Flav43
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4 - Très bien
«Salto nel vuoto» (Italie, 1980) de Marco Bellocchio a un air de mort. Et de bourgeoisie. Cest pour ces deux points que le film sapparente à Luis Bunuel. Si Bellocchio est italien et Bunuel espagnol, leurs cinémas se croisent dans les critiques des piliers de la société. Pas de quartier pour lEglise ou la bourgeoisie ! Ainsi «Salto nel vuoto» semble être un film post-Bunuel. Si la bourgeoisie tenait encore debout chez Luis Bunuel, elle titube clairement et flanche même carrément chez Bellocchio, si la foi avait pour représentation un cynisme amusé chez Bunuel, elle résonne chez Bellocchio comme une froideur de la contemporanéité. Bref, tout ce qui était volute et allégresse grinçante chez Bunuel nest plus que décrépitude et marche sur lescalier de la décadence. Car cest de décadence et plus spécifiquement de mort que semble parler «Salto nel vuoto». La répétition des fenêtres ouvertes, le désir de mort ( Bunuel encore là ) souvent exprimé, le film est comme cette force qui nous pousse à faire linterdit, comme cette gravité qui attire la conscience vers le saut dans le vide. Les deux personnages principaux : Michel Piccoli et Anouk Aimée, frère et sur vivant comme un couple, sont en proie à une certaine folie, clairement maladive pour le personnage dAnouk Aimée et plus subtile mais non moins surprenante pour le personnage de Piccoli. «Salto nel vuoto» est donc aussi un film sur la folie. Brassant folie, famille et mort, le film séclaire dune excentricité légère, une sorte de douce folie qui rode sur limage, où le suicide (et non pas la mort) peut surgir à tout instant. Cest donc létrangeté des situations, la critique poussée de lamour familial qui fait que «Salto no vuoto» (Italie, 1980) est un petit bijou, une uvre onirique par bien des points. Enfin Anouk Aimée et Michel Piccoli, comme toujours, sont en parfaite cohésion avec leur rôle.
Ajoutée le 15 févr. 2007 à 12h05
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