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    Tomboy
    Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "Tomboy" et de son tournage !

    La petite Zoé Héran, incroyable

    La complicité des soeurs et leurs jeux d'enfants

    Une histoire à la fois troublante et innocente, "naturelle"

    Un film personnel, solaire et frais

    Continuité

    Naissance des pieuvres, le précédent film de Céline Sciamma, évoquait déjà l'identité sexuelle et l'ambiguïté des sentiments entre deux adolescentes.

    Qui es-tu ?

    Dans Tomboy ("garçon manqué"), la question de l'identité se joue autour d'un prénom : une petite fille, Laure, se fait passer pour un garçon, Michaël, après un quiproquo. Il était important pour la réalisatrice de montrer que Laure masquait sa véritable identité simplement parce que l'occasion lui était donnée et que son acte n'était pas prémédité : "Je ne voulais pas la placer dans une problématique identitaire lourde avant qu’on lui demande comment elle s’appelle, même si elle a les cheveux courts et qu’elle a déjà cette apparence de petit garçon. Jusqu’à la séquence du bain, le spectateur qui ne connaîtrait rien au film décide seul s’il s’agit d’un petit garçon ou d’une petite fille. C’est le regard de l’autre qui décide de ce qu’on est. Cela questionne le regard du spectateur de la même manière que cela questionne le regard de Lisa qui pense que Michaël est réellement un garçon."

    Economie de moyens et de temps

    Tomboy a été réalisé dans l'urgence. Céline Sciamma a écrit le scénario en avril 2010, le tournage s'est déroulé en août et a duré vingt jours. Une précipitation qui était intentionnelle : "Ces quelques repères reflètent l’état d’esprit du film, la radicalité et la dynamique dont j’avais envie. C’est cela le point de départ du projet, cette philosophie, cette envie de travailler autrement." De même, la réalisatrice s'est fixée de ne pas filmer plus de cinquante séquences qui se déroulent dans deux décors principaux : "Les cinquante séquences devaient être essentielles au récit, ce qui permettait une grande concentration, des scènes chargées d’enjeux."

    Dramaturgie

    La réalisatrice ne s'embarrasse pas de psychologie. Pour elle, "le cinéma, c'est de l'action". Ainsi, les personnages de ses films ne réfléchissent pas sur ce qui leur arrive mais agissent. "Je suis assez obsédée par le fait que les récits doivent être un peu pop. Je voulais que l’histoire soit écrite comme un récit d’infiltrés. Comme un flic qui se fait passer pour un mafieux à la faveur d’une méprise. J’aime l’idée d’un instant où tout bascule et où un personnage doit ensuite en assumer les conséquences. J’avais envie d’une dramaturgie simple et efficace, on suit un personnage avec un objectif fort dans une dynamique de double-jeu et donc du suspense : Laure / Michaël se demande en permanence si elle va être démasquée ou non et le spectateur avec elle."

    Liberté

    Bien qu'elle se soit imposée un nombre limité de séquences pour la composition de son film, Céline Sciamma a ressenti une grande liberté sur le tournage : "Je ne me suis pas privée de supprimer et de réinventer des séquences d’un jour à l’autre, surtout en travaillant avec les enfants du film. Avec Tomboy, j’avais envie de faire un film énergique et libre, et d’expérimenter d’autres choses sur le plan de la mise en scène, de découper plus, de travailler le rythme des séquences et du film autrement en limitant les plans-séquences. J’avais envie d’un film solaire, contrasté dans les sentiments."

    Casting

    L'équipe du film ne bénéficiait que de trois semaines pour trouver les jeunes acteurs de Tomboy est passée par une agence de comédiens. Zoé Héran, interprète de Laura/Michaël, a été découverte dès le 1er jour du casting, une vraie chance ! "J’ai tout de suite été marquée par sa photogénie et ses attitudes. Elle avait la passion du foot, voulait bien couper ses longs cheveux et avait beaucoup de naturel dans la petite scène d’essai qu’on lui a fait passer. Elle était déjà « juste », il y avait moyen de travailler avec elle", explique Céline Sciamma. Pour sa petite sœur, "Malonn Levana, la fillette que nous avons choisie, avait à la fois le physique que je recherchais et de la maturité dans l’expression, beaucoup de vocabulaire." Enfin, Lisa est interprétée par Jeanne Disson, une petite fille de 9 ans qui n'avait jamais fait de comédie : "je ne voulais pas d’une petite princesse jolie et sûre d’elle mais d’une petite fille étrange" confie Sciamma. "L’enjeu et la difficulté sur le personnage de Lisa, avec une interprète si jeune, c’est la transparence qu’il faut afficher dans l’explication du rôle : jouer l’amoureuse d’une petite fille, affirmer des sentiments."

    Diriger des enfants

    Tourner avec des enfants s'avère souvent délicat, ce que confirme Céline Sciamma : "Il faut créer un équilibre entre la complicité, l’attention, la générosité et l’autorité. Je sous-estimais tout cela avant le tournage et heureusement car sinon je n’aurais jamais fait le film." La réalisatrice a toujours pris soin d'encadrer les filles et ne les laissait pas improviser mais faisait en sorte de rendre le tournage aussi ludique que possible : "Je coupais peu pour ne pas les impressionner avec le folklore sentencieux et un peu religieux du silence plateau et du clap."

    Filmer un groupe

    Pour la bande d'enfants qui gravitent autour de Laura/Michaël et Lisa, l'équipe du film a engagé les vrais amis de Zoé Héran. Lorsqu'il s'agissait de les filmer, la réalisatrice laissait plus de liberté aux enfants que lorsqu'elle tournait en comité réduit avec les deux actrices principales. En revanche, la mise en scène était plus verrouillée : "Je souhaitais à la fois leur donner une grande liberté, accueillir tout ce qu’ils pouvaient amener de spontané, et en même temps les mettre véritablement en scène. Ce sont les séquences où il y a le plus de découpage en amont, où la machinerie intervient, avec des travellings. (...) La notion de chorégraphie et de cadre était très importante pour moi. Parce que les enfants sont dans une énergie qui comprend de l’imprévu, je voulais une pensée forte de la mise en scène. Poser des cadres, tourner avec une caméra sur pied et non pas à l’épaule… Avoir un regard fort et interventionniste sur cette matière vivante."

    Parents-enfants

    Contrairement à son précédent film, Naissance des pieuvres, la réalisatrice a décidé de faire intervenir des adultes et de s'éloigner des clichés habituels que l'on peut trouver dans les relations parents-enfants au cinéma : "j’avais envie de ces personnages de parents, de raconter la tendresse et la complicité familiale. (...) C’était presque un film dans le film, une chronique du quotidien. Il était important pour moi aussi de montrer que l’attitude de Laure n’était pas engendrée par une fuite des réalités : Laure se sent bien chez elle. La cellule familiale n’est pas un contrepoint qui donne les clefs du personnage. Je souhaitais créer des rapports qui ne soient pas instrumentalisés par la fiction."

    Appareil photo

    Tomboy a été filmé avec le Canon 7D, un appareil photo-caméra. Un choix de la réalisatrice car il permet selon elle une plus grande souplesse et " (...) c’est également un vrai choix esthétique. J’aime beaucoup son rendu des couleurs, les possibilités qu’il offre dans le traitement des profondeurs de champ. J’étais obsédée par le fait que l’économie du film devait s’accompagner d’une direction artistique engagée. Avec une intervention volontariste sur les décors, les costumes, les couleurs et l’image du film."

    Musique

    Tomboy est dépourvu de musique, excepté lors d'une scène de danse. La réalisatrice a fait appel pour ce morceau à Para One, qui avait déjà signé la B.O. de Naissance des pieuvres, et à Tacteel. "J’ai décidé de l’utiliser et de chorégraphier la danse autour de cette musique à un moment précis du film, celui où apparaît l’histoire d’amour entre les deux fillettes. C’est un morceau solaire et enfantin, avec la mélancolie des mélodies en contrepoint. J’aimais bien l’idée que ce soit une chanson, et qu’elle revienne ensuite, pendant le générique de fin. Le film aurait pu accepter de la musique, mais elle créait une distance entre le personnage et le spectateur, comme un commentaire adulte sur la situation, là où le film cherche sans cesse à être à hauteur d’enfant."

    Festival

    Tomboy a été présenté au Festival de Berlin 2011 et a reçu le Grand Prix du Jury dans le cadre des Teddy Awards, prix qui récompensent la représentation de l'homosexualité au cinéma.
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