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Miele
note moyenne
3,6
248 notes dont 48 critiques
8% (4 critiques)
31% (15 critiques)
42% (20 critiques)
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Votre avis sur Miele ?

48 critiques spectateurs

tof44

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5,0Chef-d'oeuvre
Publiée le 28/09/2013

Avec "Miele", on tient assurément un des films de l'année. Et c'est un premier film, qui plus est. Certes, Valeria Golino est une habituée des plateaux en tant qu'actrice avec un CV long comme le bras mais pour son coup d'essai en tant que metteur en scène, elle réalise un coup de maître. Son passé (et présent) de comédienne n'est d'ailleurs sans doute pas étranger à sa façon de filmer presque amoureusement son actrice principale (gros plans, jeux de lumière...), l'excellente Jasmine Trinca, sublimissime du début à la fin et qui porte littéralement "Miele" sur ses épaules. Après une première partie consacrée à l'étude quasi clinique du suicide assisté (trafic des produits, mise en relation avec les clients, procédure de l'opération, précautions d'usage...), pratique clandestine car illégale en Italie, "Miele" s'éloigne peu à peu de ce sujet difficile (et pour lequel il est très difficile d'avoir un avis tranché à moins d'être enfermé dans le carcan d'un dogme religieux... ou non religieux, d'ailleurs) pour offrir une réflexion assez bien fichue sur la mort et son appréhension (sa propre mort, comme celle des autres) et pour surtout proposer un portrait de femme exceptionnel. Ce qui est très intéressant dans la première partie du film -outre les exemples de candidats au suicide assisté assez bien choisis et plutôt représentatifs (la vieille dame en fin de vie, le malade en phase terminale, le jeune accidenté réduit à une vie quasi végétative)-, c'est de voir comment la mort désacralisée (après tout, le suicide est le seul moment de sa vie où l'Homme a réellement et totalement prise sur la conduite de celle-ci) s'accompagne malgré tout de tout un rituel : absorption du produit létal, musique d'ambiance, présence des proches comme dans une pieta... Comme si le seul évènement de la vie d'un être humain absolument indubitable et fermement établi devait à tout prix se parer d'une aura mystique. Puis, les souffrances de la vie pouvant parfois s'avérer plus douloureuses que celles de la maladie, l'ange de la mort Miele/Trinca va se retrouver ébranlée dans ses convictions par sa rencontre avec un vieux misanthrope las (et qui, lui même, malgré toute son expérience, tirera des enseignements de cette rencontre) et s'éloigner peu à peu d'une activité ayant des répercussions non négligeables sur sa propre existence (mensonges quasi compulsifs, psycho-somatisation, confusion des sentiments...). Faux film de société, "Miele" est une belle tranche de vie. Et de mort.

No Spoiler

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2,0Pas terrible
Publiée le 26/10/2013

Miele nous embarque pendant 3/4 d'heure dans une histoire au thème très fort, celui du choix de sa fin de vie, avec Irène ("Miele" de son surnom) dont on ne cesse d'admirer la plastique. Et puis au milieu du film on se met à espérer qu'on nous servira autre chose que des plans sur le très beau visage de Jasmine Trinca, qu'on justifiera des choix scénaristiques comme sa passion pour la nage en mer, que sa relation avec ce beau vieil homme (Carlo Cecchi) saura rebondir... c'est hélas peine perdue! Le film sombre même dans la vulgarité avec cette scène appuyée sur la fin de vie d'un jeune homme malade, ce panoramique sur les belles formes du postérieur de l'actrice à vélo ou la relation injustifiée dans une voiture sur un terrain vague qui ne colle pas avec le personnage... Au final on se met à regretter d'avoir fait confiance à cette réalisatrice sans réel propos. Valeria Golino gagnerait à l'avenir à travailler sérieusement une intention: "Mielleux" ne méritait pas d'être produit.

guifed

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4,5Excellent
Publiée le 11/10/2013

Une jeune fille mène une double vie: pour sa famille et son compagnon, c'est une thésarde en médecine. En réalité, elle a abandonné depuis longtemps son cursus, et se consacre désormais à l'accompagnement de mourants en phase terminale. Sujet brûlant, relativement peu abordé par le cinéma tout comme par la littérature, le "suicide assisté" est ici traité avec maestria par Valéria Golino. Pourtant novice en la matière, Golino montre ici qu'il faudra compter sur elle dans les années à venir. Une virtuose de la réalisation vient de naître. Consacrant la première partie du film à la peinture du quotidien de Miele, et la deuxième à toutes les retombées d'une péripétie bien trouvée(Irène finit par tomber sur un client qui lui ment et qui est en réalité en parfaite santé), Golino choisit une trame narrative classique et linéaire. A raison. Le spectateur est roué de plans magnifiquement filmés. Presque toutes les scènes sont travaillées. Sur chacune d'entre elles, la lumière, tantôt tamisée, tantôt aveuglante, est en parfaite harmonie avec l'atmosphère. J'irai même jusqu'à dire que je n'ai jamais vu autant de variété et d'originalité dans le cadrage et dans la mise en scène depuis un bon moment. Peut-être même est-ce la première fois. Une variété qui n'enlève rien à la qualité, bien au contraire. Prenons par exemple la première scène de "mise à mort". Le silence est clinique pendant la routine préparative de Miele. La luminosité est idéalement tamisée sur l'ensemble de la pièce, hormis sur la "patiente", qui reçoit en plein visage un rayon de soleil aveuglant. Toute l'attention est ainsi focalisée sur elle, et quand la musique d'accompagnement retentit, l'émotion est à son comble. Elle demande alors à Miele combien de temps il lui reste. "2 minutes". "C'est tout?". La musique s'emballe. La lumière vacille. Tout simplement magistral. Le casting, quant à lui, regorge de talents. L'actrice principale, Jasmine Trinca, qui avait déjà fait ses preuves dans La Chambre du Fils , palme d'or 2001, trouve là son plus beau rôle à mes yeux. Les seconds rôles ne sont pas en reste, avec Carlo Cecchi et Libero de Rienzo, tous les deux justes dans leur interprétation de personnages pourtant pas si évidents à jouer. Le cinéma transalpin a déjà fait fort cette année, avec notamment La Grande Bellazza, Moi et Toi, et maintenant Miele, tous les trois primés à Cannes. Mais c'est sans aucun doute le dernier qui restera le plus longtemps dans les annales: ce sera le premier film de la grande Valeria Golino. On prend les paris?

alain-92

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4,0Très bien
Publiée le 07/10/2013

Pour la réalisation de son premier long-métrage, Valeria Golino s'attaque à un sujet très sensible et douloureux. De plus en plus traité au cinéma et c'est tant mieux, celui-ci apporte un regard différent sur l'accompagnement de fin de vie pour celles et ceux qui choisissent d'en finir dans la dignité. Miele est un film intelligent et dur qui ne tombe jamais dans la facilité. Le scénario ne s'alourdit d'aucun détail inutile. Il définit à peine la raison de l'engagement d'Irène, jeune femme par qui la libération attendue doit arriver. Est-ce le seul appât du gain qui la motive ? On n'en sait pas davantage sur sa vie privée qui semble se résumer à quelques relations sexuelles mal vécues dans des endroits improbables. Il en est de même pour son enfance visiblement brisée dès l'âge de 10 ans. Seuls, restent bien appuyés, les embûches à franchir pour se procurer le produit fatal, nécessitant des allers et retours entre l'Italie et le Mexique. Du coût aussi, puisque cette dernière liberté n'est réservée qu'à une classe privilégiée. Présente de bout en bout, Jasmine Trunca, d'une exceptionnelle justesse dans ce rôle difficile est d'une grande beauté adoubée d'un magnétisme certain. Elle participe grandement à la réussite du film. La photographie est très belle. Parfois trop. Là, encore, se posent des questions. Est-ce pour atténuer la lourdeur du sujet ? Il y a aussi l'obsession des avions bien présente. Doit-on y voir une envie de fuite ou un départ sans retour ? La seule véritable et grande liberté de l'existence se résume-t-elle à choisir sa mort, quand celle-ci devient inévitable lorsque la vie devient inutile ou trop douloureuse ? Le film ne juge pas mais démontre avec beaucoup de finesse les derniers désirs de chacun devant lesquels s'incline celle par qui la fin arrivera. Pour certains, s'accompagner d'une musique qui semble interminable, pour d'autre regarder une dernière fois par l'extérieur d'une fenêtre, ou encore tenter de se mettre à son avantage quand la maladie vous a défiguré. Autant d'actes de courage ultimes avant de faire le grand saut. Miele est là. Elle attend, assume tout jusqu'au moment où ses propres convictions se trouvent ébranlées. Miele est un très beau moment de cinéma qui m'a profondément ému.

Yann R

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4,0Très bien
Publiée le 25/09/2013

Le film de Valéria Golina rappelle celui avec Isabelle Carré , un film sur l'assistance thérapeutique, l'accompagnement en fin de vie....(rendez vous avec un ange (2011 Autant le dire, le sujet est dramatique et terriblement sensible.... Valéria Golina, reprend ce sujet difficile au travers d'une jeune femme (Jasmina Trinca) absolument fantastique dans son interprétation..... La jeune femme voyage au Mexique pour rapporter des produits,et soulager des malades mais contrairement au film avec Isabelle Carré et Sergo Lopez, elle est presque insouciante et accomplit sa tache pour des raisons plutôt "pratiques"..... On notera un travail sur la lumière qui parfois illumine les plans (à deux reprises)..... Evidemment ce film est à la fois délicat et sensible, étonnant même par son souci de n'infliger ni morale, ni leçon....... Le thème de la rencontre extraordinaire avec un homme non malade est le nœud du film, et offre une très belle peinture relationnelle entre un homme et une femme..... L'émotion sans drame est une des forces du film..... Je reprendrais donc un avis, un film à ne pas rater....

Yoori H.

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5,0Chef-d'oeuvre
Publiée le 19/09/2013

A voir absolument, un film d'une grande beauté aussi bien cinématographique qu'émotionnelle, mon coup de cœur de l'année à Cannes. Pour les amateurs de l'Italie et ceux qui aiment que les sujets difficiles soient mis en avant - je vous laisse admirer.

Peter S.

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4,0Très bien
Publiée le 27/09/2013

Film beau et intelligent, qui interroge plutôt que d'offrir de réponses toutes faites sur les questions liées à l'euthanasie et au suicide. Superbe interprétation de Jasmine Trinca, fascinante.

vanessa D.

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2,5Moyen
Publiée le 30/10/2013

JasmineTrinca interprète le rôle de Miele avec Brio. L'amour, la vie et la mort s’entremêlent dans le film avec une danse parfaitement réglée. On passe sans dérapage du dernier soupir à l'ambiance enfumée d'une boite de nuit à la musique électro. La vie , la mort ne tient qu'à un fil sauf que là les aspirants à la mort, sont maitres de leur destin. Et cette relation cachée avec le secret de la vie se manifeste au grand jour par la relation amoureuse qu'entretient l'actrice principale avec ce jeune homme qui ne sait rien de la double vie que mène cette jeune femme. Double vie qui éveillera tantôt des soupçons, car le pacte que lie Miele avec ces hommes et ces femmes qui ont choisi de mettre fin à leur vie, est un pacte très spéciale, puisque de non retour. Même celui qui le lie avec cet homme dépressif, auquel un temps, on croit dur comme fer que celui ci sera brisé par un jeu biaisé. Pourtant on adhère pas totalement. Il manque quelque chose. Les vrais questions ne sont pas posées. Celles qui auraient pu ouvrir le spectateur à une discussion avec son entourage. Est-il louable de décider de sa propre fin ? Y a t-il seulement un moment où l'infini a cessé d'exister en chacun de soi ? Ici s'arrête la limite du questionnement comme un couperet qui referme le film sur une vague divagation teintée d'une émouvante mais non moins faible distraction. Un peu dommage.

Attila de Blois

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2,5Moyen
Publiée le 05/10/2013

Bien joué et bien filmé, il manque toutefois à "Miele" l'intensité et l'intelligence que nous promettait un tel sujet. Il en résulte que de nombreuses scènes tombent à plat par leur distance et leur froideur. Le thème de l'euthanasie sur l'Homme ne devient en fait qu'un prétexte à une mise en lumière de la solitude. On passe donc d'une idée originale à une question déjà largement traité par le cinéma. Quel gâchis !!!! Mais, si l'on fait abstraction de cela,la trame de "Miele" demeure sympathique à suivre mais plus ou moins anecdotique. En espérant que ce long métrage donne des idées à d'autres réalisateurs ou producteurs tentés de reprendre cette reflexion sur l'euthanasie, peu abouti dans le cas présent.

tuco-ramirez

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3,0Pas mal
Publiée le 18/10/2013

Irène et Miele sont une même personne. Irène, pour sa famille et son amant, est étudiante. Miele, pour ses clients, est la personne qui permet à leurs proches de mourir dans la dignité. Un jour, elle rencontre M. Grimaldi ; et ce client va faire vaciller ses convictions et l’amener à se poser des questions sur sa pratique illégale de l’euthanasie. Valeria Golino, actrice dans des films importants, réalise ici son premier long métrage sur le sujet délicat du suicide assisté. Jamais caricatural dans le traitement, le trajet intellectuel que va faire la jeune fille est le même que le notre. Elle se posera les mêmes questions que nous. Car en fait elle n’est pas une militante de l’euthanasie, juste une fille perdue ayant trouvé un job lucratif, « une pute des temps moderne ». Jasmine Trinca campe avec beaucoup de force ce personnage ambivalent ; garçon manqué mais aussi femme fatale (ah ah !!), donnant la mort mais bouillonnante de vie. Les 2 premières minutes du film plante le décor : elle nage jusqu’à épuisement, elle fait l’amour goulument, elle est calme posée en chemise après avoir honoré un contrat. On comprend donc qu’Irène par ses activités physiques et sexuelles compulsives vérifie son énergie et s’éloigne de la morbidité malsaine dans laquelle elle vit. Sur le reste du film on n’en apprendra pas beaucoup plus sur le personnage. Un client atypique va petit à petit la faire vaciller, et l’heure trente de film qui suit se concentre sur l’effet de la porosité à la douleur d’autrui. On prend son temps, filmé très proche de l’actrice ; mais le contenu reste léger et la tension scénaristique légère. La réalisatrice n’apporte que très peu de chair à son sujet : le film tourne en rond autour de Miele et le dénouement est sans surprise. Plein de bonnes choses et surtout du courage, faudra voir son deuxième film.

aweysha

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5,0Chef-d'oeuvre
Publiée le 11/10/2013

Sujet difficile à traiter que celui de l'euthanasie d'autant plus pour une première oeuvre. La réalisatrice réussit son coup d'essai grâce à une mise en scène sans esbrouffe et à une trame sans mélo. En s'attachant au personnage ambigu de cette jeune femme solitaire agissant dans l'illégalité afin d'abréger la vie de personnes gravement malades en échange de l'argent de leur entourage, le film met en lumière les enjeux moraux et métaphysiques que soulèvent ces actes. Grâce au jeu tout en intériorité de Jasmine Trinca, l'on perçoit l'évolution spirituelle de son personnage. Au départ très consciencieuse dans son activité, n'étant que simple exécutante et répondant plus à un intérêt financier qu'à une injonction éthique, le doute s'insinue en elle quant aux raisons profondes de son action le jour où un viel homme dépressif et suicidaire fait appel à ses services. Elle se sent alors pris en otage et le désarroi naît en elle. La relation d'amitié qui s'installe progressivement entre ces deux caractères instables ne peut qu'être éphémère, ne serait-ce qu'au vu de la différence d'âge qui les séparent. Le film navigue ainsi dans un entre deux constant; outre la question intime de désir de vie ou de mort, sont posées celles de la responsabilité individuelle et collective, de la conciliation de l'amitié et de l'amour, du perpétuel va et vient entre espoir et désespoir. En tout cas, la qualité de ce premier film laisse entrevoir une grande espérance en l'avenir de sa réalisatrice.

Craoux

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3,0Pas mal
Publiée le 10/10/2013

J'ai accompagné, hier, Miele dans son questionnement sur la vie. Sans déplaisir, je le dis, mais sans enthousiasme puisque la réalisatrice a fait le choix de ne pas nous donner de clé pour comprendre les motivations de son héroïne. Donc, je l'ai suivie dans ses activités d'assistante "active" de la Grande Faucheuse avec le sentiment que la réalisatrice n'avait pas forcément fait le choix d'articuler son film autour de la question de fond qu'est l'euthanasie. Le film prend d'ailleurs une autre direction au 2/3 du film -avec une histoire d'amitié un poil bavarde (un vieil homme, las de la vie mais en parfaite santé, est candidat à la mort). Comment et pourquoi est-elle entrée dans le réseau qui répond aux attentes [moyennant finances ... autre point éludé dans le film] des candidats à l'au-delà ? On ne saura pas. Pas plus qu'on ne saura comment elle peut vivre sa double vie sans éveiller les soupçons de quiconque (sauf chez l'un de ses 3 partenaires sexuels ... scène de rupture peu crédible vers la fin du film). La dernière scène du film est très belle et pleine de poésie (l'âme - matérialisée par un papier voletant - de Mr Grimaldi s'élève vers le ciel).

Charles-Arrete

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3,0Pas mal
Publiée le 06/10/2013

Avec Miele, Valeria Golino (Hot Shot, Cash) signe son premier film en tant que réalisatrice. Après être tombé sur un livre signé Angela del fabbro, "Vi perdono", elle décide de s’approprier l’histoire pour la retranscrire au cinéma. Sous le nom d’Angela del Fabbro se cache un autre nom, tout comme sous le pseudonyme Miele. Il s’agit de l’auteur Mauro Covacich. Une révélation amusante qui survient lors de l’écriture du scénario. Irène vit aux alentours de Rome. Tout en se faisant pour une étudiante, elle se donne le pseudo de "Miele" et aide illégalement des personnes en phase terminale à trépasser plus paisiblement. En clair, elle pratique l’euthanasie. Mais un jour elle procure quelques doses mortelles à un certain Mr Grimaldi. Elle découvre que celui ci est en parfaite santé, mais veut seulement mettre fin à ses jours qu’il trouve fade. Miele va donc tout mettre en oeuvre pour l’en empêcher. "Miele" engage un scénario original et osé, puisqu’il implique un sujet tabou pour beaucoup de pays. Ici pas de débats mais une fable autour de la mort. Miele rencontre durant ce périple tout types d’individus, de différents âges, dans différents états. Elle semble extérieur à ce monde, elle est liée à la vie par une certaine idée de la mort. toute de noir vêtue elle ne peut que représenter la faucheuse. Mais une faucheuse qui enlève sa cape, dépose sa faux et n’exécute qu’après demande. Elle fréquente plusieurs hommes tout en gardant ses distances. Elle est lointaine, vit dans sa maison avec vu sur l’horizon, sur l’inconnu. On la suit telle une lueur, une ombre que personne ne voit mais qui se déplace entre les gens, les contemple. Les plans sont lents et assez fronts. Miele (Jasmine Trinca) est blanche, l’air triste et mélancolique mais dégage une pureté et une beauté admirable. La suite de la critique ici :

Cluny

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3,5Bien
Publiée le 30/09/2013

Présenté à Cannes dans la catégorie Un Certain Regard, "Miele" est le premier film de Valeria Golino, et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle n'a pas choisi la facilité en s'attaquant au thème de l'euthanasie, qui plus est dans un pays où s'exerce encore autant l'influence du Vatican. Le scénario ne se rapporte pas comme de nombreux premiers films à une histoire personnelle portée depuis des années ; il s'agit de l'adaptation d'un roman intitulé "Vi Perdono" d'Angela del Fabbro, qui comme Miele, s'avéra être un pseudonyme dissimulant un auteur connu en Italie, Mauro Covacich. Ce thème de l'euthanasie a été traité récemment dans deux films français : "Rendez-vous avec un Ange", de Sophie De Daruvar et Yves Thomas, et " Quelques Heures de Printemps", de Stéphane Brizé. Dans le premier, ce thème se diluait derrière l'histoire du délitement du couple d'Isabelle Carré et de Sergi Lopez ; dans le second, il était abordé du point de vue de l'entourage d'une personne malade qui décide de faire le voyage en Suisse où cette pratique est réglementée. La force du film de Valeria Golino, c'est de traiter ce sujet du point de vue de celle qui administre le produit létal. Point de vue est d'ailleurs un terme inapproprié, puisqu'on ne sait rien des motivations d'Irène, alias Miele, à exercer cette "activité", comme la nomme faute de mieux Monsieur Grimaldi. Le film débute par un plan fixe sur une porte vitrée au verre dépoli, derrière laquelle on devine une calme agitation. Puis la porte s'ouvre, et apparaît Miele qui enlève des gants chirurgicaux, et qui, suivie par un traveling arrière, marche d'un pas d'automate dans le long couloir de cet appartement avant de sortir un MP3 et de s'effondrer sur une chaise. Par la suite, on assistera au rituel qu'exerce cet ange de la mort programmée, et on comprendra en la voyant mettre des gants en latex qu'elle vient d'administrer le barbiturique vétérinaire à un de ses patients, à moins qu'on ne doive dire client ? La suite sur Les Critiques Clunysiennes

Patrick Braganti

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3,0Pas mal
Publiée le 27/09/2013

Pour son premier long-métrage en tant que réalisatrice, la comédienne italienne Valeria Golino, qu’on a pu voir notamment dans Respiro, Actrices ou Les Beaux Gosses, n’a pas choisi la facilité – au moins, accordons-lui cette ambition. En effet, elle dresse le portrait d’Irène, une jeune fille plutôt solitaire, que son entourage imagine étudiante, alors que, sous un nom d’emprunt, Miele, elle aide des personnes en phase terminale à mourir dans la dignité à l’aide de produits vétérinaires qu’elle se procure sans ordonnances lors de ses séjours réguliers au Mexique. Au sein d’une organisation clandestine, au sujet de laquelle la réalisatrice reste dans le flou, Miele assure avec tact et distance ses missions jusqu’au jour où son nouveau ‘client’, un certain Monsieur Grimaldi, a recours à ses services, non pour motif de maladie incurable ou dégradante, mais parce qu’il est à ce point dégoûté de l’existence qu’il préfère mettre fin à ses jours mais ne trouve pas lui-même le courage de se suicider. Paradoxalement, Miele souffre de l’évolution volontariste du scénario qui conduit d’une part à la prise de conscience de la jeune fille sur son étrange activité (pas tant son bien-fondé que son rejaillissement sur sa propre vie) et d’autre part à l’ébranlement de l’homme désireux d’en finir dans ses certitudes, les deux se rapprochant dans une amitié intime, sinon équivoque et paternaliste. On préfère davantage le film lorsqu’il montre Miele dans l’accomplissement de ses missions, l’organisation de ses voyages et la complexité de ses rapports aux autres (père, amant, rares amis) biaisés par la falsification. Habitant une petite maison au bord de la mer, Miele éprouve le besoin viscéral de s’y plonger dans une intention de purification et, peut-être, d’oubli. Le film ne porte aucun jugement sur la pratique illégale (et très controversée en Italie, comme le montrait en avril dernier La Belle Endormie de Marco Bellocchio) de l’euthanasie, mais s’intéresse aux répercussions psychologiques sur Miele. Le ton est souvent inattendu, privilégie les ruptures à l’aune d’une héroïne fragmentée et perdue à laquelle la jolie Jasmine Trinca prête ses traits anguleux et androgynes. Le film n’évite cependant pas quelques afféteries (utilisation de la musique, flous artistiques et images très léchées) et fonctionne sur la répétition (les déplacements outre-Atlantique et les ‘opérations’ toujours captées avec justesse, sans apitoiement lacrymal ni détachement cynique), c e qui, au final, circonscrit l’ensemble à un tableau qui, dans une dénaturation dommageable, perd sa singularité pour gagner en convention et normalisation. Comme si, en définitive, Valeria Golino avait craint d’aller jusqu’au bout de son sujet inhabituel et (faussement ?) dérangeant.

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