Un film très surprenant, une sorte d’ovni dans le paysage cinématographique contemporain. Le cadre tout d’abord de cette famille italienne qui rentre dans sa Calabre d’origine, revenant de Suisse . Cette mère et ses trois filles vont être confrontées à la très forte pénétration et influence de l’église catholique dans cette région. Tout le film va tourner autour de cette question religieuse, de l’église : la petite de 13 ans va devoir faire sa confirmation, elle prend des cours de catéchisme, apprend des chants religieux, et devra même accompagner le curé du village pour une tournée vers des villages reculés, parfois même abandonnés dans l’arrière-pays et la montagne calabraise. Cela ne met pas vraiment la Calabre en avant, peu d’appétence. .
On ne sait pas trop ce que pense la réalisatrice de la religion , du catholicisme et de son emprise sur cette région . Ce n’est pas vraiment une caricature, ni une citrique acerbe, mais clairement l’église n’est pas montrée sous son meilleur jour, trop de doctrine. Tout cela n’est pas vraiment passionnant.
Mais il y a des moments de fulgurance rare, politiquement incorrects, voir perchés. Et on approche parfois du sublime, cela rappelle parfois la liberté de ton des films de Catherine Breillat, et son féminisme atypique, pas dans les normes.
C’est aussi la description de cette petite fille qui est border-line, le rapport de cette fillette à son corps : se premières règles, ses petits seins qui poussent, et d’autres scènes plus intimes encore. Très rare d’aborder ces thèmes, encore une fois seule Breillat l’a fait.
C’est surprenant, très fort et la petite actrice Yle Vianello est formidable, pas facile de jouer de jouer des scènes aussi fortes.