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    La Marcheuse
    note moyenne
    3,3
    110 notes dont 20 critiques
    15% (3 critiques)
    45% (9 critiques)
    15% (3 critiques)
    20% (4 critiques)
    5% (1 critique)
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    20 critiques spectateurs

    pierre72
    pierre72

    Suivre son activité 93 abonnés Lire ses 164 critiques

    4,0
    Publiée le 3 février 2016
    Lin marche fièrement dans la vie. C'est une battante. Elle avance dans sa difficile vie de sans papier avec détermination. Logée gratuitement chez un riche vieux monsieur grabataire, chez qui elle fait fonction d'aide à domicile, elle arpente cependant les trottoirs pour monnayer son corps. Une partie de cet argent durement récolté sera envoyé à ses parents restés en Chine, le reste servant à vivre et surtout à l'éducation de sa fille de 14 ans. Raconté comme cela, il n'est pas certain que ce joli premier film fasse envie. Pourtant, il s'agit d'un formidable portrait de femme, suivie par un vrai regard empathique et surtout sans jugement, d'un cinéaste parfaitement en prise avec son époque. Situé dans un Paris ni magnifié ni assombri, juste on ne peut plus réel, le film n'a aucun mal à happer le spectateur car il utilise habilement en toile de fond cette triste réalité d'une étrangère qui survit comme elle peut, pour dérouler une intrigue prenante façon thriller. Apparaît ainsi, dans un huis clos assez oppressant, un homme en fuite assez inquiétant qui, se réfugiant dans l'appartement du vieil homme, essaie de manipuler mère et fille. C'est dans le déroulement de son histoire que Naël Marandin se révèle aussi habile que vraiment fin observateur de l'humain. Alors que l'on pensait s'engager dans un déroulé binaire, les bons contre les méchants, les personnages évoluent, se défendent comme ils peuvent et deviennent plus complexes, dévoilant certaines facettes qui rendent le récit d'autant plus réaliste. Sans jamais se départir de son regard objectif, l'histoire prend de la profondeur, oscillant constamment entre réalisme et fiction, nouant les protagoniste dans une histoire plus complexe qu'il n'y paraît et prenant des directions inattendues. La fin sur le blog
    Sandrine S.
    Sandrine S.

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    5,0
    Publiée le 13 février 2016
    J'ai adoré !!! Un très beau portrait de femme(s). La preuve que les immigré(e)s asiatiques ne sont pas mieux lotis, ni mieux considérés, ni mieux traités, ni plus chanceux que tous les autres immigrés en France. La preuve aussi que les "autorités" savent et se servent gratuitement de ces personnes là. La qualité d'interprétation des actrices vaut largement celle de certaines actrices connues. Alors, pourquoi ce magnifique film n'est distribué que dans 2 salles parisiennes ? Mystère et boule de gum... Courez vite le voir en ce week-end pluvieux avant qu'il ne disparaisse de l'affiche !
    Fidelou
    Fidelou

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    3,0
    Publiée le 4 février 2016
    La belle Lin vit à Belleville. C’est une clandestine chinoise. Avec sa fille ado, elle partage l’appartement d’un vieux monsieur à qui elle sert en échange d’auxiliaire de vie. Pour arrondir ses fins de mois, elle fait aussi quelques passes dans le quartier. Leur vie bascule quand un voisin fait irruption chez elle, le visage en sang. Le premier secours se transforme vite en hébergement forcé. Car l’intrus n’est pas commode. Lin est pourtant prête à lui racheter sa dette contre un mariage blanc… Une « longue marche » attend Lin. Et sa révolution à elle, sera de se libérer des chaines de de la clandestinité et de l’illégalité. Et sa jolie Cerise ne l’y aide pas toujours. Dans ce qui ressemble à une sorte de huis clos dans l’appartement, l’air devient vite assez étouffant. Le scénario a beau être original, les scènes s’y succèdent pourtant de façon un peu répétitive, sans que l’intrigue ne progresse vers un objectif identifiable Le jeune réalisateur, Naël Marandin, passé par la Chine… et par les Ateliers d’Angers, dit qu’il a voulu faire partager une aventure humaine, davantage qu’une découverte d’un autre monde. De ce point de vue, le pari est gagné. Mais le début de son film est un peu lent et la tonalité d’ensemble assez sombre. Quant au personnage de Lin, femme forte et fragile, il est remarquablement interprété par Qiu Lan, tout en ténacité et en douceur.
    Daniel C.
    Daniel C.

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    4,0
    Publiée le 6 février 2016
    Ce film restitue l'atmosphère de la culture chinoise. Parfois, ce sont les regards qui disent plus que les mots. Qiu Lan est émouvante dans son engagement dans le personnage. La perception qu'ont les chinoises des hommes, la précarité de leurs conditions de vie, la solidarité entre prostituées, tout cela est exposé avec justesse. La question du désir, des corps qui se rencontrent, des rapports de pouvoir, de domination, de brutalité aussi, sont au coeur de ce film. Le lien mère-fille, avec ses enjeux de complicité et de rivalité parfois traverse cette histoire. Voici un beau film à découvrir...
    jean-marie M.
    jean-marie M.

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    4,5
    Publiée le 13 février 2016
    La marcheuse est un film éminemment romanesque. Il raconte une histoire. Cette histoire, c’est celle de Lin, mère chinoise sans papier dans le Paris contemporain, de sa fille Cerise, adolescente qui va au collège et qui se comporte comme une collégienne dans un collège parisien et d’un voisin, Daniel, petite frappe assez paumé. Trois personnages à la fois contraints par leur condition sociale et totalement imprédictibles. C’est une des forces de La marcheuse que de laisser à chacun des protagonistes sa liberté d’être humain partagé entre les nécessités, ses désirs, ses faiblesses et un irrésistible appétit de s’en sortir coûte que coûte. Si on peut qualifier le film de thriller, c’est certes parce que les protagonistes risquent de se faire « tailler » s’ils ne respectent pas le contrat (et en plus de se faire reconduire à la frontière pour ceux qui n’ont pas les sacro-saints papiers), mais c’est surtout parce qu’on ne sait jamais quel choix ils vont faire face aux événements qui s’imposent à eux ou bien qu’ils suscitent. Le suspense dure jusqu’à la fin et la fin est celle d’une tragédie classique : le stratagème qui devait sauver Lin capote et le coup vient du personnage dont Lin ne pouvait pas se méfier et que le spectateur ne pouvait soupçonner : le personnage que l’on aime par dessus tout. L’autre force de La marcheuse, c’est de faire vivre les personnages dans un Belleville contemporain dépeint avec précision et justesse. On parle parfois de force documentaire, mais c’est oublier que les meilleurs romanciers sont quasiment toujours les meilleurs historiens de la société où ils situent leur intrigue (c’est ce que Marx disait de Balzac). Lin n’avait pas d’autre solution que de se prostituer. Le film la montre battre le trottoir sans pathos ni voyeurisme. Il n’y a d’émotion que lorsque les marcheuses se retrouvent pour bavarder, se défendre ou faire la fête à l’occasion d’un anniversaire. La Marcheuse est romanesque, mais c’est surtout un film. Le filmage est sans esbroufe, fluide, empathique : la caméra accompagne les personnes sans les surplomber ni les envahir. Les inflexions de l’intrigue s’écrivent dans les détails qu’elle surprend : la direction d’un regard, les nuances d’un sourire, ou simplement un port de tête. Les scènes d’intérieur se déroulent dans un camaïeu mordoré qui est celui de la demeure fanée du vieil homme qui héberge la tragédie, et la couleur d’une mélancolie tranquille et élégante qui met à distance la banalité du mal.
    ninilechat
    ninilechat

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    4,0
    Publiée le 14 février 2016
    Le jeune réalisateur, jusqu'à présent comédien, Naël Marandin, s'intéresse à celles que l'on appelle "les marcheuses de Belleville", puisque c'est dans ce quartier à forte présence chinoise que l'on peut les croiser. Elles n'ont pas de macs; elles sont venues pour envoyer de l'argent à leur famille... L'héroïne, Lin Ayiu (Qiu Lan), après la fermeture de l'usine où elle travaillait et la disparition de son mari a suivi comme bonne une riche famille de Chinois du Sud; comme ceux ci n'aiment pas les Chinois du Nord, ils n'ont aucun scrupule à les exploiter.... Son salaire ne lui permettant pas de faire venir sa fille, elle s'est retrouvée sur le trottoir. 50€ avec capote. Pour tenir il y a la solidarité entre filles. Elles rient entre elles, se moquent de leurs clients, se retrouvent pour boire un coup ou faire un karaoké.... La plupart d'entre elles occupent une sorte de dortoir dans un immeuble; Lin, elle, est logée avec sa fille chez un vieux monsieur impotent et incontinent (Philippe Laudenbach) dont elle s'occupe intégralement, seule, en échange de quoi la famille lui assure "généreusement" le gite.... quand la petite Cerise (Louise Chen) est au collège, sa mère fait quelques passes. Cerise doit surtout ne jamais traîner dans la rue; Lin la voit toujours comme une petite fille alors qu'elle entame le dangereux virage de l'adolescence. Les filles ont un rêve en commun: séduire suffisamment un client pour qu'il promette le mariage! (bon, de la promesse à l'acte...); ou séduire un flic, garantie de protection! Mais le courant, c'est le type qui devient menaçant, une fois l'affaire faite; qui au dernier moment refuse la capote; qui abandonne la fille au milieu de nulle part. C'est le côté très intéressant du film, cet aspect reportage; Naël Marandin connait bien le milieu! Un jour, débarque dans le vieil appartement tortueux et défraichi un type tatoué, débraillé et menaçant (Yannick Choirat), qui habitait en face, et manifestement, on veut lui faire la peau. Un type pas net, mêlé à des affaires pas nettes; une crapule aux prises avec d'autres crapules. Et dans la tête de Lin, qui ne voit pas de solution (en parler à la famille, ils la mettront dehors; en parler aux flics.... pas question), germe une idée: il la tient, par la peur; mais d'un autre côté il est aussi à sa merci. Elle lui propose un deal: elle se débrouille pour trouver la somme qu'il doit à ses poursuivants et, en échange, il l'épouse. Des papiers, enfin! Bon, vous verrez la suite. Ce n'est pas un chef d'œuvre du cinéma; c'est un petit film, très court d'ailleurs, mais c'est un film intéressant. Un film social, mais sans pathos ni gnangnan. Tous les protagonistes sont justes, bien dessinés. Donc dans la catégorie des films à voir.
    Corentin L.
    Corentin L.

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    5,0
    Publiée le 27 janvier 2016
    Vu au festival Premiers Plans d'Angers: un très beau film qui nous immerge dans la vie d'une marcheuse de Belleville. Le film tout en tension nous offre quelques moments de respirations, de petites joies qui nous rendent ces femmes d'autant plus attachantes qu'ils nous parlent de leurs espoirs, leurs rêves. La mise en scène est sans esbroufe, efficace, nerveuse quand il faut (une scène d'amour "animale" très réussie) et laisse s'épanouir à l'écran le jeu subtile des comédiennes non professionnelles. À voir!!!
    Marj. J.
    Marj. J.

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    4,0
    Publiée le 25 février 2016
    Si je ne connaissais pas plus ou moins cette communauté de femmes, je serais attirée par l’histoire sombre de cette marcheuse, Lin, dans le quartier sordide de Belleville. Enfin nous avons devant nous un film français qui ne raconte pas l’histoire d’un homme, d’un blanc ou d’un bourgeois. Mais, connaissant un peu leur situation, je n’aurais pas été attirée par un simple documentaire. C’est le fait que ce soit une fiction qui m’a plu, car seule une fiction permet d'avoir une liberté totale pour aborder ce sujet sensible. Comment fait-on pour vivre ? Comment apprendre à survivre quand on n’a presque rien, sauf des dettes, de la famille à l’autre bout du monde et une fille adolescente rebelle à sa charge ? Autant de questions posées de manière sous-jacente dans le film, autour de la vie de Lin Aiyu, personnage principal magistralement interprété par Qiu Lan. Les trois personnages principaux sont liés entre eux par les difficultés de la vie. La reconnaissance, l'appât du gain, l’attirance et la séduction réciproques s’entremêlent. Lin couche avec l'homme pour ne pas qu'il la quitte, et revient toujours dans ses bras par (peut-être) peur de la solitude. Cerise, sa fille de 14 ans, pour échapper à la morosité de sa chambre, cherche de façon maladroite à séduire l’homme pour quitte la maison. L’homme, Daniel, pour laisser la femme s'acquitter de sa dette, accepte sa demande en mariage. De plus, il est séduit par tout ce qui se dégage de cette femme hors du commun. Je pense que dans cette histoire, il n'y a pas de jugement manichéen, pas de morale nous disant qui a raison et qui a tort. Car, dans la réalité, nous n'avons pas la liberté suffisante pour vivre la vie dont nous rêvons. Nous sommes toujours entravés par nos erreurs passées ou par la cruauté de la vie. Ce que l'on désire obtenir, il faut le partager. Certaines scènes, certains dialogues resteront gravés dans notre mémoire. Quand elles participent au karaoké, les femmes expriment de véritables sentiments. On est profondément touché par l'ambiance. Le choix des costumes est adapté aux différents personnages et correspond tout à fait à ce que portent les femmes dans la vraie vie. La profondeur des sentiments, la force des attirances et l’ambition des thèmes psychosociologiques abordés nous donnent à réfléchir. Les couleurs utilisées dans les différents décors du film sont tout simplement sublimes. L'obscurité et le climat angoissant de la chambre sont parfaitement rendus par le choix des couleurs. Bravo Naël Marandin pour cette perle précieuse, ce premier long métrage qui nous a littéralement enchanté.
    Jmartine
    Jmartine

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    3,0
    Publiée le 9 février 2016
    Levons d’abord une équivoque…la prostitution n'est pas vraiment le sujet du film...le réalisateur Naël Marandin a vécu en Chine, il a été volontaire dans le bus de Médecins du Monde sur des lieux de prostitution…A quelques pages de la présentation que faisait le Monde du film on pouvait trouver un excellent article de Florence Aubenas intitulé Belleville extérieur nuit, qui évoquait la situation de ces chinoises qui arpentent le boulevard de Belleville, et qui dressait un parallèle avec le film…Ces prostituées aux allures de tantes de province , fagotées dans des habits bon marché considérées comme des prolétaires du trottoir, victimes des sévères restructuration des immenses complexes d’état de la Chine du Nord Est, ne sont pas les prostituées plutôt jeunes et jolies du film…Naël Marandin en présente une image édulcorée, une prostitution soit disant libre sans proxénètes, avec des moments de paix et de fête, mais avec quand même une dette à rembourser ou une famille à soutenir au pays…La prostitution est incidente au véritable sujet du film, la vie d’une émigrée sans papier, avec une jeune adolescente de fille qui a trouvé le gite chez un vieux monsieur, vieillard impotent, magistralement interprété par Philippe Laudenbach, en contre partie d’un travail de garde malade, non payé…Lin est une immigrée clandestine venue du Dongbei et qui s’est construit une économie de survie dont la prostitution est un élément. Elle a connu à son arrivée le mépris et l’exploitation de la diaspora chinoise, anciennement installée, en majorité Whenshou, et qui tient tous les commerces. Dans ce grand appartement arrive brusquement un homme violent traqué par des prêteurs sur gages et se noue alors un étrange jeu plus ou moins inquiétant entre cet homme, la mère et la fille en prise aux premiers émois érotiques…Lin pense offrir un marché à cet homme, en lui proposant un mariage blanc contre l’endossement de sa dette…Il en sera autrement…Loin de tout misérabilisme, Naël Marandin , malgré une intrigue somme toute assez mince et dont certains rebondissements paraissent trop artificiels, dresse un beau portait de femme, pragmatique, battante, farouche, vibrante, toujours en éveil merveilleusement interprétée par Qiu Lan à la beauté singulière…
    dominique P.
    dominique P.

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    4,0
    Publiée le 7 février 2016
    J'ai bien apprécié ce film racontant l'histoire d'une quadragénaire chinoise sans papiers essayant de survivre à Paris avec sa fille adolescente. Elles habitent gratuitement chez un vieux monsieur qui est dépendant. En échange, la quadragénaire s'occupe de ce monsieur (soins, toilettes, repas, ménage). Mais comme elle n'est pas payée elle se prostitue pour gagner facilement de l'argent. Tout va bien si on peut dire jusqu'au jour où un homme poursuivi fait irruption dans l'appartement et elle se voit obligée de le cacher. C'est un drame très intéressant.
    Bulles de Culture
    Bulles de Culture

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    3,0
    Publiée le 10 février 2016
    Si dans cette histoire, chaque personnage a sa propre histoire, La Marcheuse est surtout le prétexte à dépeindre la réalité d’une prostitution chinoise qui ne concerne qu’une partie de la communauté. Et si l’histoire du film ne tient pas sur la longueur, il séduira les amoureux de la Chine et les curieux d’en savoir un peu plus sur une communauté à la fois très présente et très discrète au nord de Paris.
    Mog L.
    Mog L.

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    5,0
    Publiée le 6 février 2016
    « La marcheuse » c’est Lin Aiyu – admirablement jouée par Qiu Lan – une femme clandestine venue de Chine du Sud à Paris dont on découvre progressivement l’histoire. Aux aurores, elle est aide-soignante, ce qui lui permet à peine d’offrir un toit décent à sa fille de 14 ans, Cerise. Le reste du jour, elle se prostitue dans les rues de Belleville avant de redevenir mère à l’heure de la sortie des cours. Son quotidien est bouleversé le jour où le voisin d’en face débarque brutalement et décide d’établir sa planque dans l’appartement du vieil homme qui les héberge toutes les deux. J’aurais aimé que ce film ne se termine pas si vite. Deux longs jours plus tard, j’y pense encore pour tous les sujets abordés : l’adolescence, la vieillesse, le handicap, la clandestinité, la prostitution, la menace constante, la solidarité beaucoup, l’amour un peu, le doute, le courage, l’indifférence… sans jamais tomber dans la caricature, toujours avec beaucoup de sensibilité. Le récit avance en permanence sur un fil, un équilibre délicat permis par des allusions suffisantes pour comprendre de quels dangers il retourne, pour suggérer l’émotion juste, sans jamais entrer dans la démonstration de violence physique. Un simple geste presque banal à priori suffit à traduire la blessure quelle qu’elle soit. Beaucoup encensent, à juste titre, l’actrice principale qui est remarquable. Personnellement, je suis tout autant marquée par les détails, les histoires propres à chacun des autres personnages dits « secondaires » du film : le vieil homme handicapé, son fils et sa famille, Cerise et sa rébellion adolescente, les amies de Lin Aiyu, pétillantes, les flics même et toute l’ambiguïté dont ils font preuve, et Daniel qui reste probablement le plus mystérieux de tous mais pas le moins humain dans ses hésitations. La marcheuse est un film extrêmement riche et humain qui aborde de manière fidèle et documentée un sujet complexe pour le rendre accessible à tous sans le simplifier à outrance. Si je ne vous ai pas encore convaincu, j’ajouterai qu’en plus il est beau visuellement et musicalement !
    cylon86
    cylon86

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    2,0
    Publiée le 6 février 2016
    Lin Aiyu est une clandestine chinoise habitant à Paris. Elle qui est arrivée en France en quête d'une vie meilleure et qui a commencé en tant que nounou dans une famille chinoise de Wenzhou s'est vite tournée vers la prostitution dans les rues de Belleville, comme bon nombre de ses amies. Elle habite donc chez Kieffer, un homme âgé dont elle s'occupe et qui la laisse habiter chez lui avec sa fille Cerise mais pour gagner sa vie, c'est tous les jours qu'elle doit descendre dans la rue. Et puis un jour tout bascule : Daniel, un homme violent et voisin d'en face, s'impose de force chez elle. Il est recherché par des types à qui il doit de l'argent et veut rester dans l'appartement pour se planquer. Aiyu, voyant en cette brute laissant transparaître une certaine fragilité une porte de sortie, lui propose un marché : elle l'aide à rembourser sa dette si il l'épouse, faisant d'elle une citoyenne française. C'est un sujet qui lui tient à cœur que Naël Marandin aborde avec "La Marcheuse". Le réalisateur est un passionné de la Chine, il y a vécu un peu et a travaillé au sein d'associations chinoises à Belleville. Les prostituées, il les connaît bien. C'est donc en connaissance de cause qu'il nous raconte cette histoire. Pas de conte de fées ici, simplement le parcours d'une femme qui veut s'en sortir, quitte à rejeter sa confiance dans les bras d'un voyou fragile mais instable. Elle sera peut-être déçue mais en attendant, il est un problème qu'elle finit par aborder comme une opportunité. Aussi sympathique soit-il, ce Kieffer ne lui donne pas d'argent et elle doit se coltiner les policiers et les clients imprévisibles pour arriver à vivre, dans l'espérance d'un avenir meilleur pour sa fille. A mi-chemin entre le drame et le thriller, "La Marcheuse" a tout de même sacrément du mal à trouver son équilibre. Si l'on excepte le beau portrait de femme de Aiyu, les autres personnages sont trop peu esquissés malgré des nuances que l'on aurait aimé voir explorées. La partie thriller a du mal à fonctionner, notamment parce que ce qui lie Aiyu et Daniel. La veine sociale est mieux exploitée : filmant avec réalisme le quotidien de son personnage, le réalisateur évite de trop taper dans le sordide et préfère laisser certains éléments instaurer une certaine poésie. Parce que tout n'est pas que malheur et misère dans la rue pour ces prostituées (on les voit souvent rire) et qu'il s'agit de nuancer un propos que l'on a tendance à voir trop en sens unique dans le cinéma. Sans misérabilisme et avec justesse, Marandin laisse donc sa Marcheuse déambuler sans trop se bercer d'illusions mais laisse exister cette femme pour ce qu'elle est.
    videaliste
    videaliste

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    2,5
    Publiée le 5 février 2016
    la prostitution chinoise est plutot le background que le sujet traité véritablement. le film oscille entre drame psychologique et le genre thriller. du coup cette aventure au coeur de Belleville ne s'inscrit dans aucun des deux. Si le personnage protagoniste est bien décrit bien interpreté, les autres personnages sont bien faibles. L'attirance de l'ados chinoise pour le male intrus, en guise de sa quête d'identité feminim parait artificielle. La musique du film pourrait être mieux envisagée, dans ce film qui traite de déracinement et de double culture, puisque là on a l'impression d'entendre la playliste des favoris d'un bobo parisien.
    Arthur C.
    Arthur C.

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    1,0
    Publiée le 12 mars 2016
    Derrière un ton neutre de film réaliste, la fictionnalisation pousse, plus encore qu'au misérabilisme, à un fatalisme facile qui contamine toute possibilité de l'émergence d'un moment de grâce.
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