Michel Bezbakh
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4.5 - Excellent
Cette envie d’éternel d’une âme se heurtant aux limites de la condition humaine s’inscrit dans une description psychologique détaillée, complexe, impressionnante. Camille, à la recherche perpétuelle de points de repères, trouve dans l’architecture une manière de se reconstruire. De la confrontation entre l’Ardèche, nature rassurante, et la ville, lieu de mensonges, naît un paradoxe que Camille souhaite affronter en devenant architecte. Une manière d’avoir prise sur l’espace, à défaut d’exercer le moindre contrôle sur ses sentiments.
D’Un amour de jeunesse jaillit une grâce, une fluidité dans les mouvements de caméra et dans le montage qui rappellent les deux premiers films de la réalisatrice. La musique, superbe, illustre et amplifie les émotions transmises par une image numérique d’une grande beauté. D’abord troublante par sa netteté, elle se trouve ensuite justifiée par certains plans rapprochés qui nécessitent une clarté parfaite. Et par le contraste entre le caractère lisse de l’image et l’impétuosité des sentiments.
La seule ombre jetée sur cette œuvre admirable vient de la performance de Sébastien Urzendowski, jeune acteur endossant ici le rôle de Sullivan. Mais cette petite imperfection d’un film brillant ne freine pas l’ascension de Mia Hansen-Love dont les inspirations, partagées entre Eric Rohmer et Olivier Assayas, lui donnent une place essentielle dans l’incroyable mouvance féminine du cinéma français d’aujourd’hui, alimentée par Céline Sciamma, Maïwenn, Anne Le Ny, Julie Delpy ou encore Sophie Letourneur et Valérie Donzelli. Vivement la suite.
La critique complète sur le blog Ecran Total: http://ecran-total.over-blog.com/article-grace-et-finesse-d-un-amour-de-jeunesse-98793874.html
Ajoutée le 16 févr. 2012 à 23h19
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