L’ Assassin
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soniadidierkmurgia

26 abonnés | Lire ses 1575 critiques |

  3.5 - Bien

On résume trop souvent l’œuvre d’Elio Petri cinéaste engagé à ses deux films chocs que furent « Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon » et «La classe ouvrière ira au paradis », tous les deux avec Gene Maria Volonte. Injustement « L’assassin » son premier long métrage est considéré comme une œuvre mineure. Polar d’apparence classique, « L’assassin » s’avère très vite une charge anticapitaliste aux allures kafkaïennes doublée d’une interrogation existentialiste majeure de son héros. La collaboration que Petri entame avec Tonino Guerra déjà scénariste d’Antonioni pour « L’avventura » fera dire à Petri que son film est une œuvre « post-antonionienne ». Alfredo Martelli petit antiquaire qui profite de ses charmes pour asseoir sa réputation et sa situationf inancière va être amené par cette accusation de meurtre sur la personne de sa riche maîtresse Adalgisa De Matteis (Micheline Presle) à mener une douloureuse introspection que Petri nous livre à coups de flashbacks pour arriver au constat qu’il n’est qu’un être veule qui n’aura su que tromper les siens et renier ses origines pour assouvir sa soif de respectabilité. On peut à ce titre ranger l’Alfredo Martelli de Petri à côté du Monsieur Ripois de René Clément (1954) où Gérard Philippe gueule d’ange tout comme Mastroianni tire le triste bilan d’une vie passée à jouer à cache-cache avec les autres et surtout avec lui-même. Cette auto-analyse obligée par la détermination d’un commissaire convaincu de sa culpabilité, Alfredo Martelli redoute qu’elle ne renforce la conviction du fonctionnaire de police par les mauvais penchants de sa personnalité qui vont se faire jour au fur et à mesure de l’enquête. Mais tout comme celle de Ripois la conscience de Martelli ne s’éveillera que le temps de l’orage, les choses reprenant leur cours naturel le beau temps revenu. Salvo Randone qui entame ici son long compagnonnage avec Petri fait du commissaire Palombo cauteleux et malicieux à souhait un lointain cousin du lieutenant Columbo immortalisé par Peter Falk. D’une grande beauté visuelle le film prend souvent des tons kafkaïens pour décrire l’entrelacs des tracasseries policières fort bien décrit dans les premières scènes dans l’appartement puis au commissariat. A noter enfin la scène des mouchards reprise quasi dans son intégralité par Claude Zidi dans « L’inspecteur la bavure » (1980).

Jière Les Iffs

0 abonné | Lire ses 203 critiques |

  3.5 - Bien

Film policier italien. Ce n'est pas une comédie mais plutôt une tragédie car on accuse à tort un homme d'avoir tué une de ses amantes. Tout l'accuse et il se défend mal. Mais cela se résoudra favorablement pour le héros. L'acteur principal est Mastroianni et il excelle dans son rôle. Les autres acteurs italiens sont bons comme d'habitude. La réalisation de Pétri est honnête avec quelques petites séquences esthétisantes qui font plaisir à voir (la rue, la plage, la mer, et la mère.) Le scénario comporte de nombreux flash-back où l'acccusé se remémore les moments passés avec cette femme. Les policiers italiens se montrent aussi butés que les français, mais c'est voulu, c'est un cliché du film policier. Tout repose sur les dialogues, il y a assez peu d'action, et c'est un peu la faiblesse du film.


cylon86

78 abonnés | Lire ses 2270 critiques |

  3 - Pas mal

Premier film réalisé par Elio Petri, "L'Assassin" filme le calvaire d'un antiquaire accusé du meurtre de sa maîtresse. Mis face aux autorités, il est déjà considéré comme coupable et pense même à avouer pour en finir avec tout ça. Certes il n'est pas innocent, c'est un arnaqueur minable, charmeur qui ne loupe pas une occasion pour se faire de l'argent et le cinéaste dénonce aussi bien les actions de cet homme égoïste que celle de la police qui le harcèle. Marcello Mastroianni est excellent dans ce rôle qui lui va à merveille, apportant à son personnage une véritable épaisseur au fur et à mesure que le film avance.

tixou0

29 abonnés | Lire ses 850 critiques |

  4 - Très bien

Elio Petri a quasiment toujours au moins participé à l’écriture de ses réalisations ; c’est le cas du scénario original de « L’Assassin », établi avec trois « pointures » du secteur : Massimo Franciosa (qui sera « nominé » en 1964 aux Oscars, au titre du Meilleur scénario, pour « Les Quatre Journées de Naples » et qui est metteur en scène lui-même), Tonino Guerra, également écrivain et dramaturge, récemment disparu (scénariste attitré d’Antonioni - ainsi « La Nuit » date aussi de 1961 - mais aussi celui de certains films de Fellini, Rosi, De Sica, et plus tard de tous les films d’Angelopoulos depuis « Le Voyage à Cythère » en 1984, il travaillera encore avec Petri sur « Les Jours comptés », « La Dixième Victime » et « Un Coin tranquille à la campagne ») et Pasquale Festa Campanile (l’un des scénaristes du « Mauvais Chemin » de Bolognini - d’ailleurs avec Franciosa - et du « Guépard » de Visconti, également réalisateur de très nombreux films, dont « Le Sexe des Anges » en 1964, coréalisé avec Franciosa, et le curiosa « Ma Femme est un violon » en 1971). La censure dans l’après-guerre en Italie est grande, et il est impossible de parler politique ouvertement au cinéma. Dans « Les Jours comptés », Petri détournera cette prohibition avec une fable traitant de la répartition entre travail et temps libre, « politique » (et même carrément anarchisante) sans en avoir l’air. « L’Assassin » parle d’un homicide (celui d’Adalgisa De Matteis, une femme d’affaires, notamment engagée lors de sa disparition dans la rénovation du « Shangrila », un hôtel d’Ostie), il est question d’enquête et de suspect (s), de mobiles (crime d’emblée crapuleux), de déplacement sur la scène de crime, de reconstitution, de garde à vue, d’interrogatoires, d’emplois du temps à vérifier, voire d’autopsie (on apprend que la victime était enceinte), mais cela fait-il simplement un film policier ? Le « suspense » est ce qui intéresse le moins Petri et ses coauteurs, et l’habillage en « polar » est là pour faire passer tout autre chose, en évitant au maximum les ciseaux d’Anastasie (pour autant, il aura fallu procéder à pas moins de 90 modifications pour que le film sorte !). Observé, laissé « à mijoter » de longues heures, interrogé de nombreuses fois dans un cruel jeu du chat et de la souris par le faussement débonnaire Palumbo, bringuebalé sans ménagement à cet effet de la « cage » des gardes à vue (une sorte de cul de basse-fosse côté confort), où on le soumet en plus à la promiscuité de vrais délinquants, au bureau du commissaire, Alfredo, innocent du meurtre de son associée (et maîtresse encore occasionnelle, dont le soir du crime, après avoir été celle en titre) est bien près d’avouer un forfait qu’il n’a pas commis, anéanti qu’il est par la pression qu’on lui fait subir. La présentation de la questure, de son personnel et des méthodes utilisées rappelle à s’y méprendre le kafkaïen « Procès » : la bureaucratie (ici s’incarnant dans la police) étouffe l’individu, le dépersonnalise, le conduit là où elle veut. Le message est clair : toute personne devient coupable si tel est le dessein des autorités. C’est bien ce qui a failli arriver à Martelli, sauvé in extremis par un détail désignant le vrai coupable. Mais la critique acerbe des institutions échappe à une vraie généralisation, car Alfredo Martelli, innocent en la circonstance, n’a rien du citoyen au-dessus de tout soupçon, et son cas cesse donc d’être emblématique du sujet lambda se retrouvant en toute partialité broyé par la machine étatique, ce qui fait passer plus facilement la pilule côté censure. Quand on vient l’arrêter chez lui il ne s’étonne pas plus que cela, et ne demande pas pourquoi. Brocanteur monté en graine grâce au financement d’Adalgisa, il exploite depuis 5 ans une boutique d’antiquités bien située, près de la Place d’Espagne à Rome. Il n’est pas très regardant sur la provenance de sa marchandise, et n’hésite pas à recourir lui-même à acquérir à la fausse qualité. On peut ajouter que sa comptabilité est du genre hasardeux et qu’il fait grand usage des effets de commerce de cavalerie (la nuit où Adalgisa est tuée, il lui rend visite à l’hôtel pour tenter de récupérer des lettres de change endossées à son profit, sachant qu’il ne pourra honorer sa signature lors de l’échéance du lendemain). Voilà donc quelqu’un dont l’honnêteté est très relative ! Le bel Alfredo est par ailleurs peu recommandable côté vie privée : mauvais fils (il s’empresse de mettre dans le car de retour sa mère venue fleurir la tombe paternelle et espérant passer quelques jours en sa compagnie), mauvais en amitié (il séduit Adalgisa, la femme de son meilleur ami), mauvais collègue (coutumier des « crasses » faites à son ancien associé brocanteur), déjà polisson enfant, il multiplie sans vergogne les conquêtes féminines « utiles », c’est-à-dire riches, faisant profiter à l’occasion ses relations de ses bonnes fortunes (il livre ainsi cyniquement Rose, la petite femme de chambre du Shangrila, amoureuse négligée parce qu’ancillaire, à une « auscultation » d’un genre particulier - la pauvre Rose, qui ne lui en tient pas rigueur, s’accusera du meurtre de sa patronne), sans aucun égard pour autrui (il soupçonne un malheureux de tentative d’escroquerie à l’assurance et/ou d’alcoolisme, et le laisse se suicider). On complétera le tableau par ses « fiançailles » avec la jeune et sotte Nicoletta, qu’Adalgisa le pousse à épouser pour faire une fin (elle-même n’est que séparée de son époux : pas de divorce à l’époque en Italie), conseil façon Merteuil que le cynique Valmont au petit pied qu’est Alfredo accepte avec enthousiasme, dans une version actualisée des « Liaisons ». Quand lavé de tout soupçon, il sort du commissariat, on le surprend dans un élan de générosité à donner tout l’argent qu’il a sur lui à un pauvre hère (qui ressemble au vagabond présent dans la foule massée près de l’hôtel au moment de la reconstitution). Mais l’épilogue (un an plus tard) le montre inchangé (il revendique même, ultime gloriole, le surnom d’ « assassin », acquis depuis l’affaire !). « L’Assassin » est le premier « long » d’Elio Petri (après deux courts métrages espacés, en 1954 et 1959) : sans renier sa formation néoréaliste, le cinéaste fait déjà montre d’un talent original. Mal sorti en 1961 dans notre pays (pourtant coproduction franco-italienne), il fait l’objet d’une reprise opportune (encore que bien confidentielle), après (fin avril 2012), la sortie de l’inédit « Les Jours comptés », bénéficiant comme ce dernier d’une magnifique restauration. Ce qui frappe d’abord, c’est la maîtrise technique incroyable pour un 1er film. Il faut dire que Petri a su fort bien s’entourer. Le directeur de la photographie, Carlo Di Palma, 36 ans, a déjà une belle expérience derrière lui (« Ossessione » de Visconti en 1943 en tant qu’assistant par exemple ; chef-opérateur dès 1956, il fera, notamment, plus tard dans les années 60, deux films avec Antonioni : « Le Désert rouge » et «Blow-Up », avant « Identification d’une Femme » en 1982, et il collaborera à douze reprises avec Woody Allen !) et ses cadres composés méticuleusement parlent pour lui, dans le huis clos de la questure, comme dans les vastes espaces romains ou de bord de mer des séquences de « personnalité ». Plus jeune encore, l’excellent Ruggero Mastroianni (cadet de Marcello) assure le montage (comme dans environ 150 films italiens, pour les plus grands, dont Fellini, Rosi et Visconti – il restera le monteur attitré de Petri). Son travail est essentiel : on découvre peu à peu la personnalité du héros grâce à des saynètes s’intercalant sans préavis dans le récit principal (la folle journée d’Alfredo livré à la police), sautant du présent au passé (sans chronologie qui plus est) de manière abrupte, mais finalement fluide et nécessaire. Elio Petri a été formé comme tous les metteurs en scène de sa génération à l’école du néoréalisme, mais les influences à cet égard sont déjà très distendues dans ce premier long métrage, tendance confirmée par le second, « Les Jours comptés ». Alfredo Martelli, bien qu’issu du prolétariat (campagne, puis ville), est surtout un arriviste sans scrupules, qui est devenu un marginal par rapport à sa classe sociale d’origine, et ne s’épanouit qu’au contact des nantis (Cesare, le plombier des « Jours comptés », est aussi un marginal, lui qui se met en congé de son milieu d’origine, pour tenter de vivre plus longtemps). Tonino Guerra est à l’écriture des deux films, et l’on ne peut alors nier l’influence « antonionienne » (plus remarquable cependant dans « Les Jours comptés », où l’esthétique de distanciation s’illustre abondamment). Enfin quelques mots sur le casting. Marcello Mastroianni joue la même année, outre dans « L’Assassin », justement dans « La Nuit » d’Antonioni, et dans 2 comédies (« Les Joyeux Fantômes » d’Antonio Pietrangeli, et « Divorce à l’Italienne » de Pietro Germi, le premier film à recevoir l’appellation « comédie à l’italienne !). Cet immense acteur donne vie à Alfredo Martelli avec son aisance habituelle, entouré par une distribution impeccable (où on peut distinguer Salvo Randone dans le rôle du commissaire faussement bon enfant - il sera Cesare dans le Petri suivant). Seule Micheline Presle (coproduction franco-italienne oblige) déçoit en Adalgisa : probablement doublée, elle manque de naturel.

Dory D.

0 abonné | Lire ses 114 critiques |

  2.5 - Moyen

L'assassin est-il un assassin ? Alfredo (Marcello Mastroianni) en a les traits. Le regard, toujours sombre et tourmenté. La caméra le suit dans ses souvenirs, collectionnant les femmes comme les antiquités. Les images, pas vilaines, sont malheureusement bavardes car Alfredo-Marcello a la bougeotte (un mort sur la conscience ?). Comme mon voisin, hier soir, dans une petite salle du quartier latin. Avait-il aussi un mort sur la conscience ? Ou l'envie, tout simplement, que le film se termine ?

gemini-hell

9 abonnés | Lire ses 286 critiques |

  3 - Pas mal

Un antiquaire est suspecté par la police d’être l’assassin de sa maîtresse. Davantage centrée sur la personnalité du présumé auteur du crime plutôt que sur l’enquête elle-même, cette première œuvre d’Elio Petri se distingue d’emblée par une maîtrise exceptionnelle de la mise en scène et du cadrage. La narration ponctuée de flash-back souffre quelque peu de ce procédé et n’empêche pas quelques déconnexions passagères. Il faut néanmoins souligner tout le talent de Marcello Mastroianni pour donner corps à un personnage aussi peu cinématographique et captivant (comme dans « L’Etranger » d’ailleurs). A l’approche de la quarantaine au moment du tournage, Micheline Presle rayonne dans son rôle. Film intéressant sans toutefois nous captiver vraiment.

Schwann

3 abonnés | Lire ses 229 critiques |

  3.5 - Bien

Contrairement à Enquête sur un citoyen au dessus de tout soupçon, l'Assassin ne nous dit pas d'emblée si l'homme est coupable ou non. Nous sommes tour à tour policier, accusé, le jeu du chat et de la souris ayant lieu non plus à l'écran mais dans notre esprit. S'éloignant de Dostoïevski - et encore ? -, nous nous rapprochons de Kafka. C'est un film psychologique éblouissant, qui laisse l'homme face à ses peurs et ses questionnements. Marcello Mastroianni est très bon dans ce rôle et la mise en scène subtilement développée pour suivre les méandres de sa conscience. La conclusion est, hélas, de trop à mon goût.

Kinopoivre

6 abonnés | Lire ses 76 critiques |

  1.5 - Mauvais

Pour tout dire, le film est vieillot, et l'on s'ennuie un peu.

chrischambers86

303 abonnés | Lire ses 7737 critiques |

  3.5 - Bien

Formè comme scènariste par Giuseppe De Santis et Cesare Zavattini, Elio Petri fit de brillants dèbuts avec "L'assassino", comme si l’on y retrouvait non seulement les promesses d’une œuvre à venir mais aussi quelqu’un de ses secrets bien avant le solide "A ciascuno il suo" ou son "Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon" avec le gigantesque Gian Maria Volontè! On n’a droit ici au premier essai du cinèaste italien dans le domaine du cinèma policier avec à la distribution Marcello Mastroianni (remarquable une fois de plus) et Micheline Presle, où Petri se livre à l'ètude psychologique ou une rèvèlation du comportement d'un homme normal devenu assassin! Un mètrage qui fait preuve de talent et d'idèes, aidè il faut le dire par un Mastroainni ètonnant de vèritè! A noter le bon morceau de jazz dans la scène d’introduction...

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