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Un visiteur
4,0
Publiée le 6 septembre 2012
Une reconstitution de la casbah époustouflante, un grand Gabin, l'apparition de Frehel. Bien sûr, le film a vieilli mais on le regarde avec un grand plaisir. Les temps ont bien changé car Mireille Balin, considérée à l'époque comme l'une des plus belles femmes du cinéma, ne parait plus très charmante aujourd'hui avec sa coiffure plate et ses sourcils épilés.
Pépé le Moko malfaiteur calfeutré et protégé dans un labyrinthe sécuritaire lui ôtant tous repères sensibles redécouvre l’art d’aimer et ses procédures suite à une vision sublime. Un appât rapatrié sur site par un inspecteur de police revanchard.
Un malfrat condamné au placard éternel se fragilise jusqu'à l’extrême en se libérant d’une enveloppe environnante méfiante et agressive fabriquée par des accompagnateurs poisseux, paresseux, possessifs, sales, toujours prêt à trahir pour se répandre à l’aide d’un paroxysme émotionnel vers un sacrifice amoureux faisant d’une bête aux abois un homme reconstruit par l'attirance.
Un beau film sur le réveil des sens dans un environnement carcéral protecteur mais isolant une ressource d'un patrimoine quitté précipitamment que l'on redécouvre à deux le temps d’un souffle.
C'est un film que j'ai depuis bon nombre d'années mais je ne l'avais jamais vu et par un hasard il me prend la soudaine envie de le voir, et je dois dire que j'ai apprécié, j'aurai dû le voir plus tôt. De Duvivier je n'ai vu que des Don Camillo lors de ma tendre jeunesse, et je n'en garde pas forcément un souvenir extraordinaire, d'un truc sympa mais sans plus, enfin je ne vais pas juger un réalisateur sur un souvenir qui date de plus de 15 ans, enfin toujours est-il que ce Pépé le Moko est un bon film et ceci pour plusieurs raisons, bien sûr il y a Gabin, mais je dirai plutôt que c'est dans cette atmosphère qui se dégage du film on est vraiment à Alger, la présentation de la Casbah est vraiment belle, on arrive à sentir ces sentiers sinueux, ces escaliers, ces toits qui communiquent tous ensemble, ces rues qui peuvent se révéler être des coupes gorges. Bref il y a un véritable effort qui a été fait sur l'ambiance du film et ça c'est vraiment plaisant. L'autre point fort est pour moi la qualité des dialogues, c'est un régal, c'est drôle, juste, et c'est un plaisir pour les oreilles d'entendre ces voyous s'insulter. Le tout combiné à une belle histoire, assez universelle, une très belle fin, une mise en scène comme je le disais qui arrive à faire sentir cette ambiance algérienne, je pense qu'on a tout pour faire un film éminemment sympathique.
Ce film, parmi les meilleurs réalisé par julien Duvivier, est l'exemple type de ce cinéma arrivé à sa pleine maturité et qui va se nourrir des apports cultuels de chacune des nations qui contribue à l'époque à la construction de cet édifice complexe qu'est le 7ème art... Influencé par le cinéma américain tout autant qu'il a contribué à son niveau à lui ouvrir l'horizon vers de nouvelles perspectives, "Pépé le Moko" emprunte son esthétisme à Von Sternberg, dans le soin apporté aux décors et à la lumière, ainsi que dans la vision fantasmée d'une casbah remplie d'ombres et de lumières, quelque part entre l'exotisme sensuel de "Shanghaï Express" et la mélancolie brumeuse de "Docks of New york". Se nourrissant de cette influence incontestable, "Pépé Le Moko" introduit par ailleurs ce qui deviendront les thématiques du film noir américain, femme fatale et destin tragique compris... Ce faisant, le film introduit une idée forte sur le Cinéma, internationaliste et sans frontières, où chacun, en dehors du lieu où il est né, ne s'exprime en fin de compte qu'avec un même langage contibuant, en utilisant ce qui a été et en apportant une pierre à l'édifice de ce qui sera, à la construction d'un art complexe et vivant.
Alger en studio, la Casbah comme prison et Gabin en prisonnier. Un film de gangster, assez peu violent dans l'image par rapport aux équivalents américains de l'époque. Mais un film précurseur pour les films de gangsters français d'après guerre : dialogues argotiques et drôles, gangsters typés et sympathiques, jolies pépées, policiers pas toujours très efficaces. Une vision colonialiste un peu désabusée, des laissés pour compte (comme dans Quai des Brumes), des sentiments. Une belle musique et quelques cadrages vraiment très réussis.
Une belle ambiance poisseuse de la kasbah d'Alger, et c'est même surprenant d'apprendre par la suite que tout a été filmé en studio... Belle reconstitution donc. Après, l'enquête autour de ce Pépé le Moko est un peu légère.
S'inspirant des films de gangters américains de l'époque, "Pépé le Moko" ne souffre absolument pas de la comparaison. Doté de dialogues très savoureux, qui cachent que trop bien l'extrême noirceur du propos, le film trouve sa propre singularité justement dans ses accents tragi-comiques. La réalisation de Duvivier est très solide et quelques scènes restent tout à fait impressionnantes malgré les années. Mention spéciale pour la séquence d' "exécution" de l'indic, proprement insoutenable. Et puis il y a l'immense Gabin...
Evidemment un classique immédiat, instantané, du cinéma français de l'entre-deux guerres. C'est déjà un témoignage incroyable de la vie de la casbah d'Alger à l'époque coloniale, un univers cosmopolite, bigarré, un "maquis" comme il est dit au début du film. C'est aussi une histoire bouleversante de l'amour d'un homme pour ses origines, plus que pour une femme. Pépé ne supporte pas la casbah : il est parisien. Il y est enfermé comme une oiseau dans une cage. Tout ce qu'un homme désire, il l'a, mais le souvenir de son pays le détruit. Image rappelée par l'émouvant passage où Fréhel, immense chanteuse réaliste de l'entre-deux, interprète les larmes aux yeux "Où est-il?". Enfin, les seconds rôles sont parfaitement au diapason de l'interprétation magistrale de Gabin. On dit souvent que le jeu des acteurs était trop théâtral à l'époque : pas de ça ici. Duvivier réalise ici un magnifique film populaire, ancré dans son époque, mais définitivement intemporel.
La face poisseuse de l'imaginaire colonial français (avec la casbah d'Alger en cul de sac en marge de la loi d'exilés et de proscrits) et un drame parfaitement construit. Avec la distance on s'amuse de tics cinématographiques. Les jeux de lumières sur les visages et les bijoux... font un peu devoirs appliqués de cinéphiles amateurs de films expressionnistes. Les prouesses drolatiques des dialogues d'Henri Jeanson annoncent celles d'Audiard. Mais autrement on a toute la magie envoûtante de la grande époque du cinéma français des années trente-quarante. Voir et revoir...
Un bon film francais qui contient quelques ingrédients des films noirs avec le personnage principal pris au piège, la femme fatale, la casbah oppressante. Seulement, l'ambiance n'est pas très noire, meme quand Régis (Charpin) se fait coincer par la bande à Pépé (Gabin).
Sinon à noter les très bons dialogues signés Henri Jeanson. Et en prime Fréhel qui reprend une de ses chansons.
Pépé le Moko (1937) est un célèbre polar mettant en scène Jean Gabin & Mireille Balin. L’intrigue nous emmène dans les recoins sombres et cachés de la casbah d'Alger. Les polices française et algérienne sont à la recherche d’un célèbre malfaiteur Français qui s’y cache depuis un certain temps. Julien Duvivier adapte le roman homonyme de Pierre Ashelbe et nous restitue un passionnant polar, à l’intrigue mêlant drame et romance. Les dialogues sont « savoureux », un mélange d’argot et de vieux français, ajoutez à cela d’excellents acteurs. A noter enfin, qu’il existe une version parodique et deux remakes Américains : Algiers (1938) & Casbah (1948).
Du grand classique, avec une histoire d'amour enrobée dans un mélange de policier et de carte touristique. Jean Gabin, impérial comme toujours, là encore R.A.S. Mais voilà, c'est chiant voire très chiant, et les gesticulations des uns et des autres sont tellement théâtralisées qu'on n'a pas envie d'y croire. Et cet espèce de fatalité digne des tragédies grecques, qui donne l'impression que le héros est quoi qu'il fasse prisonnier de son destin, me déplaît fortement.