38 témoins
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tixou0

783 abonnés 2 045 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 mars 2012
Là où Eric Guirado ("Possessions") échoue piteusement, Lucas Belvaux (le petit facteur de "Poulet au vinaigre" devenu un excellent metteur en scène : la "trilogie" - "Un couple épatant", "Cavale", "Après la vie" - "La raison du plus faible", "Rapt") réussit, avec "38 témoins". Il s'agit en effet là aussi d'un fait divers-prétexte : en 1964 dans le Queens, 38 personnes assistent derrière leurs vitres, sans réagir, à la lente agonie d'une jeune femme massacrée par un tueur en série. Belvaux adapte ici le livre que Didier Decoin a consacré à l'affaire en 2009 ("Est-ce ainsi que les femmes meurent ?"), mais son histoire n'est plus dans les années 60 à New York, mais aujourd'hui, au Havre (le décor bétonné, pour l'inhumanité, et l'ouverture sur l'horizon de l'océan pour la rédemption). Là il est question d'illustrer un autre travers humain : au mieux l'indifférence, sans doute la lâcheté. Réveillés en pleine nuit par des cris épouvantables, 38 habitants de la rue de Paris, certains seuls, d'autres en couple, assistent avec plus ou moins de conscience à l'agression sauvage d'une jeune étudiante, nouvellement installée dans l'immeuble en vis-à-vis (le seul riverain à avoir admis d'emblée qu'il a entendu quelque chose, croyant "à une bagarre d'ivrognes" a crié de son balcon que l'on se taise, puis est retourné paisiblement au lit, les cris ayant cessé puisque alors la victime s'était traînée dans le couloir de son habitation pour y agoniser en silence). Toujours est-il que lors de l'enquête de voisinage, les témoins potentiels ont tous déclaré ne rien pouvoir dire : "rien vu, rien entendu, on dormait". Pierre Morvand (Yvan Attal, qui domine la distribution), pilote de navire (avec donc des horaires décalés), seul au moment du drame (Louise, sa compagne - Sophie Quinton - était en déplacement en Chine) choisit dans un premier temps de préciser aux enquêteurs qu'il n'était pas chez lui. Mais sa conscience (joliment matérialisée à l'écran par une silhouette sur le balcon d'en face) le tourmente, et lui, le "taiseux", ne tarde pas à dire ce dont il a été le témoin tétanisé, d'abord à Louise endormie (?) lors d'un monologue poignant, puis aux services de police. Est-il quitte alors ? Pas vraiment puisqu'il relance l'enquête, ce qui entraîne de nouvelles auditions durant lesquelles les témoins retrouvent la mémoire : 38 mises en examen potentielles pour "non-assistance à personne en péril" ? Du jamais vu, "impossible" pour le procureur de la République (Didier Sandre), qui enjoint l'omerta à ce sujet aux enquêteurs, au nom (prudence largement teintée de cynisme) de l'ordre public. Choqué, le capitaine Léonard (François Feroleto) en charge du dossier, organise une "fuite" en contactant Sylvie Loriot, une journaliste locale (Nicole Garcia). La couardise collective est révélée dans la presse, de même implicitement que la façon dont elle a été mise en évidence : déjà fâchée avec sa voisine de palier et ancienne amie Anne (Natacha Régnier), la fragile Louise, en butte à une hostilité grandissante des autres "témoins" ("Balance" écrit sur la porte de l'appartement à l'adresse de Pierre, vitre brisée), qui n'arrive surtout pas à pardonner à son compagnon son mensonge initial, vient à le quitter.
Les questions morales sont légion dans cette belle réalisation : sommes-nous tous des lâches ordinaires ? Peut-on sacrifier sa vie de famille à un retour de l'estime de soi ? La vérité est-elle préférable à la paix sociale ? .....
Belvaux pose ces questions sans emphase, et sans chercher à nous imposer sa conviction personnelle, et il le fait dans un style superbement épuré (cadre, photo, montage - la séquence de la reconstitution est à cet égard particulièrement remarquable : tout est à louer). Rien de facile (on ne voit pas le crime, on ne connaîtra pas le coupable), mais du nécessaire.
pierre72
pierre72

162 abonnés 367 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 18 mars 2012
Une jeune femme se fait sauvagement assassiner vers 3 heures du matin dans une des artères principales du Havre. Visiblement, personne n'a rien vu, rien entendu. Seulement Pierre, bourré de remords, avoue à la police que ce soir là des cris horribles l'ont réveillé et qu'il a vu la victime tituber et s'effondrer. L'enquête est relancée, révélant que finalement 38 personnes avaient préféré le silence...
A partir de ce thème de société fort, la lâcheté, le silence devant le drame, Lucas Belvaux avait un sujet en or. Malheureusement, il est passé à côté, la faute à un scénario lourdingue, donnant la vedette à un couple peu crédible.
Prenons, Pierre, Yvan Attal, comme d'habitude taciturne et renfermé, est une boule de souffrance, n'osant pas avouer ce qu'il a vu cette terrible nuit. C'est un taiseux mais dès qu'il doit argumenter un peu, on se croirait dans une tragédie de Corneille. On a droit à l'emphase, à la psychologie profonde, aux tourments exarcébés. C'est vite grotesque, peu approprié à l'action. Les rapports avec sa fiancée (Sophie Quinton) sont de la même eau. Absente la nuit du drame, elle pressent beaucoup de choses (trop à mon avis) et son comportement la fait ressembler à une future sainte à canoniser.
Devant tant de lourdeur, le spectateur décroche un peu. Heureusement, le personnage de la journaliste fouille-merde, jouée par Nicole Garcia (très bien) et le procureur soucieux de maintenir l'ordre public (Didier Sandre) amènent un point de vue beaucoup plus juste et plus intéressant.
Lucas Belvaux, par contre, a réussi une reconstitution du crime glaçante et sidérante, moment très fort du film. Remarquablement mise en scène, montée au cordeau, dialoguée au plus précis, elle synthétise admirablement le propos du film.
La fin sur le blog
http://sansconnivence.blogspot.fr/2012/03/38-temoins-de-lucas-belvaux.html
ludivine b.
ludivine b.

7 abonnés 68 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 18 mars 2012
38 témoins est inspiré d'un fait divers célèbre ayant eu lieu aux USA en 1964. Une jeune femme avait été victime d'un meurtre sous les fenêtres de ses voisins, sans que ces derniers ne réagissent... Cependant, la notion de "non assistance à personne en danger" n'existant pas aux états-unis, il n'y eu aucune condamnation dans cette affaire.

Le réalisateur choisi d'adapter cette histoire en France dans la ville du Havre. La France connaissant, elle, la notion juridique de non assistance à personne en danger, le déroulé des évènements pourrait tout de même trouver une réalité autre.

Ceci étant dit :

L'angle de vue permet aux spectateurs de se mettre à la place de témoins indirects, à l'instar du personnage interprétée par Sophie Quinton (excellent).

Un film astucieux, qui reste humain, mais oblige à porter un jugement. spoiler: La reconstitution du meurtre, qui sert de final au film, pulvérise d'ailleurs les intentions de comprendre et de pardonner la passivité criminelle des témoins du drame.


Evidemment, il ne s'agit pas d'un film d'enquête dynamique, ni d'un film de procès de prétoire (même s'il y a un jugement), encore moins un film d'action tourbillonnant. La réalisation revient aux fondamentaux : l'humain.

Le rythme est tranquille, presque sans saveur, en pleine cohésion avec la vie détruite des différents témoins qui essaient de nier leur responsabilité, et etouffent lentement.

Yvan Attal confirme qu'il est un comédien de talent, Sophe Quinton est lumineuse.
Les rôles secondaires sont excellents, tous magistralement interprétés.

Un film qui nous pousse à nous interroger sur la nature humaine et sur une société individualiste en déliquescence.
A voir impérativement.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 18 mars 2012
Un grand moment de cinéma, à ne pas rater. Une lenteur nécessaire, mais pas de longueurs, un film dont on ne ressort pas indemne, qui donne à réfléchir sur la nature humaine et sur la vie en société. A voir sans hésiter!
Guiciné
Guiciné

206 abonnés 1 341 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 18 mars 2012
Un film où le potentiel était énorme, hélas la mise en scène est beaucoup trop lente et les dialogues sonnent faux et sont beaucoup trop surjoués pour que le fond s'anime réellement. Quel dommage!!!!
Valerie N
Valerie N

22 abonnés 216 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 18 mars 2012
Très moiyen, je suis décue par la lenteur du film, le temps est long. Pourtant le sujet est très intéressant. Nicole Garcia magnifique, simple. On s'ennuie. Seule scène vraiment poignante : la reconstitution. Elle nous glace le sang
anonyme
Un visiteur
1,0
Publiée le 18 mars 2012
Le theme du film est interresant, mais il ne se passe rien presque. Ennui total garanti , somnolence ou encore : je pars avant la fin.
jeanpV
jeanpV

5 abonnés 31 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 mars 2012
Un film prenant sur le sentiment insupportable de la culpabilité qui détruit un être fragile et exigeant., en quelques minutes cruciales horriblement vécues.  C’est vrai, c’est un film lent, mais pour ma part, efficace et sans ennui. Un film sans concession à la facilité, mais pudique et sobre. Un film où le « héros » sait parler (l'a t-on assez reproché!), mais justement c’est un être fin et instruit qui a une conscience et veut la soulager en s’exprimant. Un film froid, mais c’est son sujet précisément. Un film découpé au cordon, comme la ville du Havre, sortie du chaos et mise «en ordre» par Perret ; le sujet, quant à lui, confronté à l’ordre moral (le sien) entame un chemin de croix (qui sera autant une descente aux enfers, qu'une rédemption). La ville reconstruite (et bien exploitée) est en arrière plan toute entière, l'évocation d'un passé tragique et d'un présent déshumanisé. Reste que les havrais, (que je connais bien) ne sont pas des américains et je ne crois pas une seconde à leur désir de vengeance - coups de feu ou inscriptions punitives - (approchez-vous seulement d'un passage pour piétons et les voitures s'arrêtent comme par enchantement!). 
anonyme
Un visiteur
1,5
Publiée le 18 mars 2012
Peur et lacheté, aveu et pardon, mémoire et oubli... Sur un tel canevas, il y avait de quoi réaliser un film décapant et percutant. Hélas, le scénario est, justement, bien trop scénarisé et s'embourbe dans de grandes déclarations pseudo-intello-psycholos. 38 voisins, d'en face, qui ne bougent pas, pas un seul pour décrocher le téléphone? cela fait beaucoup. Où étaient ceux de la victime? Comment l'un des témoins peut développer à la fois une telle dimension dans l'analyse de sa lacheté après l'avoir exercée et la révéler à la police, à ses proches? D'un roman, Balzac écrivait: "les faits n'ont pas besoin d'etre vrais mais vraissemblables" meme dans l'absurde.
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 17 mars 2012
Film chiant! Le réalisateur se fait plaisir et n'a pas vu son film, nous oui et en plus on a payé plein pot pas de réduction. Intrigue néant film mégalo et ennuyeux pourtant le sujet était intéressant pour un court métrage toutes les émotions qui sont sur jouées ne font pas hélas un bon film n est pas polanski qui veut. Seule nicole Garcia tiré son épingle du jeu. Film à éviter. Ce film est aussi pénible à supporter que " la nuit" que nous avons vu précédemment.
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 17 mars 2012
Pathétique ! Ce film est pathétique ! C'est ennuyeux, lent. Le film le plus nul et chiant que j'ai vu depuis des années !
D'ailleurs plusieurs personnes ont quitté la salle, je pense que le réalisateur se fout de la gueule du spectateur, n'écoutez pas les critiques de la presse qui apprécient ce film, vous allez vous ennuyer....
lolocine93
lolocine93

7 abonnés 53 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 17 mars 2012
Sujet original mais c'est très lent, beaucoup de plans, de scènes inutiles.
Arsène H
Arsène H

19 abonnés 48 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 18 juin 2013
Un film d'une intelligence rare, et très puissant. Mise en scène spectaculaire ! Malgré ça, le film va parfois un peu lentement. Grandiose.
PhilippeToile
PhilippeToile

53 abonnés 740 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 17 mars 2012
Quand une jeune femme est sauvagement assassinée, les habitants du quartier n’ont rien vu, rien entendu, sauf un homme qui aura le courage de parler, au prix de la haine de ses voisins et d’un sentiment de culpabilité qui détruira son couple et lui-même. Plutôt qu’un thriller, Lucas Belvaux nous propose un film de procès sans prétoire, celui de la lâcheté collective, du silence veule qui préserve un petit confort égoïste et d’une société qui perd ses repères moraux. Après un départ laborieux la réalisation monte en intensité et trouve un juste équilibre entre le débat d’idées et l’émotion. Le scénario est malheureusement desservi par des dialogues assez pauvres, ce qui ne permet ni à Yvan Attal dans son jeu habituel de chien battu, ni à Sophie Quinton, l’excellente pseudo-Marilyn de Poupoupidou, de donner la pleine mesure de leur talent. Reste que ce film très attachant positionne Lucas Belvaux comme un André Cayatte des temps modernes.
ANDRÉ T.
ANDRÉ T.

94 abonnés 485 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 17 mars 2012
Un grand sujet...pour un film manqué ?

L'activité portuaire très joliment filmée (Tournées, Le Havre) certes mais j'ai eu l'impression de retrouver un cinéma d'autrefois, "à la Cayatte ou à la Boisset".
Je veux dire, didactique, pesant, démonstratif....

Face à la lumineuse Sophie Quinton qui rentre de voyage, voila qu'Yvan Attal porte sur son visage, toute la misère du monde....
A t'il tué, son père, sa mère et ses enfants ? NON !!!

Certes, on ne peut glorifier la lâcheté mais là, tout m'a semblé démesuré et excessif....
Reste que le sujet est un problème de société; pour moi, il peut être traité avec plus de justesse.

Ne pas oublier que Lucas Belvaux a fait de bons films....
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