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La Particule humaine
Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "La Particule humaine" et de son tournage !

Qui est Semih Kaplanoğlu ?

Semih Kaplanoğlu est un réalisateur turc. Il fait ses études de cinéma à l’Université de Dokuz Eylül à Izmir. Kaplanoğlu réalise son premier long métrage, Away From Home, en 2001, pour lequel il reçoit le prix du Meilleur Réalisateur au Festival International du Film de Singapour. En 2005, son second film, La chute de l’ange, est présenté en première mondiale au Forum de la Berlinale et reçoit le Prix du Meilleur Film à Nantes, Kerala et au Festival Alternativa de Barcelone. Entre 2005 et 2010 il commence à travailler sur la trilogie de Yusuf nommée ainsi d’après le nom du personnage principal de chacun de ces films. La première partie de cette trilogie Yumurta (Oeuf), est projetée en première à la Quinzaine des Réalisateurs et a remporté le Prix du Meilleur Réalisateur aux festivals internationaux de Fajr, Valdivia et Bangkok.

En 2008, Süt (Lait) est projeté en première au Festival de Venise, puis à de nombreux festivals partout dans le monde qui lui valent plusieurs prix internationaux. Son dernier film Bal (Miel), le troisième de la trilogie, a gagné le prestigieux Ours d’Or à la 60ème édition du Festival de Berlin. En 2013, il réalise un court-métrage dans le cadre du projet « Future Reloaded » du 70ème Festival de Venise. Né en 1963, il a aussi écrit de nombreux articles au sujet des arts plastiques et du cinéma qui ont été traduit dans plusieurs langues et publiés dans des divers magazines et journaux entre 1987 et 2003. Kaplanoğlu est membre de l’Académie européenne du cinéma et l’Asian Pacific Screen Academy.

Genèse du projet

Après Miel, le réalisateur Semih Kaplanoğlu a entamé un long voyage dans des myriades de régions à travers le monde. "Pendant cette coupure, j’ai compris quelque chose d’essentiel : il n’y a absolument aucune différence entre les peuples qui vivent dans les pays que nous appelons traditionnellement les pays « développés » et ceux qui vivent dans les régions les plus pauvres du globe. J’ai aussi compris que l’humanité est - a toujours été, et sera toujours - la même. J’ai compris combien nos connaissances, nos avancées technologiques ou notre capacité à acquérir une existence plus confortable ne nous faisaient pas progresser humainement. L’arrogance, l’égoïsme et l’insatiabilité sont toujours de mise partout et à toutes les époques. Lors d’un séjour à La Mecque, j’ai rencontré des gens qui venaient des quatre coins du monde pour se réunir autour de la Kaaba. Parmi ces centaines de milliers de pèlerins, il y avait des pauvres, des riches, de toutes origines ethniques et géographiques.

C’est cette expérience qui m’a donné l’idée du scénario de La Particule humaine. Chacun dans cette foule immense était venu dans un seul et même but : se confronter à son ego, ses faiblesses, pour en repartir purifiée. L’histoire d’Erol, le personnage principal, est celle d’un homme qui remet en question son égo, ses certitudes, tout ce qu’il croyait être vrai. Pour ce faire, il a besoin d’une personne qui puisse le guider dans son voyage intérieur, avec qui il pourra déconstruire son être pour ensuite le remodeler. Toutes les difficultés qu’un individu peut ressentir à l’intérieur de lui-même sont transfigurées en phénomènes extérieurs dans le film : la sécheresse, la faim, les guerres, les réfugiés, les modifications génétiques. Je pense que l’intérieur et l’extérieur sont intimement liés et que nous ne pouvons espérer régler ce qui se passe autour de nous sans avoir au préalable équilibré ce qui se passait en nous. Avec La Particule humaine, j’ai essayé de représenter cette interconnexion."

Symboles religieux

Il y a plusieurs symboles religieux dans le film. Les deux personnages principaux qui vont chercher le salut de l’humanité dans le désert sont comme deux prophètes. "Je m’intéresse de près à toutes les religions. L’Islam reconnaît tous les prophètes qui ont traversé l’histoire. Le Coran accorde une large place à Moïse et développe de nombreuses paraboles autour de lui. Le voyage qu’entreprennent Erol et Cemil dans La Particule humaine est inspiré de la sourate « al-Kahf » (« La Caverne »). On trouve beaucoup d’interprétations de cette sourate dans la théologie islamique, mais dans mon film je suis parti de l’analyse de Ibn-Arabi, « Fusus al-Hikam » (« Les Sceaux de la Sagesse »), et de mon interprétation personnelle du texte. Je ne crois pas que les textes du Coran ne soient que de simples récits du passé ; leurs enseignements continuent au contraire d’être pertinents dans le contexte de nos vies modernes. Finalement, les vérités humaines ne devraient jamais être reléguées aux archives du passé", explique Semih Kaplanoğlu.

Pourquoi le noir et blanc ?

Tourner en noir et blanc a été pour Semih Kaplanoğlu le moyen le plus évident d’intégrer des espaces et des atmosphères très éloignées. "J’ai eu cette idée au beau milieu de mes repérages. J’ai aussi choisi de tourner en 35 millimètres, comme pour mon film précédent, support dont je suis le plus familier. Je suis convaincu que je n’aurais pas pu trouver les mêmes nuances en tournant en numérique. Je dois également préciser que pour obtenir certains effets visuels, certaines scènes ont été tournées d’abord en couleurs."

Choisir Jean-Marc Barr

Le cinéaste Semih Kaplanoğlu a pensé à Jean-Marc Barr pour le rôle d’Erol dès le début de l’écriture du projet. "C’est un acteur dont je suis le travail depuis longtemps. Nous nous sommes très bien entendus dès notre première rencontre et cette harmonie a perduré pendant tout le tournage. Je l’ai trouvé à la fois très intuitif et très discipliné, prêt à faire tout son possible pour atteindre les meilleurs résultats. C’est un acteur très courageux et nous sommes devenus des amis proches. Pour le rôle de Cemil, cela a été un long processus de recherche, qui m’a mené de la Turquie à la Palestine. Mais nous avons finalement trouvé Ermin Bravo, dont on m’avait indiqué les rôles dans des films bosniaques. Je ne suis pas sûr que le travail ait été aisé pour lui, mais je suis très satisfait du résultat de notre collaboration."

Tournage à Détroit

La Particule humaine dessine un monde très étrange fait de lieux extrêmement différents et de populations multi-ethniques. Le réalisateur Semih Kaplanoğlu a choisi la ville de Détroit pour planter le décor futuriste de son film. "Pendant que je travaillais encore sur le scénario, j’ai décidé d’entamer mes premières recherches pour trouver cette ville. Les textes sacrés que j’ai étudiés parlaient d’une ville en ruines. Je n’ai pas obtenu l’autorisation de tourner à Tchernobyl… En 2012, j’ai pensé à la ville de Détroit, qui était la première ville à me venir à l’esprit quand je songeais à des villes désertées. Sur le trajet entre New York et Détroit, j’ai d’abord vu les usines automobiles abandonnées, puis les aciéries et les sites industriels qui étaient devenus des ruines. Ce que je recherchais surtout, c’était une ville à l’architecture plus classique que celles des villes aux lignes ultra-modernes, et dont l’arrière-plan était la désintégration industrielle. Alors j’ai fait les mêmes recherches dans la région de la Ruhr en Allemagne, où j’ai trouvé d’anciennes mines et aciéries. J’ai donc commencé le tournage dans plusieurs quartiers de Détroit et de ses environs, et continué à Bonn, Bochum, Cologne, Wuppertal et Düsseldorf. Tourner à plusieurs endroits a transformé notre aventure en puzzle géant, et nous n’avons trouvé l’atmosphère souhaitée qu’à l’issue de deux années."

Les 3 continents

Au début du projet, la plus grosse contrainte a été d’assurer l’intégrité et la cohérence de l’univers du film, qui a donc été tourné sur 3 continents différents, avec les variations climatiques et esthétiques que l’on peut imaginer. Pour ce faire, le metteur en scène Semih Kaplanoğlu a dû s’auto-discipliner, en termes de regard et d’affects.

"La logistique est devenue rapidement notre plus grosse contrainte. Les 700 costumes créés par notre designer Naz Erayda (avec qui j’ai travaillé sur mes films précédents), ainsi que les accessoires, les armes, et d’autres objets spécifiques, ont été emballés et transportés dans d’énormes caisses, d’Istanbul à Détroit, puis de Détroit en Anatolie, et enfin d’Anatolie à Cologne. Nous avons réussi à tout transporter sans rien endommager ! Et bien sûr, travailler avec des équipes américaines et allemandes a ajouté une difficulté supplémentaire : il n’était pas toujours évident de travailler de façon harmonieuse et en équipe soudée. Nous avons dépassé ces obstacles grâce à la ténacité de mon producteur Nadir Örperli et à nos partenaires. Enfin, la dernière difficulté a été de rester fidèle à l’idée originale du film, à la porter ici et là sans s’égarer. Pour moi, ce processus de réalisation est devenu une sorte de méthodologie. Il s’agit de votre premier film en anglais – est-ce que votre « méthodologie » a été influencée par ce changement de langue ? Je voulais que le film inclue une grande variété de groupes ethniques et pour cette raison j’ai réuni des personnes de cultures et d’origines très différentes. Pour autant, pour que l’intrigue fonctionne, il était impératif que tous parlent la même langue – j’ai choisi l’anglais. Non pas pour faire du film une production internationale, mais pour qu’il y ait ce langage commun à tous. J’ai pris cette décision aussi pour donner une représentation fidèle du monde que j’imaginais, celle d’un monde réel et vivant. Le fait que l’anglais ne soit pas ma langue maternelle m’a parfois posé quelques problèmes de communication avec les acteurs, mais même quand je filme en turc, je ne colle pas au scénario car je préfère suivre les intuitions des acteurs, leur langage corporel, et la communication de leurs regards."
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