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N'EST PAS CROQUE QUI CROQUERA : On ne peut pas dire que la base scénaristique de ce « Fruit Défendu » fasse dans la subtilité : Deux jeunes filles appartenant au mouvement religieux læstadien ( particulièrement conservateur et appliquant les préceptes bibliques à la règle, c'est-à-dire tout à fait stupidement, interdisant ainsi l'alcool, la drogue, le rapport charnel avant le mariage, serait-ce le moindre baiser, si pur fut-il ) décident de partir s'imprégner de l'atmosphère de la capitale, Helsinki, et d'y découvrir, d'y expérimenter ce qu'elles ignorent totalement : le monde... Ainsi, dans leurs pérégrinations citadines, elles vont tantôt être séduites par l'agitation et les tentations modernes de la ville et tantôt parfaitement rebutées, choquées et troublées jusqu'au plus profond de leur foi. C'est ici d'ailleurs le caractère marquant des personnages et du film en lui-même : la foi est présente partout, dans chacun de leurs gestes et même lorsqu'elles tentent de passer outre pour jouir, simplement jouir d'un plaisir simple ( un peu d'alcool, un baiser ), celle ci se rappelle à elles de manière subite et toujours assez puissante pour susciter la culpabilité de l'être croyant qu'elles sont. Pourtant à mesure que leur séjour avance c'est leur émancipation qui augmente : elles comprennent, lentement, ce que le monde peut leur offrir de joie, de plaisir, de jouissance, de douleur également et de peur qu'il n'est pas simple de surmonter lorsque l'on a été élevé dans un cocon conservateur présentant les autres comme des blasphémateurs destinés aux flammes des enfers... C'est ainsi dans un rapport pureté/pêché que tout le film s'établit ; ou est la faiblesse ? Du côté des pêcheurs ou du côté des super-héros croyant-pratiquant qui ne s'offrent aucun plaisir. Certes la réponse peut paraitre simple et pourtant rarement le réalisateur ne prend de position claire, laissant toujours trainer une ambiguïté assez dérangeante, c'est parfois la vulgarité de cette modernité qui est fustigée et parfois le conformisme nauséeux et polis du mouvement religieux si bien qu'il parait difficile de parler de dénonciation et que le terme "pointer du doigt" semble davantage approprié. Car c'est bien là ce que « Fruit Défendu » à la prétention de faire : présenter un mouvement religieux, qui il faut l'avouer, se démonte lui-même tant il est anachronique et peu à même de répondre au réalité d'un univers toujours plus en mouvement et parallèlement nous entrainer dans cette exploration de la vie que les jeunes filles construisent, tentant de trouver des vérités qui finalement viendront à elles, brutales, violentes et d'une beauté saisissante... Donc si, comme je l'ai dit au début le scénario n'est pas bien original, le traitement du sujet n'en demeure pas moins subtil aussi bien fondamentalement que formellement ; quelques scènes faisant preuve d'une grande intelligence et liberté dans la réflexion qu'elles suscitent et proposent pareil à un choix impossible entre la morne prairie et la somptueuse décharge.
Ajoutée le 03 janv. 2012 à 21h23 Signaler un abus
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