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    Fritz Bauer, un héros allemand
    note moyenne
    3,5
    379 notes dont 54 critiques
    4% (2 critiques)
    39% (21 critiques)
    46% (25 critiques)
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    Votre avis sur Fritz Bauer, un héros allemand ?

    54 critiques spectateurs

    Chris58640
    Chris58640

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    3,5
    Publiée le 18 avril 2016
    Le film de Lars Kraume est à mettre en parallèle avec « Le Labyrinthe du silence », sorti il y a un an et demi. Plus finement, on pourrait dire que « Fritz Bauer, un héros allemand » le complète et surtout le précède puisque que chronologiquement, il se termine là où commence le film de Giullio Ricciarelli. D’ailleurs, si j’ai été attentive je crois bien qu’à la toute fin du film, le personnage de Fritz Bauer évoque le procès, sujet du second film. Tout cela pour dire que la difficile et douloureuse dénazification de l’Allemagne est un tabou historique qui est en train de tomber outre Rhin. L’Allemagne a fait l’examen de sa conscience en ce qui concerne la Guerre, elle commence à étudier l’après-guerre avec un œil moins naïf et plus critique, ces deux films sortis en moins de 10 mois en sont la preuve. Il est ici question de la traque d’Adolf Eichmann, de sa capture en Argentine par le Mossad. Tout cela est connu mais ce qui l’est moins, c’est le rôle de ce procureur allemand, homme de l’ombre, pugnace et épris de justice, qui est allé jusqu’à trahir un pays qu’il aime profondément pour aider, à sa manière, à le sauver de lui-même. Il y a beaucoup à apprendre du personnage de Bauer, incarné avec beaucoup de justesse par l’acteur Burghart KlauBner. Il incarne un homme solitaire (on comprend pourquoi il vit seul et ne fait confiance quasiment à personne vers le milieu du film), physiquement fatigué, mais à la volonté de fer. Il ne s’agit pas pour lui d’obtenir vengeance, il s’agit pour lui de débarrasser son Allemagne d’un cancer qui a métastasé et qui s’est infiltré partout. Le scénario le montre sans ambages, les anciens SS sont partout en 1958, dans l’administration, chez Mercedes, dans la Police, dans la Justice, au Gouvernement aussi. Ils se cachent à peine, se couvrent entre eux, et tous ont à perdre à voir Eichmann déballer tout ce qu’il sait dans un box des accusé allemand. Dans ce cas de figure, voir Bauer commettre un acte de Haute Trahison en contactant le Mossad ne parait pas, à nos yeux d’Européens de 2016, un acte si terrible. Là où le scénario est habile, c’est qu’il remet très bien dans le contexte de la guerre froide le combat de Bauer. C’est la Guerre Froide, autant que les anciens SS, qui empêchent l’Allemagne de se dénazifier. C’est une petite leçon d’histoire que ce film, en toute modestie, une petite leçon qui nous répète qu’il y a des combats qui doivent se mener, en dépit du contexte. Historiquement, on sait bien que les autres gros « cerveaux » (je mets des guillemets parce que bon…) nazis qui ont échappés à Nuremberg sont passés entre les mailles du filet, et on sait aussi grâce à qui. Cela rend la capture d’Eichmann importante, parce que c’est un acte unique (et historiquement fondateur pour l’état d’Israël). Les seconds rôles du film sont très écrits, en particulier le jeune collaborateur de Bauer incarné par Ronald Zehrfeld. Sa vie privée disons… compliquée est évoquée longuement sans que l’on comprenne bien l’intérêt. Ce n’est qu’à la fin du film que l’on saisit qu’il y a là aussi un message qui n’est pas tellement différent de celui de Bauer, il y a des combats à mener, des combats difficiles et obscurs, mais qui valent la peine. Il n’y a rien à redire au casting allemand, constitué d’acteurs qui me sont évidemment inconnus. La reconstitution de l’Allemagne de l’après guerre souffre du même « défaut » que dans « La Labyrinthe du Silence » à savoir que c’est moche, c’est gris, il n’y a jamais un éclair de soleil et il pleut très souvent ! C’est surement voulu pour accentuer le côté austère du combat de Bauer, mais le problème c’est que cela rend le film aussi austère et froid qu’un épisode de « Derrick » ! C’est d’ailleurs le seul bémol que j’accorderais au film de Lars Kraume, il n’est pas très attrayant dans sa forme : peu de musique, une photographie très grisâtre, une intrigue sans aspérité (pas de suspens, pas de scènes qui sortent du lot), une affiche et un titre sans imagination. Faudrait quand même faire attention, à force de vouloir faire sérieux et sobre, à ne pas perdre le public en route. Le sujet est intéressant, important même, mais je ne sais pas s’il saurait se suffire à lui-même pour le public de 2016. Faire un film plus facile d’accès aurait eu le mérite de faire venir à lui un public moins convaincu d’avance par l’importance du sujet et le gout pour l’histoire contemporaine. Reste que moi, toujours passionnée par ce genre de sujet et par l’histoire de la Seconde Guerre Mondiale et ses conséquences, j’y ai trouvé mon compte, sans m’ennuyer et en apprenant des choses que j’ignorais sur un personnage qui méritait un peu de lumière.
    Kovnen
    Kovnen

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    4,5
    Publiée le 21 avril 2016
    Peut-on reconstruire la vie sans régler les comptes avec son passé ? Peut-on vivre sans rétablir la justice ? La question pourrait paraître métaphysique. Elle se pose très concrètement dans cette Allemagne d'après-guerre où les anciens SS occupent des postes à responsabilité dans l'économie et dans toutes les sphères de l'Etat. C'est que les victimes ne sont plus là pour demander des comptes. La plupart des survivants de l'holocauste allemand sont en Israel ou exilés dans d'autres pays, et cherchent à se reconstruire après le traumatisme. L'Amérique est obsédée par la reconstruction de l'Allemagne fédérale et par la guerre froide. Il ne reste plus de Juifs en Allemagne, les nazis ont réussi leur projet. Et voilà qu'un procureur allemand, juif et homosexuel vient remuer le passé. Il aurait été utile de creuser la mécanique de cette identité à la fois allemande et juive. Comment peut-on se sentir Allemand après la Shoah lorsqu'on est Juif et homosexuel ? La thèse du film est que Fritz Bauer recherche l'examen de conscience plus que la vengeance. Avec des acteurs convaincants dans les rôles principaux, ce film remet en lumière une mécanique d'après-guerre qui a probablement des similarités avec l'histoire de la France. L'intrigue tient en haleine, et l'ambiance suggère l'époque délétère, et l'état d'isolement du personnage principal, et avec lui la solitude de tous ceux qui n'ont pas obtenu justice de l'histoire. Un ex-humoriste français remplissait encore hier des salles en vendant la thèse d'une Shoah devenue fonds de commerce moral. Des films comme celui-ci, ou le documentaire en 2005 de la BBC sur Auschwitz - qui montre le peu de regrets des anciens nazis - permettent de voir que les plaies ne sont pas guéries, et que les mécanismes de la haine sont là, prêts à se réactiver en chacun de nous.
    Daniel C.
    Daniel C.

    Suivre son activité 103 abonnés Lire ses 40 critiques

    4,0
    Publiée le 23 avril 2016
    Le devoir de mémoire ne doit jamais s'interrompre. Fritz Bauer a permis la capture d'Eichmann par le Mosad en Argentine. Il aurait voulu que le jugement ait lieu en Allemagne pour confronter les anciens du régime à leurs responsabilités. Des enjeux économico-politiques internationaux en ont décidé autrement. En passant, on se souvient également que l'homosexualité était un crime puni sévèrement. Voici un film didactique qui remplit son contrat.
    Pierre831
    Pierre831

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    4,5
    Publiée le 23 octobre 2015
    Excellent film, très bien joué. En plus de la poursuite des anciens Nazi, et particulièrement d'Eichmann, le fil traite aussi le problème du §175 du code pénal allemand, qui interdisait les relations entre hommes et entre hommes et animaux, article qui fut retiré du code en 1994.
    crachou94
    crachou94

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    4,0
    Publiée le 16 avril 2016
    Ce troisième film après Hannah Arendt et le labyrinthe du silence nous dépeint comment l'Allemagne vit l'après guerre et la chasse ou les procès des Nazis, l'ambiance délétère des secteurs où d'anciens nazis ou des pro nazis ont encore du pouvoir et protègent les fugitifs. Un film très édifiant et très interprété. A voir pour la mémoire.
    jeff21
    jeff21

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    5,0
    Publiée le 15 avril 2016
    Encore un film qui corrige les omissions historiques comme c'est le cas avec l'action méconnue de ce procureur allemand dans la traque d'un monstre nazi. un grand merci pour cet apport. Et puis le portrait de Fritz Bauer vaut le détour. Personnage haut en couleur, forte personnalité, dépeint avec humour dans cette Allemagne de l'ouest des années 50.
    LalaStroumpfLala
    LalaStroumpfLala

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    4,0
    Publiée le 25 avril 2016
    Bien que classique, l'ambiance du film est très prenante et permet que l'on s'attache vite au singulier Fritz Bauer, dont l'interprétation est excellente. En soutenant les motivations du chasseur de nazi, un brin cynique, le spectateur rentre plus facilement dans cette lourde histoire qui montre à quel point les nazis étaient présent dans la société allemande d'après guerre. On resort emu, par le (double) combat de cet homme qui comme le titre original l'indique, ne peut compter que ou presque sur lui même .
    traversay1
    traversay1

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    3,0
    Publiée le 14 avril 2016
    "Vous chassez, Fritz ? Oui, mais pas les animaux." Ce dialogue du début du film de Lars Kraume témoigne de l'obsession de ce procureur solitaire de Francfort, à la fin des années 50, dans un pays qui ne veut pas faire face à son passé. Pire, les anciens nazis sont infiltrés partout y compris au plus près du chancelier Adenauer. Ce n'est pas de la fiction, c'est la pure réalité et Fritz Bauer, un héros allemand, dont on préfère la traduction littérale du titre allemand : L'Etat contre Fritz Bauer, est une oeuvre utile, historiquement pointue, dont le scénario est écrit comme un bon thriller d'espionnage, malgré quelques digressions autour de la répression de l'homosexualité, qui sont hors sujet. Hélas, la réalisation ne suit pas : elle reste bien passive, à peu près aussi imaginative qu'un épisode de Derrick. Après Le labyrinthe du silence, d'un niveau bien supérieur, Fritz Bauer témoigne en tous cas de la volonté du cinéma allemand de traiter de sujets trop longtemps laissés dans l'ombre. Ce mérite là ne peut lui être dénié.
    sameplayerparis
    sameplayerparis

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    3,5
    Publiée le 18 avril 2016
    Ce film dépeint plusieurs aspects méconnus des premières années de l'Allemagne Fédérale, à savoir la traque des nazis et la pénalisation de l'homosexualité, et rend justice à la mémoire d'un grand homme. Plus un "biopic" qu'un grand film de cinéma, il vaut vraiment la peine d'être vu !
    choucrouton
    choucrouton

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    4,0
    Publiée le 18 avril 2016
    Un très bon film dans la lignée du labyrinthe du silence. Le film nous plonge dans le combat d'un homme près à trahir son pays pour la justice. Juste une petite déception au niveau du jeu de l'acteur principal. Je vous conseille vivement ce film que je réserve tout de même à un public plutôt âgée.
    Zeitnot33
    Zeitnot33

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    3,5
    Publiée le 25 avril 2016
    Ce film montre de façon réaliste les difficultés du procureur dues aux bâtons dans les roues que les anciens nazis, encore à des postes importants lui ont posé. Il montre aussi la loi contre l'homosexualité.
    domit64
    domit64

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    4,0
    Publiée le 24 avril 2016
    Allemagne années 50. Tentative de traque des ex dignitaires nazis et notamment de Eichmann par F Bauer. Chassé croisé dans cette Allemagne pas encore prête à faire face à son terrible passé. La difficulté d'être homosexuel à cette époque est également abordée avec une certaine subtilité mais sans pudeur. Excellents jeux d'acteurs. A voir.
    pelleatarte
    pelleatarte

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    4,5
    Publiée le 29 avril 2016
    Un excellent moment, bien joué et une interprétation historique fidèle. Le tout visionné en allemand qui est clair ( pour mon humble niveau). Le film est court et haletant, juste ce qu'il faut. Les dialogues et l'intrigue bien montés, respectueux des amoureux de l'échange verbal.
    Anne M.
    Anne M.

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    4,0
    Publiée le 18 avril 2016
    J’aime bien les réalisations dites académiques ou classiques surtout si le contenu des films fait sens sans artifices. Ce film écrit comme un thriller est intéressant et fait écho au film « le labyrinthe du silence ». Avec une interprétation de qualité pour les 2 principaux rôles, le film retrace les démarches qui ont permis la capture d ‘Adolf Eichmann.
    vidalger
    vidalger

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    4,0
    Publiée le 19 avril 2016
    Excellent film sur la difficulté de mettre en œuvre la dénazification en Allemagne, au lendemain de la seconde guerre mondiale. Les racines du mal absolu du racisme et de la " solution finale" étaient encore vigoureuses après la chute du Reich. Comment un procureur juif, homosexuel et de gauche a-t-il pu livrer l'horrible Eichmann à Israël pour qu'il soit jugé et condamné, l'histoire nous est contée sous la forme d'un thriller impitoyable. Admirable composition de Burghart Klaussner en vieux procureur roué et superbe reconstitution de l'Allemagne vaincue qui, peu à peu, a redonné le pouvoir aux anciens nazis pas vraiment envahis par le remords. Une page d'histoire opportunément mise en lumière.
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