Film de science-fiction minimaliste coécrit et réalisé par Alain Resnais, Je T'Aime, Je T'Aime est un long-métrage nullissime. L'histoire nous fait suivre Claude Ridder, un employé de bureau qui, après un suicide raté, se voit proposer par des chercheurs de participer à une expérience de voyage dans le temps qui n'a été testée jusqu'à présent que sur des souris. L'homme, n'ayant plus rien à perdre, accepte de revivre une minute de son passé, celle située un an plus tôt, d'après les savants. Seulement l'expérience tourne mal et Claude entame un voyage aléatoire, ne parvenant plus à revenir au point de départ. Ce scénario s'avère particulièrement mauvais et inintéressant au possible à visionner tout du long de sa durée d'une heure et demie. Une durée relative s'avérant être un véritable supplice tant l'intrigue est soporifique et semble interminable. Pourtant le concept est attirant sur le papier mais l'exécution est catastrophique. Le récit est brouillon en nous montrant une succession de courtes scènes sans lien les unes avec les autres, certaines revenant plusieurs fois. C'est confus. On ne comprend rien à cette succession de souvenirs désordonnés n'ayant aucun sens. Les événements s'entremêlent, les souvenirs sont incomplets et certains moments insignifiants pour montrer comment fonctionne le cerveau. Le seul enjeu concerne un doute instauré par Claude dont on se fiche royalement. Les différentes séquences ne racontent rien. C'est le néant. De la pure masturbation intellectuelle. C'est snob. On assiste à des discussions stériles totalement dépourvues de la moindre action. Il n'y a aucun fond. C'est creux et ennuyeux en plus d'être prétentieux. Le ton dramatique finit de plomber l'ambiance. L'ensemble est porté par des personnages aux problèmes existentiels futiles. Des rôles correctement interprétés par une distribution comprenant Claude Rich, Olga Georges-Picot, Anouk Ferjac, Bernard Fresson, Claire Duhamel, Irène Tunc, Vania Vilers ou encore Van Doude. Hélas ces comédiens n'ont rien à défendre et entretiennent des relations ne procurant aucune émotion si ce n'est l'endormissement. Des échanges soutenus par des dialogues vains. Sur la forme, la réalisation du cinéaste français s'avère de bonne facture. Sa mise en scène est sobre mais efficace et évolue dans des lieux appréciables. La photographie est également soignée et bénéficie d'un certain cachet esthétique à la faveur de son bel étalonnage. Ce visuel qualitatif est accompagné par une bonne bande originale présente au début mais qui finit hélas par s’effacer. C'est dommage car ses notes confèrent une atmosphère singulière qu'on ressent au final très peu. Reste une fin sans importance, comme le reste de la narration, venant ainsi mettre un terme à Je T'Aime, Je T'Aime qui, en conclusion, est un film expérimental détestable.