Ah moi j'aime ce genre de films. La plus belle définition de l'art qui nous soit donnée à voir. La photo est à tomber, les cadrages sont impec, et la musique est A SE DAMNER ! Petit bémol pour Depardieu fils, qui joue vraiment, mais alors vraiment mal. Ça fait tache, quoi. Parce que à coté Jean Pierre Marielle est immense, Anne Brochet est parfaite et Gérard Depardieu offre une subtilité de jeu que lui seul peu atteindre. Bon à part Guillaume ce film est un film sur l'art pour les artistes (au moins à ceux qui ont un minimum de sensibilité à ce niveau) et fait par un artiste. Un chef d’œuvre, quoi.
Un film d'art et d'essai sans aucun scénario, d'une lenteur insupportable. Seules les performances d'Anne Brochet et de Gérard Depardieu, ainsi que la musique sauvent le film. Passez votre chemin et consacrez-vous plutôt à la lecture du livre qui est magnifique.
A moins de n’avoir aucun sens esthétique, difficile de ne pas être sensible à la beauté formelle du film. La musique est superbe et elle accompagne des plans qui ressemblent tous à des tableaux classiques. M. de Saint-Colombe, janséniste retiré du monde, ne vivant que pour son art et le fantôme de sa femme disparue, est un personnage aussi poignant que fascinant. On finit par se demander pourtant si une telle perfection muséale est encore de la création cinématographique, si une telle idéalisation de l’art ne tue pas l’émotion. Beaucoup des morceaux joués sont des « tombeaux », et l’œuvre de Corneau en est globalement un aussi. C’est à la fois majestueux, admirable et glaçant.
L'adaptation du roman de Quignard du même titre, "Tous les matins du monde" (au passage très beau titre) est une jolie réussite. La musique, principal thème du roman, en l’occurrence baroque, composée par Jordi Savall, apporte une classe indéniable à l’œuvre de Corneau. Sur le plan visuel également, le cinéaste parvient à transformer chaque plan en véritable peinture du XVIIème siècle. Cet aspect est d’ailleurs prononcé lors de la scène où M. de Sainte Colombe demande à son ami peintre de lui faire une nature morte représentant les gâteaux et le verre de vin qui permirent l'apparition de sa défunte femme. Là, les objets réels se changent en peinture. Prononcé également dans les quelques plans contemplatifs de la nature. En fait, le film respecte l’œuvre littéraire de Pascal Quignard dans la mesure où il fait un éloge de l'art en général. L'art est omniprésent. La différence intéressante par rapport au livre est l'ajout du prologue et de l'épilogue qui mettent en scène le vieux Marin Marais, incarné par un Gérard Depardieu assez crédible. La plus belle performance d'acteur reste celle de Jean-Pierre Marielle, parfait dans le rôle du musicien austère, Monsieur de Sainte Colombe. S'il y a bel et bien quelques longueurs, il semblerait qu'elles marquent un autre thème fort du livre, le thème du temps. "Tous les matins du monde sont sans retour". La sublime écriture de Quignard est fidèlement respectée, les longues descriptions de la narration sont ici dites en voix off par le vieux Marin Marais. Au final, le film de Corneau, aussi bien que le livre, constitue une belle fresque sur la musique baroque, intimement composée à l'égard du monde ou livrée parmi les fastes de Versailles.
L'ayant etudié en classe je connais toutes les symboliques , references...etc qui se dissimulent dans ce film trés speciale . J'ai personnellement presque detesté a la premiere vision et maintenant avec du recul et de la "lumiere" je l'aprecie vraiment beaucoup et prends plaisir a le revoir
Film très prenant, l'un des petits joyaux du cinéma français, j'ai réellement accroché, bien qu'étant loin d'être un fan du cinéma de Corneau. Depardieu y est surprenant, mais la claque du film reste pour moi la prestation parfaite de Jean-Pierre Marielle, sublime dans ce rôle génialement interprété. Sublime film, qui souffre cependant de quelques longueurs sans symbolisme, aucun.
Un très grand film, ce que l'on fait de mieux en France ! Un film qui nous parle de la musique comme aucun autre ne l'avait fait avant ! D'ailleurs la musique y est belle à ravir et nous accompagne tout au long du film dans sa splendide profondeur. Une oeuvre poétique portée par de très bons acteurs ( mention spéciale à JP.Marielle ) qu'il est nécessaire de voir ( bien plus que de lire l'oeuvre de Quignard, très bonne mais loin d'être exceptionnelle ).
Soyons réalistes Gerard Depardieu est probablement le plus grand acteur francais et il le prouve dans ce pseudo biopic fictif digne d'amadeus de forman
A mes yeux, un réel chef d'oeuvre. Bien qu'il soit de nos jours difficile de définir ce qu'est un chef d'oeuvre, il est toujours aussi facile de le resentir. J'ai étudié ce film après l'avoir vu et je ne comprend toujours pas comment certains grands critiques de l'époque ont pu nier le génie d'Alain Corneau et encore plus, celui de Pascal Quignard. Chaque scène est un tableau, chaque son m'a fait trembler. D'une esthétique presque transcendante, moi qui ne suis pas adorateur de films historiques, particulièrement ceux traitant de cette période, celui-ci ne met pas en scène des faits historiques mais l'état d’esprit de l'époque, la condition artistique et humaine de cette période. Tout simplement magnifique à en pleurer! D'une beauté inexprimable mais visible.
D'un côté, le film nous transporte. Chaque scène est un tableau, avec la lumière, les couleurs. La musique est mise en valeur. Jean-Pierre Marielle est excellent, profond. Il joue exactement Monsieur de Sainte-Colombe comme je me l'imaginais. Et vu la qualité de d'autres acteurs, on peut presque dire qu'il sauve le film. En effet, d'un autre côté, Gérard Depardieu, une fois de plus, en effet, nous montre qu'il n'est pas un bon acteur. Son interprétation est fade, taciturne. L'interprétation de Guillaume est bonne, mais ce n'est pas son meilleur film. Et le film se cherche, hésitant entre montrer que l'art d'une façon austère, comme Monsieur de Sainte-Colombe l'est, ou justement aller vers la partie plus libertine où vont Marin Marais et Toinette. Cette confrontation entre ces deux côtés pouvait être réussie, pouvait mettre en équilibre tout le film, mais là, il est surtout bancal.
Ce film est pour le système auditif ce que le foie gras poêlé est pour les papilles, un vrai régal. Grâce à la bande-son, Alain Corneau nous transporte dans un univers musical de toute beauté. Celui-ci se trouve en parfaite adéquation avec l’histoire racontée, digne de celle de Cosette dans les « Misérables ». En effet, Rémi sans famille à côté, c’est un peu les bisounours. Jean-Pierre Marielle traîne sa peine de la première à la dernière minute, tel un forçat traînant péniblement son boulet. Le choix de cet acteur pour incarner le personnage de Sainte-Colombe s’avère être une réussite totale, tant il parvient à dégager de la mélancolie sans peine prononcer la moindre parole. Seulement, si la première partie constitue un met de choix, la seconde fait plutôt office de somnifère. L’histoire s’enlise, elle traîne en longueur, et le spectateur a un peu l’impression de se retrouver devant les débats de l’assemblée nationale le mercredi après-midi sur la chaîne parlementaire. Heureusement, il reste la musique pour sauver le film du naufrage, et la barque « alaincorneausienne » arrive tant bien que mal à sa destination finale. L’émotion est toujours là, mais elle a tendance à devenir hermétique pour le spectateur, en particulier lors de la discussion entre Marielle et Depardieu. D’où un sentiment de frustration légitime.
"Tous les matins du monde" fut récompensé par le César du meilleur en 1991.Mon opinion était positif.On a toujours su faire des films historiques passionnants en france.Las,l'austérité et l'ennui s'invitent au travers d'une histoire d'enseignement de l'art.Du temps de Louis XIV,Ste ColombeUn vieux maître de la viole vit reclus à la campagne avec ses 2 filles.Sombre et tourmenté,il accepte à contrecoeur de perfectionner l'art musical d'un jeune sbire,Marin Marais.Il utilise les méthodes de l'humiliation et du refus pour arriver à ses fins.Le sacrifice pour la beauté dyu son.Ca ne m'a pas parlé un seul instant.Si les images sont belles,avec une photographie soignée et des costumes d'époque impeccables,les immanquables longueurs qui parsèment le cheminement tragique de ces 2 hommes secrets ne manque pas d'agaçer.On finit par se lasser de cette mise en scène très théâtrale,qui étouffe toute spontanéité au profit d'une pesante poésie morbide.Jean-Pierre Marielle et sa voix suave est parfait,tout comme Gérard Depardieu.Mais on se languit de voir la fin de cette anecdote du XVIIIème siècle,qui n'est assurément pas le genre où l'ecclectique Alain Corneau fut le plus à l'aise.
Film intéressant à partir du moment où, selon moi, on a lu l'œuvre de Quignard. Etant donné que l'histoire est similaire mais, vu sous un autre angle que celui du roman. Une BO très sympa, tout de même.