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Le Grand jeu
Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "Le Grand jeu" et de son tournage !

1er long

Quatre ans après avoir reçu le prix Jean Vigo pour son court métrage La République, Nicolas Pariser signe avec Le Grand jeu son premier long, dévoilé en août 2015 au Festival de Locarno.

Inspirations

Le Grand jeu s'inspire de l'affaire Tarnac, mais le réalisateur Nicolas Pariser prend toutefois ses distances avec la réalité. Ainsi, il a très vite décidé de ne pas s'intéresser plus que ça à l'affaire et n'a donc pas fait un travail poussé de documentation. Bien sûr, Le Grand jeu se veut réaliste mais l'affaire doit être considérée davantage comme le point de départ d’une démarche romanesque plutôt que comme centrale dans le film.

Origine du film

Quand on lui pose la question de l'origine du projet, Nicolas Pariser explique qu'il voulait essayer d’adapter le roman Sous les yeux de l’Occident de Joseph Conrad dans la France contemporaine. Mais la chose s'est avérée très difficile, l'écrivain dépeignant une violence politique dans un tout autre contexte que la France d'aujourd'hui, à savoir l’époque impériale en Russie. Dans cette période, des ministres étaient assassinés, des anarchistes exécutés, etc. Parisier a donc laissé tomber le projet, jusqu'à ce que l’affaire Tarnac fasse la une des journaux et lui donne de l'inspiration.

Portée de l'affaire Tarnac

Nicolas Pariser explique que cette affaire lui a fait comprendre qu'il était possible de construire un récit mêlant l’appareil d’État français, la police et des militants d’extrême-gauche, en France : "Jusque-là, j’avais plutôt l’intuition que les gauchistes n’intéressaient plus ni la police ni le pouvoir en général. Avec Julien Coupat et ses camarades, il y avait enfin des militants d’extrême-gauche qui intéressaient à nouveau la police et des ministères régaliens. Cela me permettait de joindre les deux extrémités de la politique : des gens au pouvoir qui, en réalité, ne parlent jamais d’idées politiques et des gens qui ne parlent que de ça mais qui ne sont jamais au pouvoir."

Références filmiques en espionnage

Lorsqu'on lui demande quels sont les grands films d'espionnage français selon lui, Nicolas Pariser cite Triple Agent d’Éric Rohmer qui représentait l'idéal qu'il s'était fixé pour Le Grand jeu, mais aussi Les Patriotes d’Éric Rochant et certains polars des années 70 avec Alain Delon.

Projet balzacien

Nicolas Pariser est cinéaste de formation mais son inspiration est littéraire. Dans cette optique, Le Grand jeu parle beaucoup plus de littérature que de cinéma : "Très souvent, dans le cinéma français on ne parle que d’un seul endroit à la fois (les pauvres, les riches, les banlieues, etc.) Balzac m’a été précieux car je voulais parler d’un maximum de milieux. Par ailleurs, je voulais aussi que les deux personnages masculins joués par Poupaud (Pierre Blum) et Dussollier (Joseph Paskin) ne soient pas du tout définis par leur appartenance sociologique à un milieu."

Signification du titre

Elle est double pour Nicolas Pariser : "Guy Debord, dans Les Commentaires sur la société du spectacle décrit le fonctionnement du monde contemporain en le comparant à ce qu’on appelait le « Grand Jeu » à l’époque de Kipling, c’est-à-dire la rivalité entre les services secrets anglais et russes en Afghanistan – autrement dit, un imbroglio d’intrigues dont il est impossible de démêler les tenants et les aboutissants tellement ils sont complexes. C’était aussi le nom d’une revue surréaliste des années 20 et 30 dans laquelle écrivait Roger Vailland, un écrivain que j’aime beaucoup. On peut imaginer que Pierre Blum a pu écrire dans des revues littéraires ou sur l’art dans les années 90. Ce double sens convenait donc parfaitement."

Ne pas juger

Dans son film, Nicolas Pariser a cherché à défendre tous les personnages ainsi que leurs idées politiques. A titre d'exemple, le méchant du film Joseph Paskin (André Dussollier) devait être aussi attachant que le héros.

Références visuelles

Pour le personnage d'écrivain campé par Melvil PoupaudNicolas Pariser avait comme références visuelles Alain Delon et son manteau dans Le Professeur de Zurlini, Elliott Gould dans Le Privé d’Altman ou encore James Caan dans Le Solitaire de Michael Mann. Le point commun de ces films cultes est que l'on voit leur héros "glisser sur la surface de la société".

Premier degré

Nicolas Pariser a voulu donner forme à un thriller politique traité au premier degré et non aborder ce genre comme référence. "Je ne voulais pas faire un pastiche de Conversation secrète de Coppola ou de À cause d’un assassinat de Pakula."

Un film hivernal coloré

Le Grand jeu se passe en hiver mais Nicolas Pariser et son directeur de la photographie Sébastien Buchmann ont voulu éviter que le film ait une image grisâtre. Tous deux voulaient qu'il y ait de vraies couleurs et dans cette optique, Le Rideau déchiré d’Alfred Hitchcock qui est un film d'espionnage hivernal a servi de référence : "Je voulais éviter l’aspect documentaire tout en faisant en sorte que le film ne soit pas un pastiche de thrillers paranoïaques. Il devait trouver sa propre lumière et non pas être « à la manière de »"

Le choix Melvil Poupaud

Nicolas Pariser s'est souvent dit plus jeune qu'il aimerait faire son premier long avec Melvil Poupaud. Lorsqu'il était critique de cinéma au magazine Sofa, il a plusieurs fois rencontré et interviewé le comédien. Le choix Poupaud était ainsi une évidence et le cinéaste a écrit le rôle en pensant à lui.
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