On a conféré à ce film un succès d'estime, sous-entendant un western, pas vraiment un, plus un hommage au genre, à voir pour les acteurs, qui promènent leurs pistolets et leurs chapeaux dans la lenteur d'un désert de sel bolivien. Mensonge. Hypocrisie. Bêtise. Condescendance. Sous-estimer un bon film même gentiment c'est casser sa chance. Ado j'adorais les films de cow-boys pour leur violence sanglante. Avec le temps on s'est blasé, sauf quand surgit un "Impitoyable" ou autre "Appaloosa". Ici, oui c'est du quasi jamais vu. Mateo Gil qui avait signé le scénar d'"Agora", un des 10 meilleurs films de 2011, nous offre, car c'est un cadeau, un film très original. Les rares scènes de violences sont d'une brutalité très efficace, âpres, soudaines, tragiques. Et comme oui c'est un hommage, même une ode, on a en plus une réflexion derrière qui très simplement aborde la vieillesse qui se retourne sur son parcours et le sens à y accorder. Pour un scénariste Gil a travaillé une direction d'acteurs, des Shapard/Noriega aux "indiens" boliviens, très crédible, et lyrique, faisant passer beaucoup avec peu de mots, dans ce monde rude de taiseux. Notre héros vieux rusé se retrouvera manipulé à cause de ses illusions naïves et de ses rêves envolés dont les fruits mélancoliques se dissipent comme un mirage, le laissant à son désarroi total. Peut-être faut-il être sujet à cette remise en question glacée et glaçante pour apprécier un tel film, mais si vous aussi avez raté votre vie, sans rolex au poignet, regardez quand même l'heure pour ne pas rater le début de la séance.