Mon AlloCiné
Juste La Fin Du Monde
note moyenne
3,7
6185 notes dont 659 critiques
17% (112 critiques)
27% (178 critiques)
20% (130 critiques)
15% (100 critiques)
13% (85 critiques)
8% (54 critiques)
Votre avis sur Juste La Fin Du Monde ?

659 critiques spectateurs

Bilade C.

Suivre son activité Lire ses 35 critiques

4,0Très bien
Publiée le 20/10/2016

On se retrouve témoin d'étranges et violentes retrouvailles familiales... Hormis le motif de l'arrivée de Louis, rien n'est dit, tout est suggéré. Et cet engrenage du mystère génère la folie de leurs relations. Beaucoup de crises et de cris, mais utiles aussi à extérioriser les émotions si denses qu'on peut ressentir au sein de nos familles. Les deux plongées dans les souvenirs de Louis sont des grands moments de cinéma. Esthétique appuyée du gros plan, lumière tamisée, éclat du son... Des acteurs magnifiques. C'est un grand film, qui déplaira autant qu'il plaira.

Aldech

Suivre son activité Lire ses 30 critiques

4,5Excellent
Publiée le 20/10/2016

Dolan nous offre un film très fort, marquant. Le casting est impeccable. On retrouve aussi les tics esthétisants de Dolan, qui peuvent agacer mais qui restent très beaux.

Philippe Nouvion

Suivre son activité Lire sa critique

4,5Excellent
Publiée le 16/10/2016

les acteurs sont exceptionnels les images, les couleurs et le sons sont immercifs.que de sentiments refoulés très bien filmés

Post-xMoVie

Suivre son activité 3 abonnés Lire ses 64 critiques

4,0Très bien
Publiée le 13/10/2016

Quand Juste la fin du monde a reçu le Grand Prix, pas mal de gens ont fait la moue : ce n’était pas le film le plus abouti de son réalisateur qu’on accusait d’avoir fait un caprice de surdoué parce qu’il n’avait récolté « que » le Prix du Jury pour Mommy. Pourtant, on attend chacun des films de Xavier Dolan avec impatience, en bravant même le sillage médiatique que ses avant-premières ont laissé pour sa sortie en salles. Et bien souvent, on s’en fait sa propre opinion sans subir d’influence. « C’est juste un déjeuner en famille », certes, mais c’est aussi une adaptation fulgurante qui transcende chacun de ses acteurs. Le texte de Jean-Luc Lagarce – que certains comparent à Tchekhov – est une épreuve pour ses comédiens, fondé sur les non-dits et biaisant sans cesse pour faire parvenir un semblant de propos : l’incapacité de Louis à annoncer sa mort prochaine se retrouve dans ces discussions virant tout le temps au coup de gueule, entre Antoine et Suzanne, les frères et sœurs minés par douze années d’absence puis avec la mère et la belle-fille aussi, Catherine, d’une maladresse cruelle mais adoucie par le jeu réconfortant de Marion Cotillard. Cette famille est une bombe atomique où la venue soudaine, inexpliquée de ce fils prodigue (écrivain en passe d’être renommé) renforce sa constante anarchie plutôt que de l’apaiser, ne serait-ce qu’un seul jour. Louis est le seul à ne pas prendre part à ces conflits quotidiens : de sa mère, il a gardé un peu d’amour, de sa sœur, l’unique souvenir d’un enfant et de son frère, pas grand chose. Ainsi il y a, des deux côtés, une perte totale des repères pour avoir une relation « normale » : pendant tout le film, le quintet est tout sauf naturel, il se cherche, se perd, se reprend, se trompe mais ferme les yeux sur ce vide qui les séparent. Peu à peu, ils en viennent à se demander la raison de la présence de Louis, à qui sa sœur reproche d’avoir quitté la maison dans un mélange d’amertume et de tolérance, celle qu’on éprouve vis à vis des ces personnes qu’on a fantasmées car elles n’étaient pas là quand il fallait. La séquence à table, par exemple, où tout le monde fait comme si de rien n’était. « Raconte-nous les potins » lance Nathalie Baye, maquillée à l’excès, à son fils qu’on vient de remballer parce qu’il voulait voir leur ancienne maison. C’est aussi un retour aux sources pour lui : dans le débarras, il trouve le matelas qui a accueilli ses ébats avec Joli-Cœur, son premier amour dont Antoine annonce, plus tard, la mort. Dans ce passé où la mère se réfugie et où on partait pique-niquer le dimanche, ils étaient tous réunis, le père était encore vivant… Mais rien n’avait commencé : on ne se balançait pas des vannes pour avoir le silence et on ne comblait pas le vide par des conversations futiles. En fait, au vu de cette famille complètement névrosée et impulsive, on en vient presque à trouver la mort de Louis comme une délivrance, une solution à un monde où les sentiments sont trop tordus pour être exprimés. Ces plans fixes ultra-proches des visages sondant le trouble et la peur d’un nouveau départ qu’on ne s’expliquerait pas ; les effets graphiques qui renforcent la solitude Louis, qui veut donner « l’illusion, une dernière fois, d’être son propre maître » : toutes les expériences de Xavier Dolan en matière de mise en scène se condensent et s’expriment dans un équilibre à présent moins fougueux. Sans abandonner le tumulte et la nervosité indomptables de son œuvre, il ne cesse de vouloir se renouveler, en se cassant un peu la gueule mais en projetant surtout un regard acerbe sur cette fin du monde, qu’il nous montre dans tout ce qu’elle a de plus flamboyant. Première fois que Dolan ne fait pas retentir la cloche du québécois qu’on commençait à lui associer par habitude. Cette fois-ci, tous les acteurs sont français, le casting est cinq étoiles – grand public oblige – et permet d’associer distinctement chaque personnage à son interprète. Après Jason Bourne où il campait un espion en quête de vengeance, Vincent Cassel endosse une fois de plus le rôle du salopard provoc aux répliques cyniques, qu’on accuse sans cesse d’être ce qu’il est et qui gueule pour être compris. Ca se passe comme ça chez la mère : on parle, ça s’embrouille, on s’insulte et la scène est coupée. Suzanne s’oppose tout le temps à ce frère aigri : Léa Seydoux a souvent ce rôle de jeune fille solitaire et révoltée en manque affectif. Elle renoue ici avec un personnage consistant et bien filtré par le style Dolan. Car en effet, si le texte de Lagarce est bien là – amputé de pas mal de scènes – son adaptation reste une appropriation esthétique du réalisateur qui suit cette fois un chemin différent en montrant une famille entière, et non plus un couple spécifique. Cassel, donc, joue ce frère agacé par le silence et les non-dits et donne à ce personnage une violence plus sombre grâce à ce jeu physique et radical qui le rapproche parfois d’une bête. Cotillard, sa femme, a cette douceur extraordinaire d’une confidente qui n’a pas besoin de parler pour comprendre : son regard pensif et délicat, son débit saccadé qui bute contre chaque idée et l’empêche de vraiment s’exprimer ; bien qu’elle soit « l’étrangère » de la famille, c’est elle qui devine tout et comprend Louis. Au fur et à mesure du film, leur relation devient plus étroite avant que la séparation soit pour les deux la fameuse « réponse ». Il y a la mère aussi, Nathalie Baye, que ce caractère exagéré de retraité rend un peu naïve : toute l’emphase témoignée face aux autres se change soudain en inquiétude dans l’unique scène où elle se retrouve seule avec son fils. Mais comme les autres, elle n’a rien compris. Seulement des quatre qui se posent la question de savoir « pourquoi ? » seulement un le profère haut et fort : Antoine, comme toujours, qui va déclencher une énième engueulade d’où il ressort soulagé, cette fois, d’avoir dit ce qu’il pensait sur les autres et leur manière de le considérer. Tandis qu’au milieu de l’orage, sous le cliquetis imperceptible du coucou, Louis tourne le dos à cette maison qu’il ne reverra plus jamais. « Tout ce que tu dis, c’est pour combler le vide sur lequel t’as aucune emprise ! »

pianex06

Suivre son activité 10 abonnés Lire ses 94 critiques

1,5Mauvais
Publiée le 23/09/2016

Ce serait plutôt juste la fin du cinéma ! C'est hystérique, les dialogues sont niais, et il ne suffit pas de nous balancer une musique grandiloquente pour nous dire ; attention, c'est un moment tragique, là... Ca va on sait, on n'est pas stupide. Le réal ferait beaucoup mieux de nous donner une vraie émotion parce que les acteurs, aie aie aie ! Sauvons Nathalie Baye, très convaincante. Vincent Cassel fait son agressif comme d'hab, Lea Seydoux la pauvre shootée de service, Marion Cotillard, la si gentille fifille qui se laisse marcher sur les pieds, et chez Gaspard Ulliel, je cherche encore un semblant d'émotion... Pour moi, ce n'est pas du cinéma. C'est du vide monté par quelqu'un qui se la raconte grave !

mirelab

Suivre son activité Lire sa critique

0,5Nul
Publiée le 25/09/2016

Film ennuyeux voire asphyxiant, je l'ai trouvé interminable et vainement j'ai attendu un sursaut d'intérêt. Les répliques des acteurs sont abrégées par des violences verbales et j'ai éprouvé de la frustration face à des dialogues sans continuité. Dommage que de si bons acteurs se retrouvent dans un film aussi minable que je ne recommande pas

elbandito

Suivre son activité 156 abonnés Lire ses 831 critiques

5,0Chef-d'oeuvre
Publiée le 25/09/2016

Le sixième film de Xavier Dolan m'a permis de découvrir le potentiel de ce cinéaste canadien, qui filme les stars françaises du moment lors du retour inattendu du fils prodigue à la maison. Pas spécialement avide de films tournés en québécois, sans doute à tort, je m’étais abstenu pour le moment. Ici, Dolan nous livre l'intimité une famille modeste qui ne parvient pas à communiquer. Le résultat est assez étrange, parfois surréaliste, souvent décalé, mais le cinéaste filme ce quasi-huis clos au plus près des visages de ses personnages. Le fils prodigue, Gaspard Ulliel, magnétique, revient après douze ans d’absence annoncer une terrible nouvelle à ses proches. Entouré de Nathalie Baye en mère aimante, de Vincent Cassel en frère jaloux, de Léa Seydoux en sœur qui attend de prendre son envol et de Marion Cotillard en belle-sœur compatissante... Tous ont peur de ce retour inattendu. Oseront-ils enfin parler en toute sincérité et simplicité ? Tout est là… dans le poids des mots et leurs conséquences possibles. Le plan final, une allégorie osée et admirable, vous mettra en émoi.

OLA05

Suivre son activité Lire ses 24 critiques

0,5Nul
Publiée le 25/09/2016

Quelle deception ! La bande annonce m'avait attrappé le coeur, le film m'a déçu, ennuyé. Je trouve que Dolan ne laisse aucun espace aux acteurs pour que leurs personnages soient autre chose que des caricatures nevrosées Sa direction d'acteurs est très egocentrée sur le fond (ok on a compris que lui aussi est "tellement différent" ..) et très prétentieuse sur la forme (gros plans, flou, lenteur) C'etait mon premier Dolan. Ce sera le dernier

Arectos

Suivre son activité 5 abonnés Lire ses 57 critiques

1,0Très mauvais
Publiée le 24/09/2016

"Juste la fin du monde"… Voici donc le deuxième film de Dolan que j'ai vu, hormis ses clips machinés pour le groupe Indochine (College boy) et Adèle (Allo, it's me). J'ai toujours raté la projection de ses premiers, tels "Mommy" que j'avais vu en rattrapage, chez moi sur iTunes. Depuis quelques années, on peut l'entendre à la radio et l'observer défendre son art sur quelques plateaux de télé. Il y est souvent présenté comme un génie. Les réalisateurs de talk-show ne manquent pas de faire des plans serrés sur son visage... C'est l'hystérie. Pourquoi l'émergence de ce très jeune réalisateur canadien dans le cinéma ? Peut-être parce que son père était lui-même comédien. Dolan à commencer devant la caméra à l'âge de 4 ans pour la publicité. Ou alors, comme il a écrit des scénarios durant son adolescence (comme tout le monde à cet âge, j'ai envie de dire...) et qu'on lui a financé ses films depuis tout ce temps, l'ensemble de la profession et les média on finit par le considérer comme un prodige, son prétendu style de vie rajoutera une caution Arty à tout ce qu'il fait, et sa belle gueule aura fait le reste. Il est devenu une sorte d'icône intouchable, "le beau canadien, le jeune réalisateur qui fait des chef-d'oeuvres"... Tout cela était sans compter les gens comme moi qui n'aiment pas la démagogie. "Mommy" était déjà un film dangereux et pénible de pathos, qui idolâtrait de manière malsaine une relation mère/fils exacerbée jusqu'à la caricature grotesque. "Juste la fin du monde" confirme qu'il a encore beaucoup a apprendre du cinéma, lui qui déclare n'avoir aucune culture cinématographique (Site de Première, 21/09/2016) et on peut le déplorer. Combien de jeunes réalisateurs formés ou non dans les écoles de cinéma et dont c'est la passion, ne pourront pas tourner tout de suite, voire jamais ? Alors, quand on a la chance d'avoir les clés pour réaliser un film, d'être financé et produit, on s'instruit, on comble éventuellement ses lacunes et on pense : spectateurs ! Être déprimé ne rend pas meilleur artiste et ça ne fait pas réellement une œuvre si ce n'est pas pour sublimer. Généralement, les disputes frontales, les gens font tout pour s'en épargner, surtout quand elles sont d'origine familiale. Inutile de se cacher derrière un auteur (ici : Lagarce) pour cultiver ses propres névroses et tenter de les partager au plus grand nombre sur les écrans géants du monde entier. De faire plonger des comédiens de renoms aveuglés et tout un public dans un navet indigeste. Voilà ce dont il a besoin ce monsieur qu'on le remette un peu à sa place, et non pas l'encenser à Cannes ou ailleurs, tel un génie dès qu'il commet un fait ! (Grand Prix Cannes et Prix du Jury Œcuménique 2016 pour "Juste la fin du monde" qui vient d'ailleurs d'être sélectionné pour défendre les couleurs du cinéma indépendant Canadien au prochain Oscar… Il avait déjà obtenu un César pour "le meilleur film étranger" et un Prix du Jury toujours à Cannes, en 2015 pour son navrant : "Mommy"…).

Caine78

Suivre son activité 690 abonnés Lire ses 6 921 critiques

2,0Pas terrible
Publiée le 01/01/2017

Ah, Xavier Dolan... Je ne sais décidément pas sur quel pied danser avec ce réalisateur. Après le (très) bon « Mommy », voilà que celui-ci s'attaque à une pièce de Jean-Luc Lagarce avec un sens formel pour le moins minimaliste. C'est simple : comme il n'y a que les personnages et les dialogues qui l'intéressent, l'ami Xavier décide tout simplement de flouter quasiment tous les décors, ce qui donne à ces derniers et à l'image un truc vraiment informe, pour ne pas dire carrément moche. Et d'ailleurs, je vais écrire les choses un peu durement : pour moi, le cinéma, ce n'est pas ça. Alors forcément, lorsqu'on empêche toute exploitation de la maison, des différentes pièces et qu'on se fout autant d'offrir quelque chose d'agréable à regarder, ça devient compliqué. Pourtant, tout n'est pas à jeter dans le film. Si l'interprétation, bien qu'assez inégale, est globalement satisfaisante, c'est surtout par moments que « Juste la fin du monde » fait mouche : au détour d'une réplique ou plus généralement dans la relation qu'entretient le héros avec sa famille, il y a forcément quelque chose qui nous renvoie à notre propre histoire, à notre vécu personnel, la scène Spoiler: d' « affrontement » entre Gaspard Ulliel et Nathalie Baye étant à ce titre (et d'assez loin) la meilleure scène de l'œuvre. Donc oui, « Juste le fin du Monde » m'a souvent agacé, voire parfois ennuyé. Il est pesant, excessif, cinématographiquement limité, et la manière dont est construit le récit est limite gonflante, notamment en voulant absolument que chaque personnage ait son moment de « vérité » avec Louis, même si parfois cela fonctionne donc bien Spoiler: (on peut citer également la scène en voiture avec Vincent Cassel, assez dure). Mais presque bizarrement, je ne regrette pas vraiment de l'avoir vu. J'ai beau déplorer la plupart des choix de Dolan, il y a (presque) toujours quelque chose à garder de ses films, des instants que l'on retient, et celui-ci ne fait pas exception. A vous de voir maintenant si le jeu en vaut la chandelle...

sameplayerparis

Suivre son activité 6 abonnés Lire ses 75 critiques

1,0Très mauvais
Publiée le 24/09/2016

Je n'ai trouvé aucun intérêt à ce film. L'histoire est fumeuse, l'hystérie permanente, les acteurs totalement inintéressants (à la rigueur on appréciera le rôle de composition de Nathalie Baye). Xavier Nolan est un virtuose de l'interview, sa jeunesse impressionne, mais il a créé là un film qui s'oubliera vite.

Carcoune B.

Suivre son activité Lire sa critique

1,0Très mauvais
Publiée le 24/09/2016

Je ne comprends pas du tout les éloges! Ok techniquement il y a du bon en termes de prise de vue, mais on ne comprend pas vraiment le motif de l'histoire et c'est 1h30 de cris ... Fatiguant!

stanley.k 2

Suivre son activité 6 abonnés Lire ses 24 critiques

1,0Très mauvais
Publiée le 24/09/2016

Ou en est Dolan 2 ans après son meilleur film (Mommy)? Il adapte une pièce avec pour thème "l'annonce de la futur mort du personnage principale à sa famille". Juste sa fin du monde donc ont pourrait dire; Dolan cherche comme dans Mommy de capter des instants de vie,de l'émotion derrière les masques de leurs visages ultra cadrés du réalisateur.Malheureusement son adaptation ne prend pas du tout et son scénario (de Dolan) est ridicule de lourdeurs,de maladresses bref c'est raté et comme toute la réussite du film et basé sur les dialogues ça la fout mal....les performances d'acteurs tourne donc aux ridicule (pauvre Vincent Cassel).... Bref plantage total Monsieur Dolan.

FREDDY44600

Suivre son activité 4 abonnés Lire ses 63 critiques

2,5Moyen
Publiée le 22/09/2016

Xavier DOLAN a pris une pièce de théatre et y a mis toute sa technique de cinéaste : très belles lumières, très beaux gros plans, très beaux effets de profondeurs de champs, très beaux cadrages. Mais au final j'au eu l'impression d'être devant une longue bande annonce qui m'a donné envie de voir la pièce de théatre.

Yves G.

Suivre son activité 210 abonnés Lire ses 1 300 critiques

1,0Très mauvais
Publiée le 22/09/2016

Xavier Dolan me gonfle. Voilà bientôt une dizaine d’années que le petit génie canadien fait monter le buzz. Cannes lui a fait la courte échelle, sélectionnant la quasi-totalité de ses films et les couvrant de prix – seule la Palme d’Or lui a échappé – qui sont autant d’occasions de discours de remerciements hauts en couleurs. Sans doute faut-il reconnaître à « Laurence Anyways » (2012) un certain coffre ; mais j’ai déjà dit ici tout le mal que je pensais de l’insipide « Tom à la ferme » (2013) et du surcoté « Mommy » (2014). Ce n’est pas « Juste la fin du monde » qui me réconciliera avec Xavier Dolan. Pourtant, j’avais aimé sa bande-annonce, diffusée en boucle durant tout le mois de septembre et son beau crescendo. Las ! le film en est l’homothétie inutilement étirée sur quatre-vingt-quinze minutes. Soit un fils prodigue (Gaspard Ulliel) – dont on connaît le lourd secret dès la première scène du film – qui revient dans sa famille et y retrouve sa mère (Nathalie Baye), sa sœur cadette (Léa Seydoux), son frère aîné (Vincent Cassel) et l’épouse de celui-ci (Marion Cotillard). Pendant une heure trente cette petite famille va hystériquement se couper la parole. Ça parle beaucoup. mais on comprend vite que le sujet est précisément celui de l’incommunicabilité. Chaque personnage est enfermé dans son stéréotype. Gaspard Ulliel = la bonté sulpicienne Nathalie Baye = la mère ripolinée Vincent Cassel = le prolo brutal Léa Seydoux = la jeunesse révoltée Marion Cotillard = la soumission compatissante Comme dans « La Chanson de l’éléphant » dont il interprétait le rôle principal, Xavier Dolan filme une pièce de théâtre. Pour « faire cinéma », il filme ses personnages en très gros plans – qui laissent parfois planer le doute d’un plan de tournage découpé de façon à accommoder l’agenda sans doute très chargé de chacune de ces cinq stars. Comme à son habitude, il égaie cette mise en scène oppressante de quelques envolées lyriques (un flash back au flou hamiltonien) et d’une musique racoleuse (Camille, Moby et – il fallait oser – O-zone). Au bout de trente minutes, on a compris et on étouffe.

Les meilleurs films de tous les temps
  • Les meilleurs films de tous les temps selon les spectateurs
  • Les meilleurs films de tous les temps selon la presse
Back to Top