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    N'importe où hors du monde
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    HJL75
    HJL75

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    4,0
    Publiée le 7 janvier 2013
    « N’importe où hors du monde » est l’histoire d’une destruction. Celle, quotidienne, irréversible, d’un enfant de huit ans muré dans un désespoir qui n’a pas de mot pour se dire. Un désespoir froid et blanc comme une banquise dans laquelle il s’égare en prenant soin d’effacer ses propres traces. L’enfant dont il est question, et qui est bien entendu l’auteur lui-même, ou l’enfant qu’il a été, ne participe pas au monde qui l’entoure. Il ne comprend ni ses règles ni le rôle qu’il est censé y jouer. S’il est l’histoire d’une destruction, N’importe où hors du monde est aussi celle d’un apprentissage âpre et cruel. Celui du sentiment de la différence chez un enfant aussi peu préparé que possible à la recevoir pour destin. François Zabaleta est plasticien, vidéaste, graphiste, écrivain. Il a réalisé « Mon objet préféré » (2007), « La Vie intermédiaire » (ACID, Festival de Cannes, 2009), « La Matière noire » (2009), « La Dernière fois (2010) », « Le Cimetière des mots usés » (Chéries-Chéris 2011). « Ce qui m’intéressait, c’était de prendre un livre, « Le bâtard imaginaire », un livre qui m’obsède, et de ne pas l’adapter. De ne surtout pas l’adapter. De ne pas chercher à l’illustrer. Qu’est-ce qui se passe, au cinéma, quand on se sert d’un livre comme matière première, et qu’on veut faire autre chose que de le mettre en image, prendre des acteurs, leur donner des rôles, les faire parler ? Je ne me voyais pas engager un petit garçon et lui faire dire des choses que j’étais censé avoir dites lorsque j’avais son âge. Pendant des années j’ai renoncé à faire ce film qui me semblait impossible. Et puis, un jour, j’ai compris que ce qui me plaisait dans ce projet, c’était, précisément, cette idée d’impossibilité. Je me suis dit que j’allais faire un film impossible. Qu’est-ce que c’est que l’impossibilité au cinéma ? Qu’est-ce qui se passe quand on déclare forfait ? On peut commencer un film puis l’arrêter… jeter l’éponge. Ou, au contraire, faire un film autour de cette impossibilité. Cette impossibilité de dire l’enfance. C’est aussi une façon de la dire que de ne rien pouvoir en faire. C’est aussi une façon de la dire que de dire son impossibilité à en faire quelque chose. J’ai compris que je ne voulais pas faire un film sur mon enfance. J’ai compris que je voulais faire un film autour de l’enfance. Tourner autour de l’enfance en cercles concentriques de plus en plus rapprochés, tout en sachant que jamais je n’en atteindrai le noyau dur. J’étais obsédé par cette idée de sujet et de noyau dur. C’est contre ça que j’ai buté pendant des années. Je voulais épuiser le sujet. Je voulais atteindre sa substantifique moelle. J’avais peur d’être banal, allusif, superficiel. J’avais peur de passer à côté de mon sujet. J’avais peur de passer à côté de l’enfance. Jusqu’au jour où j’ai compris que le petit garçon que j’étais était passé à côté de sa propre enfance. Qu’il n’avait jamais été un enfant. Que c’était ça, le sujet de mon film. Un enfant qui court après son enfance. Un enfant qui cherche à comprendre ce que c’est que d’être un enfant. »
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