmee est un film atrocement lent, ininteressant, visuellement sans surprise, mettant en scène des personnages creux. Les scènes n'ont rien à voir les unes avec les autres (que quelqu'un m'explique l'histoire de la princesse je n'ai rien compris). Je n'ai même pas envie de m'étendre sur ce navet... Pour moi c'est un 0 pointé et direct aux razzies awards!
Vincent Galiano
Vincent Galiano

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4,0
Publiée le 05/09/2010
Tout comme Noé (pour Enter the Void), Lynch (pour Inland Empire), Zhang Ke (Still Life) et d'autres artistes, Apichatpong ne cherche pas à faire un cinéma formaté, déjà vu, et plein des conventions hollywoodiennes et européennes que l'on connaît. En tant qu'artiste, il se pose des questions et tente, avec son talent, sa sensibilité et sa culture, d'y répondre. Il faut être capable d'oublier les conventions évoquées et de s'ouvrir, intellectuellement et émotionnellement, pour pouvoir apprécier ce film. Un film avant tout spirituel qui se vit avec les sens. "Oncle Boonmee" est une méditation belle et magique mais surtout une métaphore sur la mort du cinéma, qui doucement, va se réincarner en quelque chose d'autre, ni tout à fait pareil, ni véritablement différent...Si le public veut bien tenter l'expérience et ne pas rester calfeutré dans ses goûts limités; si les "puissants" du cinéma sont prêts à offrir une plus grande place à un cinéma expérimental et différent. Une chose est sûr: le coût de plus en plus élevé des productions mainstream et la possibilité pour tous de faire un petit film à moindre coût tend vers cette "bipolarité" du cinéma. "Oncle Boonmee" est un bel exemple de cet autre cinéma, qui en repousse certains et en attirent d'autres. Mais n'oublions pas que le cinéma a évolué grâce à des Apichatpong, des expérimentateurs (Méliès, Resnais, Kubrick, etc), pas à des James Cameron ou des Michael Bay, qui pour la plupart seront oublié dans 25 ans. A voir donc si vous voulez voir autre chose qu'Avatar (par exemple)...
buzzbomb
buzzbomb

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2,0
Publiée le 16/12/2013
Bon, je dois le dire d'emblée, j'ai eu beaucoup de difficultés à suivre le fil de cette histoire de fantömes chinois (thaïlandais en fait). Sa réussite réside dans sa manière d'imbriquer des éléments purement fantastiques dans un quotidien somme toute très banal. Le naturel avec lequel ceux-ci interviennent les dépouille de leur caractère surnaturel et les projette dans une simple normalité. C'est la force de ce film de nous amener à les accepter comme évidents. Toutefois, "Oncle Boonmee" reste un film trop contemplatif à mon goût. Corrolaire, de l'intérêt porté par les principaux protagonistes à la photographie, le film se déroule en une longue série de plans fixes, avec très peu de mouvements et beaucoup de silence. La poésie des uns faisant l'ennui des autres, ce parti pris pourra en séduire certains. Pour ma part, je m'en suis vite lassé.
chrischambers86
chrischambers86

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3,0
Publiée le 30/04/2013
D'accord, le sujet peut dèconcerter mais on comprendra qu'il ne s'agit pas d'un film comme les autres, surchargè en mètaphores et symboles qui en laissera plus d'un sur le bord de route! Palme d'or de l'ennui ou magique, "Oncle Boonmee (celui qui se souvient de ses vies antèrieures)" est aussi ènigmatique que son titre en lui-même! Metteur en scène contemporain au nom imprononçable, Apichatpong Weerasethakul ne craint pas de brûler quelques feux rouges cannois et de dèstabiliser la critique pro dans ce film extraterrestre à l'ambiance unique qui fait aimer le cinèma de recherches quand il cherche vraiment et le cinèma de trouvailles quand il trouve! Avec ses croyances et ses vèritès, le cinèaste nous transporte dans un autre monde où le spectateur doit renoncer à toute logique, à essayer de comprendre quoi que ce soit, pour savourer (ou non) cette sèance contemplative et sensorielle dègageant un parfum entêtant et mystérieux par le billet de la jungle thaïlandaise! Le rècit s'oriente doucement vers le rêve et le fantasme où on n'y perd peu à peu ses repères - ce qui fait à la fois l'originalitè et les limites du film, dont l'intrigue eût peut-être gagnè à être moins complexe! N'empêche qu'il remporta la Palme d'or au festival de Cannes 2010 dècernè par le prèsident du jury, Tim Burton, dont le coeur a chavirè pour cette ode à la vie et à la mort! Terminons en soulignant la beautè fascinante de certains plans comme ce singe aux yeux rouges brillants dans la nuit, accentuant plus que jamais le mystère qui enveloppe ses vies antèrieures...
Cluny
Cluny

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2,0
Publiée le 21/10/2012
Les fidèles lecteurs de ces critiques peuvent en témoigner, j'ai toujours accordé une place importante au cinéma asiatique, qu'il provienne du Japon, de Chine, de Hong-Kong, de Taïwan, des Philippines, de Thaïlande, de Corée du Sud et même de Corée du Nord. Alors, la Palme d'Or pour un réalisateur thaïlandais, dont de surcroît j'ai réussi à apprendre le nom, voilà qui devait me ravir. N'ayant vu aucun de ses trois précédents films, je commandais en DVD "Tropical Malady" pour me faire patienter. Première douche froide : rarement je me suis autant ennuyé devant un film, particulièrement la deuxième partie où Keng part dans la jungle. Mais bon, si Tim Burton, Benicio del Toro et Emmanuel Carrère se sont tant battus pour ce que Libération qualifie de "paradis de cinéma", il doit bien y avoir une raison, même si d'autres critiques avaient de quoi renforcer mon inquiétude : pour les Inrocks, il s'agit "d'un film pour tous ceux qui considèrent encore le cinéma et la création comme une aventure, un voyage sans GPS en terre inconnue", pour Libé, d"un "tissu serré de métaphores, exultés comme autant de râles poétiques" ou pour Télérama d'"un calme synonyme de disponibilité absolue, d'extralucidité ; un superpouvoir". Préparé par la vision de "Tropical Malady", alerté par les dithyrambes de la critique, j'ai donc compté la durée du premier plan, un plan fixe sur un buffle attaché filmé entre chien et loup : 53 secondes. Nous voilà installés dans la "disponibilité absolue", celle des évocations vagabondes qui ont commencé à émerger, du style "Pourquoi le buffle se laisse reprendre aussi facilement alors qu'il avait mis l'énergie de la chèvre de Monsieur Seguin à se libérer ?" ou "Tiens ? On roule à gauche en Thaïlande ?" Il faut dire que la matière essentielle du film est composée de scènes anodines, souvent des discussions faites de dialogues du type "Nos tamariniers ne sont pas aussi beau que ceux de Penchaborn" ou "Regardez, une courge ! - Elle est énorme...". Les Inrocks évoquent ces scènes pour souligner qu'elles sont suivis par de "furieux coups d'accélérateurs". Certes, il m'est arrivé deux ou trois fois de sortir de ma torpeur devant une rupture de rythme, mais à chaque fois pour bien peu de temps, tant la surprise annoncée est immédiatement désamorcée par son traitement banal, comme l'apparition à la "Blow-up"d'un singe bondissant sur une photographie ou le coït d'une princesse avec un poisson-chat. Alors que "Tropical Malady" était divisé en deux parties très distinctes, "Oncle Boonmee" est constitué de six bobines de 20 minutes constituant chacune un segment narratif et présentant une esthétique propre. Ce choix d'une durée unique aurait pu représenter une contrainte créatrice ; il ne fait que renforcer l'impression de coq à l'âne déjà présente dans "Tropical Malady", où une scène sans grand intérêt se voit couper arbitrairement, et où ici on passe de l'irruption du fils réincarné en singe aux yeux rouges à la progression nocturne d'un palanquin dans la jungle. Je me suis interrogé pendant tout le film sur les raisons qui faisaient que je restais à ce point extérieur à ce que Apichatpong Weerasethakul semblait vouloir dire. Etait-ce de mon fait, notamment à cause d'une ignorance des éléments de la culture bouddhiste et thaïlandaise ? Etait-ce le manifestation d'un manque d'ouverture et d'une prégnance du cartésianisme qui m'empêcherait à ce point de me sentir concerné ? Ou n'était-ce pas plutôt la conjonction d'un rythme délibérément alangui, d'une distance paresseuse avec les personnages et de l'aspect suranné d'effets Méliès cheap ? Plus que le film lui-même, c'est l'engouement du jury de Cannes et d'une partie importante de la presse pour cet objet filmique d'un autre temps qui me laisse perplexe. Même si ça m'ennuie de partager à ce point l'avis du Figaro, force est de constater qu'après quatre années de Palmes d'Or assez enthousiasmante (particulièrement " Le Vent se lève", " Entre les Murs" et "Le Ruban Blanc"), le Festival de Cannes retombe dans ses vieux travers de couronner un film à la fois avant-gardiste et suranné condamné à une diffusion confidentielle. Critiques Clunysiennes http://www.critiquesclunysiennes.com
Maitre Kurosawa
Maitre Kurosawa

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5,0
Publiée le 10/05/2014
Expérience sensorielle hors du commun, "Oncle Boonmee" est un film immense alors qu'il ne cherche jamais à l'être. Car ce qui frappe à la vision de cet objet singulier, c'est son calme apaisant et accueillant à mille lieux des caricatures auteuristes rigides et prétentieuses qui frappent chaque année. Mais comment se fait-il que le génie Weerasethakul - un des plus grands cinéastes en activité - connaisse autant de détracteurs ? La lenteur de ses films n'aide certainement pas à attirer les foules, au même titre que l'absence d'explications et un goût prononcé pour l'entremêlement temporel. Pour autant, la lenteur n'est jamais un problème en soi mais ne l'est uniquement parce que la proposition cinématographique est trop faible; or, "Oncle Boonmee" est un film qui ne cesse d'avancer - certes doucement - mais qui accompagne son apiculteur malade jusqu'à sa mort en convoquant sa famille et ses propres manifestations dans ses vies antérieurs. Le film déroute dans la mesure où ces éléments fantastiques (un fantôme et un singe viennent se convier au repas nocturne) sont traités à égalité avec la trivialité du quotidien, ce qui nourrit une drôlerie à laquelle ont été peu sensibles les spectateurs européens, beaucoup moins en tout cas que le public thaïlandais. Toute la force d' "Oncle Boonmee" réside dans l'idée de mêler la fable à la banalité, de faire succéder le réel et l'onirisme sans y voir de ruptures. Il faudrait plutôt comprendre l'ouverture du film et la séquence du poisson-chat, d'une sensualité folle, comme de subtils jeux d'échos qui se tissent avec Boonmee : la fuite du buffle dans la forêt rappelle celle de l'apiculteur qui va mourir dans une grotte qui serait son lieu de naissance; l'accouplement de la princesse avec le poisson-chat est plus difficilement connectable, quoique la princesse et Boonmee se rapprochent en ce qu'ils sont tous deux malades et qu'ils tentent de trouver une forme d'apaisement. Comment peut-on taxé le film d'élitisme ou d'hermétisme alors qu'il est universel dans sa façon d'aborder la mort ? Weerasethakul embrasse les doutes et le courage de son personnage, qui se demande avec anxiété s'il sera avec les siens une fois décédé mais qui prend en même temps l'initiative de mourir dans son lieu originel. Mélange de tranquillité et de douleur, le film envoûte de bout en bout, jusqu’à un épilogue surprenant où il serait plus question de vies parallèles que de vies antérieures. Å l'attribution de la Palme d'or, Tim Burton avait parlé du film comme d'un "rêve beau et étrange" : la formule rappelle l'impression soudaine qui nous gagne au générique de fin, celle d'être parti très loin et en même temps d'être resté dans un environnement familier où le passé et les fantômes resurgiraient naturellement pour nous aider à appréhender notre mort imminente.
EricDebarnot
EricDebarnot

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4,0
Publiée le 04/12/2010
C'est peu dire que le cinéma de Weerasethakul est "segmentant", comme disent les experts en Marketing : "Oncle Boonmee", on adore (d'où la Palme d'Or, amplement méritée si l'on se place du point de vue de la contribution du film au cinéma comme Art majuscule, à la frontière quand même avec "l'art moderne", sans majuscule) ou on abhorre (la grande majorité des spectateurs quittent la salle pendant la projection). Il s'agit pourtant d'un cinéma simple, qui recherche à la fois avec sérénité, voire avec bonté, l'essence de l'homme, tout en retournant vers une viscéralité du medium cinéma perdue depuis l'âge d'or du Muet. En se laissant porter par le flot bruissant d'images, dériver au fil délié d'une narration qui serpente à travers le temps, la réalité et le conte, les personnages changeant, il n'est pas si difficile de prendre un plaisir réel à ce film-poème, à la fois trivial (les corps malades, le bonze défroqué, et tant d'autres détails) et profondément inspiré (une bonne moitié des plans sont à tomber, tant on a l'impression de ne jamais les avoir vus auparavant, tout en les reconnaissant intimement).
Abarai
Abarai

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1,0
Publiée le 18/04/2013
Palme d'or 2010, "Oncle Boonmee" est un film d'une lenteur inouïe, soporifique, léthargique, en somme d'un pénible affligeant. Loin de la poésie à laquelle je m'attendais, je me suis retrouvé un peu angoissé devant ces fantômes et créatures nocturnes effrayantes. Pas intéressant pour un sou, il est terriblement difficile de suivre cette histoire, qui ne comporte ni énergie, ni émotion. Entre un homme qui s'est accouplé avec un singe fantôme, une vieille qui se fait pénétrer par un poisson-lune et une séquence finale incompréhensible, je ne vois vraiment pas où est l'art !
Vincent P
Vincent P

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5,0
Publiée le 24/07/2012
Un des plus beau film existant. Il fait écho en nous aux différents mystères qui nous habite, à savoir l'amour, la mort, l'inconnu, et qui sait à nos vies antérieurs. Le monde que nous donne à voir Weerasethakul est un univers où s'entrelace vivants et morts, humain et inhumain, passé et présent, telle une superposition de différents de degrés de réalité (tel la scène final, superbe). On se laisse porter dans cet étrange rêve de la même façon que la princesse effectue la danse charnelle avec le poisson-chat, sans faire de distinction net entre réalité et imaginaire. On ressort de ce film vidé et purifié tel l'oncle boonmee dont l'âme s'écoule en un petit ruisseau, allongé la grotte de ses origines d'où on ressurgit ses vies antérieurs.
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