Destination Finale 5 est le plus difficile à noter de toute la sage, parce que ses immenses qualités naviguent dans un pédalo avec ses innombrables défauts. Le film n'est pas mauvais, mais il est très loin d'être bon.
Pour faire les choses bien, énumérons ses qualités :
-Les personnages du film sont plus convaincants que les opus précédents, plus concernés par les morts, certains se montrent plus complexes, les réactions et les évolutions sont mieux travaillées.
-La séquence de fin
est une idée extraordinaire
. Et les plus attentifs durant le film ainsi que les amateurs de théories sont récompensés.
D'ailleurs la fin est la plus dramatique de toute la saga pour moi, elle est punitive et fait subir au héros un châtiment pire que la mort.
-L'ambiance est plus sérieuse, voulant recoller au style des 2 premiers films, et on aborde de nouvelles règles qui ne sont pas en contradiction avec les autres épisodes :
Je pense au personnage de Tony Todd qui révèle qu'on peut tuer quelqu'un pour obtenir son temps de vie, sachant comment ça tourne aussi mal, on peut imaginer qu'il n'a plus trop envie de donner l'astuce par la suite à des inconnus...
Maintenant les défauts :
-D'un point de vue technique, j'ai un gros problème avec ce film. Je ne sais pas si c'est l'étalonnage, mais je trouve le film bien trop sombre du début à la fin.
-Malgré des bonnes évolutions de personnages, la plupart des victimes sont des archétypes et restent caricaturaux.
-Et surtout, le bon gros point noir du film : les morts. Et pour ça, ça nécessite un nouveau paragraphe.
La séquence de l'accident, tout d'abord, qui ouvre le film. Elle est bien mais donne la sensation étrange que la catastrophe est moins grande que dans les autres films (alors que ce n'est pas "rien"). Pendant cette séquence, quelques idées sont réussies, d'autres, sont ratées (la bonne grosse CGI qui a mal vieilli).
Les autres séquences morelles du film sont mitigées : certaines sont réussies, d'autres retombent comme un soufflé, et les autres sont franchement moyennes... Et le film, au milieu de son intrigue, donne la sensation d'un abandon : les mises en place des plans de la mort ainsi que les morts elles-mêmes ne sont plus spectaculaires et nous laissent sur notre faim. Et la conséquence directe à cela est que le film devient soporifique.
Pour imager ça, il suffit de voir la différence de traitement entre la première et la deuxième mort :
-La première est toute en élégance, avec une mise en scène chiadée, on ne sait pas d'où vient le danger, mais on le ressent et le personnage également, qui a un mauvais pressentiment. La mort agit brutalement mais on y croit, le corps désarticulé, les cris...
-la deuxième est digne des Looney Tunes : le personnage est un cliché de pervers, il en fait des caisses, et sa tête explose comme si finalement elle n'était qu'une pastèque.
Et ces deux scènes se succèdent dans le même film, mais on dirait qu'elles n'ont pas été dirigées par la même personne, au point de penser qu'à ce moment dans la saga, on ne sait plus si elle doit être fun ou effrayante, tant on frôle les deux aspects, sans jamais parvenir au subtil mélange parfois atteint dans les premiers films.