Notez des films
Mon AlloCiné
    The Tribe
    note moyenne
    3,1
    361 notes dont 63 critiques
    répartition des 63 critiques par note
    6 critiques
    18 critiques
    13 critiques
    12 critiques
    10 critiques
    4 critiques
    Votre avis sur The Tribe ?

    63 critiques spectateurs

    chest D.
    chest D.

    Suivre son activité 16 abonnés Lire ses 88 critiques

    0,5
    Publiée le 6 octobre 2014
    The Tribe veut frapper fort et avance pour cela avec des arguments qu'il croit imparables. Le premier argument tient à son récit : tout semble nous indiquer que l'histoire de Sergeï - un jeune homme sourd-muet qui arrive dans un pensionnat spécialisé et découvre le racket, la violence, la prostitution - fonctionne comme une parabole sur la société ukrainienne, dont on nous montre les zones industrielles déshumanisées, où la prostitution est le seul échange possible. C'est un argument de film de festival, que l'on trouvait déjà, sous une autre forme, dans l'horrible Heli d'Amat Escalante et il faut s'arrêter un instant sur les tableaux de désolation que dressent ces deux films : la misère sociale qui leur sert de hors-champ semble justifier l'existence des "scènes-chocs" sur lesquelles ils bâtissent leur thèse stupide. Ces scènes veulent nous dire que la violence est dans la société, elles auront donc toujours la bonne excuse de vouloir alerter nos consciences, alors qu'elles veulent avant tout se mesurer à l'insoutenable pour impressionner la critique dans les festivals internationaux, récolter des punchlines que l'on placera ensuite en haut de l'affiche : "une claque", "une sidération", "du jamais vu". De tels éloges éclairent le second argument de The Tribe: l'argument esthétique. On comprend assez vite pourquoi son réalisateur a refusé de sous-titrer la langue des signes pratiquée par ses acteurs, tous sourds et muets) : l'absence de sous-titres doit nous rendre plus sensible au bruit des claques et des coups qui ponctuent chaque séquence, ou à celui de la pisse qui s'écoule dans les toilettes du pensionnat lorsqu'une fille fait un test de grossesse. On voit bien que le film voudrait nous imposer une expérience d'une brutalité extrême, mais cette brutalité se résume d'abord à un geste esthétique, elle est figée par l'usage du plan-séquence, elle ne laisse finalement que l'impression d'une maîtrise froide et sage. Quelle claque peut-on en effet ressentir dans la scène de l'avortement quand tout est d'abord pensé selon une recherche de durée qui se veut tellement insoutenable qu'on a l'impression que le réalisateur a demandé à l'actrice jouant l'avorteuse de prendre son temps en maniant chaque instrument? Et comment peut-on croire à l'amour entre Sergei et une des filles du pensionnat quand leurs étreintes sont filmées selon le même protocole, avec la même distance froide ? A l'aune de ces scènes, il faut se dire que le parti pris consistant à ne pas sous-titrer la langue des personnages sert moins une vision de l'humanité – celle d'une jeunesse perdue qui n'aurait littéralement plus de mots pour s'exprimer – qu'un projet de mise en scène visant à déshumaniser tous les personnages pour que seul reste le langage de la mise en scène. C'est, au fond, tout ce que à quoi on nous demande d'être sensible dans The Tribe, on nous demande de tendre les joues pour recevoir des claques. On peut trouver cela brillant et fort, on peut aussi voir The Tribe comme un simple jeu de claques, un film de pure pose qui cherche à impressionner mais n'a, en réalité, rien à dire.
    Lyon W.
    Lyon W.

    Suivre son activité 16 abonnés Lire ses 67 critiques

    4,0
    Publiée le 5 octobre 2014
    Film sec, composé de plans séquences extrêmement bien mis en scène qui contrairement à ce qui est dit ici et là n'est pas à voir comme un film muet. Primo parce que le film lui ne l'est et puis parce que finalement la mise en scène ne s'y apparente pas. Il y a du bruit, tous les bruits (à ceci près qu'à mon étonnement on entende jamais spoiler: les clients (chauffeurs poids lourds) des prostituées ne jamais prononcer un son ) et n'est jamais surligné de musique. Les acteurs sont très bons et le procédé fonctionne très bien puisque l'on comprend l'histoire. Maintenant on peut tout de même émettre un bémol car parfois le manque de sous-titre permanent (même sur les longues conversations dont nous sommes par conséquent exclus du détail et de la subtilité) pourrait nous faire penser que la langue des signes n'est pas vraiment une langue ou n'a pas autant d'intérêt qu'une langue orale. La même histoire (ou presque pour certaines scènes qui ne seraient pas possibles autrement) en Ukrainien non sous-titré ne provoquerait pas le même ébahissement angélique chez certains. Bref, il n'empêche que malgré tout ce film cru et direct (comme la langue des signes nous l'aurons compris) est violemment très bon.
    Phil H
    Phil H

    Suivre son activité 32 abonnés Lire ses 139 critiques

    4,0
    Publiée le 10 septembre 2014
    Vu au Festival de cinéma de Douarnenez, THE TRIBE est réellement un film violent et choquant. Parfois il peut provoquer une profonde malaise. Comme certaines critiques récentes l'ont mentionné, le réalisateur au nom imprononçable est, cinématographiquement et violemment parlant, dans la même voie d'Ulrich Seidl et de Michael Haneke : des adolescents d'un internat spécialisé pour sourds se forment en tribu pour le vol, le viol, la tuerie et la prostitution. En plein début, on découvre très vite les décors pauvres, sans valeurs, sombres et froids avant qu'on n’aperçoive les longs plans-séquences — il en a filmé 23, selon les médias, ce qui explique la "lenteur" du film. Clairement, de ma part, il n'est pas si lent que cela : cette lenteur se rapproche à la vie, la réalité qui nous permet de prendre le temps de respirer et de comprendre visuellement, vu que ce n'est ni sous-titré ni vocal : seulement en langue des signes ukrainienne et du bruit sonore. Ensuite, les scènes de violence s'ensuivent petit à petit, juste après la présentation des personnages, tous interprétés par des acteurs sourds non professionnels sauf un qui est entendant : celui en tenue chic qui gère la prostitution est en réalité l'interprète au profit du tournage. En tant que cinéphile sourd, THE TRIBE ne rend pas forcément hommage au cinéma muet : c'est la réalité dans le monde des sourds, celui de Kiev en Ukraine. On se pose des questions dans ce film, comme par exemple "Comment se fait-il que ce pensionnat n'ait pas d'éducateurs ?" — il faut bien comprendre que, selon les voyageurs sourds français, l'Europe de l'Est vit dans le misère et dans l'ignorance, d'où l'absence des éducateurs dans certains internats. En ce qui concerne le choc, c'est les séquences inattendues : l'érotisme, la prostitution des deux jeunes filles sur un parking de routiers malpropres, le bizutage par les plus vieux de la tribu, les trafics, l'avortement dans la salle de bain... Ce N'EST PAS un film SUR la communauté des sourds et SUR les difficultés sociales, il s'agit d'un film dramatique comme les autres. En revanche, ce n'est ni la violence ni le choc qui nous empêchera pas de le voir, vu je l'ai noté 4 étoiles sur 5.
    Jorik V
    Jorik V

    Suivre son activité 571 abonnés Lire ses 1 083 critiques

    0,5
    Publiée le 14 octobre 2014
    Les qualificatifs écrits en grands sur l’affiche du film sont élogieux : sidérant, une claque, impressionnant, … J’en passe. Mais à la sortie de la salle (et même bien avant) on se dit que l’on s’est fait avoir par l’un des plus beaux pétards mouillé de l’année. Quel ennui durant ces plus de deux heures à vivre cette immersion dans un foyer de sourds et muets où règne délinquance en tous genres. Le parti pris de ne pas sous-titrer est radical et osé mais ne fait que nous éloigner encore plus de ce qui se passe à l’écran. Aucune empathie ou compréhension possible même si l’histoire est plutôt simple et se devine facilement. Aucune émotion ne passe et les acteurs en deviennent vite agaçants voire mauvais. Quant aux fameuses scènes soi-disant choquantes telles l’avortement clandestin les scènes de sexe ou les meurtres à la fin, elles ne le seront seulement pour qui n’a pas été dans un cinéma de sa vie. « Orange mécanique », « Requiem for a dream », « Martyrs », pour ne citer que des bons films, étaient déjà passés par là. Pour la claque on repassera… Et niveau formel que dire de ces long plans-séquence majoritairement immobiles étirés à l’extrême et jusqu’à la nausée ? On aurait pu enlever bien un tiers du film et raccourcir notre supplice ! S’il avait un message à faire passer hors celui de faire du bruit dans les festivals par un film original (qui n’est pas synonyme de bon), le réalisateur s’est vautré dans les grandes largeurs. Son « The Tribe » est juste laid, interminable, opaque et à fuir !
    Flaw 70
    Flaw 70

    Suivre son activité 229 abonnés Lire ses 422 critiques

    5,0
    Publiée le 12 janvier 2015
    Film choc du dernier festival de Cannes, qui est reparti auréolé de nombreux prix, le premier long métrage de Myroslav Slaboshpytskiy est un film hors norme, une expérience encore jamais vu et déstabilisante qui ne peut laisser indifférent. Pourtant en soit le film a tout du film pour festival avec les lacunes que cela comporte et le réalisateur fait parfois un peu preuve de prétention mais néanmoins on a affaire à une expérience sensorielle avant tous et en ça le film sera plus que réussi. Avoir fait un film sans paroles, sans musiques, ou tout l'aspect auditif est réduit permet de revenir à l'essence même de ce qui fait le cinéma, l'image. Ici être presque privé d'un des sens permet de ce concentrer sur ce que l'on voit et de déchiffrer ce que l'on nous dit, ce qui fait qu'on est devant une oeuvre contemplative qui se sert du langage cinématographique pour transmettre son message, tous passe par les acteurs et la mise en scène. Les acteurs sont d'ailleurs tous sensationnelles, étant sourds et muets comme les personnages qu'ils incarnent, ils livrent des prestations nuancés et complexes en totale accord avec la froideur clinique de l'ensemble. Je ne les citerais pas car leurs noms sont compliqués et que la liste serait trop longue mais aucune fausse note n'est à noter de leurs parts. Pour ce qui est du scénario, la trame globale est épuré et quelque peu prévisible surtout qu'elle se veut plutôt classique, c'est une histoire qui nous à déjà été raconter sous diverses formes. Néanmoins la romance du film est vraiment touchante tandis que le nihilisme de l'ensemble est admirable, rare sont les films à aller aussi loin dans la noirceur de leur propos car ici il n'y a aucune place pour la rédemption, le film étant une descente aux enfers vertigineuse, malsaine et choquante. Le film pose clairement un constat trouble sur la nature humaine, même les choses qui se veulent belles sont perverties par la violence et l’immoralité spoiler: ( la romance provient quand même d'une fille forcer à ce prostituer avec son nouveau proxénète ) , pour cela ils composent des personnages complexes loin du manichéisme et des clichés. Mais la vraie force du récit est de faire un parallèle judicieux avec l'histoire de son propre pays, difficile de passer à coté de l’allégorie sociale que représente ce film, que ce soit dans la hiérarchie très structuré de la mafia du pensionnat qui renvoi à un régime totalitaire qui exploite et force de jeunes filles à ce prostituer, ce qui renvoi à un climat de Guerre Froide, absence de liberté et d'espoir ainsi qu'omniprésence de la violence. Slaboshpytskiy entreprend donc un film aux thématiques fortes avec une vraie vision d'auteur ( d'ailleurs le film est dans la continuité de ses courts métrages ) et livre une oeuvre à la fois sociale et politique qui est bien plus riche et passionnante qu'elle ne le laisse entrevoir de prime abord. Le tout sera soutenu par une mise en scène d'une maîtrise absolue, d'ailleurs Myroslav Slaboshpytskiy sait filmer et il le sait. Parfois on sent qu'il veut impressionner la galerie avec ses plans séquences longs et éreintants qui étire parfois les scènes jusqu'à l'extrême pour créer un malaise chez le spectateur. Le film ne cherche d'ailleurs jamais à être une expérience plaisante, ce qui pourra en rebuter beaucoup mais qui fait avant tous la force du film, comment peut on montrer la violence et la dégénérescence d'un pays sans que cela soit une expérience douloureuse qui nous pousse au bord du supplice ? C'est pour ça que le film multiplie les scènes chocs qui sont d'une longueur insoutenable que ce soit les scènes de sexes très crues ( sidérante scène du 69 ) ou les scènes de pure boucherie ( la scène de l'avortement de plus de 6 minutes fait froid dans le dos et file la nausée tandis que le final est d'une barbarie sans nom ). Le film fait grandement pensé au cinéma de Gaspar Noé dans sa représentation très graphique et crade de la violence apportant un vrai malaise qui ne disparaît pas même après la fin du film. Le tout est donc très froid, ce qui peut créer une distance avec le spectateur mais cela crée avant tout une fascination car il y a quelque chose d'hypnotique dans cette manière très opératique de mettre en scène. L'ensemble parait être déconnecter du temps et les personnage semble n'être que des âmes errantes muer par le désespoir. En conclusion The Tribe est une expérience hors norme et sans concessions doublé d'une oeuvre intelligente aux propos forts qui fait un constat trouble sur une jeunesse en pleine déliquescence, vestige d'un passé réfractaire et totalitaire. Le film n'est clairement pas à mettre entre toutes les mains ne serait-ce qu'à cause de son extrême violence et de sa radicalité et je peux comprendre que le film suscite autant de réactions contraires car il tient de la réussite comme il tient aussi de l'échec. Car oui le film use de son procédé ( la quasi absence de son ) de façon trop "arty" et que le film est conçu pour être un film choc et sensationnaliste afin de créer la polémique mais je passe outre ces défauts évidents ( car ce sont les seuls du film ) pour me concentrer sur l'oeuvre sincère et virulente d'un auteur engagé qui promet de faire des choses intéressantes. Même si il use d'un peu de cynisme et de prétention pour faire son trou c'est toujours mieux que d'avoir été sage et de passer inaperçu, ici il tente sa chance et emporte la victoire avec ce qui est pour moi un chef d'oeuvre incompris et passionnant.
    Bertie Quincampoix
    Bertie Quincampoix

    Suivre son activité 19 abonnés Lire ses 1 040 critiques

    4,0
    Publiée le 10 novembre 2014
    Si vous êtes déprimé ou si vous avez un coup de blues, un conseil : passez votre chemin, ce film ukrainien ne vous remontera pas le moral. Car ici seul règne le désespoir. Trafics en tous genres, alcool, prostitution, ultraviolence, comportements mafieux, vengeance, humiliations,...sont en effet l'unique perspective que nous propose le réalisateur. Passé ce constat sans appel, ce film d'une très grande maîtrise cinématographique, à la radicalité assumée, est remarquable à bien des égards. Tourné en langue des signes, sans aucune parole ni sous-titre, l'histoire se devine plus qu'elle ne se comprend. Débarrassé de l'attention portée aux dialogues oraux, le spectateur se laisse ainsi emporter par un langage des corps qui nous déroule une macabre chorégraphie de 2h15. Difficile de sortir indemne d'un tel film.
    tedsifflera3fois
    tedsifflera3fois

    Suivre son activité 10 abonnés Lire ses 210 critiques

    4,0
    Publiée le 27 octobre 2014
    The Tribe a beaucoup fait parler de lui. D’abord parce que les personnages, sourds et muets, communiquent en langue des signes sans que celle-ci ne soit jamais traduite. Ensuite, parce que le film porte une vision très noire de l’être humain, déchiré entre la beauté fondamentale d’un regard ou d’un geste et l’abomination dont il est capable. L’expérience est étonnante et cruelle.
    gimliamideselfes
    gimliamideselfes

    Suivre son activité 955 abonnés Lire ses 3 659 critiques

    1,0
    Publiée le 4 novembre 2014
    On ne parle pas de déception ici, mais bel et bien de traîtrise ! J'attendais ce film, il passe enfin chez moi, je suis content... Et j'ai su dès la scène dans la fourgonnette où les deux filles se changent que j'allais détester... Alors sur le papier ça a l'air super intéressant ! Mais vraiment, film en langue des signes (dont il y a bien des dialogues, mais juste on ne les comprend pas), tourné uniquement en plan séquence d'une grande austérité... En fait ça serait bien si c'était bien ! Parce que je suis sorti de ce film en colère ! En fait si j'ai commencé à détester le film au moment où les filles se changent, c'est que j'ai compris que ça allait être du glauque gratuit pour le plaisir de mettre du glauque. Parce que le film va mettre toutes les pires exactions possibles, pense à une exaction, elle y est... Et ça m'énerve. Parce que je suis un amateur de films radicaux, de films qui savent prendre avec les tripes et qui sont viscéraux, mais on est viscéral lorsqu'on est vrai, pas lorsqu'on veut faire un truc viscéral artificiellement ! Parce que le fait de ne pas mettre de personnes qui parlent c'est bien, mais ne pas en mettre artificiellement c'est une bêtise sans nom. Exemple, il y en a plein dans le film, le personnage principal propose ses peluches dans le train... Personne ne lui dit "non" ou "oui" ou bien même de partir. Personne ne parle, ce n'est pas crédible, lorsqu'un muet me parle, j'ai ce réflexe malgré tout d'ouvrir la bouche et de parler... Là non... Idem pour les conducteurs de camion, etc. Consternant. Le film va même justifier l'absence de parole en filmant de loin là où ça parle... c'est artificiel au possible ! Ou bien lorsqu'elles sont à l'ambassade d'Italie, il y a une foule qui parle, sauf que le son est très bas, mais à côté on entend tous les bruissements du cuir du personnage muet... Pas réaliste pour un sous... Donc déjà ça c'est problématique, mais après on pourrait dire que je chipote, peut-être, mais ça m'a marqué. Mais le pire c'est l'avalanche de trucs glauques qui se passent dans le film ! Inintéressant ! On a compris après 15 minutes... La bande annonce nous avait promis de l'amour, il est où ? Je n'ai vu que de la violence, de la haine... Et le pire c'est que le réalisateur nous sort "c'est une métaphore du système politique de l'Ukraine", nan mais sans rire ? Le degré zéro du film d'auteur "mon gouvernement il est méchant alors je fais des métaphores". Eh ben... Alors c'est embêtant car à côté de ça il y a des choses intéressantes, le fait que ça ne soit pas sous-titré, qu'on devine ce qui se passe, que l'on comprenne sans jamais s'ennuyer malgré la durée du film... Mais bon, j'étais énervé, donc je ne pourrai pas dire que j'ai passé un bon moment. Le pire c'est qu'aucun personnage n'existe, donc comment tu veux avoir de l'empathie ? Ils sont tous fondamentalement mauvais, aucun ne va faire quelque chose de bien dans le film, aucun... Tu prends les 120 journées de Sodome on trouve un dispositif semblable, austère, pas d'empathie, critique du capitalisme/fascisme... sauf que là on a des innocents qui vont se faire martyriser pendant tout le film et on aurait envie d'être en empathie, mais Pasolini va tout faire pour que sa mise en scène ôte toute possibilité d'empathie ce qui nous fait nous sentir mal. D'autant qu'il y a une gradation évidente... Là... dans the tribe, le titre n'est pas anodin, tribu... c'est primitif, limite bestial... mais on n'est pas dans un contexte particulier qui viserait à faire en sorte que l'on soit capable d'accepter ce que l'on voit... Je n'y crois pas une seule seconde... on a juste le glauque qui s'enchaîne... platement... froidement... et ça ne produit rien et ça ne peut rien produire car les personnages sont inintéressants... Et puis j'ai lu que c'était un hommage aux films muets... je rêve !!! Le film parlant à inventé le silence disait Bresson, ici c'est le silence qui est important ! et les bruitages... C'est donc un film "parlant"... Pour un hommage au muet il vaut mieux voir Tabou de Gomes. Au moins les idées de cinéma sont au service de quelque chose !
    Miltiade
    Miltiade

    Suivre son activité 27 abonnés Lire ses 178 critiques

    1,0
    Publiée le 21 septembre 2014
    Il faut, à propos de ce film, distinguer l’idée de départ du résultat final. Imaginer un long-métrage qui soit vu et vécu différemment selon que l’on soit capable d’entendre et de lire le langage de signes est, on le répète, un coup de génie. Mais qui est malheureusement gâché de la plus vile des manières par un scénario et une mise en scène d’une violence inimaginable. L'enchainement interminable de scènes choquantes que constitue « The tribe » ruine complètement l’idée novatrice qui a guidé la création du long-métrage. Avant même que le film n’ait vraiment commencé, le réalisateur se tire déjà une balle dans le pied en annonçant dans un carton introductif que le film a été tourné entièrement en langage des signes et qu’il ne comportait ni sous-titres ni voix off. Ce dont tout spectateur se serait rendu compte au cours de la projection (s’il n’était pas déjà au courant avant). Prendre ainsi de haut ses spectateurs n’est que la première des humiliations que va dérouler « The tribe »…
    chrischambers86
    chrischambers86

    Suivre son activité 1639 abonnés Lire ses 10 386 critiques

    4,0
    Publiée le 16 avril 2016
    C'est l'empire des sens! Ecouter pour mieux s'entendre! Voir pour mieux s'observer! Toucher pour mieux s'aimer! Goûter pour mieux s'apprècier! Avec "The Tribe", nos sens sont sans dessus dessous! Un film en langue des signes où il n'y a ni traduction, ni sous-titre, ni commentaire! Pas la peine donc de traquer les sous-titres, il y en aura pas durant toute la projection! L'argument, un adolescent sourd et muet intègre un internat spècialisé ukrainien! Petit nouveau dans le cinèma, Miroslav Slaboshpitsky nous propose avec cet argument (qui à première vue ne paye pas de mine) une plongèe dans le monde du silence des sourds-muets sans interprète! Au spectateur donc de deviner ce qui se trame pendant plus de 2h! Pour rèussir ce challenge, le rèalisateur privilègie magistralement le plan sèquence et compte sur le sens de l'observation du spectateur! Pari gonflè mais rèussi car "The Tribe" est une oeuvre saisissante faite de violence, de trafic de drogue et de prostitution dont on ne sort pas indemne! L'autre originalitè de ce coup de poing brutal venu d'Europe de l'Est, c'est que tous les rôles sont tenus par de jeunes ados sourds et muets! A l'image de la sublime et courageuse Yana Novikova qui porte le mètrage sur ses frêles èpaules! spoiler: On n'oubliera pas de sitôt la sèquence interminable de l'avortement qui nous frappe en plein dans l'estomac! Saluons aussi la prestation de Grigoriy Fesenko, fou d'amour (comme on le comprend) pour une Yana Novikova belle à pleurer spoiler: qu'il n'aura jamais! Vous l'aurez compris, c'est le genre de film qui ne s'oublie pas...
    Julien D
    Julien D

    Suivre son activité 372 abonnés Lire ses 3 461 critiques

    2,5
    Publiée le 4 octobre 2014
    Avec son idée radicale de filmer entièrement son premier long-métrage de plus de deux heures en occultant les dialogues au profit du language des signes, l’ukrainien Myroslav Slaboshpytskiy a largement de quoi susciter la curiosité des cinéphiles avides de créativité. Cette expérience cinématographique sans précédent se veut un hommage au cinéma muet, mais c’est en réalité parce qu’il apparait come un message pronant l’intégration des sourds-muets que le concept de The tride semble pétri de bonnes intentions. Et pourtant, l’humanisme inhérent à ce sentiment d’apitoiement disparait vite pour laisser place à une peinture sans concession des pires comportements humains. Depuis le bizuttage jusqu’à la violence extrème, en passant par le racket et le viol, le spectacle donné par les jeunes personnages de ce film est particulièrement dérangeant et même moralement discutable. Mais le plus gênant à la vue du film n’est finalement ni l’absence de paroles, même si l’on se demande parfois ce que peuvent bien se raconter les personnages, ni la cruauté monstrueuse qu’ils dégagent et qui en vient à eclipser l’histoire d’amour mais bel et bien sa mise en scène qui ne se composent que de très longs plans-séquences, certes maitrisés, et qui font que cette œuvre, déjà par nature silencieuse, se retrouve dénué de rythme et donc devient, sur la longueur, quelque peu fastidieuse.
     Kurosawa
    Kurosawa

    Suivre son activité 243 abonnés Lire ses 1 351 critiques

    0,5
    Publiée le 31 janvier 2019
    Tout y est, rien ne manque : sourds-muets, longs plans-séquences virtuoses, violence gratuite et métaphore d'un pays en crise = prix assuré dans un gros festival. C'est gagné pour Myroslav Slaboshpytskyi qui repart de Cannes avec le prix de la Semaine de la critique, certainement heureux d'avoir épaté la galerie avec son objet dégueulasse qui n'a pour lui que sa conventionnelle "maîtrise formelle". Artificiel au point où même les personnages non-muets se taisent et pourvu d'un scénario bidon, "The Tribe" prétend en plus émouvoir avec une histoire d'amour étouffée par une mise en scène à la fois imposante (euphémisme) et systématique. Sans aucun sens du hors champ, Slaboshpytskyi – en sachant pertinemment qu'il n'a rien à dire et pas plus à montrer – ne se prive pas de nous en mettre plein la gueule avec un déferlement de haine et de scènes insoutenables. Oui, le monde est moche, mais encore moins que son cinéma.
    Hastur64
    Hastur64

    Suivre son activité 72 abonnés Lire ses 2 289 critiques

    4,0
    Publiée le 18 octobre 2016
    Le cinéma ce n’est pas que des blockbusters de super-héros ou des comédies romantiques en séries, cela peut-être aussi des parti-pris plus radicaux et audacieux. “The tribe”, premier film du réalisateur ukrainien Miroslav Slaboshpitsky, fait partie de cette seconde catégorie et pas de façon timorée…! Ce dernier a décidé de placer son film dans une communauté de sourds-muets vivants dans une école/collège/lycée qui leur est dédiée. Pour nous plonger dans leur univers le cinéaste a décidé qu’aucun dialogue ne serait audible (même quand des “parlant” sont - rarement - à l’écran, c’est tourné de façon à ce que leurs paroles ne nous soient pas audibles). Du coup toute la communication est en langage des signes exclusivement sans aucun sous-titre pour nous. Le seul moyen qui nous est alors offert pour comprendre l’histoire est de se concentrer sur les attitudes des personnages et l’action. Alors, un tel dispositif de mise en scène peut effrayer ; va-t-on comprendre l’histoire ? Eh bien, même sur deux heures on est sans mal happé par le récit et la compréhension n’en est pas gênée, même si les subtilités des débats entre les personnages nous passent à côté. Il y a en outre un côté un peu fantastique dans cet univers d’ados qui se livrent au racket, au vol et à la prostitution pour gagner de l’argent le tout avec la complicité de certains profs. Alors, à ce propos, ne vous laissez pas tromper par la bande-annonce et l’affiche, le film est moins scabreux - je veux dire par là fourni en scènes dénuées et de sexe (trois en tout au final) - qu’il n’y paraît au premier abord. L’intrigue est intéressante, le jeu assez bon (même si parfois il est un peu forcé) et le parti-pris finalement pas si désagréable, ni déstabilisant que redouté. Un premier long-métrage culotté qui montre qu’on peut encore trouver des angles novateurs dans le cinéma et ce sans avoir recours aux effets spéciaux, ni à la 3D. Un premier film très exotique dans son dispositif, qu’il faut absolument voir.
    mem94mem
    mem94mem

    Suivre son activité 29 abonnés Lire ses 461 critiques

    4,5
    Publiée le 2 octobre 2014
    L'initiative de ce film est audacieuse. The Tribe est un film assez radical. C'est une expérience unique de voir un film muet, avec des échanges entre les protagonistes bien plus étendus qu'un "film muet" classique. Ce film décrit une tranche de vie d'une communauté close, avec des partis pris de réalisation manifestes : long plans fixes, violence physique, psychologique et scènes de sexe assez démonstratives, répétitives, qui confinent presque à la complaisance. Toutefois la mise en évidence du langage du corps est réussie, magnifiquement filmée, comme le rappelle l'affiche. Le film nous apprend que les sourds-muets ne sont pas uniquement gentils et inoffensifs. Ce petit monde a un mode de vie bien rodé. Vouloir déstabiliser ce mode de vie a des conséquences très inattendues, va apprendre notre héros Sergei. Grande réussite.
    Cineseba
    Cineseba

    Suivre son activité 24 abonnés Lire ses 474 critiques

    4,5
    Publiée le 18 juillet 2014
    "Le film "The tribe" relate l'intégration d'un jeune garçon sourd à un gang des adolescents également sourds, apparemment abandonnés par leur famille dans un internat délabré, sans surveillance des adultes encadrants... Après avoir subi et réussi le bizutage, ce jeune garçon est le témoin de la délinquance bien organisée selon l'hierarchie et les rôles des jeunes sourds en y plongeant vite pour être accepté par ce groupe, il découvre l'organisation du trafic : exploitation des petits vendeurs de portes-clés, vol, racket, prostitution ... Il va tomber amoureux d'une jeune prostituée sourde... Alors, comment va-t-il réagir et agir ? Parviendra-t-il à s'en sortir sans être exclu du groupe ? Jusqu'à où ira-t-il ? Va-t-il continuer ou briser le trafic ? Le film "The Tribe" est frappant, fascinant, envoutant et passionnant au niveau de la mise en scène, du jeu des acteurs ! "Un nouveau souffle au cinéma !" Pendant la générique de ce film ukrainien, on lit : " This film is in sign language, no subtiles and no voice-over " Je me suis dit que ça va être une sorte de la Tour de Babel linguistique ... Ce qui est intéressant dans ce film, c'est de nous obliger à être attentif au jeu corporel, aux gestes des acteurs et à des scènes pour recueillir au maximum des informations afin de cerner le contexte du film .. Malgré la langue étrangère, non traduite et sans voix, ce film parvient étonnamment à respecter l'enchainement des scènes, des décors pour nous permettre de comprendre ce qui va arriver dans la suite. Et, on s'étonne d'entrer facilement dans des scènes. Hallucinant ! Myroslav Slaboshpytskiy, le metteur en scène m'a laissé à bouche bée dans sa facon de réaliser avec de longs séquences qui ont dû nécessiter beaucoup de temps de préparation aux comédiens avant de tourner. Là, on dirait les techniques typiques au théâtre ! En plus, Myroslav S. suit avec précision et perfection le rythme et la chorégraphie des acteurs également impressionnants par la brutalité et la force de leurs jeux corporels et leur maitrise de soi face à la violence, la souffrance, par exemple, une insoutenable scène d'avortement d'une jeune prostituée ! Intense, ce film ! C'est fort ... Enfin, le film "The tribe" implicite une intéressante réflexion politique sur la prise en charge des personnes handicapées dans des institutions. On se demande si dans les pays de l'Est, les institutions spécialisées sont bien financées et contrôlées pour être dans des normes de sécurité par exemple. Il y a aussi une réflexion éducative sur les jeunes abandonnés par leur famille, et politique Ces jeunes n'ont pas de repères sociaux, ni avenir professionnel. Manipulés et exploités, ils tombent dans la délinquance pour survivre ... Choquant ! Ouah ...
    Les meilleurs films de tous les temps
    • Les meilleurs films de tous les temps selon les spectateurs
    • Les meilleurs films de tous les temps selon la presse
    Back to Top