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Venise : grande ville d’histoire, d’architecture et de culture… Mais qu’est la petite Venise ? La Venise des sans grade, de la classe populaire et des émigrés ; l’arrière cours de Venise où les touristes ne sont pas présents est aussi touchante et belle à voir que l’officielle. Passons au pitch (pas le gâteau). Le décor est posé, la lagune vénitienne éloignée des sentiers battus. Un pêcheur se rapproche d’une jeune chinoise immigrée et exploitée par la mafia chinoise. En effet, elle travaille là où on lui dit d’aller jusqu’à ce qu’elle est payée sa dette c'est-à-dire son voyage et l’arrivée de son petit garçon de 8 ans. Quel supplice. Elle incarne l’esclave des temps modernes, elle ne sait combien de temps durera sa peine ; l’échéance de sa dette lui est inconnue. La réalité des migrants est restituée avec précision. Ces deux êtres isolés nouent des liens dénués d’intérêt (pas de besoin de sexe pour lui ; pas de besoin d’argent ou de mari pour elle) et emplis de sincérité entre amour et amitié. Cette relation est très touchante et d’une humanité simple. Mais voilà, la communauté chinoise et italienne voie d’un mauvais œil cette relation. La perversion est bien dans la communauté ; le groupe l’emporte sur l’individu qui risque de perdre trop gros en s’opposant. Un conte à l’italienne dans le style De Sica où se côtoie poêsie et réalisme engagé. Que le message passe bien sur les dures réalités communautaires et migratoires du monde actuel ; même si le ton reste doux. Ce film est porté par le duo de comédien tout en nuance : Zhao Tao et Rade Serbedzija. Un petit bijou sans prétention à voir impérativement pour la douceur distillé… Une main de fer dans un gant de velours.
Ajoutée le 09 févr. 2013 à 11h57
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