Elena
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Note moyenne :   3,5 pour 299 notes dont 58 critiques  | 
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ffred

127 abonnés | Lire ses 1732 critiques |

  5 - Chef d'oeuvre

Après le tableau assez effrayant de la société russe dépeint par le récent Portrait au crépuscule, voici Elena. Le nouveau film de Andrei Zviaguintsev (Le retour, Le bannissement, pas vus) est un vrai choc. Deux vrais chocs en fait. Le premier est visuel. Son film est une réussite formelle à couper le souffle. Les images sont d’une beauté rare. Sa mise en scène est extrêmement puissante, d’un dépouillement et d’une simplicité déconcertante. D’une totale maitrise et d’une totale virtuosité. Du travail d’orfèvre. Moi qui ne me soucis guère d’ordinaire de la technique, des mouvements de caméra…j’ai trouvé là que les plans fixes et les longs plans-séquences étaient vraiment magnifiques (le même plan ouvre et ferme le film). Ils créent une parfaite harmonie avec l’histoire, second choc. Leur lenteur (mais on ne s’ennuie jamais) accompagne celle du récit qui a besoin de temps. Le temps de nous imprégner de lieux, des personnages, des enjeux, du drame ordinaire qui lentement... La suite sur : http://lecinedefred2.over-blog.fr/article-elena-101442303.html

Thibaut Fleuret

0 abonné | Lire ses 86 critiques |

  3.5 - Bien

Le Retour avait impressionné en 2003 avec sa flopée de critiques élogieuses et sonn Lion d’Or à la Mostra de Venise 2003. Que faire après un tel succès journalistique et une célébration du monde artistique ? C’est la question qu’a dû se poser le réalisateur russe Andrei Zviaguintsev. En 2008, il avait tenté avec Le Bannissement de retrouver les dithyrambes mais sans grand enthousiasme. Elena se veut être une volonté de retrouver le succès. La suite par ici : http://critiqueconnection.wordpress.com/2012/03/13/elena/


tof44

17 abonnés | Lire ses 164 critiques |

  3.5 - Bien

Avec "Elena", Andreï Zviaguintsev nous livre une relecture sommaire de Crime et Châtiment dans un contexte contemporain et socialement contrasté. Vladimir (Andreï Smirnov), un vieil homme riche, vit dans une résidence moscovite cossue avec Elena (Nadezhda Markina, excellente), à la fois compagne et boniche. Alors qu'il ne peut rien refuser à sa fille dont la gratitude et le sens de la famille ne sont pas forcément les qualités premières, Vladimir s'oppose fermement à l'idée d'aider financièrement la famille du fils d'Elena installée dans un blême HLM de banlieue avec vue sur centrale nucléaire. Autour de Vladimir et d'Elena, on trouve des personnages secondaires dostoïevskiens en diable : le nihiliste débauché (Katia, la fille de Vladimir, extrêmement intéressée par l'argent paternel) et l'indigent irresponsable (Sergueï, le fils d'Elena, chômeur désœuvré et bon à rien [et non, ça ne va pas forcément ensemble !]). Dommage que le film ne s'attarde pas un peu plus sur eux. La question que posait le roman était : peut-on commettre un meurtre et, surtout, l'accepter moralement s'il en découle une amélioration de sa condition ? La Russie a connu bien des changements depuis Dostoïevski et là où le romancier apportait une réponse négative, le cinéaste observe Elena et sa descendance jouir avec insouciance de leur nouvelle richesse dans la dernière scène. Avec cette peinture très noire de l'âme humaine, "Elena" nous montre une lutte des classes moderne dans laquelle il n'y aurait pas de vainqueur possible (en tout cas, pas du point de vue moral). A part un, peut-être. En effet, outre Elena, il y a un autre personnage qui fait le lien entre ces deux mondes diamétralement opposés : la télévision. Qu'on soit chez les prolos ou chez les bourges, on regarde les mêmes matches de foot et les mêmes bouses de télé-réalité. Bon, à part ça, le style est superbe mais demande qu'on s'accroche un peu : le long plan fixe qui ouvre le film a réussi à déclencher des ronflements dans la salle au bout d'une minute (véridique !), record du monde battu ! Le thème musical composé par Philip Glass est aussi assez envoûtant. Un cinéma sombre et exigeant mais qui vaut largement le coup.

vidalger

11 abonnés | Lire ses 469 critiques |

  2.5 - Moyen

Décidément, le cinéma post-soviétique continue à nous glacer le dos avec ses histoires sordides et sinistres et son esthétisme passablement démodé. On apprécie bien sûr, comme lorsqu'on boit une vodka glacée un soir d'hiver, ces antiques recettes du cinéma de papa, ces longs plans immobiles, cette musique envahissante et redondante, ces dialogues soit totalement banals (les prolos) soit très subtils (les intellos), cette image bleutée et froide comme un matin d'hiver moscovite. L'hyper classicisme de la forme conjugué à une histoire plutôt simplette (on est loin de Dostoievski) et linéaire finissent par nous lasser. De très belles séquences et quelques très bons comédiens (excellente Nadejda Markina!) ne suffisent pas à faire un chef d'oeuvre. Allez plutôt voir "Portrait au crépuscule" d'Angélina Nikonova, véritable révolution du cinéma russe en 2012.

Areight

0 abonné | Lire ses 13 critiques |

  4 - Très bien

Un film lent mais dans lequel la tension monte progressivement, une mise en scène sobre mais soignée de même que la musique, une interprétation très forte de Nadezhda Markina. Andrei Zviaguintsev confirme une nouvelle fois tout son talent dans cette lutte des classes sans concessions.

Christian Mateu

1 abonné | Lire ses 41 critiques |

  4 - Très bien

Un grand film Russe , terriblement russe , le film s’ouvre sur un long plan fixe sur des branches d’un arbre sur lequel un oiseau est posé , un second oiseau se posera sur une branche , le film se terminera sur le même arbre , après ce premier plan , un long plan séquence dans l’appartement qui semble vide s’ouvrant sur de grandes baies vitrés qui donne sur l’arbre .Ensuite plan sur une femme , le personnage principal , se lève , seule dans sa chambre , elle va réveiller son mari plus âgé dans un autre chambre ; elle va préparer le petit déjeuner , et vont déjeuner l’un et l’autre du coté de la table . Lui Vladimir , riche russe , a épousé en seconde noce , Eléna , son ancienne infirmière .Eléna aide financièrement son fils et sa famille qui vivent dans la misère , Vladimir refuse d’aider les enfants d’Eléna , il va avoir un infarctus , et menace de déshériter Eléna au profit de sa fille , pour régler le problème elle va administrer une dose mortelle de viagra à son mari . film âpre sur la Russie actuelle , sur les différences de classe sociale , sur la culpabilité , rythmé par la musique envoûtante de Philip Glass .

ferdinand

2 abonnés | Lire ses 346 critiques |

  3 - Pas mal

C'est plutôt un bon film, mais le scénario est assez mahabile, l'amorce d'une intrigue policière dans cette chronique "russe" n'étant pas très convaincante. A noter une scène de baston entre jeunes dont on ne voit pas du tout ce qu'elle fait là!

vuvuzela

15 abonnés | Lire ses 296 critiques |

  3.5 - Bien

Pour la forme c'est vraiment un beau film maîtrisé tant pour le cadrage, le grain d'image, la lumière, le jeu des acteurs, bref toute la mis en scène. Toute ce contrôle du réalisateur rend une certaine froideur car le propos du récit est très distancié, un peu entomologiste, entre démonstration et dénonciation sociale. Mais il y a une intensité émotionnelle qui fait qu'on ne lâche pas et qu'on est touché par l'histoire. Perso je ne me suis pas ennuyé, je savais que je n'allais pas avoir droit à un film d'action :-) Pour le fond c'est une condamnation morale de tout un courant de société russe, ce conformisme capitaliste à la slave issu de la fin du totalitarisme communiste depuis plus de vingt ans, s'installant calmement mais sûrement vers les classes moyennes et pauvres, miroir cru de celui présent en Occident. A la Maupassant il n'y a pas un personnage pour rattraper l'autre malgré un large éventails de motivations et de caractères. On ne dit pas que c'était mieux avant, mais que ça pourrait être autrement, donc on navigue entre cynisme et idéalisme humaniste. Entre les deux le réalisateur n'a pas la prétention de nous montrer la voie, comment il faut faire, mais il en paye le prix et semble se poster en haut de sa tour d'ivoire. La vue est intéressante, il a travaillé son sujet. Il nous montre que la route des enfers est pavée de bonnes intentions, il n' y a pas de vrai individu totalement méprisable. Mais ils s'additionnent et couvrent tous le futur d'un voile tragique sans que l'on comprenne bien quel est le facteur commun qui les lie, afin de désamorcer leur cycle dramatique. Peut-être faut-il juste refuser catégoriquement, net et définitif, ce qui s'en dégage. Encore faut-il être tous d'accord dessus. C'est à cette réflexion que nous invite "Elena". Pourquoi ne pas y répondre?

Patrick Braganti

38 abonnés | Lire ses 358 critiques |

  4.5 - Excellent

Cependant, l’ambition du film dépasse largement le cadre social dans lequel il choisit de s’ancrer : la question qui se pose à Elena est universelle et touche aussi à l’intemporalité. Prenant la forme d’un rondo, c’est-à-dire qu’un même plan l’inaugure et le clôt, le film est remarquable par la simplicité et la limpidité de sa narration qui évite tout effet, allant à l’essentiel et aux faits nécessaires au bon déroulement. Elena, femme soumise et docile, subit pareillement la froideur méprisante de Vladimir et la stupidité crasse et irresponsable de sa famille. Par sauvegarde personnelle, mue inconsciemment par un déterminisme social qui la ramène à sa condition – dont elle n’est probablement jamais vraiment sortie – et surtour par amour, Elena commet l’acte irréversible et pose, de fait, la question des conséquences : sera-t-il utile et surtout en sera-t-elle punie ou en éprouvera-t-elle un remords durable ? Le film reste suffisamment ouvert pour que la réponse reste floue, ou plus exactement à l’appréciation toute subjective du spectateur. Néanmoins, dans la patrie de Dostoïevski, on conçoit mal le crime sans châtiment. Les signes du dérèglement ne cessent de poindre tout au long du film : le croassement du corbeau dans la première scène l’annonce-t-il peut-être, mais plus sûrement la mort d’un cheval le long de la voie ferrée et la coupure d’électricité sont autant de signes précurseurs qu’Elena est en mesure d’interpréter et dont le réalisateur se plait à croire qu’ils ne la laisseront pas en paix. La fin du (de son) monde affectera-t-elle directement sa cellule familiale : si le turbulent adolescent échappe de peu à la rixe et témoigne au passage de la totale dégénérescence d’une génération perdue et sans repères, qu’en sera-t-il alors d’un nourrisson laissé seul ou d’un bébé à venir ? Projet de commande d’un producteur britannique sur le thème de l’apocalypse qui n’a pu aboutir, Elena a fini par exister seul et prend le parti de le traiter sur le plan intérieur et personnel, en suivant le lent et inexorable chemin d’une âme humaine sur le point de sombrer et de s’engloutir au sein d’un univers de sous-hommes rongés et viciés par la cupidité et la bêtise d’une part, le repli sur soi et l’égoïsme, sous couvert d’hédonisme, d’autre part. Homme venu du théâtre, sachant soigner mise en scène et scénographie – avec un soin tout particulier à la lumière et à la musique signée Philip Glass – Andreï Zviaguintsev peint une galerie de monstres réduits à l’état animal. Une animalité à la manière des rats (les pauvres) envahissant l’antre des riches éliminés doublement par le meurtre et la stérilité revendiquée. Terrifiant et peut-être amoral, si on décide toutefois qu’il n’y aura pas de punition à la clé pour Elena – ce dont les indices évoqués plus haut autorisent pour le moins de douter.

faridola

0 abonné | Lire ses 29 critiques |

  3 - Pas mal

Un film oppressant par la densité des silences, des plans fixes, de la musique qui se fait répétitive. Une vision de la Russie pas très glorieuse. L'histoire ressemble à une tragédie avec 2 lieux , 2 générations, 2univers si opposés . L'argent est le personnage principal qui divise, se transporte, s'arrose, se vole. On ne sait pas comment tout cela va finir. Pas joli, joli...

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