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    Mud - Sur les rives du Mississippi
    note moyenne
    4,2
    7761 notes dont 850 critiques
    15% (125 critiques)
    50% (428 critiques)
    24% (201 critiques)
    7% (59 critiques)
    2% (20 critiques)
    2% (17 critiques)
    Votre avis sur Mud - Sur les rives du Mississippi ?

    850 critiques spectateurs

     Kurosawa
    Kurosawa

    Suivre son activité 232 abonnés Lire ses 364 critiques

    3,5
    Publiée le 8 septembre 2013
    Etonnant par sa justesse du traitement de ses personnages (simples en apparence, mais incroyablement imprévisibles dans leurs pensées), ce nouveau film de Jeff Nichols est une franche réussite. On est d'abord vite charmé par la vision idéaliste de ces enfants, aussi naïve que sublime. Leur idée d'un amour qui ne peut être contrarié par rien au monde est attendrissante, et permet surtout au spectateur de s'identifier à eux. On peut seulement regretter que Nichols ne prenne pas le risque de les défendre jusqu'au bout. Mais alors, le scénario aurait été quelque peu bouleversé. Le personnage de Mud (Matthew McConaughey) est, quant à lui, plus énigmatique, et permet de développer la question de la vengeance. Et si les apparitions de ce formidable acteur sont à chaque fois époustouflantes, on aurait préféré que sa psychologie soit encore un peu plus fouillée (pour cela, il aurait peut-être fallu le voir plus souvent à l'écran). "Mud" reste un beau film, modeste et touchant, qui sait faire oublier ses défauts grâce à son atmosphère poétique.
    soniadidierkmurgia
    soniadidierkmurgia

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    4,5
    Publiée le 26 mai 2019
    Jeff Nichols est le cinéaste qui monte dans le cinéma indépendant américain, certains critiques voyant en lui le fils spirituel d’un Terrence Malick devenu un peu moins lumineux depuis qu’il s’est décidé à sortir plus d’un film tous les quinze ans. Il est clair dès l’entame de « Mud » que Nichols voue le même amour que Malick à la nature mais la mystique de ce dernier ne semble pas autant habiter Nichols bien conscient que c’est dans un rapport d’affrontement et de domination souvent brutale que l’homme inscrit son rapport à dame nature. En réalité c’est peut-être davantage du côté de Robert Mulligan et en particulier de son dernier film « Un été en Louisiane » qu’il faut chercher une parenté à Jeff Nichols. Mulligan, grand cinéaste humaniste un peu sous-estimé aura eu pour thématique la plus récurrente l'enfance et plus précisément la période de l'adolescence. Des films comme "Du silence et des ombres", "Un été 42", "L'autre" ou "Un été en Louisiane" expriment tous de manière poétique et très juste les joies et les inquiétudes de ce moment si particulier qui façonne l'adulte qui sommeille en chacun de nous. "Un été en Louisiane" sorti en 1991 évoque l'éveil à la sensualité et l'entrée dans l'adolescence de la jeune Dani sujette à l'émerveillement provoqué par des sentiments nouveaux comme l'amour ou la douleur face à l'apprentissage de la frustration qui accompagne souvent l'âge adulte. Evoquer "Un été en Louisiane" à propos de "Mud" n'est pas neutre si l'on se rappelle que c'est avec ce film que Reese Whiterspoon avait été révélée brutalement au grand public pour son premier film. Il n'est pas vain de se poser la question de savoir si Jeff Nichols n'a pas voulu en faisant appel à l'actrice vingt ans plus tard prolonger dans une autre histoire le destin de Dani qui a forcément ému tout ceux qui ont eu la chance de voir "Un été en Louisiane". Comme Dani autrefois dans sa ferme de Louisiane, Ellis (Tye Sheridan) et Neckbone (Jacob Lofland) courent à perdre haleine pour rejoindre le nouveau repère de leur connivence enfantine, une île du Mississipi où s’est échoué au sommet d'un arbre, un bateau égaré lors de la dernière grande inondation. Comme Dani ils vont y faire une rencontre, celle de Mud (Matthew McConaughey très convaincant) sorte de Robinson Crusoé provisoire qui ne s’est pas échoué là par hasard, revenant sur les traces de son amour d’enfance alors qu’il est en fuite de la police et de tueurs à ses trousses . Une étrange relation va se nouer avec Ellis qui à travers la quête désespérée de Mud, va tenter par procuration de réunir ses parents qui sont en train de se séparer, déclenchant du même coup la perte de la "maison-radeau" sur laquelle ils vivaient tous ensemble depuis sa naissance. Voyant son enfance le quitter à toute vitesse, Ellis se raccroche à Mud, à son île et à son bateau pour demeurer encore un peu sur ce territoire de liberté et d’innocence qui va se trouver englouti dans les eaux saumâtres et remplies de serpents du Mississipi. Pour Ellis plus que pour Neckbone, le compagnonnage avec Mud prendra l'allure d'un parcours initiatique derrière un adulte qui à travers sa fidélité héroïque et sacrificielle à son amour d'enfance semble être le plus rassurant des guides pour aborder ce passage difficile. Jeff Nichols inscrit donc ses pas dans ceux des plus grands écrivains ou réalisateurs américains qui comme Mark Twain ("Les aventures de Huckleberry Finn"), Robert Mulligan , Steven Spielberg ("ET") , Rob Reiner ("Stand bye me") ou JJ Abrams ("Super 8") ont su restituer sur papier ou sur pellicule toute la magie de cette courte et mystérieuse période où tout bascule . Pour qu'il n'y ait pas de doute sur cette filiation, Nichols rend d'emblée un très court hommage au joyau du genre, le mirifique et inquiétant "La nuit du chasseur" de Charles Laughton (1955). Le spectateur attentif remarquera forcément ce magnifique plan rasant les rives où sont stationnées les "maisons-radeaux", allusion directe à celles de la fameuse rivière le long de laquelle les enfants Harper fuyaient le pasteur criminel joué par Robert Mitchum. Référentiel tout en sachant trouver sa propre vitalité, le troisième film de Jeff Nichols dans lequel on n' a pas peur de dire "je t'aime", confirme après "Take Shelter" les dispositions rêveuses et poétiques d'un grand réalisateur en devenir.
    Cinéphiles 44
    Cinéphiles 44

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    5,0
    Publiée le 21 février 2015
    Jeff Nichols nous présente une fable bouleversante et sincère mis en scène avec talent. Les deux jeunes Tye Sheridan et Jacob Lofland incarnent avec force leur rôle de gosses en plein apprentissage de la vie. Matthew McConaughey, étonne par sa présence dans ce film moins commercial. On lui doit d’ailleurs cette ambiance noire et angoissante mais pourtant toujours émouvante. Quant aux décors, l’Amérique profonde du Mississippi est filmé avec brio. Présenté à Cannes en 2012, Mud – Sur les rives du Mississippi est une œuvre sublime. D'autres critiques sur ma page Facebook : Cinéphiles 44
    reymi586
    reymi586

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    5,0
    Publiée le 20 mai 2013
    Ce film m'a vraiment beaucoup touché avec son scénario qui sort de l'ordinaire et ses personnages très forts. Car oui le film doit beaucoup a son casting de haut vol. Matthew McConaughey me bluffe vraiment cette année après ces rôles, tout aussi originaux et marginaux, dans Killer Joe et Paperboy. Les deux gamins sont supers bons aussi, j'espère vite les revoir. Même Reese Witherspoon est très bonne dans ce rôle. Un très beau film sublimé par la bande orignal de David Wingo et Lucero.
    Nyns
    Nyns

    Suivre son activité 126 abonnés Lire ses 42 critiques

    4,0
    Publiée le 23 mars 2018
    J'adore ce cinéma là ! Du vrai, de l'Amérique authentique calme et détournée de la civilisation. Dépaysant et intelligent. On retrouve Jeff Nichols dans son film le plus vrai que intimiste, avec un hommage subtil à la nature sans trop en faire. Mud ou le portrait d'un homme écorché et difficile à cerner, dont l'amitié avec deux, surtout un adolescent, bouleversera le cours de son existence. On est dans un récit initiatique pour les uns, une dure confrontation intérieure pour les autres. Qui offre finalement une histoire boulersante et profondément humaine. Matthew Mcgonaughey est a tomber par terre dans ce rôle, magique. J'ai beaucoup apprécié que rien ne soit courru d'avance et que cette œuvre humblement présente toute l'ambivalence de l'être humain, en fonction aussi du regard et des autres. Pour moi c'est avant tout une belle histoire d'amour de deux êtres qui semblent fait l'uns pour l'autre, mais l'intelligence du récit ne les présente pas comme le couple classique du grand écran et donne un portrait plus abimé et complexe du sentiment amoureux (les sanglots de Reese sont glaçants), interprété superbement et dans la retenue. La quête de l'identité du jeune Ellis est le maitre mot du récit simple et touchant que nous offre un des, du coup on peut l'affirmer sans crainte, plus talentueux réalisateurs américains actuels.
    Attila de Blois
    Attila de Blois

    Suivre son activité 123 abonnés Lire ses 1 642 critiques

    3,0
    Publiée le 4 mai 2013
    Bien que d'un genre cinématographique différend de "Take Shelter", "Mud" souffre des mêmes défauts et bénéficie des mêmes qualités que le précédent long métrage de Jeff Nichols. Si l'histoire est attrayante et plutôt bien menée, le scénario n'évite pas les répétitions et les longueurs qui vont avec. Ce rythme irrégulier a pour conséquence une alternance de scènes franchement poignantes et intenses et d'autres beaucoup plus dispensables. Rien à redire sur le casting (de trés bons acteurs au programme) et sur la réalisation. Pas mal mais légèrement déçu.
    NoSerious M
    NoSerious M

    Suivre son activité 113 abonnés Lire ses 14 critiques

    4,0
    Publiée le 25 juin 2019
    "Midnight Special" et "Loving" (2016) sont les seuls films de Jeff Nichols à mon compteur. Le premier est un film de science-fiction laborieux m'ayant moyennement captivé, le deuxième une histoire d'amour impossible convaincante mais qui aurait mérité un peu plus d'émotion. "Mud: Sur les rives du Mississippi", sorti en 2013, m'attrayait davantage sur plusieurs points, notamment par la présence de Tye Sheridan, m'ayant été révélé à travers "Ready Player One" (2018). Dans ce film d'aventure moderne, deux adolescents, Ellis (Tye Sheridan) et Neckbone (Jacob Lofland) font la rencontre d'un homme surnommé Mud (Matthew McConaughey), ermite vivant dans un bateau suspendu au dessus d'un arbre au bord du Mississippi. Les deux frères font sa connaissance de cet homme accusé d'avoir tué un homme, et décident de l'aider à réparer le bateau qui lui permettrait de fuir définitivement la société aux côtés de sa compagne Juniper. Est-il un homme de confiance ou un simple meurtrier ? Pourquoi l'aider ? Avec "Mud", Nichols aboutit un drame très convaincant par son aspect contemplatif et grâce à un scénario mettant brillamment en valeur les relations familiales vues du point de vue des deux jeunes héros. Effectivement, personnage esseulé, au caractère obscur et un peu menteur, Mud va offrir de l'entrain à ces deux jeunes gens, qui s'ennuient dans leur vie familiale et dont les parents annoncent vouloir divorcer. Au travers le contact avec cet inconnu, éloigné de tous, Ellis et Neckbone vont apprendre à aimer et faire confiance à autrui. Le scénario fourmille de surprises, tel le fleuve du Mississippi, chaque enjeu dramatique arrive inopinément, sans qu'on s'attende au moindre tournant scénaristique. spoiler: Par exemple, la relation inattendue entre Ellis et une adolescente plus âgée que lui qui finit par tomber à l'eau, ou encore lorsque les deux garçons se découvrent capables de prendre la défense de Juniper face à la colère de Galen. La forêt servant de cadre spatial principal est magnifiquement filmée et accompagne une histoire au message sincère qui n'est pas sans rappeler celui de "Stand by me" (1986), portant sur la place qu'occupe l'amitié et / ou le sentiment amoureux chez chacun. Par ailleurs, la naïveté que dégage les deux jeunes héros justifie leur rapprochement avec Mud, confronté au dépit amoureux. spoiler: Effectivement, tandis que Mud souhaite vivre en plein milieu du Mississippi en compagnie de sa femme avec laquelle il a perdu contact, les deux adolescents souhaitent affranchir les bornes imposées par leurs parents en découvrant le monde qui les entoure. Cela suggère ainsi que les personnages se retrouvent tous les trois partagés entre l'accomplissement de leurs désirs et l'élément perturbateur qui les poursuit ; c'est-à-dire les autorités chargées de retrouver les traces de l'ermite en conséquence du meurtre qu'il a commis, et les parents persuadés du mal que représente cet homme. Le film est d'autant présenté comme un drame social qu'il est un conte, ponctué d'éléments scénaristiques surnaturels (notamment le bateau perché). Le mélange des registres (réalité et contraintes familiales / rêve et désir d'aventure de l'enfance) témoignent de l'implication de Nichols à s'adresser à un large public. "Mud" apparaît comme une véritable surprise. Cependant, nous pourrions regretter certaines baisses de régime, notamment durant les scènes tournées de nuit, ou encore une part toujours obscure du personnage incarné par McConaughey qui aurait méritée d'être approfondie. L'histoire est rigoureuse, la représentation des sentiments est sincère et l'interprétation très juste: un film qui mérite de perdurer.
    Le cinéphile
    Le cinéphile

    Suivre son activité 106 abonnés Lire ses 714 critiques

    4,0
    Publiée le 22 mai 2014
    Les long métrage prend réellement de l'ampleur sur la dernière demi heure excellente. Avant on à quoi? La première apparition de Matthew qui a grave la classe, une amitié étonnante naissante entre deux enfants et un vagabond, des mystères, des passés qui surgissent et resurgissent, une tension montante, et des paysages plutôt superbes du Mississippi! Tout ça, avec quand même quelques fois des passages à vide et des redondances, pour arriver à la très bonne conclusion! À voir
    anonyme
    Un visiteur
    4,0
    Publiée le 5 juin 2013
    Comment naissent les légendes ? Voilà, entre autres l'une des idées développée par Nichols pour Mud. Des histoires, il en arrive tous les jours, et certaines peupleront un espace donné pendant des siècles et des siècles. Elles seront transmises de bouche à oreille d'enfant-adulte puis transformées, et charriées sur les rives d'un imaginaire sans limite. Tout en renouant avec un cinéma ample, simple, sobre où l'histoire est une priorité, Nichols raconte les balbutiements d'une légende moderne touchante et lumineuse. Avec beaucoup de suite dans les idées, il mute son histoire "d'enfants" en un "Stand by me" du 21ème siècle. Contrairement à une partie du cinéma indépendant américain devenu complaisant et prétentieux, Mud, bien au contraire le tire vers le haut, et privilégie le retour à un cinéma plus noble et plus dense. On passera l'éponge sur quelques facilités narratives ; elles ne nuisent pas à la qualité de l'ensemble ni à cette immersion mélancolique et douce-amère sur les rives d'un Mississippi gorgé de secrets, où la violence, tapie dans l'ombre, est prête à bondir sur n'importe qui. Et puis Mud, c'est aussi encore une fois l'occasion d'apprécier le travail de Maconaughey ; sa seconde partie de carrière s'annonce sous les meilleures conditions. Quand au reste du casting, il confirme, révèle ou fait resurgir des interprètes bourré de talent sans qui Mud n'aurait pas été ce qu'il est ; un beau et émouvant voyage en Enfance-Amérique.
    Guillaume182
    Guillaume182

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    4,5
    Publiée le 12 août 2013
    Jeff Nichols réalisateurs de shotguns stories et take shelter est de retour avec le très attendu "Mud". Le public l'attend depuis sa projection à Cannes qui date de un an! Nichols remet le classique Américains au goût du jour, c'est ce que les gens vont aimer ou bien c'est ce qu'ils vont reprocher à Nichols. On sent l'influence de Mark twain et de Malick notamment de "La balade sauvage" Mais aussi de Clint Eastwood avec "Un monde parfait" et un peu de Spielberg. Je crois savoir qu'il se dirige vers la science fiction pour sont prochain film, je le verrai bien au commande d'un Star wars, mais j'aurai trop peur que Hollywood et Disney le bouffe. Rien de nouveau dans ce film, mais une véritable ode à la passion, l'amitié et l'amour. Et puis c'est bien écrit. Les personnages sont excellent. Il y a ce jeune garçon qui découvre le sentiment amoureux, mais qui va vite déchanter. Et ce fuyard qui cherche à retrouver son amour. Nichols y met beaucoup de lui-même, de sa sensibilité et de ses expériences et puis il faut préciser que non seulement il est réalisateur, mais aussi scénariste et c'est tellement rare à ce niveau. Des acteurs excellents! Un très beau film romantique, qui mérite déjà d'être dans le top des meilleurs films de cette année.
    shmifmuf
    shmifmuf

    Suivre son activité 86 abonnés Lire ses 1 730 critiques

    2,5
    Publiée le 19 juin 2014
    Pour moi, "Mud - Sur les rives du Mississipi" est à la fois un film d'atmosphère et un récit initiatique. Si cette deuxième thématique est plutôt réussie (c'était pourtant la moins intéressante à mes yeux), la première me semble beaucoup moins convaincante. Sachant que le précédent film de ce réalisateur était "Take Shelter", je m'attendais à beaucoup mieux dans ce registre. Niveau acteur, Matthew McConaughey continue avec ce film, à explorer des rôles différents avec audace et un certains talent.
    nicothrash60
    nicothrash60

    Suivre son activité 83 abonnés Lire ses 639 critiques

    3,5
    Publiée le 9 mai 2013
    Lorsque l'on va voir un film de Jeff Nichols, on sait à quoi s'attendre, à savoir de beaux plans, un rythme lent et des personnages très fouillés, son "Mud" ne déroge donc pas à la règle, on se fixe au coeur de l'Amérique profonde où les moeurs en vigueur détonnent parfois avec le reste du monde, les deux gamins sont très attachants et notamment Ellis qui se trouve être finalement le vrai personnage central du scénario, celui de Mud s'avère tout aussi attachant mais surtout très intrigant et interprété avec brio par un grand Matthew McConaughey, crasseux et mystérieux. La direction d'acteur est comme toujours irréprochable avec Nichols qui n'oublie pas son acteur fétiche Michael Shannon, impeccable comme à son habitude et surtout très drôle, les personnages secondaires ne sont pas non plus en reste avec un intérêt prononcé pour chacun d'entre eux. Etonnamment, le final tranche avec l'ensemble du film puisqu'il s'avère assez haletant, les destins croisés sont quant à eux intéressants à suivre et malgré les deux heures de métrage, l'intérêt ne retombe jamais, l'histoire étant au final assez jolie et touchante. Un bon Nichols, à découvrir le coeur léger.
    Patrick Braganti
    Patrick Braganti

    Suivre son activité 75 abonnés Lire ses 375 critiques

    4,5
    Publiée le 2 mai 2013
    Cette croyance presque surnaturelle et inédite en l’amour ébranle et subjugue Ellis qui a désespérément besoin de voir une relation entre adultes fonctionner sans cris ni heurts. Les deux garçons sont mis à contribution par Mud. Ils sont amenés à fréquenter de près ou de loin des adultes dont la complexité des destinées entremêlées les fait peu à peu quitter le territoire de l’enfance et de l’innocence. Le réalisateur de Take Shelter porte son ambitieux projet depuis de nombreuses années et cette longue gestation explique en grande partie la complexité du scénario qui s’arc-boute sur des histoires parallèles et des personnages secondaires. En harmonie avec le débit particulièrement lent du fleuve, le mouvement du film est ample, élégant et fluide. Cela n’empêche nullement la violence des sentiments et des passions qui s’exacerberont dans une demi-heure finale au cours de laquelle Jeff Nichols prouve qu’il n’est pas que le cinéaste de la contemplation. Le grand fleuve américain charrie toute une mythologie construite par les principaux auteurs, au premier rang desquels on pense ici à Mark Twain ou William Faulkner. Véhicule naturel et séculaire des cultures et des destins personnels, le Mississippi devient pour Ellis et Neckbone le lieu privilégié d’un rite de passage, ce moment précis et inscrit à jamais dans la mémoire où l’on envisage et rejoint la condition d’homme associée inexorablement à l’apprentissage de la déception (les adultes peuvent mentir et tromper) et de la souffrance (le premier chagrin d’amour). Le passage laisse aussi entrevoir les horizons nouveaux et élargis du fleuve nourricier (la pêche des poissons ou des perles) s’ouvrant sur une embouchure sans limites, riche de possibilités. Classique et lyrique, la mise en scène croit en la force viscérale et organique d’une histoire puissante s’inscrivant aussi bien dans la magnificence paradisiaque et élégiaque du paysage que dans l’honneur informel d’un pacte étrange entre un adulte affabulateur et charmant et deux enfants en quête de repères et de sens. La figure du père – centrale dans la littérature et le cinéma des États-Unis – y est multiple. Absent, faible ou encore protecteur en accomplissant les sales besognes, le père réel ou remplacé n’est plus un idéal illusoire. Ellis est désormais prêt à aimer son père défaillant qui se débat avec ses propres ennuis de couple et lui communique une image négative et peu engageante de la femme, alors que Mud la transcende et l’encense en permanence. Porté par son histoire complexe et haletante, la splendeur de son décor profondément photogénique et l’interprétation sans failles du charismatique Matthew McConaughey (Mud) et du bouleversant Tye Sheridan (Ellis), le film permet à son réalisateur de franchir une nouvelle étape dans son travail en accédant aux grands meneurs de récit épique et fondateur.
    Scorcm83
    Scorcm83

    Suivre son activité 67 abonnés Lire ses 112 critiques

    4,0
    Publiée le 21 août 2013
    Un film très intéressant, qui prend son temps, on s'attache facilement aux personnages, en très grosse partie grâce à une interprétation plus que convaincante de la part de tous les acteurs et en particulier des plus jeunes. Malheureusement, le film aurait mérité un traitement de scénario un peu plus original au vu du propos traité mais il reste tout de même correct avec un final tout de même très sympathique. Bref Mud est un film qui vaut le coût, à voir.
    Kilian Dayer
    Kilian Dayer

    Suivre son activité 66 abonnés Lire ses 516 critiques

    4,5
    Publiée le 9 septembre 2013
    Troisième réalisation pour le désormais incontournable Jeff Nichols, l’homme derrière Take Shelter et Shotgun Stories. Ici, le cinéaste nous plonge en plein territoire du sud américain, sur les rives du fleuve Mississippi, aux cotés de d’un étrange homme des bois et d’une jeunesse désabusée, animée par le souhait d’aider son prochain et de croire en l’amour comme remède aux maux d’un monde encore trop compliqué pour elle. Nichols nous offre là une formidable ode à l’amour, comme idéologie, à la nature, aussi hostile soit-elle, ainsi qu’à l’innocence contagieuse de l’enfance. Une enfance qui, à force d’espérer et de croire, redonne du corps et de l’esprit à aux tribulations d’une vie adulte complètement déphasée, minée par le chagrin et la fatalité d’un monde en ayant laissé plus d’un sur le bord de la route. Le réalisateur, filmant en pleine nature, ne s’offre pas le luxe d’introduire platement son récit, nous propulsant dès les premiers instants dans le sillage des deux enfants, lorsqu’il croise le chemin de Mud, homme armé, curieux mélange de SDF et de Robinson Crusoé. Par compassion, par idéologie du bien, les gosses aideront l’homme oublié mais amoureux à bâtir son avenir, constituant en une fuite en avant aux coté de la femme qu’il aime, terrée en ville. Mais Mud, si sympathique soit-il, est recherché par la Police, mais aussi par des hommes mal intentionné parti en croisade pour la vengeance de l’un des leurs. Tout devient délicat, la jeunesse, de par sa naïveté et ses nobles intentions, sera finalement le remède à un mal dit incurable, la fatalité. Tye Sheridan, vu dans Tree of Life de Malick, prend des allures d’enfants prodigue tant il est imposant à l’écran, volant presque la vedette à Matthew McConaughey, énorme interprète depuis peu. L’ensemble des personnages est captivant, d’un père miséreux au tempérament de vaincu d’avance, d’une mère bienveillante mais destructrice d’un mode de vie à un vieux voisin mystérieux et j’en passe. Michael Shannon, l’acteur fétiche du cinéaste, prendra lui aussi le costume d’un second rôle, sous les traits d’un explorateur de fond, homme optimiste par nature. Mud, sur les rives du Mississippi est dès lors ce qui pourrait se rapprocher d’une œuvre vouée à démontrer la formidable affinité qui relie les hommes entre eux, quand bien même le violence est partout, la nature est hostile et les mots pas toujours réfléchis. Il y a finalement quelque chose de ‘’Malickéen’’ dans le film, sans doute dans le manière de filmer la nature, ses beautés et ses dangers. Il y aussi d’énorme référence à une littérature américaine oubliée, cette fameuse propension à poussé un récit vers l’aventure, l’aventure étant le moteur des intentions des deux gamins qui trouvent en Mud, la figure paternel qu’ils peinent à trouver chez eux. La plus belle démonstration de l’attachement entre les personnages sera lorsque le petit Ellis est mordu par un serpent et que Mud, au péril de sa vie, prendra tous les risques pour sauver la vie de son jeune et innocent protecteur. Lorsque rudesse du monde adulte est influencée par la naïveté bien vaillante de la jeunesse, cela donne le troisième film de Jeff Nichols, petit chef d’œuvre de cinéma indépendant à l’heure ou l’industrie hollywoodienne bat de l’aile. 18/20
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