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Mon Oncle d'Amérique
note moyenne
3,7
427 notes dont 54 critiques
19% (10 critiques)
33% (18 critiques)
20% (11 critiques)
17% (9 critiques)
7% (4 critiques)
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Votre avis sur Mon Oncle d'Amérique ?

54 critiques spectateurs

cinono1

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5,0
Publiée le 02/07/2013
Appuyé sur les travaux d'Henri Laborit, médecin et neurobiologiste qui propose une grille de lecture. Alain Resnais raconte trois histoires, trois destins de personnages nées en France, au milieu du 20e siècle et nous parle du déterminisme, des comportements prédéterminés, les rapports qui régissent la société mais aussi de l'affection, de la domination dans les rapports humains. Le montage est savant, faisant résonner situations et attitudes des trois personnages, ballotés par l'existence, tour à tour maitre de leurs destins ou désemparés et brillament interprétés par Gérard Depardieu, Nicole Garcia et Roger Pierre. Une oeuvre rare, intelligente et au minimum intéressante.
gimliamideselfes

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4,5
Publiée le 24/10/2010
C'est un film sur lequel il y a beaucoup à dire, c'est un film sur l'humain, mais qui contrairement à d'autres cinéastes, Resnais ici essaye d'analyser l'humain, de donner des réponses à tel ou tel comportement qui renvoie ensuite forcément à sa propre vie. Mélanger la fiction avec des expériences avec des rats, mais quelle bonne idée, ça remettra à sa place sans doute toutes les personnes pensant être supérieures à l'ensemble de l'espèce animale. Et puis la fiction se mélange à un autre degré de fiction, aux idoles des personnages du film… Gabin, Darrieux, Marais… C'est là qu'on se rend compte que le film est d'une immense richesse et qu'on peut s'y perdre facilement. Ces idoles influencent t'elles le personnage ? ou bien le cinéma reflète t'il la vie des personnages de par sa véracité ? Godard disait bien que le cinéma c'était 24 fois la vérité par seconde. Mon Oncle d'Amérique en est un peu la preuve. Alors on pourrait dire que c'est un peu lourd ce montage un peu explicatif, ça pourrait l'être, mais comment pourrait on se rendre compte de la richesse du film sans ce montage ? Resnais guide nos analogies vers des choses auxquelles nous n'aurions pas pensé, et c'est là que le film est brillant. Beaucoup de films tombent dans l'explicatif juste pour ne pas perdre le spectateur et le prend pour un imbécile au passage, là ça n'est pas le cas, vu que ce montage instaure une dimension supplémentaire au film et je dois avouer que ça m'a agréablement surpris. C'est un film dont les personnages sont un peu comme nous, avec des rêves, des ambitions, voulant sortir de leur cadre de vie banal, c'est ça qui rend les personnages si humains, si vrais. Et certaines scènes, au bord de la mère, une jolie blonde en blanc remplissant le cadre, ça vaut son pesant d'or. C'est un film à voir. Et je dois montrer ma passion pour les quelques scènes surréalistes avec les souris.
Flavien Poncet

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2,5
Publiée le 06/03/2008
Après une présentation fétichiste des personnages que Jean-Pierre Jeunet empruntera pour son «Fabuleux destin d’Amélie Poulain», Alain Resnais entame «Mon oncle d’Amérique» (France, 1980). La présentation rapide et fugace des trois personnages principaux laisse place à l’approfondissement de leurs vies, aux fruits de leurs choix et à l’implacable déterminisme dont l’individu est victime. Resnais est l’un des plus grand formaliste français, pour le meilleur («Muriel ou le temps d’un retour», «Cœurs», «L’amour à mort») ou pour le moins bon en l’occurrence. La genèse du film explique peut-être son insipidité. L’initiative de l’œuvre ne vient pas de Resnais mais d’Henri Laborit, chercheur spécialisé sur les comportements humains. C’est ainsi que s’enfuit sous nos yeux la poésie de «Je t’aime, je t’aime», la politique d’«Hiroshima, mon amour» et même le délire de «Providence». En ponctuant son film d’interventions scientifiques, de commentaires explicatifs sur les rouages des modes de comportements humains, Resnais et Laborit assèchent le film de toute poésie, de toute grâce lyrique. La seule présence poétique se restreint à l’analogie triviale faite entre chacun des personnages et leurs idoles cinématographiques. Ainsi les personnages de Nicole Garcia, Gérard Depardieu et Roger Pierre sont respectivement représentés par Jean Marais, Jean Gabin et Danielle Darrieux. Le film ne demeure pas sans ironie. L’absurdité consciente du film à tendre vers l’exhaustivité des agissements humains provoque un certain charme ironique, bien étrange par ailleurs comme l’est toujours de rire du prosaïsme. C’est sur les ruines de l’homme, sur sa carcasse psychologique que Resnais s’arrête et «dévoile» l’inconscient. «Un être vivant est une mémoire qui agît» déclare Lamorit. La réminiscence bienheureuse du thème de la mémoire, et son singulier traitement, ne rend toutefois pas le film inintéressant en vue du cinéma de Resnais.
max6m

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2,5
Publiée le 25/03/2009
"Mon oncle d’Amérique" est une expérience cinématographique assez unique, à ma connaissance, dans l’histoire du cinéma. Le film est le fruit d’une rencontre et d’une collaboration entre un cinéaste (et quel cinéaste!) et un homme de sciences, philosophe du comportement animal et humain: Henri Laborit. Le film joue alors simultanément sur 2 niveaux différents : cinématographique (long métrage dramatique) et laborantin (étude comportementale basée sur les théories neuropsychiatriques de Mc Lean), ce dernier étant prépondérant, tant le scientifique impose sa logique narrative. La part dramatique du film devient alors, en grande partie, l’illustration de théories scientifiques, le tout dans un objectif avoué de vulgarisation des «neurosciences» sous un format plus plaisant que l’austère article de revue scientifique. L’expérience est une réussite, c’est indéniable, grâce au talent cinématographique de Resnais. Après, je suis plus réservé sur le fond. A mon sens, Resnais ne prend pas assez de recul par rapport aux théories, très réductrices tout de même, qu’il nous présente, et on frôle parfois la propagande scientifique. L’idée du conditionnement de la petite enfance déterminant les actes de l’individu est à prendre avec des pincettes: où est le libre arbitre là-dedans? Que deviennent les valeurs? Cette vision technoscientifique de l’homme n’est pas du tout à mon goût. Lorsqu’on sait que l’initiative du film est celle d’un laboratoire pharmaceutique cherchant à vendre un produit sensé améliorer la mémoire, on y voit plus clair... Lutter contre les instincts de domination, d’accord, mais par la spiritualité, non par la médecine. Qu’est-ce que cette logique nous prépare pour demain: des médicaments visant à vaincre la jalousie? A améliorer notre concentration et nous rendre plus productifs? Bref, à détruire en nous l’humain? Messieurs, sachez que l’homme n’est grand que dans ses faiblesses: en attaquant cette faiblesse, c’est l’humanité entière que vous combattez.
Pasthen

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2,0
Publiée le 10/06/2015
S'appuyant sur les travaux d'Henry Laborit, médecin chirurgien et neurobiologiste, Alain Resnais dresse le portrait de 3 personnages de manière assez décousue. Le premier, à l'aide de rats, décrit le conditionnement et y développe le concept d'inhibition de l'action que peuvent provoquer le stress et la frustration. Hélas, le réalisateur peine à adapter ces recherches à l'écran. Mon Oncle d'Amérique ressemble à une sorte de documentaire romancé, le parallèle entre les dires du professeur et la vie de ces 3 personnages n'est pas ce qui se fait de mieux dans le genre. Là où un film comme "I comme Icare" offre une longue séquence qui décrit parfaitement l'expérience de Milgram (au point d'être une référence dans l'enseignement), l'oeuvre qui nous concerne ne parvient jamais à trouver son style, l'alchimie n'existe tout simplement pas.
Cegipede

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4,5
Publiée le 06/03/2014
Mon oncle d'Amérique est un film expérimental qui vous permettra d'expérimenter ce que l'on pourrait appeler le "Biocinéma". Le drame est narré par un biologiste proposant une grille d'analyse du comportement des 3 protagonistes tout au long du film. Alain Resnais signe donc un film didactique voire pédagogique qui s'appuie sur des théories biologiques (aujourd'hui dépassées) qui incitent le spectateur à la réflexion sur chaque acte des personnages mais aussi sur son vécu. Mon oncle d'Amérique surprend donc par sa structure constituée de 3 récits de vie enchevêtrés que le destin/hasard/déterminisme va rejoindre. Le professeur Laborit ponctue le film par des remarques, à la manière d'un documentaire et le plus souvent aux moments critiques rompant ainsi l'action. Déroutant au début, je trouve qu'au final cette structure inhabituelle se fond bien dans le film, créant un effet d'attente ou plutôt de curiosité intellectuelle sur la suite des événements. Le talent de Resnais et le très bon jeu des acteurs font que dans Mon oncle d'Amérique c'est le documentaire qui est au service du film et la science au service du cinéma, et ça c'est une bonne nouvelle.
Parkko

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3,0
Publiée le 10/06/2012
Décidément, Alain Resnais est un cinéaste qui me surprend à chaque fois. Je ne peux jamais dire que j'adore ses films, mais ils ont un truc différent qui en font une expérience assez unique. C'est le cas avec Mon Oncle d'Amérique. Mon Oncle d'Amérique m'a partagé. Il y a un côté tellement didactique et explicatif qui en devient presque pesant. En soi l'idée est vraiment bonne et intéressante, c'est assez sympa, mais le retour constant aux explications et aux théories font du film une sorte d'objet difficilement identifiable, une sorte de thèse cinématographique.
Jipis

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4,0
Publiée le 15/01/2012
« Un être vivant est une mémoire qui agit » Pour apprécier cet opus audacieux et inclassable il faut le considérer comme un cours dont le laboratoire d'études est constitué de plusieurs cobayes servant de matière aux théories du professeur Henri Laborit grand philosophe du comportement animal et humain. Le début est laborieux en annonçant des minutes interminables d'un ennui profond, mais soudainement tout s'anime en devenant passionnant. Dans une tapisserie de références cinématographiques quelques comportements spécifiques sont étudiés et commentés dans le contexte de leurs époques. Que ce soit dans un milieu romanesque ou professionnel, l'attitude humaine n'est qu'un archétype basé sur une manière d'être et de ressentir que le cerveau dans une « évolution » en relation avec son environnement se charge de rendre le plus similaire possible au cours de l'histoire. Malgré l'apport d'une pensée évolutive, nous semblons posséder un comportement référentiel qu'il faut rapprocher de celui d'un animal Platonicien. En noir et blanc ou en couleurs l'homme projeté dans la phénoménologie de son temps s’interroge ou vocifère à l'aide de mêmes mimiques unissant l'instinct et la raison. Un film original sur la réminiscence faisant de nos ressentis une fusion intelligente entre des théories scientifiques et des comportements sociaux dont le fil rouge est de se résoudre à considérer l'homme comme un animal doué d'une raison dont les mêmes causes produisent les mêmes effets ceci depuis et pour l'éternité.
Hunter Arrow

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1,0
Publiée le 06/03/2014
Alors là j'en vois d'avance me fustiger en me disant "Mais enfin, toi Hunter Arrow qui as aimé le Pacifim Rim et d'autres merdes provenant du consortium consumériste américain, comment oses tu critiquer un film de l'immense Alain Resnais ? Si tu ne l'as pas aimé c'est simplement parce que tu n'as pas les armes pour l'apprécier." Alors laissez moi vous dire poliment d'aller vous faire mettre chez les Jésuites de Papouasie. Si cracher sur le corps à peine décomposé de Resnais peut en effet manquer d'élégance, on ne peut nier qu'il serait peut être temps de s'interroger sur l'héritage cinématographique de ce dernier. De toute façon maintenant qu'il est cané il ne risque plus de se vexer si on lui dit franchement qu'il a fait de la merde dans sa vie. Enfin bref... Déjà revenons sur une pensée qui va de pair avec ce genre de long métrage, c'est à dire l'idée qu'ici il ne faut plus prendre par la main le spectateur mais laisser ce dernier s'investir dans le film par lui même si il veut pouvoir en profiter. C'était le mode de pensée d'Alain Resnais qui était loin d'être un cinéaste populaire. Mais ce que ce mec oubliait, c'était le fait que le spectateur accompli déjà un pas vers le film. Rien que le fait de s'installer devant un écran, décider de regarder ce "Mon Oncle d'Amérique" plutôt qu'un autre film qui pourrait paraitre plus divertissant, le fait que le spectateur accepte qu'on lui impose des personnages, une progression dramatique, le regard du réalisateur... Bordel rien que le fait de regarder un film, n'importe quel film et accepter les règles de ce dernier est en soi un pas que le spectateur accompli vis à vis du réalisateur. Et en ce sens ne pensez vous pas que le réalisateur doit être un tant soi peu capable de "récompenser" le spectateur ? Non là sa récompense il faut vraiment la chercher... Et pire encore là où dans certains films "exigeants" on peut déceler des qualités intrinsèques qui sont elles mêmes des récompenses, dans cet Oncle d'Amérique; la récompense s'obtient à coup de pelleté dans une fosse à merde dégoulinante. Car oui ce film est atrocement mauvais d'un point de vue formel. Le jeu des acteurs est complètement approximatif, les dialogues d'une niaiserie doublé d'une platitude hallucinante du style "Nous avons un peu de jambon, on peut vous préparer des pâtes"... Rien dans ce film ne respire un tant soi peu la crédibilité en terme du jeu des acteurs et des réactions des personnages. Et que dire de la réalisation qui n'a que pour seule bonne idée les parallèles fait entre les personnages et leurs icônes cinématographiques préfigurées. En dehors de ça le reste n'est que pur néant, filmé sans génie aucun avec une succession de champ/contre champ dans les dialogues ou de plans fixes. On comprend l'idée d'une théâtralisation formelle, mais enfin le cinéma c'est aussi l'art du mouvement et ce film en est dénué. Mais indéniablement, le pire dans ce film demeure la mauvaise exploitation des thèses du neurobiologiste Henri Laborit qui apparait lui même afin de donner une sorte de cours magistral. Soyons clair, Resnais est incapable de concilier l'ajout de ces moments avec les impératifs d'une narration convaincante. Je m'explique : Au lieu d'avoir une exposition des thèses de Laborit et des personnages qui s'intègrent naturellement dans ces dernières, nous avons clairement un scénario qui force les réactions des protagonistes au point que ces derniers deviennent grotesques par moment. En gros le film est aussi pertinent dans sa démarche qu'un scientifique cherchant à établir les effets de la fatigue sur la capacité à se mouvoir et pour cette étude il ne choisirait que des sujets tétraplégiques. En effet on peut parler d'une volonté de "forcer" ses résultats. Et c'est exactement la même chose qui se produit avec ce "Mon Oncle d'Amérique" qui finalement passe complètement à côté de son sujet. On notera la stupidité d'un film dont le thème principal demeure l'Humain mais où finalement ce dernier n'est qu'un pantin désarticulé dont chaque parole, chaque acte, chaque mouvement est influencé par un script lui même influencé par l'idée d'exposer les thèses d'un scientifique. Cela n'enlève rien à la pertinence et l'intelligence des propos de Laborit, juste que ces derniers seraient évidemment mieux servis dans un livre que dans ce "film". Autre détail, pour une oeuvre se voulant "subtile" on remarquera que cette dernière a tendance à sur illustrer et sur expliquer les thèses exposées Alors finalement je pense que pour apprécier ce film il faut faire comme les personnages principaux de ce dernier et c'est peut être là où l'on peut faire un lien intéressant : partir à la recherche de cet Oncle d'Amérique qui, si chez les "héros" symbolise une quête de l'imaginaire afin de se détacher d'un morne quotidien, chez le spectateur se révélera être la recherche d'un enrichissement vain et quelconque qu'il se figurera avoir obtenu grâce à ce film de merde afin d'éviter de faire face à la réalité suivante : il s'est bien fait chier pendant 2H.
Santu2b

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1,0
Publiée le 03/04/2014
Décidément, le cinéma d'Alain Resnais n'est (pour l'instant j'espère) vraiment pas ma tasse de thé. Réalisé en 1980, "Mon Oncle d'Amérique" commence plutôt d'une façon intéressante avec ces discours entremêlés, ces trois personnages présentés un à un à la façon d'un portrait, et puis cette voix du professeur Laborit exposant ses conceptions de l'humain. Seulement voilà, ce démarrage prometteur ne tiendra pas plus de quelques minutes. Resnais s'engouffre ensuite dans un gros fouillis soporifique, ponctué de surcroit d'un grand et inévitable côté "masturbation intellectuelle", à mon sens en contradiction complète avec l'essence du septième art. Cela n'enlève rien à la justesse des théories de Laborit, tout comme à ses phrases d'une grande poésie philosophique. Cependant, elles ne trouvent jamais une adéquation totale avec les images livrées par le cinéaste, tant la photographie est laide et son intrigue inintéressante au possible. On notera malgré tout la première apparition de l'un de ses acteurs fétiches, Pierre Arditi. L'interprétation est d'ailleurs très inégale ; si Depardieu et Roger Pierre s'en sortent bien, Nicole Garcia quant à elle, est d'une platitude incroyable. Et puis, le spectateur, dans un acte de bonne foi, aura beau chercher incessamment les qualités mêmes infimes d'un opus présenté au demeurant comme un chef d'oeuvre, il n'y retiendra que ces deux (très longues) heures d'ennui.
Akamaru

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2,0
Publiée le 08/03/2014
Les films d'Alain Resnais n'ont jamais été mon dada,mais ce n'est pas une raison pour le dédaigner,non? "Mon oncle d'Amerique"(1980) a eu un fort succès public et critique à l'époque. Ce n'est pas une œuvre accessible,ni aisée à répertorier dans tel ou tel genre. Elle prend racine dans les théories d'Henri Laborit,anthropologue de renom(qui intervient en personne)sur le déterminisme humain,et se déploie sur un triple niveau de conscience,d'inconscience et de souvenirs. Resnais établit aussi un parallèle avec les animaux(filmés comme dans un documentaire)et avec d'anciennes vedettes du cibema(Danielle Darrieux,Jean Gabin,Jean Marais). Ce dispositif complexe tend à alourdir un film déjà très didactique et explicatif,et dont les théories dépassées(c'est un avis personnel)empêchent toute poésie. À partir de là,on se reporte sur les chassés croisés des 3 personnages principaux très différents et qui finissent par se rejoindre. Le flot d'informations introductif,appelle celui 20 ans plus tard d'Amelie Poulain. Nicole Garcia possède cette grâce et cet engagement qui permettent de faire le lien nécessaire avec le spectateur.
Maitre Kurosawa

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3,0
Publiée le 08/02/2019
L'homme est-il supérieur à l'animal ? Notre vie est-elle déterminée par notre enfance ? Nos comportements sont-ils toujours liés à ses hypothétiques conséquences ? Autant de questions traitées dans un montage virtuose par Alain Resnais, qui illustre son concept sociologique à travers trois histoires qui finissent par se regrouper. Après une entame franchement laborieuse où la voix-off occupe une place prépondérante, le film laisse plus de place à la fiction et convainc par son travail d'exemplification. Toutefois, on peut se demander si "Mon oncle d'Amérique" est vraiment plus qu'un brillant exercice théorique, accompli malgré quelques redondances – la leçon aurait pu être plus concise –, si l'on examine de plus près l'attention que porte Resnais à ses personnages. Nul doute qu'il s'agit là de réaliser avant tout un "film de mise en scène" mais force est également de constater que la fiction, donc l'écriture, n'est pas négligée, loin de là. Pourtant, le sentiment dominant de voir un effort de connexion entre le destin des personnages et le concept (la théorie) l'emporte sur l'intérêt des trajets sentimentaux et professionnels mis en scène (l'incarnation et l'émotion), ce qui pose une limite majeure à un film qui mérite indéniablement d'être vu mais qui, en faisant prévaloir la rigueur de son système formel, ne s'autorise aucun débordement.
Léa H.

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5,0
Publiée le 31/05/2014
Ou comment conjuguer la forme la plus expérimentale (une illustration virevoltante des théories de Laborie) avec l’émotion pure du souffle romanesque (une galerie de personnages bouleversants, des histoires croisées à forte intensité dramatique). Une fois de plus, Resnais fait se rencontrer les extrêmes pour créer une œuvre unique, ludique et réflexive, grave et onirique, théorique et fictionnelle. Plus que jamais, l’inconscient trouve ici à s’exprimer dans la structure même du récit (le montage est toujours mental chez le cinéaste) autant que dans les enjeux narratifs. C’est l’adéquation ultime de la forme et du fond, l’alliance de l’émotion et du discursif, dont on sort à la fois bouleversé et profondément questionné. Resnais est l’un des seuls cinéastes capable de créer avec autant d’audace et d’intensité de l’émotion qui fait réfléchir.
Rémi V

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4,5
Publiée le 31/03/2014
Je m'attendais à voir un film long, ennuyeux, théorique, formel, imbuvable et j'ai été en fait positivement surpris. J'ai trouvé ce film en effet captivant malgré son postulat scientifique et ses coupures "laboritiennes". Certains passages sont même particulièrement émouvants car on finit par s'attacher vraiment au destin de ces personnages prisonniers de leur déterminisme, mais autrement plus libres de leur destin que des rats de laboratoire... Alain Resnais était fasciné par la contradiction de l'Homme pris entre deux feux entre le déterminisme, le destin, la fatalité et la liberté absolue. Son film ne tranche pas et laisse en fait profiter de leur liberté désespérée. Les "herbes folles" ne meurent jamais vraiment, comme l'art, la poésie, la vie...
ferdinand75

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4,0
Publiée le 24/03/2014
Un grand moment et un grand classique du cinéma français. Au moment de sa sortie il a vraiment apporter quelque chose de nouveau, c'était un événement fort, dont tout le monde parlait . Analyser la psychologie de l' être humain, faire intervenir le professeur Laborit en live, commentant ce qui se passait à l'écran , pour argumenter et appuyer son propos , puis présenter des expériences de comportement sur les rats . Tout cela était vraiment "révolutionnaire" . Tout le monde en parlait , beaucoup de spectateurs ont enfin pu comprendre ce qu'était les maladies psycho somatiques, c'est un film qui vous donnait la sensation d'être plus intelligent. C'était aussi les prémisses de la psychologie du couple qui fleurira et s'épanouira , par la suite à la Tv et dans les magazines féminins , jusqu' à nos jours. Une des forces du film était aussi d'avoir choisit des acteurs déjà célébres mais à contre- emploi. Depardieu , habitué aux rôle de loubard , était là un businessman autodidacte, romantique. Roger Pierre ( célèbre pour son duo de cabaret avec Jean Marc Thibaut, à l'humour parfois un peu lourdeau) était là complétement à contre emploi , anachronique, Pierrot lunaire , traditionnaliste , qui ne sait pas choisir entre ses femmes, le meilleur rôle de sa carrière. Et Nicole Garcia , en jeune fille passionnée, entousiaste . Le scénario était solide et crédible , mais servait surtout de support à une démonstration théorique mais remplie d'humour. Le film n' a pas trop vieillit et reste complétement d'actualité sur le fonds, même si tout cela est maintenant bien connu de tous . C'est un monument du cinéma français et probablement un des tous meilleurs films de Resnais, si ce n'est le meilleur.
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