tof44
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3 - Pas mal
L'originalité du projet nous est livrée dès le générique : il ne s'agit pas ici d'une historiographie exhaustive mais plutôt d'un point de vue journalistique étranger sur le mouvement Black Power et, plus généralement, sur la société américaine des années 60/70.
En effet, "Black Power Mixtape" est composé entièrement d'images d'archives et de reportages effectués par la télévision suédoise à l'époque, présentées chronologiquement année par année et commentées en 2010 et en voix-off par des protagonistes du mouvement (Angela Davis, Melvin Van Peebles...), par les journalistes suédois eux-mêmes ou par d'illustres inconnus, enfin connus peut-être mais pas par moi (rappeurs, poètes...). Ce parti-pris permet une immersion totale dans l'époque et, finalement, on ressent plus le mouvement qu'on en apprend sur lui (même si des acteurs majeurs mais moins emblématiques que les Martin Luther King ou les Malcolm X sont ici mis en lumière).
C'est là tout le paradoxe et la réussite du film : alors que le sujet est la plupart du temps survolé (on ne s'arrête pas trop sur les grandes figures, on ne développe pas trop les mouvements les plus radicaux comme les Black Panthers ou Nation of Islam, ni les faits les plus marquants comme le poing levé de Smith et Carlos aux JO de Mexico...), le sentiment général de révolte et d'indignation (mot à la mode, je l'ai placé !) est extrêmement palpable (à ce titre, l'interview d'Angela Davis en prison est remarquable et on découvre ou redécouvre ici quelle grande femme elle a été et est encore) et toujours d'actualité (une voix-off évoque à un moment le rôle précurseur et modèle du Black Power sur les mouvements d'émancipation qui l'ont suivi, comme le mouvement féministe ou le mouvement gay).
Seul bémol, on regrettera d'avoir à se mettre sous la dent uniquement la moitié de ce qui nous était promis dans le titre : si le "Black Power" politique et social est bien là, la "Mixtape" fait un peu défaut. Pas ou peu de passerelles en effet avec la culture black (même si elle est toujours un peu là en filigrane avec la présence de différents auteurs ou d'artistes comme Harry Belafonte) et on aurait préféré une BO d'époque soul/funk/blues plutôt que les morceaux contemporains hip-hop qui font parfois la transition entre les différentes séquences.
Ajoutée le 13 janv. 2012 à 15h09
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