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    L'Apollonide - souvenirs de la maison close
    note moyenne
    3,2
    1890 notes dont 325 critiques
    répartition des 325 critiques par note
    33 critiques
    59 critiques
    84 critiques
    65 critiques
    43 critiques
    41 critiques
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    325 critiques spectateurs

    Elie W
    Elie W

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    0,5
    Publiée le 24 octobre 2011
    Une série de clichés, quelques tableaux esthétiques noyés dans un ensemble difficile à suivre et trop trop long... Aucun scénario, aucune histoire, nul. Amateurs d'érotisme s'abstenir.
    lhomme-grenouille
    lhomme-grenouille

    Suivre son activité 1261 abonnés Lire ses 3 095 critiques

    3,0
    Publiée le 12 octobre 2011
    On me fait parfois remarquer qu'il y a chez moi un paradoxe : je vais souvent voir des films français alors que, systématiquement je les taille au final. Pourquoi persister alors ? Masochisme ? Non, c'est plutôt pour éviter de rater des films comme cette "Apollonide" par exemple ! Alors oui – c'est vrai – trois étoiles c'est bien, mais ce n'est pas non plus le signe de l'extase. Voilà pourquoi il serait sûrement utile que je précise tout de suite que cette note traduit au fond assez mal mon ressenti face à ce film, parce qu'elle n'est en fait que la moyenne des sentiments multiples et contradictoires que ce film a suscité en moi. Car oui, la première chose que j'aurais à dire au sujet de cette "Appolonide", c’est qu'elle a l'incontestable mérite d'avoir une personnalité, une ambiance, une démarche qui lui est propre. J'avoue qu'au départ, savoir qu'un sujet aussi casse-gueule pouvait être traité par le cinéma français me faisait peur, mais la force de Bertrand Bonello et qu'il a su jouer de l'ambiguïté de son milieu. Il aime créer une forme de sensualité qui fait qu'on se laisse forcément séduire par l'aspect sulfureux de la maison close, mais il parvient en permanence à démontrer par le ressenti que cette sensualité est forcément amenée à disparaître dans un milieu aussi déshumanisant. Or, ce que j’ai d'autant plus apprécié dans ce film, c'est que cette démarche ne relève pas du discours pompeux, comme c'est souvent le cas avec le cinéma français, il est au contraire de l'ordre du ressenti. Ce film, c'est du cinéma de la sensation. Les scènes, les images, les sons, tout concourre à nous faire vivre cette ambiguïté par les sens... Cette démarche est d'autant plus appréciable que Bonello maîtrise indéniablement son sujet, parvenant ainsi à ménager quelques scènes d'une force ou d'une subtilité assez incroyables, me faisant d'ailleurs véritablement vivre de manière viscérale cet univers remarquablement travaillé. Dommage du coup, que le film soit aussi flottant dans sa dynamique. Pourtant, j'avoue qu'il est difficile de le lui reprocher, car ce côté lancinant et parfois apathique du film contribue clairement à mettre en place cette ambiance de plaisant malaise sans lesquels les moments forts n'en seraient pas. Ainsi, le paradoxe veut que je garde de cette "Apollonide" l’impression d’un film juste plaisant et non transcendant, alors que pourtant quelques images éparses et autres ambiances occupent encore maintenant mon esprit de par leur justesse ou bien leur force de pénétration. Un film atypique à n'en pas douter donc, qui mérite incontestablement d'être vu, ne serait-ce que pour ne pas échapper à un film unique en son genre...
    spider1990
    spider1990

    Suivre son activité 650 abonnés Lire ses 1 589 critiques

    3,0
    Publiée le 25 septembre 2011
    Un an après le début de la série "Maison Close" Bertrand Bonello se lance dans un film essayant de nous charmer jusqu'à la fin et d'approfondir le potentiel d'un simple endroit. Les jeunes actrices essaient tant bien que mal de surmonter les difficultés dues à un manque de qualités qui les empêchent de nous séduire. Le souci c'est que le scénario tourne au ralentit et peut nous assommer dû à quelques points qui manquent de clarté et de détails et feront tourner en rond les spectateurs. Le metteur en scène a du talent qui se fait vite ressentir dès le départ grâce à une vision hypnotique, mais les idées viendront au fil des années pour trouver une histoire plus sérieuse.
    traversay1
    traversay1

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    4,0
    Publiée le 26 septembre 2011
    Pourra t-on écouter à nouveau Nights in white satin sans repenser à cette splendide scène de L'appolonide, musique anachronique pour une sorte d'acmé au sein d'un film qui jusqu'alors montrait une dispersion de styles qui ne demandait qu'à être sublimée, en route vers une dernière demi-heure toxique et onirique où Bertrand Bonello lâche enfin les chevaux ? Nous sommes dans une maison close et le réalisateur a longtemps joué aussi sur la frustration. La chair est triste ? Pas seulement. C'est plus complexe que cela. L'appolonide est une petite entreprise qui connait la crise, alors que le 20ème siècle s'annonce. Le film de Bonello passe du réalisme à la crudité, de la tendresse entre ces femmes qui s'épaulent au flottement des âmes dans une atmosphère opiacée. Il y manque peut-être l'émotion, qui aurait nécessité de se plier à des contraintes narratives romanesques et à isoler une femme parmi les autres (ce qui est le cas néanmoins, partiellement, avec le figure douloureuse de cette "femme qui rit"). Ce n'était pas la volonté d'un scénario qui vogue entre zones érogènes, hétérogènes et anxiogènes. L'appolonide est un vaisseau spatial. Au fil de ses croquis à l'esthétique luxuriante, les images évoquent quelques grands maîtres du cinéma qui n'ont jamais craint l'odeur du soufre, sans avoir fait Math stupre : Visconti et Bunuel pour les intérieurs, Renoir et Ophüls pour la scène champêtre. Des influences qui nourrissent le style de Bonello, sans l'étouffer, ce dernier ayant sa propre voix, singulière, qui n'est pas là pour plaire à tout le monde et c'est tant mieux s'il divise autant. Un regret pourtant, les toutes dernières images, contemporaines, comme un point de vue moral, qui est surtout maladroit. Hors sujet.
    cylon86
    cylon86

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    3,0
    Publiée le 11 août 2013
    Bertrand Bonello nous immerge dans une maison close parisienne à l'aube du XXème siècle et nous dépeint les habitudes, les rêves et même les malheurs des prostituées quitte à parfois un peu choquer mais sans jamais tomber dans un voyeurisme gratuit. Au contraire, la mise en scène est très soignée, chaque plan faisant quasiment penser à un tableau, le tout grâce à de superbes costumes et une très belle photographie. Le problème c'est que les scènes s'enchaînent sans grand lien fort entre elles et qu'il faut s'accrocher pour suivre un peu. Mais quand on y pense, il colle au plus près de son sujet en se contentant de décrire ce mode de vie fidèle à lui même : souvent monotone et surtout loin de toute autre réalité que celle de la maison close. Malgré la justesse de sa mise en scène et de ses actrices, Bonello nous perd quand même parfois en chemin mais parvient à nous récupérer au détour de très belles scènes qui valent le coup.
    selenie
    selenie

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    4,0
    Publiée le 21 juillet 2012
    Bertrand Bonello est un réalisateur qui s'est spécialisé dans le sexe ("Le pronographe" et "Tiresia") mais ici il offre une oeuvre plus "sage" et moins abrupte. Il s'agit clairement d'un des plus beaux films sur les maisons closes que le cinéma ait offert. Dans la forme les costumes sont de toutes beautés et le reste est digne d'un docu-fiction. Les filles sont toutes talentueuses malgré que leur physique est loin de l'archétype de l'époque ; en effet les anorexiques sont en lieu et place de femmes plus charnelles (plus appropriées au canon de beauté des années 1900). Le scénario a quelques trous (ellipses notamment lors du retour du tailladeur, l'émeraude...) mais le montage donne une mosaïque des plus envoûtante. Les actrices sont toutes magnifiques (quoique trop maigrichonnes pour certaines) et l'émotion a pied dans un réalisme assez radical ; lent car elles attendent une chimère c'est avant totu l'histoire unique et fidèle d'une maison close. Un superbe écrin qui manque jsute, peut être, d'un peu plus de passion.
    Christoblog
    Christoblog

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    5,0
    Publiée le 16 septembre 2011
    Hier au Katorza, à Nantes, Bertrand Bonello était tout de noir vêtu. Disons-le tout net, il a très bien parlé de son film, pendant près d'une heure, sur un ton à la fois persuasif et humble, répondant avec patience au flot de questions d'une salle sous le charme de son film. Avant de donner mon avis personnel, quelques anecdotes glanées lors de cette heure d'échange : l'Apollonide est le nom de la maison de son grand-père, le casting a été la partie la plus ardue du film (mélange d'actrices renommées et de non-professionnelles), Bertrand Bonello s'est souvenu d'une vision d'un film qui l'a marqué dans son enfance (L'homme qui rit de Sergio Corbucci ?) pour créer son personnage de la femme qui rit, et le rêve raconté dans le film lui a été donné par une femme de sa connaisance qui l'a vraiment fait. Comme quoi, meiux vaut faire gaffe quand on cause à un réalisateur. Le film maintenant. Probablement un des plus beaux, des plus complexes, et des plus construits de l'année. Il regorge tellement d'idées de mise en scène différentes et contrastées (split screen, musique soul sur une histoire se déroulant au début du XXème siècle, glissements temporels, bande-son destructurée) qu'il paraît ... la suite sur Christoblog : http://chris666blogsallocinefr.over-blog.com/article-l-apollonide-souvenirs-de-la-maison-close-84452793.html
    Julien D
    Julien D

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    2,0
    Publiée le 29 mai 2014
    La qualité esthétique, s’appuyant sur une superbe photographie et à des costumes splendides couplés à une bande originale de toute beauté, font de cette œuvre atypique un magnifique film d’ambiance qui nous plonge dans les frasques libertines du Paris du 20ème siècle. Mais au-delà de cette incontestable réussite formelle, le scénario de Bertrand Bonello parait plutôt mince. Le réalisateur-scénariste nous a déjà prouvé, notamment avec Le pornographe, son talent pour filmer avec délicatesse des scènes assez crues, mais ici l’histoire se concentre avec sur le quotidien terriblement routinier des locataires de cette maison close alors que leur psychologie des ne reste qu’évasive, donnant l’impression d’une sous-exploitation du talent de toutes ses excellentes actrices, tout du long cette narration assez plate et qui s’étire sur deux heures de façon parfois maladroite (les ellipses brutales et les longueurs nous empêchant de nous situer clairement dans l’évolution chronologique des différentes scènes). Ainsi, aussi belles et bien filmées qu’elles puissent être, ces prostitués sont bien peu attachantes, ce qui empêche finalement au long métrage de dégager ni l’émotion ni la sensualité qui aurait pu en faire un intemporel appel à la liberté féminine.
    velocio
    velocio

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    3,0
    Publiée le 21 septembre 2011
    Peut-être avez vous toujours rêvé de voir à quoi ressemblait une maison close au début du 20ème siècle et, bien entendu, vous n'avez jamais eu l'occasion d'en visiter une ? Dans ce cas, ce film, en compétition à Cannes 2011, est vraiment fait pour vous : de très belles images, un scénario intéressant, un film très bien documenté, une bonne distribution et rien de bassement graveleux. Le seul bémol qu'ont pu lui trouver tous les cinéphiles qu'ils l'ont vu à Cannes et avec qui j'en ai parlé à chaud, c'est sa longueur : 122 minutes. Tous s'accordaient pour dire que le film eut été beaucoup plus fort avec 20 minutes de moins. Tous sauf A.D. qui, lui, aurait souhaité 4 heures de plus ! Il y a un autre petit détail qui pourra troubler certains pinailleurs (j'avoue : il m'arrive d'en faire partie !) : la musique. En général, on accepte assez bien d'entendre des musiques antérieures à la période peinte dans un film. Il est plus difficile d'accepter un anachronisme quand il est dans l'autre sens : c'est pourquoi l'adagio du concerto n°23 de Mozart (qu'est-ce qu'on l'entend souvent au cinéma ! rappelez vous "l'incompris" de Comencini) passe très bien, mais on peut tiquer en entendant "Nights in White Satin" des Moody Blues (1967) ou 3 morceaux du chanteur de Rythm'and'Blues Lee Moses, enregistrés dans les années 60. Concernant ce dernier, il n'est pas innocent de constater que son titre le plus connu avait pour titre "Bad girl" : maison close - mauvaise fille, est-ce un hasard ?
    ffred
    ffred

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    1,0
    Publiée le 22 septembre 2011
    Long, lent, lourd, sans émotion. 2h02 d’ennui sur fond de velours, de dessous en dentelles et de fin d’époque. Bertrand Bonello rate le coche et passe à côté de ce qui aurait pu être une belle fresque intimiste. On ne s’attache pas une seconde aux personnages. La fin est comme un cheveu sur la soupe. Les actrices sont plutôt laisser à l’abandon. Même l’excellente Noémie Lvosky ne tire pas son épingle du jeu... La suite sur : http://lecinedefred2.over-blog.fr/
    islander29
    islander29

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    3,5
    Publiée le 29 septembre 2011
    Ce film est un choc...On peut en sortir bouleversé....Effectivement il y a atteinte à la femme dans ses maisons closes qui sont clairement destinées au plaisir des hommes...Le film rend le propos sordide...Sous couvert d'esthétisme il invite à une réflexion profonde sur l'essence et le devenir de la prostitutionLa femme qui rit, victime d'un maniaque qui lui taille les joues avec un poignard revient comme un refrain hanté le spectateur et sa conscience..L'ambiance feutrée du bordel galvaude toute dignité humaine...Qui vient se réfugier ici ? des hommes seuls, des âmes en peine, une humanité veule souvent plus en quête d'affection que de plaisir..Le film dérange, ces jeunes filles qui se baignent dans du champagne narguent la décence et l'intelligence...Peut être faudrait il autre chose que des bordels pour soulager l'humanité, il y a du glauque, du désenchantement à chaque sourire, à chaque parole....Le dialogue est important reste un peu la morale de ce film convaincant qui se termine par un plan interrogateur sur la prostitution contemporaine, au grand air c'est la même misère...Je conseille malgré une certaine longueur...
    tixou0
    tixou0

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    1,0
    Publiée le 25 septembre 2011
    Esthétisant tendance baroque, quasi décadent (avec quelques coquetteries surréalisantes avant l'heure) : Bertrand Bonello nous livre ici une version fantasmée des bordels de luxe de la Belle Epoque représentés par son "Apollonide" de fiction. Dix filles publiques (dont une au sourire hugolien), une "Madame" (ancienne pensionnaire montée en graine, maintenant veuve de l'ancien tenancier et soutien de famille - Noémie Lvosky, excellente), des clients : tout y est pour promettre une reconstitution passionnante de ce monde clos si particulier. Mais si les décors, les images, sont bien au rendez-vous, on ne sait presque rien de la vie des pensionnaires et de leur cornac - et la forme, ultra soignée, l'emporte haut la main sur le fond, sur l'étude de moeurs espérée. Accablement et tristesse restent dominants chez le spectateur qui s'est (souvent) ennuyé pendant ces très longues deux heures et des poussières (et que dire de l'"épilogue", sur les "Maréchaux" de 2011 ?). Ces "Souvenirs de la maison close" ont donc tout de l'exercice de style vain et désincarné, un comble pour une histoire de chair !
    alain-92
    alain-92

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    4,0
    Publiée le 1 novembre 2011
    Un grand film. Plein de poésie, avec une certaine nostalgie, aussi. Des actrices magnifiques et la caméra de Bertrand Bonello qui nous offre des images fortes et esthétiques à la fois. Un très beau film. http://cinealain.over-blog.com/article-l-apollonide-souvenirs-maison-close-82563900.html
    Stephenballade
    Stephenballade

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    1,0
    Publiée le 5 avril 2016
    Bon eh bien, je dois l’admettre, je dois avouer que je me suis laissé berner par l’appréciation du programme télé du 25 novembre 2015 sur Arte. Au vu de ses nombreuses nominations et de ses trois récompenses, je ne comprenais pas bien pourquoi ce film ne semblait pas connu. Maintenant je sais ! Je sais, et pourtant je n’étais pas spécialement inspiré pour écrire une critique, ce qui explique mes quatre mois de retard. Bon, je ne suis guère plus inspiré aujourd’hui, mais je ne peux m’empêcher de faire le parallèle entre le vide de mon appréciation écrite et le vide du film. Lors du passage du XIXème au XXème siècle, "L’apollonide – Souvenirs d’une maison close" est un huis-clos en apparence froufroutant qui aurait pu amener des histoires croustillantes et dramatiques, mais qui s'avère n'être que le récit d'un cheminement des prostituées enfermées dans une cage luxueuse vers le même destin que celui des fleurs qui se fanent doucement. Loin, très loin des critères de beauté actuelle aux tendances anorexiques, on a beau avoir affaire à un groupe de filles aux différentes personnalités, l’ensemble est terne et manque cruellement de sensualité. Un comble pour un film sur une maison close. Certes l’intégration dans les années 1900 est bonne grâce aux costumes (césarisés en 2012) et aux décors (nominés à la même cérémonie des César), mais c’est tout ce que je retiens de vraiment positif, en plus de la prestation d’Iliana Zabeth, une jeune comédienne très agréable à regarder, aussi bien nue qu’habillée. Mais ça ne suffit pas pour faire un film, malgré un scénario jusque-là très peu exploité. Qu’avons-nous en dehors du déclin de ces femmes et des maisons closes dans un monde qui change ? Rien d’autre spoiler: , mis à part la scène choquante de l’exploitation de la fille défigurée par son perpétuel sourire tragique devant toute une assemblée . Ce qui frappe d’entrée, c’est l’extrême lenteur, et on se demande très vite de quoi le réalisateur va nous parler. Désarçonnés par des flashbacks en tout début de film, et qui reviendront peu à peu complétés tout au long du film, nous attendons des réponses et un fil conducteur accrocheur. Une heure plus tard, à la moitié du film, nous ne savons toujours pas où Bertrand Bonello veut en venir, et le traitement est si mou que l’ennui qui nous a enveloppé très tôt ne nous quittera plus jusqu’à la fin. Personnellement, je garde plus de souvenirs de la photographie, dont les clichés ont été permis par une esthétique soignée de la mise en scène. C’est souvent théâtralisé, mais en phase avec les vraies fausses pudeurs de l’époque. Malgré cela, les filles de joie ne sont pas en joie du tout, évoluant dans un espace si glauque que le spectateur peut être pris d’envie d’aller prendre l’air en dépit d’une nudité quasiment omniprésente, une envie qui sera encore plus stimulée par une fin hors du temps. Déjà qu’une musique totalement anachronique interpelle fortement… Mais si vous avez deux heures devant vous pour contempler une peinture des années 1900, allez-y.
    cristal
    cristal

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    5,0
    Publiée le 22 septembre 2011
    Bertrand Bonello, on le sait, n'est pas un cinéaste populaire qui traite ses sujets comme on aimerait qu'ils le soient pour notre bon sens moral. C'est ce qui en fait un cinéaste : sa vision n'est pas celle d'un autre, son style est permanent, infesté et contaminé par son regard sur l'origine de la beauté et ses apparitions, et tous ses films sans exception - avec plus ou moins d'ardeur - donnent lieu à une véritable et profonde manifestation de la pensée cinématographique. "L'Apollonide" (son plus beau film, c'est indéniable), est à nouveau la victime bienheureuse de ses obsessions infernales, de ses doutes formels et de son esprit d'amoureux transi du mariage entre fond et forme, entre l'arc et le détail, le squelette et la chair, la pellicule et la toile. Bonello est l'un des rares cinéastes qui semble meurtrir ses oeuvres par la fascination qu'il y porte d'un point de vue formel et dans l'aboutissement de ce qu'est une mise en scène (j'en compte trois vivants : Aronofsky, Lynch, Sokourov). C'est en tout cas le seul réalisateur français à rendre perceptible, et peut-être sans le vouloir, la ligne de conduite de ses films, leurs douleurs, leur difficulté d'être faits et achevés, et ainsi leur valeur profonde. "L'Apollonide", une fois de plus, rend tangible la souffrance de mettre en scène, les peurs et l'effroi auxquels les auteurs sont confrontés, sous toute forme artistique. Il y a, comme chez Aronofsky, Lynch et Sokourov, une recherche de la perfection qui est vaine mais qui, forcément s'en rapproche. Entre les failles et les ruines du film (sa deuxième beauté), Bonello traduit une plénitude, une beauté souffrante, une démesure artistique et humaine de l'amour. La langueur infinie du film nous plonge dans la lassitude des putains, dans leur révolte impalpable, invisible, muette, celle de vivre pour et contre leur corps comme les plus belles créatures au monde. Bonello semble fou de femmes, il s'enivre de leurs présences, bâtit un Olympe à leur image, feutré de velours émeraudes, de panthères noires et de fumées d'opium. Il les filme pour ce qu'elles sont, sans érotisme mais sans pudeur, juste en tant que matière esthétique car c'est en esthète qu'il agit ici, au nom de la femme. Mais il n'y a rien de révolté pour autant, "L'Apollonide" ne dévoile ni un combat ni une idéologie féministe, tout simplement une réalité magnifiquement sordide qui est l'élixir et le poison du film. Sa structure éclatée comme si l'on avait violé le temps, semble refléter le malaise intellectuel de Bonello face à un film-somme, à un fantasme de la beauté absolue. On y voit peu à peu un délirium à ce point bercé d'un flot d'images et de corps inatteignables qu'il renverse la cérébralité parfois dangereuse de son montage en une véritable expérience de la sensation et du laisser-aller. Le rythme obscur de "L'Apollonide" semble guidé par l'opium que fument ses dryades et naïades aux cheveux de souffre, par l'ivresse des nuits étalées et veloutées aux bras des hommes, ombres mâles et impuissantes au coeur si tendre et fasciné qu'ils en sont eux-même splendides de faiblesse. Le montage du film, qui alterne des séquences viscéralement belles et classiques à des élans de modernisme fulgurants (l'introduction), joue sur la sensation d'un temps auquel on ne peut plus échapper. "L'Apollonide" est la plus belle des prisons mais une prison quand même (voir l'audace de l'utilisation du split-screen, évoquant les caméras de surveillance de notre monde moderne dans un décor 1900 qui est idéalement celui d'un tableau figé), parfois une zone de théâtre faite de micro-actes dans lesquels rentrent et sortent les individus. La femme est traitée visuellement par une alternance entre la foule et l'unicité, entre la nudité banalisée par la masse et l'abondance, et la nudité expressive de la solitude. La dramaturgie sectionnée renvoie elle à une forme contemporaine qui trouve aussi sa force dans la diction volontairement moderne des actrices (et parfois même de certains des visages), ainsi que l'anachronisme musical. En revanche certaines séquences, comme celle, magique, au bord de la Marne, évoquent une véritable expression d'époque (parfois Renoir parfois Ophüls, tout autant que Lynch et Pasolini dans les audaces d'atmosphères que l'on trouve à d'autres moments). C'est l'immense talent de Bonello et la magie du cinéma que d'oser la dichotomie entre un matériau de tragédie ancienne et une expression de trop-plein visuel autant que du dépouillement de la substance qui, elle, en devient alors tout à fait contemporaine. On se perd dans le film comme dans un rêve éveillé, insidieux, pénétrant et hypnotisant de beauté picturale et féminine, éloge du plaisir, énigme des sexes et anti-fresque sociale dont l'aboutissement étonnant résonne définitivement comme celui d'une tragédie ultra-moderniste maquillée en un spectacle charnel de sorcellerie. On voudrait se noyer dans la splendeur du texte, puis dans cet écran et dans cette production ininterrompue d'imag
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