La Vie sans principe
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Note moyenne :   3,5 pour 79 notes dont 17 critiques  | 
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Attila de Blois

11 abonnés | Lire ses 923 critiques |

  3 - Pas mal

Johnnie To quitte (ou presque) le monde des gangsters pour s'attaquer, avec "La vie sans principe", à la crise financière et aux banques. L'ensemble du film tourne autour de l'argent et de son importance sociale. Pour illustrer son propos, le cinéaste hong-kongais nous fait suivre trois histoires parallèles, qui se recoupent par moment. Cela rend le scénario complètement destruturé, bien que toujours bien maitrisé, entre flashbacks et alternance de points de vue. Je regrette néanmoins les nombreuses longueurs qui parsèment le film comme, par exemple, lorsque le réalisateur s'arrète longuemment sur des détails techniques d'investissement et sur la Bourse.

Franglaisreview

0 abonné | Lire ses 37 critiques |

  4 - Très bien

Toujours prolifique, toujours habile, mieux élégant, Johnnie To revient avec peut-être son meilleur film depuis son diptyque, Election 1 et 2,que vous trouverez facilement en DVD si, inattentif, vous l’aviez manqué il y a quelques années. Moins ouvertement violent qu’à son habitude, To range les flingues pour préférer les calculettes, plus silencieuses et dangereuses. Virtuose, il mêle trois histoires alors que Hong-Kong est frappée par la crise financière “grecque”. Dynamisme, brillance technique, humour noir, pertinence de l’étude sociale, il n’y a (presque – c’est un peu démonstratif -) rien à jeter. La critique complète : http://franglaisreview.com/2012/09/30/la-vie-sans-principe-dyut-meng-gam/


DestroyGunner

2 abonnés | Lire ses 462 critiques |

  3.5 - Bien

Je deviens un inconditionnel de J. TO. Beaucoup d'élégance, presque britannique, chez ce réalisateur, et une vision toujours étrange (on pourrait le dire, à tort probablement, vu d'Europe) de la vie et des humains pour un asiatique. Mais une implacable maîtrise de la caméra, des acteurs et de la psychologie humaine. Malgré des sujets souvent peu crédibles et un environnement toujours semblablement honk-kongais (ce qui explique peut-être le côté "british" du personnage), on aime sans retenue.

AlexTorrance

17 abonnés | Lire ses 487 critiques |

  4 - Très bien

Quelques mois après le Cosmopolis de David Cronenberg, c’est au tour de Johnnie To de montrer du doigt les failles du capitalisme. À travers la vie de trois personnages nettement différents, ce dernier va présenter trois rapports avec l’argent. L’une est banquière à tendance escroc. L’autre est un flic honnête. Enfin, le dernier demeure l’éternel larbin d’un clan, qui n’en a pas grand-chose à fiche de ce qui peut bien lui arriver. En parallèle, la bourse chute. L’argent s’en va, ou bien il apparait. Ces trois personnages doivent sauver leur vie, sauver la vie des autres… Denise Ho donne à la banquière l’allure profondément hypocrite qu’un tel rôle demande ; Richie Ren, pour le peu qu’on le voit, compte davantage sur une certaine présence et, le meilleur pour la fin, Lau "Panther" Ching-Wan procure à son personnage toute l’allure du parfait raté – bourré de tics jusqu’à l’extrême et extrêmement soumis – qu’il lui fallait dans une excellente prestation. La Vie sans principe démarre vraiment lors de la signature d’un contrat, où une femme totalement désœuvrée entretient l’illusion que la banque fera d’elle une personne riche en très peu de temps. Néanmoins l’escroquerie se sent à plein nez et rend ainsi la scène particulièrement éprouvante, psychologiquement. Par ailleurs, c’est sur ce terrain que jouera le film la plupart du temps, nous infligeant ce grotesque spectacle du comportement humain face à l’argent. Ca ment, ça tue, ça vole… La chute de la bourse hongkongaise semble si proche d’une fin du monde que cela renvoie une image immensément primitive de l’être humain tel qu’on peut le trouver de nos jours, dans les innombrables buildings qui côtoient les cieux. Naturellement, comme dans le mythe, certains finissent indubitablement par s’écraser violemment dans une chute fatale. Tout ce qui se passe dans ce film peut donc s’avérer terriblement cruel mais aussi pathétique jusqu’à un stade de dérision assez drôle. Cet étrange énergumène de mafieux, qui ne maitrise rien et regorge pourtant de bons sentiments envers ses « frères de sang ». C’est donc avec une ironie cinglante que Johnnie To construit certains personnages – des ratés monumentaux – et certaines péripéties. Cependant, ce fond parfois comique ne doit enlever en rien le constat profondément dramatique que laisse entrevoir La Vie sans principe. Le long-métrage s’achèvera donc par un nouveau départ unanime. Pour ces trois personnages. Pour la finance et ceux qui y sont liés, de près ou de loin. Les banques et usuriers. En conclusion, La Vie sans principe est un long-métrage pour le moins troublant, qui aurait pu être encore mieux s’il ne comptait pas autant sur son très bon scénario et ses interprètes au point d’en oublier l’esthétique (un défaut propre au cinéma chinois).

ninilechat

8 abonnés | Lire ses 260 critiques |

  4.5 - Excellent

Revenant d'un exil volontaire dans un pays où le cinéma n'existe pas, c'est in extremis, avant qu'il ne disparaisse tout à fait, que j'ai pu rattraper au vol MON film de l'été. Le vrai polar bien glauque, le noir vénéneux, c'est en Corée qu'il a pris, à présent, ses quartiers, d'accord, et son maître est, évidemment, Park Chan-wook. Mais à Hong Kong il y a un petit maître qui s'appelle Johnie To, dont le dernier opus, La vie sans principe, est aussi le meilleur, filmé avec un incroyable sens du cadrage et de la non couleur. De l'anthracite au blanc plâtreux, To joue sur les nuances de gris, et son image est purement magnifique. On pourrait appeler ça bêtement un film choral, je dirais plutôt un film puzzle, où des petites pièces que le cinéaste nous délivre sans chronologie vont petit à petit s'emboiter. Les deux personnages principaux ne se rencontreront jamais. Térésa (la ravissante Denise Ho) est courtière dans une banque. Hélas, manque de chance.... ou de vocation, c'est une très mauvaise courtière. Au début du film, on la voit, dans une séquence interminable et en même temps très drôle, tenter de fourguer des actions à risque à divers braves blaireaux, lesquels ne souhaitent que gagner plus d'argent sans chercher à comprendre comment. Térésa va se faire lourder à la fin de la journée par sa pimpante directrice -c'est sûr. La situation est d'autant plus délicate qu'un énorme krach boursier s'annonce.... L'autre héros, c'est Panthère (Lau Ching-Wan), l'employé inconditionnellement fidèle et inconditionnellement honnête du patron d'une triade. Pour lui, il s'agit de se procurer la caution d'un camarade, arrêté au cours d'un banquet mafieux, auquel il est lié par une amitié tout aussi inconditionnelle..... La situation est d'autant plus délicate qu'un prêteur à gage véreux (irrésistible Hoi-Pang Lo!) vient de se faire trucider... Et puis, en contrepoint, il y a aussi la petite famille intégre, le commissaire de police (Richie Ren) qui ne sait s'il peut acheter l'appartement hyper cher dont rêve sa femme -une vue sur la mer, une vue sur la montagne (à vrai dire surtout la vue sur des buildings) et adopter cette petite soeur inconnue qui lui tombe sur les bras à la mort de son vieux père. On le voit peu: il est juste là pour nous rappeler qu'à côté des financiers et des gangsters, il y a des gens normaux, et qu'à côté des crimes crapuleux, il y a des querelles entre petits vieux des quartiers populaires qui tournent mal... Le film est virtuose, le film est plein d'humour, le film file à toute vitesse, rebondissant d'un monde à l'autre. Le lien est établi, grâce au personnage d'un ancien mafieux qui s'est lancé dans la Bourse sur Internet: on passe sans difficulté du vol crapuleux à l'escroquerie légale. Moralité -il y a une moralité, sardonique: la Bourse et les triades, c'est kif kif.

tof44

16 abonnés | Lire ses 162 critiques |

  4 - Très bien

Ah, ça faisait longtemps que Johnnie To n'avait pas eu l'honneur d'une sortie en France, lui qui arrivait à placer 1 ou 2 films par an sur nos écrans au temps de sa splendeur (avant le pas terrible "Vengeance"). Ca fait donc bien plaisir de le retrouver aux commandes de ce vrai-faux film de gangsters traitant de la crise financière dans une ville de Hong-Kong qui bénéficie toujours 15 ans après la rétrocession à la Chine de la formule "un pays, deux systèmes". Grâce à une réalisation toujours virtuose, un montage toujours habile et malin et un sens de l'humour salutaire, plusieurs intrigues s'imbriquent parfaitement dans ce petit conte (im)moral où la roue du destin et celle de la fortune semblent faire la course à l'échalote et où on suit la trajectoire de personnages dont les vies sont en prise directe avec les tendances de la Bourse. Plus qu'au policier à la recherche d'un crédit, plus qu'à la banquière qui, sous la pression professionnelle, joue avec les économies des petits épargnants, c'est surtout au petit truand à la morale désuète et anachronique qu'on va particulièrement s'attacher. Il faut dire que pour incarner ce Panther, Johnnie To a fait appel au très charismatique Lau Ching-Wan qu'on est bien content de retrouver en pleine forme, tout en gesticulations et tics nerveux et vêtu d'un costard-sandales des plus élégants. Dans les deux "Election", To confrontait aux dures réalités politiques un monde des Triades très idéalisé au cinéma, avec son code d'honneur et tout le toutim. Dans "La Vie sans Principe", avec son titre français pléonastique, il est moins question de lutter pour le pouvoir que de lutter pour la survie et c'est aux dures réalités économiques que se frottent les personnages. Un peu comme dans "L'Homme aux Abois" où Burt Lancaster tout juste sorti de prison a bien du mal à retrouver sa place dans un mitan ayant adopté les règles du marché et de la libre-entreprise, le banditisme à l'ancienne a passé le flambeau à la délinquance en col blanc. Ludique et parfois cocasse, "La Vie sans Principe" démonte gentiment les fondements d'un capitalisme moderne hasardeux (la scène géniale où Panther qui ne connaît absolument rien à la finance élabore des diagrammes permettant de prévoir les fluctuations boursières), capitalisme dont Johnnie To est pourtant dans son domaine l'un des dignes représentants. Eh oui, si on connaît chez nous surtout le côté artiste du réalisateur chéri des festivals, Johnnie To est avant tout un producteur et businessman avisé, véritable nabab de l'industrie cinématographique hong-kongaise. Voilà une belle preuve de cynisme au sens noble du terme. Lucide, quoi.

vidalger

11 abonnés | Lire ses 462 critiques |

  3 - Pas mal

Le prolifique Johnnie To s'emmêle un peu les baguettes à raconter plusieurs histoires sans autre point commun que la difficulté d'exister de divers caractères, jeunes ou vieux, cyniques ou encore plein d'espoirs et de projets, mais tous attirés par le lucre et l'appât du gain facile, par le jeu, la Bourse ou le racket. Seul, à l'opposé, un inspecteur de police hiératique, tendu vers un but qui est peut-être le goût du travail bien fait, la poursuite des délinquants, traverse ce film en ne prononçant que quelques mots qui ne nous permettent pas de découvrir vraiment ses motivations ou ses émotions. La technique est parfaite, les images et cadrages nous font sentir le chaos des hommes et des voitures, la complexité de petites vies, la difficulté de survivre dans l'enchevêtrement des immeubles de Hong-Kong. L'humour, jamais très loin épice un peu une soupe chinoise plutôt sans saveur. On a en effet du mal à s'intéresser à ces histoires embrouillées de mafias. Johnnie To est plus à l'aise dans les scènes d'action, les coups de feu, les poursuites qui restent sa marque de fabrique.

orlandolove

14 abonnés | Lire ses 895 critiques |

  3 - Pas mal

Après le semi-raté "Vengeance" cela fait plaisir de retrouver le vrai Johnnie To (comprendre sans Johnny Hallyday). To réalise donc pour son nouvel opus un film à tiroir très fluide tendant comme toujours vers le polar et le film mafieux.

Nanoloque

5 abonnés | Lire ses 26 critiques |

  3.5 - Bien

Changement de cap pour le dernier Johnnie To : La Vie sans principe n'est pas un film criminel avec fusillades et photographie stylisée comme ceux auxquels le réalisateur nous a habitués. Pourtant, dans ce film choral sur des Hongkongais victime de la crise économique, on constate avec joie qu'on retrouve un peu de sa patte : on s'attache à des personnages victimes de situations décalées, voire rocambolesques. L'histoire est évidemment critique, mais ne pose pas de jugement sur ses protagonistes, ni tout blancs ni tout noirs, comme une banquière impuissante face à ses clients, ou un gangster cherchant de l'argent pour la caution d'un "frère". Le rythme est plutôt lent, sans que l'on s'ennuie. Le scénario prend son temps pour proposer des tranches de vie, des moments, durant lesquels on apprend à connaître les personnages. Ils sont victimes de hasards qui font l'humour du film. Johnnie To aime jouer avec le hasard, et il se sert très bien du thème de la Bourse pour cela. Le parallèle est intéressant et, comme dans les meilleurs films criminels de To, le scénario évite de répondre à des normes ou des mécaniques trop bien rôdées. Le sort des protagonistes semble se jouer à pile ou face. Il faut bien être joueur pour s'intéresser à la Bourse, de toute façon, non ?

vincentvj

1 abonné | Lire ses 179 critiques |

  4 - Très bien

Un peu de mal à comprendre où le film veut en venir au début puis les choses se mettent en place avec habileté et virtuosité. Mise en scène fluide et très réussie qui compense le caractère un peu convenu du propos.

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