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calliphilus
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1,0
Publiée le 23 novembre 2011
André Cayatte avait tourné un film à peu près similaire (une errance dans le désert) mais, en vieux briscard de la manivelle, il l’avait truffé de scènes énigmatiques histoire de faire monter la tension (l’attention aussi) du spectateur. Rien de tout cela avec Kelly Reichardt qui prend le contre pied du cinéma hollywoodien. Dans le cadre d’un récit muet, il existe des techniques cinématographiques qui permettent de suivre l’action sans s’ennuyer (voyez, par exemple, les plans séquences du « silence de la mer » de J.P. Melville mais aussi, du même auteur, la scène où Jensen dans « le cercle rouge » prépare les balles qui vont servir au casse). Mme Reichardt semble ignorer ce B.A.BA ou bien, elle refuse de l’utiliser avec l‘idée saugrenue de réaliser une épure. Il en résulte 1H50 d’ennui mortel ponctué des grincements de l’essieu du chariot. Plus rasoir tu meurs ! Tel qu’il est conçu (cadrages, montage) ce film mérite d’être un court métrage d’une demi heure et pas plus.
LE FILM que l'on ne peut regarder qu'une seule fois. Rarement film n'aura été aussi mou sur nos écrans. Le réalisme émanant de "La Dernière Piste" n'a pas son pareil dans le style western, mais de là à nous livrer cette promenade au cœur des grands espaces américains il y a une marge. Car en effet, le film est rythmé par le son des calèches qui avancent péniblement dans l'inconnu. Pas de dialogues (peut-être une page et demie), pas de musique ou du moins très peu et de l'action n'en parlons pas... Il est certain que ce film ne plaira pas à tout le monde. Malgré la présence de bons voire très bons acteurs, Michelle Williams en tête suivi du jeune Paul Dano et de Will Patton, le peu de temps qui est consacré au vécu des personnages les empêche de nous donner la profondeur attendue pour un long-métrage où les péripéties sont absentes. N'utilisant en majorité que des plans très larges, le spectateur se retrouve tel un aigle à surveiller la longue, très longue marche de ce petit groupe de personne au milieu de nul part. En clair, pas d'action, pas d'émotion, on se demande bien quel était le but de "La Dernière Piste", donner une idée du ressenti des personnes ayant braver la conquête de l'Ouest ? Si la réponse est un ennuie quasi mortel et bien Kelly Reichardt a bien réussit son coup.
Magnifique film d'errance sans fin... et pourtant, des changement presque imperceptibles, comme des doutes qui planent. L'humain face à ses croyances, dans sa solitude quant aux décisions à prendre, acte moral par excellence. De longs plans qui racontent mille choses, comme le premier où des femmes traversent un fleuve, l'une porte un oiseau en cage, dans l'immensité de cette nature inconnue. Le choix du format est effectivement surprenant, on est en 1,33, alors n'attendez pas le noir pour vous approcher de l'écran! Ça fait comme des œillères, comme les coiffes que portent ces dames? Les décors sont somptueux. La matière brute. Le film d'une grande finesse.
Avec La Dernière Piste, l’américaine Kelly Reichardt continue d’exploser – et de la plus belle des façons – l’imaginaire du voyage et des grands espaces américains. Tourner pour elle un western ne semblait mieux tomber, mais elle s’en approprie les codes et la mythologie pour les passer au tamis de ses thèmes habituels. Cela donne un film extrêmement contemplatif et lent, où l’action quasiment réduite à néant se niche dans la répétition des gestes et des corvées quotidiennes. Dans les montagnes désertiques et rocailleuses de l’Oregon, une caravane composée de trois familles tente de retrouver sa piste, menée par un trappeur hâbleur. Lorsque leur route croise celle d’un Indien, alors que les conditions du voyage se sont déjà considérablement dégradées, c’est l’instinct de survie qui est ici engagé. Filmé en format 4/3 qui emprisonne volontairement le décor en y enfermant les personnages à l’horizon bouché, La Dernière piste est un film sur l’errance d’un groupe d’individus, la quête d’un avenir meilleur. Le film réussit la double gageure de démythifier la légendaire conquête de l’Ouest et de redonner leur juste place aux femmes dont Kelly Reichardt épouse constamment le point de vue. Pacificatrices et conciliatrices, elles évitent le pire en gardant la tête froide. D’abord documentaire en dépeignant le cheminement lent et épuisant des caravaniers, le film se charge peu à peu d’une tension palpable. Parfait exemple d’épure, l’aridité et la linéarité des paysages se communiquent à l’atmosphère envoûtante du film. La sobriété et la rareté des dialogues confèrent à La Dernière piste une dimension spectrale et lui font toucher la grâce.
Le scénario du film reste très simple dans ses grandes lignes, mais La Dernière Piste s’intéresse plus aux personnages. La psychologie des protagonistes a été très développée. Ainsi, le film nous montre que rien n’est jamais tout noir et rien n’est jamais tout blanc. A noter que la fin ne manque pas d’originalité. Du côté de la mise en scène, j’ai beaucoup aimé la réalisation de Kelly Reichardt. Elle prend le temps de poser les choses et conserve un rythme lent tout le long. Je pense d’ailleurs que certains s’ennuieront. A noter que La photographie est très belle. Du côté du casting, les acteurs comme Michelle Williams, Paul Dano, Bruce Greenwood, Shirley Henderson ou encore Will Patton sont tous convaincants dans leurs rôles.
Beau western contemplatif et humaniste. Le rythme peut paraître long mais s'inscrit pleinement dans l'esthétique du du film qui combine tradition hollywoodienne (hommage à un genre presque disparu) et modernité de style. Michelle Williams trouve l'un de ses meilleurs rôles.
Œuvre magnifique que ce western des origines. Le cinéma américain, après avoir mythifié cette épopée ou n'en avoir gardé que les moments les plus spectaculaires, livre ici une vision historique et authentique de ce qu'a été cette lente colonisation d'un immense territoire quasi-désertique. Le film endosse le rythme envoûtant de ces journées où l'on marche dans le silence au milieu de paysages vides. L'attention est sans cesse relancée. Tantôt par l'aspect documentaire qui nous montre des familles dont on comprend qu'elles ne se connaissaient pas avant cette aventure et qui cohabitent comme des voisins en perpétuel déplacement. Tantôt par la magnificence de la mise en scène dont la lumière, le son et la couleur sont particulièrement travaillés. Tantôt par l'observation si juste du rôle des femmes sans cesse mises en valeur de plan en plan, par des gros plans de visage ou par des plans larges les montrant marchant seules derrière le cortège. Tantôt par les débats de plus en plus urgents pour savoir qui croire entre un vaniteux blanc et un homme-enfant indien. La fin, qui en décevra peut-être beaucoup, était probablement la meilleure façon de souligner la part philosophique et métaphorique de cette caravane que nous avons croisée le temps d'un film. Une nouvelle étape dans l'histoire d'un genre qui se réinvente sans cesse.
J'ai véritablement pris ce film pour une arnaque; Pas d'action certes mais pas de profondeur non plus; il ne se passe mais vraiment rien du début à la fin et il n'y a même pas une esquisse de tentative de message; un vide intersidéral qui mène violemment à un ennui des plus dépressifs. Au secours.
Le western revisité et ramené à sa plus "simple" expression, c'est à dire aux individus, les hommes et les femmes. C'est long, parfois très lent, tout comme l'est cette interminable traversée qui attend les protagonistes. Il plane une ambiance d'inquiétude et de doute jusqu'à la fin qui reste d'ailleurs totalement ouverte.. sur ce voyage à l'aboutissement incertain... Retour aux sources assuré mais attention aussi, risque d'endormissement !
Kelly Reichardt signe un troisième film d’une indépendance encore marquée tout en s’aventurant sur la pente du western. Cette avec l’identité visuelle qui la caractérise depuis son premier long que Reichardt décide de traiter ce parcours de « colons » de l’Ouest. En ressort un film à l’espace infini et à la portée immense. Précise dans la captation des gestes courants, le film est lent et ne fonctionne que par ce rythme. La réalisatrice dans cet espace du Grand Ouest n’avait d’autres choix que d’affiner ses cadres, de leur donner des aspects de tableaux. Cela offre à son cinéma un nouveau traitement qui peut perturber pour qui n’est pas préparé à cette façon de faire, ce cinéma là, aride, vif, où dans une pseudo improvisation tout est finalement très préparé. A la fin, comme une promesse, seul reste l’espace ouvert à tous les possibles. Le chemin parcouru et le temps passé avec eux fait figure d’un cinéma utile, voir nécessaire. La dernière piste où la parabole inconsciente de ce qu’était le cinéma « avant ».
"Mais que suis-je en train de regarder ?" ou ma première réaction face à ce film extrêmement singulier estampillé 'western'. C'est lent, trop lent. Un périple qui n'en finit pas, dans un cadre proche du néant... et pourtant ! Pourtant c'est curieux de voir qu'un un film dénué d'artifices Holywoodiens puisse dégager une telle aura, presque crédible dans une démarche naturaliste. Une expérience à tenter, vraiment.
On a raison et tort de comparer La Dernière Piste à Gerry. Raison parce que les deux films participent d'une même aridité esthétique. Mais tort car il y a dans le film de Reichardt quelque chose de l'ordre de la reconstitution qui nous tient bien mieux éveillé que ne le faisait Gus van Sant. Peut-être sera-t-on déçu par la fin du film qui nous oblige (malheureusement ?) à une lecture métaphorique de l’œuvre, alors que le voyage en compagnie de ces pionniers aurait pu suffire. A la fois, l'idée d'un christianisme qui n'offre plus de réponse satisfaisante au monde n'est pas tout à fait pour nous déplaire...
Kelly Reichardt est la première femme réalisatrice à s'attaquer au genre du western. C'est une réussite. Le film traduit le quotidien de trois familles de colons qui ont engagé un guide pour les mener vers l'Ouest. Ils se retrouvent perdu dans des contrées désertiques et doivent se démener pour trouver un point d'eau. Mais les indiens rôdent. La crainte qu'ils inspirent est démesurée et entretenue par le guide, trappeur raciste et aussi paumés que ses clients. Le rythme est lent, il nous permet de bien sentir l'angoisse qui monte parmi ces voyageurs. Le film est conçu comme un huis clos ayant pour cadre les immensités de l'Ouest sauvage. La capture d'un indien va exacerber les tensions, mais contribuer à la survie du groupe. L'intérêt du traitement cinématographique de Kelly Reichardt est qu'elle tord le cou aux poncifs du genre. Nous sommes devant l'évocation la plus pertinente de ce qu'à pu être le quotidien de colons en 1845 dans le territoire du futur État de l'Oregon. La crasse, la fatigue, la folie, les aléas du quotidien (monter le campement tous les soirs, chercher du bois, faire le feu, préparer à manger...) sont traités au plus près de la réalité. L'ambiance de ces micros sociétés est aussi exploré : surveiller, s'entraider, choisir collectivement quel chemin prendre, remettre en question les choix du guide, prendre des initiatives osées (la capture de l'indien), tout cela est montré sans fard, sans vanité, sans grandiloquence. Les héros n'en sont pas... ni bons, ni mauvais, seulement complexes, humains... et finalement si courageux. La fin ouverte est à l'image du film. C'est un choix qui permet au spectateur de construire les multiples possibilités de la conquête de l'Ouest : réussite ou échec, peu importe dans le cas présent puisque c'est le cheminement qui est essentiel, tant dans l’œuvre de la réalisatrice que dans la destinée de ces colons. Loin de l'apologie de la Conquête, on retrouve dans ce film une volonté presque documentaire de montrer ce qu'elle a été. Kelly Reichardt s'approche ainsi des démarches de certains autres réalisateurs, comme Nicholas Echevarria pour son film Cabeza de Vaca.
Une nouvelle manière de filmer les pionniers. On imagine plutôt bien tous ceux qui n'ont pas eu de chance... La tension psychologique est également bien rendue et assez supportable.
Alors, si on aime Wendy et Lucy, on aimera la dernière piste. pour les autres, comme moi, c'est plus délicat. c'est lent, en 4/3, les sous titres sont au milieu de l'écran et il se passe pas grand chose. n'empêche que j'ai accroché et j'ai apprécié certains aspects. mais franchement, finir sans dénouement, cela a beau être un contre-pied au cinéma actuel, cela reste aussi un contre-pied aux attentes des spectateurs. j'en suis sorti frusté.