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note moyenne
3,8
250 notes dont 39 critiques
5% (2 critiques)
44% (17 critiques)
28% (11 critiques)
15% (6 critiques)
8% (3 critiques)
0% (0 critique)

39 critiques spectateurs

velocio

Suivre son activité 232 abonnés Lire ses 1 728 critiques

3,5Bien
Publiée le 13/09/2015

Deux raisons motivaient mon désir de voir ce premier long métrage de la jeune sino-américaine Chloé Zhao : le titre (!) et le sujet, les indiens. Pour dire la vérité, le début m'a, au minimum, dérouté : en matière de chanson, on n'entend que 2 ou 3 raps pendant la première demi-heure. Et puis, surtout, on a envie de dire à la réalisatrice : votre film apparaît très bien documenté sur la réserve indienne de Pine Ridge et sur la tribu des Oglalas qui la peuple, mais n'auriez vous pas oublié que, dans un film de fiction, il faut quand même un scénario, fut-il minimal ? Et puis, et puis, petit à petit, le charme opère et on comprend que, en mettant les unes derrières les autres des vignettes plus ou moins longues, Chloé Zhao nous raconte une histoire, celle de Johnny Winters, un jeune de cette tribu sioux, 17 ans, sur le point de la quitter pour suivre sa petite amie qui part poursuivre ses études à Los Angeles. En racontant cette histoire, la réalisatrice nous parle de la famille de Johnny, de Karl, son père, qui vient de mourir, de sa mère, attristée que son autre fils, Cody, lui ait dit préférer être en prison (et il y est !) qu'auprès d'elle, de ses demi-frères et demi-sœurs (c'était un sacré gaillard, ce Karl Winters) et, surtout, de sa jeune sœur, Jashaun, une adorable jeune adolescente : comment arriver à la laisser affronter sans son aide l'avenir tout sauf gai qui l'attend ? Car il y a par ailleurs un volet très important du film qu'il est nécessaire d'évoquer : avant de tourner son film, Chloé Zhao a passé beaucoup de temps en immersion dans cette réserve indienne et elle nous parle de ce qu'elle a vu avec beaucoup de détails : ces terres des Badlands, chantées par Bruce Springsteen, ces indiens sans réelle activité économique, sans véritable avenir et dont la vie ne semble tourner qu'autour d'une sainte trinité composée de la religion, de l'alcool (objet d'un trafic puisque officiellement interdit dans la réserve ; et qui dit trafic dit luttes sévères entre les trafiquants) et des rodéos. Donc, ce film, qui semblait plutôt mal partir, devient de plus en plus intéressant et même, passionnant. Et les fameuses chansons, au fait ? Eh bien, figurez vous, là aussi, ça s'améliore avec le temps ! C'est d'ailleurs assez surprenant : les chansons qu'on entend semblent le plus souvent provenir de la radio et ce sont de bonnes chansons Country. Peut-être le film est-il sensé se passer il y a plusieurs années (Aucun détail ne permet de dater le film avec précision. Les raps du début, me direz vous ? Mais ça fait plus de 30 ans que le rap existe !) ? Peut-être le Dakota du Sud est-il différent en la matière ? Toujours est-il que, depuis l'avènement de la New-Country à Nashville, il est quasiment impossible de n'entendre que de la bonne Country sur les stations US !!

Daniel C.

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4,5Excellent
Publiée le 21/09/2015

C'est avec une focale anthropologique que ce film a été tourné et c'est un vrai bonheur que de nous proposer une telle immersion. Les acteurs principaux sont magnifiques dans leurs rôles respectifs. Nous découvrons l'actualité de la communauté indienne, son alcoolisme, son lien à la nature et à la terre..

Pauline_R

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3,5Bien
Publiée le 14/09/2015

Un film touchant qui nous fait découvrir avec beaucoup de réalisme la vie dans une réserve indienne nord-américaine où règnent pauvreté, drogue et alcool. Toutefois, le film ne tombe jamais dans le misérabilisme et dans le pathos, il se veut même parfois solaire et lumineux, en particulier grâce au regard de la jeune soeur sur le monde qui l'entoure. Les rapports entre les différents personnages sont finement traités, on ne peut être que touchés par les liens qui lient le frère et la soeur. Plus largement, on y voit et on comprend leur amour et leur rejet pour leur terre, leur tristesse et leur espoir. Un film vraiment à voir, avec, en plus, des images vraiment superbes.

FritzLangueur

Suivre son activité 105 abonnés Lire ses 767 critiques

4,0Très bien
Publiée le 13/09/2015

Chloé Zhao. Retenez bien ce nom, c’est celui d’une jeune réalisatrice chinoise qui fera parler d’elle à coup sur dans les années à venir. Son premier film, « Les chansons que mes frères m’ont apprises » est un récit d’immersion comme on les aime, où sujet et maîtrise technique sont en symbiose. Au cinéma, la vie dans les réserves indiennes ne semble pas être un sujet porteur, on se souvient vaguement de « Cœur de tonnerre » en 1992, le reste tient plus à des documentaires. C’est sans doute l’aspect enfermement d’une communauté au sein d’un territoire clos qui a du séduire Chloé Zhao. Il ne faut pas y voir de parabole avec son pays d’origine, la Chine, plus simplement une fascination, voire une réflexion ethnologique plus générale sur la peur de l’ailleurs, faisant foi de l’adage « on sait ce que l’on perd, on ignore ce que l’on gagnera » Sur cette base se construit le scénario, dont l’apparente simplicité n’a d’égal que son efficacité. Le personnage clé est Jashaun, une jeune amérindienne fascinée par son frère Johnny qui rayonne (trafic, force et beauté) sur la communauté. Mais celui-ci trouvant l’endroit trop étriqué à des envies d’ailleurs, LA, une vraie ville, la vraie vie. Et ce sont toutes les raisons poussant John à la fuite qui apparaissent dans le film sous l’œil impartial de Jashaun. La précarité, l’alcoolisme, l’enfermement, le communautarisme… L’approche psychologique des deux personnages principaux joue habilement sur leur antinomique avenir, lui ne trouvant le salut que dans la fuite, elle, assurant la relève, s’appuyant tant sur la tradition de son peuple que de son envie de le voir évoluer. C’est finement amené, et magnifiquement interprété. Les prises de vue sont superbes entre divins crépuscules des cieux et gros plans altruistes. L’approche de la vie à la réserve est loin d’une vision touristique ou idéalisée. Zhao (qui a vécu 4 années dans une réserve indienne) filme la fiction au cœur d’une sévère réalité, loin de toute compassion sordide, moins encore de jugement. « Les chansons que mes frères m’ont apprises » est un film nécessaire et adorable.

cinono1

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4,0Très bien
Publiée le 18/09/2015

C'est un beau film, rempli de paysages contemplatifs. Le monde a des places magnifiques, Terrence Mallick, ce cinéaste dont on aime tant qu'il nous déçoive, a fait des émules. Ca se place entre le documentaire et la fiction sensorielle au travers de ses jeunes personnages, la gamine notamment avec son regard ouvert sur le monde. La culture de ce peuple apparait au fil du récit et de ses divers personnages, son attachements à ses terres avec, ses difficultés à pouvoir s'inscrire dans l'avenir aussi quand sa culture a été rogné et a laissé place aux combines et aux échappatoires.

dominique P.

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4,5Excellent
Publiée le 28/09/2015

Le sujet de ce film m'a fortement intéressée. Même si je reconnais qu'on peut légèrement s'ennuyer par moments, comment ne pas être touché par cette histoire et comment ne pas s'attacher à cette toute jeune adolescente et à son frère ? J'ai été très emballée par ce film, sans oublier les paysages très beaux et reposants.

Sandrine S.

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4,0Très bien
Publiée le 22/09/2015

J'ai adoré !!! Très belle histoire d'un frère et d'une sœur, Indiens Lakotas vivant dans une réserve dans l'Amérique d'aujourd'hui, gangrénée par l'alcool, la violence et le chômage. Je comprends mieux pourquoi tous les espoirs sont placés dans cette 7ème génération. <3 <3 <3

Laurent Cambon

Suivre son activité 90 abonnés Lire ses 756 critiques

3,5Bien
Publiée le 20/09/2015

Il ne reste plus grand-chose de solide chez la jeune Jaschaun sinon son frère, Johnny, qui vit de trafic d'alcool, quelque part dans les étendues rurales des Etats-Unis. En effet, les deux enfants viennent de perdre leur père, mystérieusement incendié dans sa maison, un père qui a eu plus de 9 femmes et a enfanté une myriade de jeunes gens qui habitent le même village ; le frère aîné, lui, est en prison ; et la mère, certes encore au domicile familial, paraît absente. Johnny rêve de l'Eldorado à Las Vegas. Il voudrait bien accompagner son amie, Aurélia, qui démarrera des études universitaires dans la capitale du Névada à la rentrée prochaine. Chloé Zhao réalise un premier film sobre et beau, tourné avec respect autour de ce jeune duo de frère et sœur, dans un environnement sociologique qu'elle filme sans aucune recherche de misérabilisme. Elle regarde avec respect ce peuple d'hommes et de femmes occupé à s'occuper des terres, à dresser des chevaux furieux ou à chevaucher des taureaux fous. Elle rentre à l'intérieur des maisons où dominent l'ennui, la pauvreté et l'alcool. Pourtant, la réalisatrice échappe parfaitement au genre social. Au contraire, la caméra, doublée d'une bande-son enivrante, cultive la poésie. Les couchers de soleil magnifiques, les plans sur les montagnes dignes du meilleur Far West, les visages halés, les subsides de danse indienne sont autant d'opportunités pour la réalisatrice à penser un monde dont les traditions, les héritages perdurent malgré la modernité, à travers les générations. Le film s'ouvre et se ferme d'ailleurs sur le dressage d'un cheval par le jeune Johnny, qui s'enfonce dans le paysage sec et rocailleux. Ces paysages, ces maisons, ce village, les traditions, c'est tout ce qui fait vivre ces gens-là. Une scène tout à fait étonnante montre un professeur loufoque et engagé qui fait parler ses jeunes élèves de leurs projets d'avenir ; tous ne se voient pas en dehors de ce qu'ils ont toujours connu, leur espace de vie rural, sauf peut-être Johnny qui rêve de célébrité et d'un ailleurs fortuné. Et pourtant, il y restera dans son pays d'enfance, auprès de cette sœur qu'il appelle son "ouistiti". Zhao réalise un film sur l'amour fraternel. Avec regret, elle ne s'attarde pas assez autour du personnage de la mère. Elle ne fait que passer, alors qu'elle a été déterminante dans la force de vie et surtout les valeurs morales importantes que ses deux enfants déploient pour se rêver un futur, même si la fin révèle une femme profonde, torturée et digne. On regrettera aussi une narration qui va vite, ou, au contraire, des longueurs pas toujours nécessaires à l'histoire. On ressort tout de même troublé par ce film, comme un grand bol d'air pur qu'on aurait avalé dans un pays du bout du monde.

Jmartine

Suivre son activité 45 abonnés Lire ses 349 critiques

3,5Bien
Publiée le 15/09/2015

Voici un film étrange, premier long-métrage de Chloé Zhao, cinéaste américaine, d’origine chinoise, regard doux et amer sur la vie dans une réserve indienne dans le Dakota du Sud. Un film réaliste, presque un documentaire ( la réalisatrice a vécu quatre ans dans cette réserve) , au ton poétique et mélancolique, ballade désespérée mais néanmoins d’une esthétique magnifique, paysages arides, sols ravinés, ciels d’orages, immenses prairies qui ondulent au vent…la réserve de Pine Ridge existe bel et bien dans cette Amérique qui parque les descendants des Indiens dans les seuls lieux qui leurs restent. La beauté des paysages cache la décrépitude de communautés rongées par les ravages de l’alcool pourtant interdit mais qui fait l’objet de trafics, l’exode de la jeune génération vers les villes. Les tipis d’antan on été remplacés par des mobil home alignés le long d’une rue poussiéreuse…beaucoup d’oisiveté, seules distractions le rodéo et notamment l’évocation de Karl Winters, le champion inégalé, qui meurt dans l’incendie de son mobil home et dont on apprend qu’il a eu neuf femmes et vingt cinq enfants, ce qui fait que tous ces jeunes sont plus ou moins frères et sœurs…pas très loin une prison qui abrite certains membres de la réserve…le décor est planté…la réalisatrice s’intéresse plus particulièrement à un trio de jeunes, Johnny, 18 ans et sa sœur Jashaun, 12 ans qui a un lien très fort avec son frère, le fameux père ayant toujours été absent, et la mère Lisa, tout autant…Johnny a terminé ses études et avec sa petite amie Aurélia envisage de poursuivre à Los Angeles…qui sera le plus fort, l’émancipation vers la ville ou la force des racines…doit-on se déraciner pour être libre…telle est la problématique du film…Il se passe peu de chose dans ce film, plus que d’un récit construit, il s'agit plus d’une suite d’événements , organisés comme une chronique, autour du trio et de leurs proches…peu de mots, pas de grandes péripéties, Chloé Zhao promène sa caméra d’une façon neutre, sans faire la leçon, c’est parfois un peu décousu, mais cerne bien la vie dans cette réserve. Les images sont signées Joshua James Richards, elles sont d'une beauté à couper le souffle.

dimah

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4,5Excellent
Publiée le 15/09/2015

Excellent film qui montre fort bien le dénuement dans lequel les survivants autochtones ont été placé. L'alcool devrait les achever mais certains trouvent toujours la force de résister malgré un environnement hostile mais qu'ils connaissent et se transmettent . La scène à l'école le prouve avec tous ces animaux qui effraieraient les petits blancs américains. Situation que l'on retrouve en Australie ...

crachou94

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4,0Très bien
Publiée le 15/09/2015

Un très beau film qui nous fait connaître la triste vie des indiens parqués dans une réserve, sur fond de déchéance due à l'alcool et à la drogue, mais certains paysages sont magnifiques et les acteurs yrès convaincants.

poet75

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4,0Très bien
Publiée le 14/09/2015

Pour les Indiens Sioux de la réserve de Pine Ridge (Dakota du Sud), les perspectives d'avenir s'avèrent pour le moins limitées. Ils ont beau résider sur un vaste territoire, lorsqu'un professeur demande à ses élèves ce qu'ils veulent faire quand ils seront plus grands, la réponse ne varie pas beaucoup. Tous affirment qu'ils seront "monteurs de taureaux", autrement dit qu'ils s'exhiberont à l'occasion de rodéos. Seul Johnny donne une autre réponse: "Je serai boxeur", dit-il. Ce Johnnny, un des Indiens lakotas de la réserve, est un adolescent qui rêve d'autre chose que de l'horizon qu'il connaît. Pour l'heure, malgré les interdictions liées à l'alcool qui est l'un des fléaux frappant la communauté indienne, il se risque à en faire le trafic. Que faire d'autre? Comment gagner de quoi partir à Los Angeles avec sa petite amie? Mais les rêves d'une autre vie, d'un autre environnement, ont beau être forts, ce n'est pas si simple de s'en aller. Ce n'est certes pas son père qui le retient puisqu'il vient de mourir accidentellement. Ce n'est peut-être pas davantage sa mère malgré ses larmes, ni son grand frère emprisonné. Mais sa petite soeur Jashaun, sa petite soeur adorée, comment la laisser, comment l'abandonner à son triste sort? Tout le film est habité par cette tension, par cet écartèlement: partir dans l'espoir de vivre une vie meilleure ou rester parce qu'il n'est pas envisageable de délaisser une petite soeur aimée. Afin de réaliser ce premier film, la réalisatrice, américaine d'origine chinoise, Chloé Zhao, s'est immergée dans la vie, dans les coutumes, des Indiens de cette réserve. Cela transparaît sur chacun des plans du film. Il s'agit bien d'une fiction, mais d'une fiction qui sait préserver et respecter ceux qui sont mis en scène. Cela donne un film à la fois superbe et déchirant, comme ces Indiens qui, même s'ils survivent dans un contexte sinistre, n'ont pas tout perdu de leur dignité, tel le tatoueur tatoué qui apparaît à plusieurs reprises au cours du récit. Pour d'autres, c'est vrai, l'alcool et le désespoir ne semblent plus laisser place à quelque salut que ce soit. Il y a bien la foi chrétienne, elle est sûrement précieuse, mais dans la mesure où elle ne sert ni d'alibi ni de refuge.Spoiler: Quand la mère de Johnny et Jashaun se décide à visiter son fils aîné qui est en prison, elle lui parle de sa foi, elle lui parle de la présence apaisante de Dieu, mais la réponse du fils est cinglante: "pourvu que ce ne soit pas encore un de ceux pour qui tu délaisses tes enfants!" Restent le beau visage et le superbe regard plein d'espoir de la petite Jashaun! "Tout n'est pas perdu, semble-t-elle nous dire, tout n'est pas perdu pour les Indiens de la réserve de Pine Ridge! 8/10

pierre391

Suivre son activité 0 abonné Lire ses 3 critiques

4,0Très bien
Publiée le 13/09/2015

Une grande finesse. Un producteur noir américain (Forest Whitaker) qui produit le premier long d'une réalisatrice chinoise (Chloé Zhao) sur une tribu Lakota dans le sud Dakota, le résultat est universel.

ninilechat

Suivre son activité 37 abonnés Lire ses 475 critiques

4,5Excellent
Publiée le 13/09/2015

Quand une jeune chinoise fait un film sur les native americans, on se dit qu'on va avoir un éclairage original.... on est intrigué. Ben non! En fait, ce film aurait pu être réalisé par Terrence Malick.... prenez un cinéphile, cachez le générique, montrez lui le film, il sera persuadé d'être en face d'un inédit de Terrence Malick.... (vu la personnalité du monsieur, il a peut être des inédits dans ses cartons, pas vrai?) Mêmes plans larges qui magnifient l'image, même omniprésence du paysage et des animaux (si insolites dans la scène d'ouverture du film!), même lumière souvent -même si ici, ce paysage du Dakota du Sud est plutôt désolé, à part les spectaculaires badlands -et au moment même où j'écris cette phrase il me revient que Badlands, c'est le titre d'un des films du grand Malick! Enfin, même goût pour les scènes si peu bavardes qu'elles en deviennent presque elliptiques. Pour une petite chinoise débutante, c'est un sacré parrainage, non? Chloé Zhao, vous avez un bel avenir devant vous! C'est donc la vie, pas rose mais à laquelle ils semblent tous s'être accoutumés, de la réserve Sioux Oglala de Pine Ridge, vue à travers les yeux à la fois enfantins et déjà blasés de la petite Jashaun (la ravissante Jashaun St John). Son père vient de mourir; mais à vrai dire, elle avait peu de relations avec ce père, même si elle porte son nom, grand cavalier de rodéo mais aussi grand cavaleur qui avait neuf femmes et une tripotée d'enfants, lesquels se retrouvent autour du feu et se découvrent, pour les obsèques paternelles.... Jashaun adore son frère ainé (le plus grand est en prison...), Johnny (John Reddy), avec qui elle a une belle complicité, mais Johnny qui vient de terminer le lycée va partir à Los Angeles avec sa fiancée Aurélia (Taysha Fuller). Alors que ses camarades ne se projettent que dans une vie toute tracée -avoir un ranch et monter des taureaux sauvages-, Johnny veut devenir boxeur, et vivre à la ville.... Il est à l'âge où on rêve. Et à Pine Ridge, il n'y a pas de place pour le rêve. Juste la réalité d'un monde déshérité. En attendant, il gagne de l'argent en approvisionnant la communauté en bières et en vodka, puisque comme dans presque toutes les réserves, l'alcool est interdit. Et quand on voit le triste état de cette population qui survit tant bien que mal, au bord de la misère -en plus ils font passer l'alcool avec pas mal de joints...- on en mesure très bien les ravages. Pourquoi les communautés indiennes supportent elles beaucoup plus mal l'alcool que d'autres? Mystères de la génétique sans doute..... Jashaun passe au milieu de tout cela avec son mélange d'innocence et de curiosité; le vieux Travis (Travis Lone Hill), le tatoueur qui vient de sortir de prison, lui même dessiné des pieds à la tête, qui est aussi couturier et brodeur, lui a promis une belle robe de pow wow.... Il est sûr que dans cette société, même si elle est déliquescente, on ne fera jamais de mal à un enfant. Le chiffre sept est magique pour les indiens: Sitting Bull avait dit qu'à la septième génération, le monde serait régénéré. Eh bien, cette septième génération, c'est justement celle de Jashaun! Car s'ils sont chrétiens, en même temps ils n'ont rien perdu de leurs anciennes croyances. Il ne se passe pas grand chose dans ce qui est presque un documentaire -et pourtant c'est absolument envoûtant. Je me garderai donc bien d'écrire: allez y à tous prix! car je sais très bien que ce cinéma peut paraître carrément barbant pour certains. Disons que pour mériter ce film, il faut aimer les grands espaces, le cinéma contemplatif, mais aussi l'ethnologie et avoir gardé une fascination d'enfant pour les Indiens d'Amérique. On connait leur triste sort, à l'heure actuelle, si on en excepte les Navajos qui ont très bien su rentabiliser leurs coutumes -au point de verser dans le mercantilisme culturel, comme à Monument Valley où notre accompagnateur équestre Navajo se croyait obligé d'entonner un chant sacré... (suscitant chez nous la gêne plus qu'autre chose) Mais voilà, ici on est chez les Sioux, et ils n'ont pas le même bon sens -ou sens du commerce. Pourtant la fin ouvre vers l'espoir -elle la porte, sa belle robe de pow wow, la petite Jashaun! Peut être la septième génération va t-elle relever la tête? Chloé Zhao a passé quatre ans dans cette réserve pour réaliser son film. Je me pose une question: ne serait -elle pas elle même originaire d'une minorité? Je n'ai pas l'impression que Zhao soit un patronyme Han. Ce qui expliquerait très bien son intérêt pour les minorités anciennes, comme les Hmongs par exemple vivaient en Chine avant l'extension des Han....

Fidelou

Suivre son activité 28 abonnés Lire ses 290 critiques

3,5Bien
Publiée le 11/09/2015

Coincée entre montagnes rocheuses et plaines arides, Pine Ridge est l’une des sept réserves d’indiens du Dakota du sud, dans le Midwest des Etats-Unis. Minée par un chômage record, la drogue et surtout l’alcool, les Sioux d’aujourd’hui y jouissent d’une liberté relative, puisque là-bas, il s’agit surtout de survivre. Pendant quatre ans, la réalisatrice Chloé Zhao s’est immergée dans une communauté. Elle en a tiré une histoire simple, à peine teintée de fiction, avec les Nakotas pour acteurs. Après avoir perdu leur père dans l’incendie de leur maison, Johnny, 17 ans, et sa sœur, Jashaun, 12 ans, sont aussi désemparés que les adultes. Mais eux, ont encore des rêves. En attendant de pouvoir suivre sa copine à Los Angeles, l’ainé joue les « bootleggers », en se mêlant des trafics d’alcool. Il boxe et envie les rodéos avec les taureaux. Sa sœur pose un regard bienveillant sur la violence environnante. Elle a gardé le goût de la liberté, de la nature et des chevaux sauvages et le costume de ses ancêtres lui va si bien… « Comment quitte-t-on le seul endroit qu’on ait jamais connu », s’interroge la réalisatrice. Sitting Bull prédisait que les Sioux reconquéraient leur liberté à la 7° génération, celle de Johnny et Jashaun. Le compte n’est pas encore bon. En attendant, le film de Chloé Zhao est super-attachant. Pour le regard aimant posé sur les aliénations qu’elle montre. Pour son choix d’une chronique tendre et réaliste plutôt que dénonciatrice. Et si le rythme est parfois un peu paresseux et le scénario minimal, le résultat est magnifique. Il faut se souvenir des chansons de son enfance…

http://fidelou.over-blog.com

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