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Le Fils de Saul
note moyenne
3,7
1883 notes dont 262 critiques
23% (60 critiques)
33% (87 critiques)
19% (50 critiques)
13% (35 critiques)
6% (16 critiques)
5% (14 critiques)
Votre avis sur Le Fils de Saul ?

262 critiques spectateurs

Laurent C.
Laurent C.

Suivre son activité 153 abonnés Lire ses 1 010 critiques

4,0
Publiée le 08/11/2015
Voilà un film qui provoquera autant le rejet que l'adoubement. La raison principale se situe dans le choix esthétique, absolument original, que le réalisateur a voulu donner de cette histoire de la Shoa, parmi les tous les films ou récits qui ont déjà tenter d'en rendre compte, et le point de vue historique troublant, à savoir celui des prisonniers appartenant au Sonderkommando dont la fonction était de rendre possible la terrifiante boucherie humaine qui s'est déroulée dans les camps de concentration. Saul, ou Aüsländer suivant l'interlocuteur allemand ou hongrois qu'il rencontre, fait partie de ces hommes dont le manteau est barré d'une croix rouge dans le dos, et dont le métier, si l'on peut dire, est de déshabiller les hommes et les femmes avant le gazage, de fouiller les vêtements à la recherche de l'or, et de nettoyer les dépouilles humaines de ces gouffres de tueries. Il est filmé par une caméra à l'épaule, au plus près du visage, et le reste est brouillé, comme pour mieux dénoncer l'horreur humaine qu'il est contraint, avec d'autres, de mettre en œuvre et de supporter chaque jour. La terreur est lisible partout. D'abord dans ces sortes de couloirs obscurs, percés parfois d'un jet de lumière, ensuite sur ces visages épouvantés, fermés pour résister à l'empathie qui les empêcherait de continuer cette tâche insupportable, et enfin dans ces rapports humains où les luttes de pouvoir ne sont hélas pas le seul apanage des allemands qui dirigent le camp. Saul croit un jour percevoir à travers un enfant qu'il sauve d'une terrifiante dissection, son propre fils. Il se met en quête d'un Rabbin pour que le petit puisse être enterré dignement ; en vérité, ce film est une véritable allégorie de la vie qui doit se perpétuer au-delà de ce que l'humanité est capable de produire de plus morbide. Cet enfant, c'est l'enfant de Dieu, l'enfant de toutes les humanités. Car si Saul se sait de toutes façons condamné, il est occupé non pas à préparer la fuite, mais à rendre encore humain ce qui échappe à toute forme de rationalité, et à construire un témoignage de cet impossible à penser. On regrettera les errances du scénario parfois, la mise en scène à certains endroits trop rugueuse, et surtout, plus gravement, une vraisemblance narrative assez discutable. Il s'agit tout de même d'une première œuvre de fiction. En tous les cas, ce film, au-delà de l'horreur qu'il raconte, est un hymne magnifique au devoir de mémoire à transmettre aux enfants du monde, qui, demain, pourront on espère, empêcher la répétition de pareils massacres.
brunetol
brunetol

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0,5
Publiée le 28/12/2015
Alors c'était ça ? Le choc, le film "radical", d'une "force inouïe" ? Si l'on en sort abasourdi et hébété, c'est d'ennui et d'effarement, devant la vacuité de ce téléfilm de luxe au scénario pitoyable, aux dialogues pathétiques, servis par une mise en scène tape à l'œil qui n'a pas la moindre originalité (en gros c'est "Rosetta" des frères Dardenne, ad nauseam). Grand sujet, énorme sujet, impossible sujet, mais franchement, quand on pense aux horreurs qui ont été proférées sur les films de Spielberg et de Benigni en leur temps, on se pince devant cette daube, presque unanimement célébrée aujourd'hui. "La liste de Schindler" et "La vie est belle" avaient leurs défauts, mais c'étaient deux films marquants, ouvertement grand public, portant la marque de leurs auteurs, notamment par leur stylisation. Deux œuvres romanesques susceptibles de toucher le plus grand nombre et d'ouvrir des consciences au sujet qu'elles traitaient. On sort du "Fils de Saul" avec la sensation de n'avoir rien vu, rien appris, rien vécu, et pire que tout, rien ressenti. La soigneuse "reconstitution" n'est pas aussi pudiquement laissée hors champ qu'on a pu le lire ici ou là. Nemes joue mollement avec le flou, avec les bords de cadre, mais qui veut voir voit tout, les corps nus des figurants trainés hors des chambres à gaz, les tirs à bout portant des balles à blanc et les impacts de peinture rouge, les faux charniers de carton-pâte qu'on asperge au lance-flammes. Et si ça ne suffisait pas, il sature sa bande-son de ce qu'il a imaginé être le vacarme de la machine de mort. Mais ce que nous entendons, ce sont des acteurs qui aboient des textes qu'on a écrit pour eux, un travail de sound-design très léché dans le registre "réaliste" qui devient inopérant dès la première séquence passée. Ce que nous voyons, ce sont des visages noircis au charbon et à la cendre de maquillage, le pire étant ce bouton de fièvre en plastique accroché à la lèvre du personnage principal pour tenter de faire oublier qu'il respire la santé et qu'on ne peut pas croire une seconde à son incarnation en membre d'un sonderkommando. C'est là où l'échec du film est le plus patent. En lui collant aux basques avec sa caméra super-glue, le réalisateur pense que l'identification du spectateur sera immédiate, que ce sera comme "vivre Auschwitz à travers ses yeux". C'est tout le contraire qui se passe. On assiste aux errements d'un ectoplasme dont les mobiles paraissent impénétrables spoiler: (enterrer le corps d'un jeune homme dont il prétend qu'il est son fils alors que tout indique qu'il n'en est rien, et faire dire le kaddish) et dont la folie obsessionnelle permet surtout aux scénaristes de nous balader dans tous les recoins du camp, pour que "l'expérience" soit complète, comme à Eurodisney. C'est un procédé narratif obscène. Il faut avoir lu Primo Levi, Robert Antelme, David Rousset, Charlotte Delbo, et même le terrible témoignage de Filip Müller (qui fut membre des sonderkommandos et en réchappa), pour réaliser l'ineptie du projet de Nemes. La Shoah n'est pas irreprésentable, mais elle l'est sans aucun doute de cette façon. Je pense notamment au chef d'œuvre d'Elem Klimov, "Va et regarde (Requiem pour un massacre)", qui évoquait les massacres des SS en Ukraine et en Russie, tandis que "Le fils de Saul" tout enflé de ses prétentions auteuristes, n'arrive même pas à la cheville d'un épisode de la série "Holocauste". L'"effet" inaugural donne une idée de l'infatuation de son auteur : après un premier plan séquence réellement prenant, puissant, paroxystique, déjà presque trop, cut au noir et apparition du titre du film, façon Batman. Consternant.
Ewen Blake
Ewen Blake

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3,0
Publiée le 18/11/2015
Le fils de Saul est une nouvelle variations autour du thème de la Shoas. Quoique jamais inutile on aurait pu se poser la question de sa singularité... Elle est énorme, monstrueuse, jamais ce sujet n'aura été traité de cette façon. La création de Laszlo Nemes est est un choc qui pendant les 20 premières minutes (les meilleurs selon moi) laisse étourdi et hagard. Rarement la réalisation n'aura été aussi immersive et les choix esthétiques aussi arides. La caméra suit la quête de Saul dans de longs plans séquences, à 50cm derrière lui, le long des couloirs souterrains en ciment d'Auschwitz. Le tissu gris de sa veste bouffe 30% d'un écran déjà réduit au format 1.37 et la profondeur de champs est minime. Tout est sombre, sale et oppressant. On suffoque. Le son, brutal, renforce le malaise : les fours qui crépitent, les pelles qui frappent la terre, les corps qui raclent le sol, les ordres des allemands, les cris des victimes, les tirs... L'ecoeurement est proche. Heureusement le parti pris de ne filmer qu'au premier plan (et notamment les visages) rend flou les scènes de "pièces" que l'on traîne sur le sol bétonné. On échappe à l'insoutenable et à l'horreur tout en mettant des images sur l'usine de mort qu'a été la Shoah. C'est une chose d'entendre le mot "génocide", c'en est une autre de voir ses mécanismes, l'organisation industrielle nécessaire à sa mise en oeuvre. C'est dans cette évocation puissante que j'ai aimé Le fils de Saul. Malheureusement j'ai aussi eu deux problèmes majeurs au visionnage. J'ai eu d'abord beaucoup de mal à comprendre de nombreux éléments du récit, qui restent inexpliqués ou sans suite : spoiler: la main de Ella, la demande du docteur de trouver un enfant de remplacement, pourquoi Biedermann seulement est il appréhendé (si dénonciation / preuve il y a, ses complices devraient aussi être arrêtés), comment son portefeuille peut-il se retrouver dans la salle préparatoire ? Connaissant le destin qui l'attend on peut difficilement croire qu'il ait accepté de se déshabiller), pourquoi la scène caricaturale de la danse bavaroise, pourquoi le militaire allemand voyant 3 sonderkommandos manquants menace mais ne réalise pas de comptage ? pourquoi le sourire final de Saul, pourquoi un prisonnier s'oppose t-il à ce que l'on creuse dans "son" bout de cour ? et enfin pourquoi ne pas questionner le rabbin au vu de son importance dans sa quête ? Au-delà des incohérences (ou à minima des inexpliqués) là où j'ai eu le plus de mal c'est dans le comportement de Saul. C'est la première fois que je vois un film qui renverse à ce point les codes. A Hollywood, le héros est celui qui garde l'espoir que tous ont perdu et qui mène ses troupes à la victoires au profit d'une valeur (généralement la liberté mais les américains sont aussi fans de la rédemption, le pardon chrétien est passé par là). Dans la plupart des cas la rébellion triomphe tout en sacrifiant le side-quick-black-ou-moustachu du héro. Le film est unanimement qualifié de "courageux" lorsque même son héro est sacrifié à sa cause. Chez Nemes c'est l'inverse : Saul a tellement perdu l'espoir ("nous sommes déjà mort") qu'il refuse de se battre pour retrouver sa liberté et ne cherche qu'une chose enterrer son "fils" (alors qu'il n'en a jamais eu). Cette posture m'a incroyablement gênée car elle le rend très antipathique. Ce qui est très paradoxal car, alors que le style si particulier du film favorise l'identification à Saul, ses actions le rendent détestables. Alors qu'ils lui font confiance, Saul est prêt à mettre en danger ses pairs et leurs tentatives de soulèvement (qui est réellement arrivé en 1944 à Auschwitz) pour donner sépulture à un mort. C'est tellement égoïste, tellement vain ! Quand on lui confie la mission de récupérer l'explosif et qu'il le perd parce qu'il ne pense qu'à une chose : trouver un rabbin, j'avais envie de le frapper, de lui crier d'arrêter de penser qu'à sa gueule. Comment peut-on ressentir de l'empathie pour un mec pareil ? J'aime les héros ambigus et un peu détraqué mais lui.. Sa quête absurde et vaine est surtout néfaste car elle mine les chances de succès de ses compagnons. Le problème c'est que du coup tu ne t'identifies pas et que ce cinéma ne crée pas d'émotions. Je n'ai pas non plus compris la signification d'un plan final complètement artificiel. Au final si je ne regrette pas ma séance, la découverte d'un cinéaste prometteur et d'un style innovant, cette expérience inédite ne m’apparaît pourtant qu'un pari à moitié gagné.
elbandito
elbandito

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4,0
Publiée le 03/12/2015
Grand Prix du Festival de Cannes 2015, "Le fils de Saul" est une œuvre à part, un témoignage quasi-documentaire signée Laszlo Nemes, qui a l’audace de porter à l’écran l’innommable, à savoir une journée particulière d’un Sonderkommando, prisonnier asservi par les Nazis pour acheminer les Juifs vers la chambre à gaz notamment. En suivant pendant une heure trois quarts son personnage principal au centre d’un écran 4/3, le cinéaste hongrois filme un homme soumis, déjà mort à l’intérieur, usé par tant d’abjection, et laisse habilement au second plan une vérité floue que l’on devine aisément. Sans voyeurisme ni complaisance, nous sommes happés par un film oppressant qui raconte une histoire absurde dans un monde de fous. Terrifiante expérience cinématographique qui s’apparente naturellement au monument "Shoah".
vincenzobino
vincenzobino

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4,5
Publiée le 04/11/2015
Hallucinante expérience que ce grand prix cannois venu de Hongrie. Pour beaucoup de critiques professionnelles, ce film aurait dû recevoir la Palme d'Or. Je ne partage pas forcément ce point de vue. Indéniablement, la qualité photographique et l'immersion dans Auschwitz suggérée sont saisissantes: l'on suit Saul, juif hongrois déporté membre du Sonderkommando, juifs chargés d'aider les nazis a exterminer leurs semblables religieux, qui en croyant reconnaître son fils mort va vouloir lui offrir une sépulture et, bien malgré lui, va prendre part a une tentative d'évasion. Je lisais avant la projection un article mentionnant que jamais Auschwitz n'avait été filmée de la sorte et c'est bien vrai: l'horreur est omniprésente mais l'immontrable est représenté par un flou visuel lourd de signification, la caméra est comme attirée par Saul (impeccable Geza Rohrig) et l'absence de musique (uniquement un violon qui marque vers la fin) ainsi que peu de dialogues supprimant le superflu inutile tellement vu sont d'indéniables qualités. Pourquoi pas la note maximale? Pour une raison personnelle : la liste de Schindler avait, par son noir et blanc, une dimension émotionnel grandissante que je n'ai pas ressentie. Mais ce film est a recommander vivement et particulièrement aux négationnistes s'il y en aurait encore, qui se rendraient compte que nier l'évidence de l'Holocauste est une insulte...
ffred
ffred

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5,0
Publiée le 05/11/2015
Après The Lobster et Mon roi, voilà un autre grand gagnant de Cannes cette année. Couronné du Grand Prix (La Palme aurait été bien plus justifiée que pour Dheepan), Le Fils de Saul est le troisième choc de cet automne (et sans doute celui de l'année). Plus dur, plus viscéral, plus noir. C'est le premier film de Laszlo Nemes, jeune cinéaste hongrois, qui fait preuve pour ses débuts d'une maitrise et d'une puissance rare. Technique et mise en scène sont, à mes yeux, rarement vues, originales, innovantes. Le format d'image est carré, d'une beauté extrême, à l'inverse de l'horreur que le film nous montre. Ou plutôt ne nous montre pas. On ne voit que le personnage et ce qu'il voit. On le suit en permanence de la première image au dénouement, lui aussi, comme un symbole, une synthèse, hors champ. Tout le reste est flou en arrière plan. Tout est suggéré et comme souvent, cela est bien plus fort que de voir vraiment les scènes. Par contre, on entend tout (les cris, les ordres, les tirs...). Le travail sur le son est exceptionnel, contribuant bien plus au malaise que les images. On a déjà vu beaucoup de films sur le sujet, mais jamais aucun traité de cette façon. C'est assez déstabilisant car il n'y a pas vraiment d'émotion, et bien sûr aucun pathos. A part une émotion sèche, froide, comme l'urgence dans laquelle vit le prisonnier, en sursis permanent. On a pas le temps de s’apitoyer. Comme un cauchemar vécu en apnée d'où l'on sait qu'on ne sortira pas indemne. Saul est incarné avec une force et une présence magnétique par Géza Röhrig, pourtant pas acteur à la base (mais écrivain et poète). Un visage et un regard incroyables qui en font une vraie révélation. Il est juste génial. La mise en scène est donc aussi virtuose que précise et forte. Le scénario, inspiré d'écrits retrouvés dans le camp, une merveille d'écriture. Le Fils de Saul est aussi beau visuellement qu'il est insoutenable et oppressant. Tout un paradoxe qui fait que l'on en sort hébété et déboussolé, ne sachant trop quoi en penser sur le coup. Mais un film innovant (et c'est rare de nos jours) qui marque et hante durablement. Normal, c'est un chef d'oeuvre...
Ramm-MeinLieberKritiker-Stein
Ramm-MeinLieberKritiker-Stein

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3,0
Publiée le 03/11/2015
Bienvenue dans la folie. Des corps qui s'entassent, nus, sur un sol, nu, leurs cervelles et leur sang s'épongeant aussi sur les murs froids et... nus. Lazlo Nemes et son équipe sont des travailleurs, à la conscience ardue et préoccupée par l'envie de cinéma. Et du bon. De ce cinéma à l'allure historique et frivole, qui fait bouillonner notre sang lorsqu'il montre du doigt les "parties" ravagées se laisser illuminer sous une lumière chauvine, spartiate, qui donnerait l'impression d'être seulement présente pour le plan en cours. Ces cadavres, le Saul du film ne peut pas les laisser pourrir au grand jour. Alors il les transporte, une tristesse consumée dans le regard, tel le Sonderkommando qu'il est, bête et hagard, aigri mais pourtant imperturbable, même lorsqu'un jeune nazi le force à danser devant des supérieurs à la tunique blanche et à la croix rouge bien visibles. Un jour comme un autre dans le régiment de la mort, une caméra qui poursuit ses personnages comme ces derniers leur unique but : survivre. Ce but, Saul (prestigieux Geza Röhrig) semble l'avoir oublié à l'instant ou il voit l'enfant derrière la couverture, le fils devant l'Horreur avec un grand H. Cette Horreur, saccage continu et commun, grains de poussière crées par le feu et éparpillés par le vent. Ces grains produisent l'inextricable volonté d'un seul homme, ce désir si puissant qui lui fera pousser des ailes aux tripes. "Le fils de Saul" est un film à la mise en scène sans égale, grands moments prolongés par les cris déchirant autant l'âme que le coeur, mais écrits avec pas assez de doigté ni de talent, et trop de précipitation. Cette traversée de l'Enfer est donc écrite avec des gros traits qui passent mal à l'écran car elle n'impose que de la suffocation à un spectateur déjà blindé d'un flux continu d'images aux angles réfléchis avec justesse. Un défi de réalisation osé, qui ne touche pas toujours juste et qui part dans un final, sinon métaphorique, forcé et dramatiquement attendu. Intimiste drame au montage brusque et à la durée exagérée, "Le fils de Saul" s'avère aussi efficace que lourd et traînard dans son scénario, comme à ce plat à lequel on aurait rajouté trop d'un ingrédient qui s'avérait délicieux à une bonne dose. Impressionnant, oui. Maîtrisé? Cela dépend des domaines.
chrischambers86
chrischambers86

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4,0
Publiée le 14/11/2015
N'importe quel cinèphile le dira : il existe des films bènis que l'on dècouvre par hasard, au grè d'une sèance mèmorable, et qui, durablement, occupent le coeur et l'esprit, vous liant pour toujours à un metteur en scène (Laszlo Nemes) ou à un acteur (Gèza Röhrig). "Saul fia" fait parti de ce panthèon intime, et plusieurs critiques le considèrent dèjà comme une rèfèrence majeure du cinèma hongrois! Rèsumons en quelques mots l'argument : c'est l'histoire d'un Sonderkommando, prisonnier juif employè au nettoyage des chambres à gaz à Auschwitz, qui dècide de donner à un enfant une sèpulture religieuse! Le style du film, tout en plans serrès et en Steadicam sur le personnage principal, a reçu le Grand Prix au Festival de Cannes 2015, plaçant Laszlo Nemes dans la catègorie des « rèalisateurs à suivre absolument » . Et ce n'est que justice tant "Saul fia" est une expèrience stupèfiante de mise en scène, avec un travail inouï sur le son! Celle de suivre durant une projection, un homme, de ne voir quasiment que ce qu'il voit, dans un camp de concentration qui n'a jamais ètè montrè de cette manière sur un ècran blanc : une usine de morts avec un bruit assourdissant en permanence! Au milieu de tout ça, Saul, qui ne veut pas voir...où plutôt qui ne veut plus voir l'horreur des camps...et au fond ce film est le rècit d'un dèlire que s'invente Saul au milieu de l'holocauste pour y survivre! Laszlo Nemes rèinvente une forme et son premier long-mètrage atteint constamment la cible avec une violence montrèe de biais, en hors-champs et en floue! C'est là une des clès de cette oeuvre essentielle du 7ème art...
jpaschenko
jpaschenko

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5,0
Publiée le 01/11/2015
J'ai vu ce film ce soir au Parc à Charleroi. Bouleversant, effrayant. Il dit tout, explique tout sans presque rien montrer ! La bande son est un chef d'œuvre. Il en résulte qu'on s'immerge totalement dans l'horreur absolue vécue par ces millions d'êtres humains. Faut le voir.
Cine vu
Cine vu

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4,0
Publiée le 06/11/2015
« …Tu as abandonné les vivants pour rejoindre les morts… » Et c’est bien le choix de Saul, la mort du jeune homme et, peu importe si c’est son fils, n’est que le déclencheur, son âme est déjà loin, trop de bruit et de fureur. Nous ne sommes pas autour du drame mais au coeur de la tragédie, aux portes des chambres à gaz, au milieu des charniers et proches de la chaleur des fours que l’on ressent dans les entrailles du camp. Un film éprouvant, qui nous brutalise sans jamais nous épargner. Ici la vie n’a plus de prix ou alors une poignée d’or contre un éventuel échappatoire sans l’ombre d’un espoir. Je suis ressortie abattue et le coeur en peine. C’est sans l’ombre d’un doute le film le plus fort et le plus parlant sur la Shoah, peu de mots peu d’image, mais une bande sonore, des bousculades en temps réel, l’humiliation, la peur et la trahison pour sauver sa peau. Saul nous guide à travers cet enfer avec pour seule obsession, une sépulture pour rendre hommage à ce jeune homme mort parmi des milliers comme pour se pardonner à lui même d’avoir vécu, participé et traversé ce cauchemar. Saul veut la mort pour la vie et on le comprend. Géza Röhrig est renversant d’obstination et d’intégrité. László Nemes présente un premier film avec amour, violence et sans aucun compromis, la réalisation est nerveuse autant que le vécu du camp.
Caracol
Caracol

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2,0
Publiée le 24/05/2018
Le sujet au départ semblait intéressant malheureusement je n'aime pas du tout la façon dont il est tourné. Un choix très discutable : le plan serré tout le long en 4/3, et surtout le flou permanent de l'arrière plan et les balancements de caméra donne un peu la nausée et rend le film peu agréable à regarder. Le scénario quant à lui est guère plus intéressant. Je m'attendais à autre chose vu les critiques élogieuses qui en étaient faites.
this is my movies
this is my movies

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3,5
Publiée le 22/11/2017
(...) Le film compte 85 plans, aucun n'excédant plus de quatre minutes. La caméra quitte rarement le personnage principal. Vous pourrez ainsi admirer le visage de Saul mais aussi sa nuque. On ne verra que ce qu'il voit. Tourné dans un format 1.33 qui réduit le champ de vision et avec une longue focale qui donne peu de profondeur de champ, l'immersion est immédiate. Elle est également soulante à la longue, certaines scènes manquant d'ampleur et d'emphase mais c'est le choix du réalisateur. Alors bien sûr, suivant comment vous êtes luné ce jour-là, vous pourrez trouver le film chiant ou formidablement émouvant. Selon moi, certains plans sont trop longs et n'apporte rien, le scénario du film n'est pas hyper profond et ne raconte pas grand chose de bien affolant. Ainsi, la quête du héros apparaît comme vaine, surtout que sa résolution est un poil décevante. Et puis, à l'instar de certains blockbusters, le film n'est pas exempt d'anachronismes. Le plus flagrant, c'est la fameuse reconstitution des photos à l'intérieur du cap, qui a eu lieu en août 1944 et non en octobre comme ici. Mais voilà, le cinéma, aussi proche du documentaire qu'il soit, n'est pas la vie. Le cinéma, c'est aussi l'ellipse, le symbolisme, la métaphore. Certaines séquences sont de haute volée, parvenant à retranscrire l'horreur en ne montrant presque rien. La folie qui habite certains passage, la retranscription du chaos (la bande-son est d'une précision et d'une ampleur peu commune), tout cela fait qu'on est plongé dans cet enfer presque inimaginable avec une précision et une acuité terrifiante. J'ai trouvé aussi très intéressant le traitement des Sonderkommandos, de voir comment ces Juifs et ces prisonniers de droits commun (mais aussi certains prisonniers de guerre russes) se comportaient avec leurs subalternes. Ils se frappent, ils s'insultent, ils se dominent. L'Homme est un loup pour l'Homme et ce film le démontre avec force. Bien sûr, il y a moins de manichéisme avec les bourreaux SS, dont le manque d'humanité semble contagieux (les Sonderkommandos comme les SS appellent les victimes "pièces"). Mais comment rester de glace face à un spectacle aussi tétanisant, comment ne pas haïr les cerveaux malades qui ont mis en place une telle machine de mort ? Le film ne se pose pas en juge mais il montre, sans fard, une réalité que l'on ne peut nier. Cette histoire en mouvement, cela donne au film une certaine puissance. Comme objet cinématographique, il demeure inégal, jusqu'au boutiste (donc respectable) mais aussi trop sûr de la force de son sujet. Un film intéressant, à voir quand même. La critique complète sur thisismymovies.over-blog.com
I'm A Rocket Man
I'm A Rocket Man

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1,5
Publiée le 23/02/2017
En voyant que ce film avait raflé toutes les récompenses dans les catégories films étrangers, je me suis dit que j'allais assister à un grand moment de cinéma, poignant et touchant comme je les aime...et bien j'ai été bien calmé !!! Je me suis rarement autant ennuyé devant un film !!! Il ne se passe rien du tout mais alors rien du tout !!! Et surtout ce qui m'a gêné le plus, c'est le jeu de l'acteur qui a la même expression du début à la fin...alors certes le sujet est affreux, l'immersion dans les camps de l'horreur est totale et c'est louable et ignoble mais c'est vraiment trop pénible à suivre désolé !! Je n'ai pas réussi personnellement !!
cylon86
cylon86

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3,5
Publiée le 07/11/2015
Dès le premier plan, c'est le flou. Des silhouettes s'agitent en arrière-plan, on entend quelques cris et puis le visage de Saul apparaît, bien net. Saul, c'est un hongrois d'origine juive qui fait partie du Sonderkommando d'Auschwitz-Birkeneau. Le Sonderkommando, c'est un groupe de prisonniers juifs isolé du reste du camp et qui est forcé d'assister les nazis dans leur plan d'extermination. Ce qui implique mener des compatriotes à la chambre à gaz, ramasser leurs cadavres, les brûler, fouiller leurs affaires et voler leurs bijoux. Faire partie du Sonderkommando, c'est côtoyer la mort tous les jours et avoir quelques privilège au sein du camp tout en sachant bien que l'on mourra d'ici quelques mois, les nazis ne voulant pas laisser de traces de leurs actes. Le visage de Saul, le premier que l'on verra apparaître du film, ne nous quittera jamais. Durant 1h47, la caméra va s'acharner à le suivre tandis qu'il entreprend d'enterrer décemment le corps d'un jeune garçon en qui il a reconnu son fils. Sans concessions, "Le Fils de Saul" nous plonge dans l'enfer et dans l'agitation des camps de concentration. Autour de Saul, que l'on ne quittera jamais, tout s'agite et l'on sent que la mort rôde. Mais en s'interdisant les plans larges et en laissant le flou autour de son personnage principal, le réalisateur Laszlo Nemes fait de son film une œuvre anxiogène terriblement réaliste et diablement prenante, évitant de montrer l'horreur de manière gratuite mais parvenant néanmoins à la traduire. En terme de mise en scène, la proposition est forte et laisse admiratif. Mais il faut bien reconnaître que l'ensemble est assez épuisant à voir et qu'il n'est pas sans quelques longueurs. Tout en étant une œuvre forte à voir au moins une fois dans sa vie, "Le Fils de Saul" est tout de même loin d'être agréable à voir et le calvaire, tout en étant nécessaire, ne donnera pas envie d'y retourner de si tôt.
Stan R.
Stan R.

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1,5
Publiée le 06/11/2015
Des prisonniers juifs dans un camp de concentration sont chargés par les Nazis de conduire leurs coreligionnaires dans les chambres à gaz, de nettoyer les traces, de jeter les cendres des morts... On assiste à cette mécanique, industrie de l'horreur, embarqués dans le point de vue de Saul. Pourquoi ces prisonniers ne se révoltent pas ? Pourquoi, alors qu'ils se savent condamnés, obéissent-ils aux ordres ignobles ? Pourquoi ne s'unissent-ils pas pour lancer une mutinerie ? Ces questions restent sans réponses. Le film montre Saul et les autres accomplir leur besogne tel des automates. Mais lorsque Saul croit reconnaitre son fils parmi les cadavres, il s'obstine à trouver un rabbin afin d'enterrer l'enfant religieusement. Un désir qui parait absurde, grotesque, face à l'horreur qui se trame. Saul conduit sans rechigner les siens à la mort, fouille leurs vêtements à la recherche d'or, manipule benoîtement les cadavres, mais ne s'éveille et ne s'anime que lorsqu'il s'agit de mener à bien sa quête d'un rabbin. Le désir incohérent du personnage principal met donc mal à l'aise et empêche tout empathie. Reste à regarder les prétentions formalistes arrogantes du réalisateur qui pense sans doute que la gravité du sujet et de sa mise en scène suffiront à faire taire toute critique.
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