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Les Chansons que mes frères m’ont apprises
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note moyenne
3,8 234 notes dont 38 critiques
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velocio

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3,5Bien • Publiée le 13/09/2015

Deux raisons motivaient mon désir de voir ce premier long métrage de la jeune sino-américaine Chloé Zhao : le titre (!) et le sujet, les indiens. Pour dire la vérité, le début m'a, au minimum, dérouté : en matière de chanson, on n'entend que 2 ou 3 raps pendant la première demi-heure. Et puis, surtout, on a envie de dire à la réalisatrice : votre film apparaît très bien documenté sur la réserve indienne de Pine Ridge et sur la tribu des Oglalas qui la peuple, mais n'auriez vous pas oublié que, dans un film de fiction, il faut quand même un scénario, fut-il minimal ? Et puis, et puis, petit à petit, le charme opère et on comprend que, en mettant les unes derrières les autres des vignettes plus ou moins longues, Chloé Zhao nous raconte une histoire, celle de Johnny Winters, un jeune de cette tribu sioux, 17 ans, sur le point de la quitter pour suivre sa petite amie qui part poursuivre ses études à Los Angeles. En racontant cette histoire, la réalisatrice nous parle de la famille de Johnny, de Karl, son père, qui vient de mourir, de sa mère, attristée que son autre fils, Cody, lui ait dit préférer être en prison (et il y est !) qu'auprès d'elle, de ses demi-frères et demi-sœurs (c'était un sacré gaillard, ce Karl Winters) et, surtout, de sa jeune sœur, Jashaun, une adorable jeune adolescente : comment arriver à la laisser affronter sans son aide l'avenir tout sauf gai qui l'attend ? Car il y a par ailleurs un volet très important du film qu'il est nécessaire d'évoquer : avant de tourner son film, Chloé Zhao a passé beaucoup de temps en immersion dans cette réserve indienne et elle nous parle de ce qu'elle a vu avec beaucoup de détails : ces terres des Badlands, chantées par Bruce Springsteen, ces indiens sans réelle activité économique, sans véritable avenir et dont la vie ne semble tourner qu'autour d'une sainte trinité composée de la religion, de l'alcool (objet d'un trafic puisque officiellement interdit dans la réserve ; et qui dit trafic dit luttes sévères entre les trafiquants) et des rodéos. Donc, ce film, qui semblait plutôt mal partir, devient de plus en plus intéressant et même, passionnant. Et les fameuses chansons, au fait ? Eh bien, figurez vous, là aussi, ça s'améliore avec le temps ! C'est d'ailleurs assez surprenant : les chansons qu'on entend semblent le plus souvent provenir de la radio et ce sont de bonnes chansons Country. Peut-être le film est-il sensé se passer il y a plusieurs années (Aucun détail ne permet de dater le film avec précision. Les raps du début, me direz vous ? Mais ça fait plus de 30 ans que le rap existe !) ? Peut-être le Dakota du Sud est-il différent en la matière ? Toujours est-il que, depuis l'avènement de la New-Country à Nashville, il est quasiment impossible de n'entendre que de la bonne Country sur les stations US !!

cinono1

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4,0Très bien • Publiée le 18/09/2015

C'est un beau film, rempli de paysages contemplatifs. Le monde a des places magnifiques, Terrence Mallick, ce cinéaste dont on aime tant qu'il nous déçoive, a fait des émules. Ca se place entre le documentaire et la fiction sensorielle au travers de ses jeunes personnages, la gamine notamment avec son regard ouvert sur le monde. La culture de ce peuple apparait au fil du récit et de ses divers personnages, son attachements à ses terres avec, ses difficultés à pouvoir s'inscrire dans l'avenir aussi quand sa culture a été rogné et a laissé place aux combines et aux échappatoires.

WutheringHeights

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4,5Excellent • Publiée le 09/09/2015

La mise en scène, fluide et somptueusement éclairée par la lumière naturelle de ce décor grandiose, glisse avec des mouvements rappelant Terrence Malick, avec le même souci, d'ailleurs, d'une certaine topologie et de rites de passage de la jeunesse locale. (...) Le film n'est jamais misérabiliste, même dans le plus grand dénuement. La force de l'esprit de cette communauté est l'objet d'une belle métaphore sur les chevaux sauvages dite en voix off au début du métrage. Pour dresser un cheval sauvage, il faut d'abord prendre en compte son goût inné pour la liberté. La belle surprise de cette rentrée, avec la révélation de deux jeunes acteurs magnétiques, John Reddy et Jashaun St John. LA SUITE : http://www.hugobrown.net/2015/09/les-chansons-que-mes-freres-m-ont-apprises-un-film-de-chloe-zhao.html

orlandolove

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3,0Pas mal • Publiée le 21/09/2015

Une histoire simple mais touchante, des personnages attachants et une mise en scène poétique et mélancolique. La réalisatrice pousse parfois le curseur un peu loin, mais ce beau film nous saisit peu à peu pour ne plus nous lâcher...

Daniel C.

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4,5Excellent • Publiée le 21/09/2015

C'est avec une focale anthropologique que ce film a été tourné et c'est un vrai bonheur que de nous proposer une telle immersion. Les acteurs principaux sont magnifiques dans leurs rôles respectifs. Nous découvrons l'actualité de la communauté indienne, son alcoolisme, son lien à la nature et à la terre..

Pauline_R

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3,5Bien • Publiée le 15/09/2015

Un film touchant qui nous fait découvrir avec beaucoup de réalisme la vie dans une réserve indienne nord-américaine où règnent pauvreté, drogue et alcool. Toutefois, le film ne tombe jamais dans le misérabilisme et dans le pathos, il se veut même parfois solaire et lumineux, en particulier grâce au regard de la jeune soeur sur le monde qui l'entoure. Les rapports entre les différents personnages sont finement traités, on ne peut être que touchés par les liens qui lient le frère et la soeur. Plus largement, on y voit et on comprend leur amour et leur rejet pour leur terre, leur tristesse et leur espoir. Un film vraiment à voir, avec, en plus, des images vraiment superbes.

FritzLangueur

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4,0Très bien • Publiée le 13/09/2015

Chloé Zhao. Retenez bien ce nom, c’est celui d’une jeune réalisatrice chinoise qui fera parler d’elle à coup sur dans les années à venir. Son premier film, « Les chansons que mes frères m’ont apprises » est un récit d’immersion comme on les aime, où sujet et maîtrise technique sont en symbiose. Au cinéma, la vie dans les réserves indiennes ne semble pas être un sujet porteur, on se souvient vaguement de « Cœur de tonnerre » en 1992, le reste tient plus à des documentaires. C’est sans doute l’aspect enfermement d’une communauté au sein d’un territoire clos qui a du séduire Chloé Zhao. Il ne faut pas y voir de parabole avec son pays d’origine, la Chine, plus simplement une fascination, voire une réflexion ethnologique plus générale sur la peur de l’ailleurs, faisant foi de l’adage « on sait ce que l’on perd, on ignore ce que l’on gagnera » Sur cette base se construit le scénario, dont l’apparente simplicité n’a d’égal que son efficacité. Le personnage clé est Jashaun, une jeune amérindienne fascinée par son frère Johnny qui rayonne (trafic, force et beauté) sur la communauté. Mais celui-ci trouvant l’endroit trop étriqué à des envies d’ailleurs, LA, une vraie ville, la vraie vie. Et ce sont toutes les raisons poussant John à la fuite qui apparaissent dans le film sous l’œil impartial de Jashaun. La précarité, l’alcoolisme, l’enfermement, le communautarisme… L’approche psychologique des deux personnages principaux joue habilement sur leur antinomique avenir, lui ne trouvant le salut que dans la fuite, elle, assurant la relève, s’appuyant tant sur la tradition de son peuple que de son envie de le voir évoluer. C’est finement amené, et magnifiquement interprété. Les prises de vue sont superbes entre divins crépuscules des cieux et gros plans altruistes. L’approche de la vie à la réserve est loin d’une vision touristique ou idéalisée. Zhao (qui a vécu 4 années dans une réserve indienne) filme la fiction au cœur d’une sévère réalité, loin de toute compassion sordide, moins encore de jugement. « Les chansons que mes frères m’ont apprises » est un film nécessaire et adorable.

dominique P.

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4,5Excellent • Publiée le 28/09/2015

Le sujet de ce film m'a fortement intéressée. Même si je reconnais qu'on peut légèrement s'ennuyer par moments, comment ne pas être touché par cette histoire et comment ne pas s'attacher à cette toute jeune adolescente et à son frère ? J'ai été très emballée par ce film, sans oublier les paysages très beaux et reposants.

Sandrine S.

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4,0Très bien • Publiée le 23/09/2015

J'ai adoré !!! Très belle histoire d'un frère et d'une sœur, Indiens Lakotas vivant dans une réserve dans l'Amérique d'aujourd'hui, gangrénée par l'alcool, la violence et le chômage. Je comprends mieux pourquoi tous les espoirs sont placés dans cette 7ème génération. <3 <3 <3

Laurent C.

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3,5Bien • Publiée le 20/09/2015

Il ne reste plus grand-chose de solide chez la jeune Jaschaun sinon son frère, Johnny, qui vit de trafic d'alcool, quelque part dans les étendues rurales des Etats-Unis. En effet, les deux enfants viennent de perdre leur père, mystérieusement incendié dans sa maison, un père qui a eu plus de 9 femmes et a enfanté une myriade de jeunes gens qui habitent le même village ; le frère aîné, lui, est en prison ; et la mère, certes encore au domicile familial, paraît absente. Johnny rêve de l'Eldorado à Las Vegas. Il voudrait bien accompagner son amie, Aurélia, qui démarrera des études universitaires dans la capitale du Névada à la rentrée prochaine. Chloé Zhao réalise un premier film sobre et beau, tourné avec respect autour de ce jeune duo de frère et sœur, dans un environnement sociologique qu'elle filme sans aucune recherche de misérabilisme. Elle regarde avec respect ce peuple d'hommes et de femmes occupé à s'occuper des terres, à dresser des chevaux furieux ou à chevaucher des taureaux fous. Elle rentre à l'intérieur des maisons où dominent l'ennui, la pauvreté et l'alcool. Pourtant, la réalisatrice échappe parfaitement au genre social. Au contraire, la caméra, doublée d'une bande-son enivrante, cultive la poésie. Les couchers de soleil magnifiques, les plans sur les montagnes dignes du meilleur Far West, les visages halés, les subsides de danse indienne sont autant d'opportunités pour la réalisatrice à penser un monde dont les traditions, les héritages perdurent malgré la modernité, à travers les générations. Le film s'ouvre et se ferme d'ailleurs sur le dressage d'un cheval par le jeune Johnny, qui s'enfonce dans le paysage sec et rocailleux. Ces paysages, ces maisons, ce village, les traditions, c'est tout ce qui fait vivre ces gens-là. Une scène tout à fait étonnante montre un professeur loufoque et engagé qui fait parler ses jeunes élèves de leurs projets d'avenir ; tous ne se voient pas en dehors de ce qu'ils ont toujours connu, leur espace de vie rural, sauf peut-être Johnny qui rêve de célébrité et d'un ailleurs fortuné. Et pourtant, il y restera dans son pays d'enfance, auprès de cette sœur qu'il appelle son "ouistiti". Zhao réalise un film sur l'amour fraternel. Avec regret, elle ne s'attarde pas assez autour du personnage de la mère. Elle ne fait que passer, alors qu'elle a été déterminante dans la force de vie et surtout les valeurs morales importantes que ses deux enfants déploient pour se rêver un futur, même si la fin révèle une femme profonde, torturée et digne. On regrettera aussi une narration qui va vite, ou, au contraire, des longueurs pas toujours nécessaires à l'histoire. On ressort tout de même troublé par ce film, comme un grand bol d'air pur qu'on aurait avalé dans un pays du bout du monde.

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