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Les Innocentes
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note moyenne
4,1 1195 notes dont 182 critiques
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182 critiques spectateurs

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benoitG80

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4,5Excellent • Publiée le 11/02/2016

"Les innocentes" de Anne Fontaine fait preuve d'une sensibilité poignante qui nous envahit pour ne plus nous lâcher jusqu'à la fin, elle même grandiose... Sans pathos d'aucun genre, ce presque huis-clos nous met dans un état de tension et d'hébétude face à ces religieuses et à leur communauté, toutes perdues de devoir affronter l'impensable après ce drame lors de la deuxième guerre mondiale en Pologne... Grâce à des comédiennes admirables de sincérité, de justesse, dirigées avec un tact et une émotion sans pareil, on assiste à une remise en question des peurs, des croyances et des règles que ce couvent contient et maintient, et dont la hiérarchie chapeaute le fonctionnement sans bornes. C'est aussi cette facette du film qui est passionnante ! Tout est en effet remis en cause, et les souvenirs, les doutes, les désirs enfouis, les vies antérieures reprennent leur raison d'être, reviennent dans les consciences ! La maternité vue par chacune de ces sœurs et la réaction qui en émane est à chaque fois plus que bouleversante et on a vraiment la gorge nouée plus d'une fois sans que cela soit pourtant larmoyant, sans voyeurisme aucun, mais avec la plus au contraire avec la plus grande des pudeurs... Chaque naissance est pour beaucoup une véritable révélation, un retour à la vie... Lou de Laâge interprète son rôle avec une force et une présence étonnantes, elle assure sans faiblesse tous les états d'âme auxquels est confronté cette femme médecin envers ses patientes particulières, tandis que Agata Buzek est admirable de délicatesse et de sincérité dans son jeu magnifique, en tant que Sœur Maria dont la conscience rivalise dans la douleur avec ses devoirs d'obéissance envers la Mère Supérieure... Film bouleversant, puissant qui offre une réflexion plutôt bienvenue sur la religion, la guerre et la société. Ces actes affreux vécus et cachés dans la honte ont été le déclencheur ou le catalyseur d'un éveil à l'humanité dont ce film est un très beau témoignage ! Une histoire d'amitié, une découverte d'un monde à l'autre, d'un monde vers l'autre... Un très beau film de Anne Fontaine sans aucun doute !

Laura Z.

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5,0Chef-d'oeuvre • Publiée le 16/02/2016

Un très beau film franco-polonais filmé avec la pudeur qui sied au sujet et qui nous immerge ainsi avec justesse dans le drame de ce couvent polonais. La guerre, la religion et finalement l'humanité sont au cœur de la réflexion sur cette histoire vraie méconnue. Les paysages enneigés de la campagne polonaise servent cette belle méditation historique. Le plus beau film que j'ai vu depuis le début de l'année.

calliphilus

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4,5Excellent • Publiée le 10/03/2016

Peu de livres d’histoire relatent le sort des prisonniers de guerre français internés dans des camps situés dans la Pologne annexée par le régime nazi. Pourtant, ils furent plus de 300.000. C’est pour les soigner et les rapatrier que fut constituée par le gouvernement de la France Libre la mission de Varsovie. La Pologne se trouvait alors sous occupation Russe laquelle entendait faire régner sa loi. Autant dire que les soldats de l’Armée Rouge qui venaient de subir des combats acharnés et qui risquaient le peloton d’exécution s’ils reculaient, se comportèrent rarement en gentleman vis à vis de la population qu’ils étaient censés libérer de l’oppression nazi. Si les témoignages abondent concernant les viols en Allemagne, les Polonais ont longtemps tu par honte, par pudeur mais aussi par crainte de représailles, les viols commis sur les Polonaises et, plus particulièrement les plus vulnérables d’entre elles, les nones de couvent. Le film « les innocentes » relate l’aventure d’une jeune interne française volontaire pour participer à la mission Varsovie et qui va être confrontée au drame de ces religieuses plusieurs fois violées et enceintes. Anne Fontaine aurait pu en rester au strict récit historique. Elle a eu l’idée de confronter cette jeune fille issue d’un milieu athée à la foi ardente de ces femmes blessées dont on découvre que certaines d’entre elles connaissent le déni de grossesse et accouchent sans rien dire, d’autres éprouvent un sentiment de rejet face à « l’enfant du péché », et d’autres au contraire s’éprennent de cet enfant qu’elles souhaitent garder auprès d’elle. La réalisatrices évite non seulement le pathos mais aussi la vulgarité d’un discours militant. Les scènes sont emplies d’un pouvoir émotionnel d’autant plus fort que tout est suggéré par des prises de vue pudiques, brèves, bien cadrées. Sur le plan strictement cinématographique, le film n’atteint pas le chef d’œuvre du fait d’un montage qui comporte quelques faiblesses, mais il se révèle tellement fort sur le fond que le spectateur d’une sensibilité normale ne peut s’empêcher d’avoir la gorge nouée devant maintes scènes poignantes. On retiendra aussi la beauté des chants et la qualité des voix cristallines des religieuses admirablement bien interprétées par des actrices peu connues du public français. Lou Delaâge est remarquable. Sa diction est parfaite et son jeu plein d’émotion. Les interprètes masculins dont Vincent Macaigne sont à la hauteur des exigences du film sans atteindre, toutefois, le niveau de leurs consœurs.

poet75

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4,0Très bien • Publiée le 08/02/2016

Des témoignages facilement disponibles l'attestent : en 1945, non seulement l'Armée Rouge soviétique progresse irrésistiblement jusqu'à Berlin mais elle occupe les territoires conquis et considère comme une évidence et un droit d'y faire régner la terreur, notamment en pratiquant le viol systématique des femmes. Les soldats ne demandent pas mieux que d'exercer ce droit, sachant que leurs supérieurs hiérarchiques non seulement ne les sanctionneront pas mais les approuveront. L'un des témoignages les plus saisissants à ce sujet fut écrit par une femme anonyme de Berlin : elle y raconte le quotidien cauchemardesque des berlinoises contraintes de se terrer afin d'échapper, autant que faire se peut, à l'emprise fatale des soldats soviétiques (« Une Femme à Berlin », Folio n° 4653). Mais ce que dévoile aujourd'hui « Les Innocentes », le film d'Anne Fontaine, nous laisse stupéfaits. En Pologne, en décembre 1945, Mathilde Beaulieu (Lou de Laâge, remarquable), une jeune interne de la Croix-Rouge française est mise en alerte par une religieuse échappée clandestinement d'un couvent de Bénédictines. Introduite dans la clôture, l'infirmière y est mise en présence de l'invraisemblable : plusieurs parmi les religieuses sont enceintes, le couvent ayant été investi, occupé, il y a quelque temps, par la soldatesque de l'Armée Rouge. Sans hésiter, tout à son sens du devoir et n'écoutant que son cœur, la jeune Mathilde se met au service des religieuses durement éprouvées, au point que se noue, petit à petit, entre l'infirmière issue d'une famille aux convictions communistes bien ancrées et l'une ou l'autre des cloîtrées une relation d'amitié ou de complicité qui autorise des confidences et n'est pas dénuée de dimension spirituelle. Quand Mathilde s'enquiert auprès d'une des religieuses de ce qui persiste de sa foi et de sa vocation après l'épreuve qu'elles ont subie, la réponse vient tout naturellement : « Au début d'une vocation, c'est comme si l'on était pris par la main et conduit doucement. Mais vient le jour où le Père lâche la main de son enfant et il faut continuer d'avancer malgré la nuit, les doutes, la croix. » Pour les religieuses bénédictines de ce couvent polonais, la croix est des plus éprouvantes. On imagine les nombreuses questions et les nombreux dilemmes qui se posent à elles. Elles s'efforcent de poursuivre leur vie conventuelle de toujours, mais, qu'elles le veuillent ou non, elles se trouvent confrontées à des faits qui risquent d'ébranler, de faire vaciller, les vœux mêmes auxquels elles se sont engagées. Deux des vœux sont particulièrement concernés. Celui de chasteté, bien évidemment, non seulement à cause des viols qu'elles ont subis mais aussi parce que, pour celles qui sont enceintes, chaque examen, même exercée par les mains d'une infirmière, est ressentie comme une nouvelle atteinte à leur intégrité, voire comme une agression. Celui d'obéissance aussi, car plus d'un doute et plus d'une question surgissent dans l'esprit de certaines religieuses au sujet des décisions prises par la mère abbesse. Cette dernière, en effet, semble habitée par une obsession : le secret. Pour elle, les faits qui se sont déroulés au sein du couvent doivent, à tout prix, demeurer secrets, sans quoi, elle en est certaine, un scandale éclatera, des sœurs seront victimes de l'opprobre et la communauté sera dissoute. La conséquence de cette obsession va de soi : comment garder secrets les grossesses et les accouchements de religieuses dont l'état exige des soins et, surtout, que faire des enfants une fois qu'ils sont nés ? Que fait la mère abbesse ? Comment s'y prend-elle ? Comment se résoudront ces épineuses questions ? C'est avec grande délicatesse et une constante justesse de ton qu'Anne Fontaine aborde ces questions inédites et ces dilemmes dans son film. On le ressent d'un bout à l'autre de celui-ci, la réalisatrice s'est elle-même fortement imprégnée de la vie conventuelle qu'elle met en scène. On le devine aussi à cause de la pertinence de certaines répliques, elle a été judicieusement conseillée (en l'occurrence par dom Jean-Pierre Longeat, l'ancien abbé de Ligugé). Servis par des actrices remarquables, le film convainc sans peine chaque fois qu'il se déroule entre les murs du couvent (c'est un peu moins le cas pour les scènes se déroulant au sein de la Croix-Rouge). On y ressent fortement la détresse des religieuses, leurs doutes, leurs peurs, mais aussi leur foi (même si elle a de quoi vaciller), leur espérance, leurs désirs (qui diffèrent de l'une à l'autre) et, étonamment, quelque chose qui surgit, par moments, et qui ressemble à la joie. La scène finale, surprenante, donne presque envie de rire ! Ce film nous rappelle aussi que, de tout temps, et aujourd'hui encore, le viol est considéré par certains militaires comme une arme de guerre parmi d'autres. Cette pratique inqualifiable doit cesser : il faut non seulement la dénoncer mais agir pour qu'elle soit réellement sanctionnée pour ce qu'elle est : un acte criminel. 8,5/10

Silou P.

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5,0Chef-d'oeuvre • Publiée le 09/03/2016

touchant, sensible, délicat, juste , je me suis laissée porter. Les actrices sont formidables! aussi bien l'héroïne que ce groupe de soeurs que j'ai trouvé admirables!

Lartimour

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4,5Excellent • Publiée le 06/03/2016

Film poignant qui peut être interprété comme un appel à la rédemption de la part de l’Eglise elle-même. A la fin de la seconde guerre mondiale, des religieuses polonaises vivant complètement isolées dans leur couvent, et qui ont été violées par des militaires russes, s'apprêtent à mettre au monde ce qu'elles vivent comme le fruit de leurs pêchés. Elles viennent chercher de l'aide auprès de la Croix rouge française. Une jeune médecin décide alors, contre tous ses préjugés vis à vis de la religion, et au péril de sa vie (dans le contexte de l'occupation soviétique de la Pologne), de les aider à accoucher. Le film raconte le point de vue des religieuses, la honte de ne plus être pures, mais aussi, ce qui est très intéressant dans le contexte actuel, comment la Mère supérieure est contrainte d'avouer ce qu'elle a fait pour faire disparaître toute trace de pêché, et se condamne alors elle-même. Mais le film est aussi très intéressant à travers deux personnages clé. D'une part la sœur qui a eu une vie avant d'entrer dans les ordres et qui va réussir à convaincre les religieuses de se laisser examiner par le médecin. D'autre part, la jeune médecin française, issue d'une famille communiste du fin fond de la France, et qui, à la suite d'une tentative de viol de la part des soldats soviétiques, va progressivement s'approprier ce drame en tant que femme, pour dépasser le strict point de vue professionnel et aider cette communauté vivre l'après drame. Les personnages sont très bien dessinés, les couleurs et l'éclairage participent à l’atmosphère lugubre et dramatique de la situation. On peut cependant déplorer quelques longueurs dans la première partie du film. Lou De Laâge est Agata Buzek sont remarquables, restituant sans pathos, l'évolution des sentiments de leur personnage. A voir absolument, surtout à une époque où sortent un certain nombre d'histoires peu glorieuses concernant l'Eglise.

bob433

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4,5Excellent • Publiée le 06/03/2016

Très beau film tourné avec plein de pudeur sur un sujet méconnu de l'histoire. Décor très approprié dans une ambiance pesante. Tiraillé entre l'amour de Dieu et l'amour de leur chair, très beau rendu des sentiments ressentis de différentes manières par les protagonistes. Belle fin d'histoire malgré le drames tant physiques que psychologiques. Magnifique interprétation de Lou de Laâge.

Suzanne G.

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5,0Chef-d'oeuvre • Publiée le 05/03/2016

film excellent. Anne Fontaine nous a révélé un fait divers de la dernière guerre mondiale. Film touchant dans la découverte du passage de l'armée rouge dans ce couvent et de ses conséquences. Le secret de la mère abbesse obsédée par" l'honneur perdu de sa communauté"... l'amitié entre une soeur et l'infirmière de la croix-rouge... tout en nuance, ce film m'a énormément touché.

Christophe C.

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5,0Chef-d'oeuvre • Publiée le 04/03/2016

En voyant "Les Innocentes" ce soir, il s'est passé un de ces rares moments de magie absolue, un de ceux qui captivent, passionnent, mouillent les yeux, font rire et touchent en plein cœur. Dire que j'ai aimé ce film est très peu par rapport à ce qu'il m'a procuré. D'une beauté parfaite (une photo - mais une photo !!! - , rarement aussi belle qu'ici, dans cette " blancheur grise " de Pologne) pour une histoire dramatiquement poignante. Ce film n'est pas juste un film de plus sur l'après 1945, il s'agit d'un film d'une extrême délicatesse sur une des nombreuses horreurs de cette période, servi par des acteurs tous d'une grâce inouïe et d'une justesse incroyable (je ne connaissais ni Lou de Laage ni Vincent Macaigne, pour ne citer qu'eux, et ils m'ont pris par la main, tout doucement, pour me conduire auprès de ces religieuses si subliment interprétées par ce casting polonais). Je peine à trouver des mots pour exprimer mes sentiments tant l'émotion fût énorme devant ce bijou de film. Parler d'un chef d'oeuvre est souvent rapide, mais pas avec "Les Innocentes" qui, pour moi, est un de mes plus beaux moments de cinéma, tout simplement.

valioucha

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5,0Chef-d'oeuvre • Publiée le 16/03/2016

meilleur film depuis bien longtemps. très belle histoire humaine, filmée avec pudeur mais sans tabous. très beau jeu des actrices. un très beau film à voir.

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