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Les Délices de Tokyo
note moyenne
4,3
1684 notes dont 140 critiques
19% (27 critiques)
51% (71 critiques)
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Votre avis sur Les Délices de Tokyo ?

140 critiques spectateurs

poet75

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4,0
Publiée le 01/02/2016
Heureusement que, de temps à autre, quelques collégiennes sortant d'un établissement voisin viennent égayer son échoppe, sans quoi les journées y seraient bien mornes. Sentaro, le gérant du commerce, porte l'ennui sur son visage. Il y fabrique et il y vend, comme il peut, des dorayakis, spécialité japonaise qui se compose de deux petites crêpes fourrées à la crème de haricots rouges confits. Mais tout change ou s'apprête à changer, le jour où passe par là une vieille dame un peu lunaire et tout absorbée par les émerveillements que suscitent chez elle les beautés simples du monde. Elle s'appelle Tokue et, voyant sur une affiche que Sentaro est à la recherche d'une aide, elle propose ses services : la crème de haricots rouges, elle la fait mieux que personne ! spoiler: D'abord rétif, Sentaro, après avoir goûté un échantillon du savoir-faire de Tokue, se laisse convaincre et l'engage. Grand bien lui prend : les dorayakis sans saveur laissent place à de merveilleux petits délices qui ont tôt fait d'attirer des ribambelles de clients. C'est vrai, Tokue n'a pas son pareil pour fabriquer sa pâte de haricots rouges et tout le monde est sous le charme ! Tout le monde, sauf la patronne du commerce, qui vient de temps à autre y faire sa visite. Car « Les Délices de Tokyo » n'est pas seulement un gentil film culinaire, mais bien plus que cela. Une anomalie, pourrait-on dire, n'a pas échappé à la patronne : c'est l'aspect qu'ont les mains et les doigts de Tokue. Celle-ci d'ailleurs n'en avait pas fait mystère : dès son engagement, elle avait signifié à Sentaro qu'elle pouvait avoir quelques difficultés à se servir de ses doigts, suite à une maladie contractée dans sa jeunesse. Et, de fait, elle en porte les stigmates : ses mains sont tachées et ses doigts déformés. Ces signes-là, nous les connaissons, ce sont ceux de la lèpre. Tokue en est guérie depuis longtemps, mais les marques restent et elles suffisent à effrayer. Au Japon, comme partout dans le monde, là où sévit cette maladie, on excluait les malades de la société. Certes, on ne les reléguait pas sur une île comme aux Hawaï du temps de saint Damien, mais on les confinait dans une léproserie d'où il leur était interdit de sortir. Une loi datant de 1907 préconisait leur internement forcé, loi qui n'a été abolie qu'en 1996 ! Et aujourd'hui encore, affirme la réalisatrice dans une interview, et même si l'Etat offre des indemnités aux malades ou aux anciens malades, les discriminations subsistent. La lèpre fait encore peur, nous rappelle ce film, ou, en tout cas, elle fait peur à certains. D'autres, heureusement, n'en restent pas aux apparences. Dans « Les Délices de Tokyo », ce sont les blessés de la vie, ceux qui vivent ou ont vécu des épreuves, qui regardent non pas seulement avec les yeux mais avec le cœur. Sentaro, le gérant du commerce de dorayakis, cache lui aussi son douloureux secret. De même que Wakana, une des collégiennes qui s'y donnent volontiers rendez-vous, et dont la situation familale n'est pas des plus aisées. Ce sont eux qui non seulement acceptent Tokue, mais pratiquent une sorte de communion de cœur et d'esprit avec elle. Ce sont eux qui lui seront fidèles jusqu'au bout, sans crainte de quoi que ce soit. Car des trésors de sensibilité, d'émotion et de poésie se dévoilent dans ce film aux airs de petite œuvre qui risque de passer inaperçue. Ce serait bien dommage. La vérité, c'est qu'on a affaire à une superbe réalisation et à de très bons acteurs. Et les spectateurs qui l'auront vue ne l'oublieront pas de si tôt ! 8,5/10
Anne M.

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4,0
Publiée le 31/01/2016
Davantage qu’un film culinaire, c’est l’histoire de rencontres : trois personnes avec leurs blessures, dont deux avec une vie cabossée. L’amitié se joue autour de la transmission d’une recette et s’épanouit grâce à un ingrédient secret : la tolérance. Film délicat avec de la tristesse , qui avance selon le rythme de la floraison des cerisiers, qui trouve de la chaleur dans les liens entre les personnes.
Extremagic

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4,0
Publiée le 31/01/2016
De Kawase je n'avais vu que Still the Water sur lequel j'étais resté mitigé, sûrement en le revoyant je l'apprécierai d'autant plus mais ce Délices de Tokyo (quel traduction pourrie tellement ça suinte la naïveté) c'est vraiment de la frappe. Bon évidemment j'adore le Japon, j'adore les sakuras, j'adore la bouffe japonaise alors forcément je suis servi. Mais alors je tiens à la dire tout de même que ça va bien au-delà de ça. Déjà j'aime l'approche stylistique de Kawase concernant l'attribution du style documentaire à la fiction, de se montrer très intimiste, avec des silences, un certain didactisme, des gros plans sur les personnages en train de faire leur quotidien. J'adore ! Et puis ensuite c'est aussi une manière de filmer la nature, pas aussi bien que d'autres certes, elle se débrouille mieux avec ses personnages, mais s'en dégage un certain charme tout de même et puis elle sait choisir ses lieux. Du coup on a des personnages attachants, qui évoluent, avec de simples conflits et c'est beau, c'est vrai, c'est sincère. Maintenant le film ne se limite pas qu'à ça, ici on a une réelle philosophie qui s'en dégage et j'adhère à celle-ci à 200%, il y a plein de phrases magnifiques dans le film. Déjà au niveau de la nourriture, de la cuisine. Je l'ai toujours revendiqué comme tel mais bien que les frenchies soient très fier de leur réputation culinaire (à juste titre) ce qui n'en fait pas un art comme au Japon c'est qu'on ne prend en compte que la présentation et la qualité gustative, or au Japon c'est aussi la manière de faire et de manger qui importe et s'accompagne d'une réelle philosophie, et ici ça transparait très bien. Et puis c'est un film sur le lègue, sur la transmission, sur la tradition, loin du pitoyable modernisme occidental. Disons que le film traite de différents sujets comme ceux-ci, pareil pour la conversation avec la nature, le poids du destin, c'est pas donné à tout le monde de comprendre ça, il s'agit de ne pas avoir oublié qui nous sommes. Pour les scènes marquantes je dirais qu'elles le sont toutes, mais vraiment j'ai failli fondre en larmes lorsqu'ils viennent voir la grand-mère et qu'elle leur offre à manger et que le type se met à pleurer. C'est tellement beau, c'est tellement fort, en plus ce personnage est magnifique, l'acteur est excellent il arrive vraiment à faire transparaître la tristesse de son âme à l'écran. J'ai la larme à l'oeil rien que d'y penser. Et si je dois faire une seule remarque au film, je lui reprocherais de ne pas savoir se finir, ça dure beaucoup trop longtemps sur la fin, on avait pas besoin de tout ça bien que ce soit beau et émouvant, on avait pas besoin de savoir d'où venait ce type, des messages laissés par la grand-mère, parce qu'on savait déjà tout ça, je veux dire c'était montré, ça transparaissait à travers les personnages et on avait pas besoin de nous l'expliquer. Aussi je dois souligner que c'est triste parce que c'est beau et c'est pas larmoyant, on évacue tout le pathos, on met pas de la musique bien lourde, ici ça se fait dans le silence, dans la sobriété et c'est forcément plus intense, nombre de médiocres faiseurs de films devraient en prendre de la graine, s'ils en sont capables. Après même si toute la dernière partie était de trop on peut clairement dire qu'elle est belle, et qu'elle sait relancer son intrigue de manière pertinente et jamais abusive. Du coup ça en fait un excellent film, un drame aux antipodes de toutes ces étrons indigestes à oscars qui veulent à tout pris nous faire chouiner.
Le cinéphile

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3,5
Publiée le 28/01/2016
Un film touchant et intelligent, belle réflexion du relationnel entre génération, du temps qui passe et de la marginalisation intempestive. http://www.justfocus.fr/cinema/critique-les-delices-de-tokyo-de-naomi-kawase.html
Loïck G.

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4,0
Publiée le 25/01/2016
L’histoire d’une amitié entre une vieille femme qui après avoir purgé des années d’enfermement pour une maladie aujourd’hui reconnue et un jeune cuisinier à qui elle va confier son secret de fabrique. C’est une passation des plus poétiques, même si la méchanceté quotidienne va peu à peu jeter son venin et distiller une rumeur tout aussi méchante. Naomi Kawase n’en fait pas des tonnes pour évoquer cette exclusion qui nous ramène aussi bien aux premières années du Sida qu’aux conséquences dramatiques d’Hiroshima. Ce n’est même pas suggéré mais le ton est si subtil, d’une si grande finesse que le propos va bien au-delà des mots qu’il prononce. Pour en savoir plus
Jeremy M

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5,0
Publiée le 04/02/2016
Tout d'abord il s'agit du premier film que je vois du réalisateur. Aussi j'ai eu la chance d'avoir voir ce film sans même avoir lu le synopsis. J'étais tombé sur une critique (le jour de sa sortie c'était la seule) d'une personne qui avait écrit "fermez tout et allez vous offrir un moment de plaisir".Et je me rends compte maintenant que, bien que l'envie d'écrire une critique long comme mon bras me démange, mais pour ne pas gâcher une once de plaisir à ceux qui ne l'ont pas vu, je ne dirais rien. Bon allez, un petit truc quand même: les délices de tokyo est un mille feuille.
Daniel C.

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4,5
Publiée le 06/03/2016
Quelle subtilité, quelle finesse se dégagent de ce magnifique film ! On traverse la complexité des personnages sans que cela se dise durant une bonne partie du film. Un hymne au désir, à la liberté et à l'aliénation, une ode culinaire, où le délicieux peut céder le pas à la croyance. Si le succès peut venir à passer, l'expérience de vie elle, peut s'avérer déterminante. Les passeurs, ce sont ceux qui transmettent ce goût de vivre, cette soif d'apprendre et d'entreprendre. Pour oser s'affirmer, quelques détours sont parfois nécessaires. Epreuves de vie, dont on ne ressort pas indemne... Allez voir ce savoureux film plein de sensibilité, de tact et finalement d'audace.
Bruno B

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4,5
Publiée le 05/03/2016
Superbe ! Tendre, délicat, subtil, ... Merveilleux moment de cinéma. Dans un décors minimaliste, avec peu d'acteurs, le film arrive pourtant à nous emmener dans la complexité des relations interpersonnellex au Japon.
tixou0

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3,5
Publiée le 03/03/2016
C'est l'histoire de trois solitudes qui entrent en familiarité, dans un quartier de la capitale nippone : celle du tenancier quadra d'une échoppe (en location-gérance) où l'on vend "Les Délices de Tokyo" (faits de pâte "An" - le titre original du film), celle d'une vieille dame experte en haricots rouges confits (ceux dont on fourre les "Délices"), qui offre ses services au premier, celle aussi d'une collégienne, qui hésite à continuer ses études, au lycée, et offre également d'aider le commerçant. La vieille dame a l'âge d'être la mère de ce dernier, l'ado pourrait être sa petite-fille. Le seul ami de la jeune fille est un canari, menacé par l'interdiction d'avoir le moindre animal de compagnie en appartement, l'homme a un passé de violence l'ayant conduit en prison, et l'aïeule porte sur ses mains déformées les stigmates d'une cruelle affection, l'ayant frappée très jeune.... On saisit ces trois destins entre deux floraisons des cerisiers, très nombreux près de la petite boutique. Voilà un matériau scénaristique plutôt lourd à manipuler (nonobstant le vent dans les branches, et la pâte qui lève..) ! Mais nous sommes au Japon, et l'affaire se traite à l'écran, tout en n'excluant nullement la plus grande précision et le plus total réalisme, avec une grande délicatesse dans la manière - par petites touches (et beaucoup de sous-entendus, et ellipses) - l'art de l'estampe.... En (net) bémol : une gestion du temps (début interminable ; fin précipitée ; séquences pas toujours bien découpées) assez maladroite.
kinophil

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3,0
Publiée le 22/02/2016
Ce film d'une grande délicatesse sur la solitude, la tolérance, le respect des anciens, la transmission du savoir et du goût, raconte la rencontre de deux personnages qui cachent un lourd secret : le patron d'une échoppe de dorayakis (pancakes fourrés à la confiture de haricots rouges), solitaire, revêche et mutique, et une adorable mamie pleine de fantaisie et de générosité qui vient le seconder. Tout cela sous le regard complice d’une jeune collégienne peu portée sur les études, qui égaie dans cette boutique ses journées solitaires, et aimerait s'y faire un peu d’argent de poche en aidant, elle aussi. On retrouve dans ce film de Kawase à vocation plus grand public que les précédents, plusieurs des thèmes qui font son cinéma, traités ici en mode mineur : la beauté de la nature, (les cerisiers en fleurs -ou pas- omniprésents), les secrets de famille, les récits de deuil, l'attention aux riens de la vie... Ce conte philosophique est plutôt plaisant, mais frôle parfois l'ennui, faute d'un scénario plus consistant et d'un manque d'approfondissement des personnages. Le film a l'intérêt de rappeler les problèmes concernant la place donnée aux malades au Japon, et en particulier l’exclusion dont furent victimes les lépreux d’après-guerre.
mazou31

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4,0
Publiée le 19/02/2016
Ce n’est non point un beau film mais un joli film, plein de poésie, de délicatesse. Une histoire tout en douceur, parfois zébrée par la dureté de la société (les collégiennes stupides, la patronne mielleuse mais redoutable, l’asile-léproserie). On y côtoie de jolies valeurs humaines, de l’animisme et la science extrême de la cuisine japonaise où même jeter une pincée de sel demande du savoir-faire ! Des valeurs sûres interprètent remarquablement le film, les images de nature sont sublimes, celles de la ville volontairement hideuses. On sort de là sur un nuage de félicité alors qu’il ne s’est rien passé !
Domnique T

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4,5
Publiée le 19/02/2016
Voilà un film à la profondeur rare et subtile sur la richesse de la transmission entre générations : Sentaro, trentenaire alcolo/paumé/désabusé/gérant de gargote, Tokue septuagénaire solaire aux dons culinaires extraordinaires mais aux mains abimées et une collégienne rêveuse. Semblable à un mets raffiné, ce film fait la part belle au goût, à la saveur. C’est un régal de voir cette vieille dame transmettre ses secrets de fabrications de haricots rouges confits ! Dans le local exigu le cinéaste nous laisse pénétrer dans l’intimité de cet apprentissage soigneux. Si les aliments pouvaient parler, ils nous apprendraient les vertus de la patience, de l’effort. Toutes ces métaphores pour nous transmettre la saveur de l’espoir, du respect de soi et de l’autre. Et c’est ainsi que l’on voit le taciturne Sentaro retrouver de l’enthousiasme dans sa tâche ingrate. Avant d’être confronté à la cruauté du jugement collectif, à la rumeur. Et c’est encore la sagesse de Tokue, son supplément d’âme, qui l’aidera à surmonter ses fardeaux pour investir un chemin de vie plus apaisé.
Francesco F.

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5,0
Publiée le 18/02/2016
Génial !!! À voir absolument ! Plein de poésie, d'affection et d'amour... Sans compter la culture japonaise ! Plus que bien !
Folkling

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4,5
Publiée le 16/02/2016
Une très beau au rythme particulier qui attire l'attention sur un épisode méconnu de l'histoire japonaise en utilisant le prétexte de la cuisine.
Saveurs-sovietik

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4,0
Publiée le 14/02/2016
J'aime de plus en plus le cinema japonais. Il est plaisant d'être plongé dans l'heure culture sans forcement que ce soit "manga" ! Mais les délices de tokyo est un vrai bonheur a regarder, meme si en regardant les bande annonce je m'attendais a quelque chose de plus joyeux; ce film est doux et attendrissant sans être cul cul la praline. Je recommande ce futur classique du cinema japonais.
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