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    Loving
    note moyenne
    3,8
    2010 notes dont 197 critiques
    5% (10 critiques)
    43% (85 critiques)
    31% (61 critiques)
    14% (27 critiques)
    4% (7 critiques)
    4% (7 critiques)
    Votre avis sur Loving ?

    197 critiques spectateurs

    selenie
    selenie

    Suivre son activité 453 abonnés Lire ses 3 532 critiques

    4,0
    Publiée le 16 février 2017
    Malgré la ségrégation de l'époque le film évite les scènes habituelles de violences racistes pour se focaliser sur l'amour qui lie le couple et sur les difficultés à vivre leur amour dans un tel contexte. Outre les violences racistes inhérentes souvent à ce genre de film le film évite aussi les scènes de procès interminables. La vraie force du film est que le récit repose donc sur les relations entre Mildred et Richard et comment ils ont géré leur mariage envers et contre tout, et notamment leur façon de voir les choses envers les médias et les avocats. Sans doute un peu académique dans sa mise en scène le film reste une belle histoire d'amour, et non pas un simple combat juridique.
    Olivier Barlet
    Olivier Barlet

    Suivre son activité 159 abonnés Lire ses 35 critiques

    5,0
    Publiée le 15 février 2017
    (...) Le film est époustouflant de finesse et d’intelligence dans son traitement : épure, ellipses, absence de pathos, dynamisme de la mise en scène, sensibilité pour les paysages du Sud américain, simplicité des personnages, délicatesse de leurs rapports. A l’inverse d’un film taiseux aux héros si sûrs d’eux, Loving sait au contraire faire percevoir en marquant les silences et en se rapprochant des visages les effets du racisme sur un couple ordinaire dont le seul crime était de s’aimer sans avoir la même couleur de peau et de vouloir faire des enfants. (...)
    scrabble
    scrabble

    Suivre son activité 23 abonnés Lire ses 323 critiques

    3,5
    Publiée le 18 février 2017
    superbe du début à la fin. une mise en scène parfaite. des acteurs magnifiques. des gens simples discrets dans leur vie, leur amour, leur combat pour légaliser leurs droits d'être comme tous les couples. même si c'est dur ce n'est jamais "larmoyant".
    Le cinématologue
    Le cinématologue

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    3,5
    Publiée le 31 janvier 2017
    N'est-ce pas un moment opportun pour sortir des films sur la ségrégation raciale aux Etats-Unis pendant les années 1950 et les années 1960 ? Bien sûr que si. L'élection de Donald Trump et le contexte américain actuel offrent à ces films l'occasion de briller un peu plus. Et lorsque ceux-ci sont bien traités et ne desservent pas le cinéma, on se prend à croire et à espérer qu'ils laisseront une empreinte un peu plus marquée dans l'Histoire. Si Loving n'est pas un chef-d'oeuvre, il ne reste pas moins touchant et humain, c'est un beau film, ce qui ne nous surprend pas étant donné que Jeff Nichols, malgré une sous-estimation notoire à Hollywood, était à la réalisation de ce long-métrage qui aurait bien pu passer inaperçu auprès du grand public et qui ne devrait malheureusement pas rencontrer foule en France au cinéma où il est prévu le 15 février prochain (comme la monstruosité Alibi.com qui saura amasser les jeunes dans les salles, les navets étant sans doute les seuls à faire exister le cinéma dans son sens le plus économique et non dans son sens le plus artistique). Autant le dire tout de suite, le film est réellement porté par ses deux acteurs principaux, Ruth Negga (nommée aux Oscars) et Joel Edgerton, en état de grâce. C'est un atout important mais qui peut se transformer en défaut lorsque le duo de protagonistes a trop de responsabilités. C'est l'un des petits reproches que l'on pourra faire à Loving: sa gestion des personnages secondaires, notamment celui de Michael Shannon, qui a joué dans tous les films de Jeff Nichols. Celui-ci joue Grey Villet, un journaliste de Life Magazine, mais il est finalement cantonné à un (très) petit rôle. Au final, on nous fait croire que sa présence a une raison mais lorsque le couple Loving devient très médiatisé, les moments intimistes que Villet a pu passer avec lui perdent toute leur portée et leur importance et décrédibilise le personnage de Shannon à qui nous n'enlèverons pas la qualité de l'interprétation. Et l'intimité pourtant, Nichols la maîtrise parfaitement, au point de savoir apporter une touche particulièrement sensible au moment de filmer les scènes entre Richard et Mildred Loving, personnages magnifiés par les performances touchantes de Negga et Edgerton. Autre satisfaction, les scènes de voiture. Rien à voir ? Et pourtant, déjà dans Midnight Special, Nichols avait eu le don d'installer une ambiance haletante sur de simples séquences de voitures qui n'avaient au départ aucun intérêt purement scénaristique à part ne pas nous perdre par des ellipses trop grandes. Encore une fois, le réalisateur sait utiliser toutes les pièces d'une automobile pour leur donner corps en présence des personnages, qu'ils soient assis sur la banquette arrière ou qu'ils soient en train de regarder dans le rétroviseur. On n'ose même pas imaginer ce qu'aurait été un Drive réalisé par Jeff Nichols. Au lieu de ça, on se contentera également des merveilleuses scènes de Midnight Special, le tout accompagné de la sobre et remarquable musique du fidèle compositeur de Nichols, David Wingo, qui a compris qu'il n'était pas là pour faire hurler les violons ni écraser les touches d'un clavier lorsque cela était inutile. Et lorsque la musique s'intègre comme elle se doit au film, le résultat est brillant pour nos oreilles. Lorsque l'on a vu le film, on peut comprendre le double sens du titre, Loving. Il désigne bien sûr les époux Loving mais au-delà, il renvoie à l'amour, thème fondamental du film car il semble bien motiver tous les choix des personnages, pas seulement l'amour entre Richard et Mildred mais aussi entre les parents et leurs enfants: c'est un déterminisme à lui tout seul. Le scénario finit ainsi avec une habileté déconcertante par transformer cette fable intimiste entre les deux protagonistes en une ode à la famille. Et le bonheur n'intervient pas parce que la famille existe mais parce que la famille coexiste avec un environnement propice à l'épanouissement et la liberté de tous les personnages. L'amour n'a pas de frontière, c'est le message du film et il n'est pas caché. Il est là, se développe sous nos yeux pendant deux heures et rend hommage au combat plus qu'honorable des époux Loving mais aussi de l'ACLU pour obtenir l'arrêt Loving v. Virginia qui juge anticonstitutionnelle toute loi qui restreindrait le droit au mariage sur la base de la couleur de peau des mariés. Et lorsque l'on sait que l'ACLU est aujourd'hui en plein combat face au programme jugé raciste de Donald Trump, ce film ne peut que faire écho. Après quatre ans d'absence, Jeff Nichols réalise un retour remarqué avec ses deux réussites Midnight Special et donc Loving. A 38 ans, le réalisateur américain ne cesse de monter. Mais au-delà de son talent derrière la caméra, c'est l'écrivain qui devient de plus en plus intéressant. Et dans Loving, il est très appréciable de voir que Nichols a les pieds sur terre, sachant se souvenir du début de son récit pour mieux le faire résonner (voire même raisonner) avec sa fin, preuve d'une belle maîtrise narrative qui sait revenir sur ses pas pour trouver la meilleure façon avec laquelle elle saura avancer et transmettre son message.
    benoitG80
    benoitG80

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    4,5
    Publiée le 21 février 2017
    "Loving" démontre le talent certain de Jeff Nichols à se trouver sur tous les fronts tant il fait fort en nous contant cette histoire édifiante, qui est traitée avec grâce, pudeur et sensibilité. Sa caméra se faufile à pas feutrés dans l'intimité de ce couple au nom prédestiné, en le montrant tel qu'il est, dans sa simplicité la plus totale et même dans un dépouillement étonnant, en évitant toute sensiblerie inutile ! On reste d'ailleurs bluffé par ces deux acteurs tout en réserve, dont le jeu est d'une pureté et donc d'une justesse épatante ! Ce couple dégage ainsi une émotion rarement égalée au cinéma, car cet homme aimant mais taiseux, voire frustre dans ses propos, arrive à entourer tendrement cette femme pleine de charme et d'une délicatesse inouïe... Jamais l'Amour n'a été si bien montré, rien que par ce mariage tel un défi, ultime preuve d'engagement, rien que par ces visages aux regards perdus, rien que par ces mains nouées fébrilement envers et contre tout... C'est en effet leur différence de couleur de peau, véritable entrave à leur vie commune dans cet état de Virginie aux lois ignobles, stigmates de la ségrégation raciale, qui interdit cet union. Ce sera le moteur de cette lutte menée avant tout par Mildred, prête à tout pour faire confiance aux mains tendues et aller de l'avant ! De son côté, elle va oser et tenter le tout pour le tout, tandis que Richard son mari taciturne et méfiant, aura tendance plutôt à se replier tout en acceptant l'attitude et les décisions de sa femme tant il l'aime et la protège ! L'actrice Ruth Negga arrive ainsi merveilleusement à faire passer toute la bienveillance que son personnage dégage envers cet homme interprété avec humilité par Joel Edgerton, solide et pas à la fois, jusqu'à en devenir terriblement troublante plus d'une fois. Le spectateur lui n'a juste qu'à s'abandonner et observer cette famille pour s'imprégner du ressenti des uns et des autres, famille dans laquelle tout passe par les silences, les peurs, mais aussi l'espoir toujours présent au fond des yeux... C'est donc un enchantement poignant et véritable, mais utile et nécessaire, que nous propose là Jeff Nichols, sous la forme d'une peinture extrêmement précise d'un fait de société impensable qui prouve une fois de plus la bêtise de l'homme et son racisme exécrable empêchant deux êtres de s'aimer en 1958 soit il y a simplement 60 ans ! Un film humain, magnifique, puissant porté par deux acteurs simplement éblouissants...
    Laurent C.
    Laurent C.

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    4,5
    Publiée le 16 février 2017
    Cela tombe bien. Ce couple qui s'aime profondément porte le véritable nom de Loving. Lui, Richard, est aussi blond qu'elle, Brindille, est noire. Ils s'aiment dans l'Etat de Caroline mais commettent le délit de se marier et d'avoir des enfants dans un état voisin urbain. On n'imagine pas à notre époque pareille aberration juridique. Et pourtant les débats sur le mariage pour tous en France ne sont pas si loin. Jeff Nichols est désormais un petit génie du cinéma mondial. Comme à son habitude, il conduit un film sur le fil où les personnages sont toujours en situation périlleuse de déséquilibre mental et social. Il faut surtout saluer une mise en scène sobre, précise, jamais démonstrative qui va au cœur de ce couple. L'héroïne principale porte son rôle avec pudeur et profondeur. Elle vole la vedette à son mari, acteur à chaque fois brillant chez Nichols, en incarnant la puissance féminine contre la norme juridique et sociale. Il est à espérer que le magnifique aphorisme "On peut perdre des batailles et gagner la guerre" demeure dans notre piètre humanité qui s'enlise dans des conflits d'orgueil, de pouvoir sous des dehors de légalité. "Loving" est une œuvre qui prend le temps d'amener le spectateur à l'issue que l'on sait positive dès la bande-annonce. C'est un magnifique témoignage d'espoir et de joie pour tous ceux qui subissent au quotidien des formes de discrimination quelle qu'elles soient.
    herve c
    herve c

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    4,5
    Publiée le 1 janvier 2017
    L'amour peut affronter toutes les difficultés et vaincre !!! Film sûrement en course pour les Oscars 🏆🏆🏆🏆🏆🏆🏆 Très bon film avec de très bons acteurs Film à aller voir dès le 15 Février. Depuis cette date, la seule condition pour se marier est de S'AIMER. Très belle histoire d'amour et très beau combat.
    dominique P.
    dominique P.

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    4,5
    Publiée le 19 février 2017
    C'est un film très bien réalisé et interprété qui relate des faits véridiques. Cette histoire est poignante et émouvante. Les acteurs sont d'une grande justesse. Le film fait preuve d'une très grande sobriété.
    Claudine G
    Claudine G

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    3,0
    Publiée le 16 février 2017
    Comme tout film qui parle du racisme, ce n'est pas très facile de le visionner. Personnellement je me suis sentie mal à l'aise tout le long. L'esclavagisme qui, en Virginie, était de mise, le racisme qui également était bien présent et s'intensifiait lorsqu'un couple officialisait par le mariage leur liaison, tout ce contexte a fait que je suis restée plongée dans une incompréhension de bout en bout. Ce qui frappe est que ce couple s'aime, ne demande rien à personne, qu'à vivre ensemble et heureux. Lorsque la famille s'agrandit leur amour est intact, malgré les pressions subies, l'emprisonnement, sans oublier les interdits de vivre sur tel ou tel territoire, rien ne les sépare et au contraire leur couple se renforce au fur et à mesure des tracasseries rencontrées. Mildred est plus forte que son mari, n'hésite pas à exposer les soucis rencontrés, car si cela ne leur sert pas à eux, elle pense que cela servira à d'autres et fera avancer la liberté des amours "interdits". Richard est plus réservé sur l'attitude à prendre. Au final, ils sortent vainqueurs mais au bout de dix ans et peuvent vivre pleinement leurs vies. Le racisme est toujours présent, mais les personnes n'hésitent plus à se battre pour triompher. Cela devait être horrible de vivre dans de telles conditions et il fallait vraiment s'accrocher et croire à des jours meilleurs !
    L'Info Tout Court
    L'Info Tout Court

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    4,0
    Publiée le 15 février 2017
    La violence physique est totalement absente à l’image. Tout se passe dans la tête des personnages, dans les regards qui veulent en dire long, dans les non-dits. C’est un mal interne, dangereux et vicieux. Nichols réalise un long-métrage loin des clichés et des tares typiques d’un cinéma qui s’inspire de faits réels bouleversants, mais qui les traite en cherchant le sensationnalisme. Ainsi, on découvre un drame intime abordé de la plus douce et intelligente des manières.
    Flaw 70
    Flaw 70

    Suivre son activité 226 abonnés Lire ses 98 critiques

    4,0
    Publiée le 13 février 2017
    En seulement 4 films, Jeff Nichols s'est imposé comme un petit prodige, certains le qualifiant même comme le vrai héritier de Spielberg. Et il faut reconnaître qu'il y a quelque chose de commun dans leurs deux cinémas même si Nichols à réussi à s'émanciper de ses influences pour créer un style qui lui est propre. Après son exploration fascinante de la SF avec le controversé mais grandiose Midnight Special, il revient en à peine un an sur nos écran, ayant tourné Loving quasiment en même temps que son précédent film. Avec son 5ème long métrage, il signe pour la première fois une oeuvre qui ne provient pas d'une idée originale, étant une histoire vraie, celle du couple formé par Richard et Mildred Loving qui fut poursuivi par l'Etat d Virginie pour être allé à l'encontre d'une loi qui interdit le mariage interraciale. Jeff Nichols s'attaque donc au biopic mais parvient à le faire de façon très personnelle, car même si le récit s'encre dans des faits réels il reste totalement imprégné de la patte de son auteur. Toutes ses thématiques y sont, que ce soit l'oppression sociale et culturelle ici représenté par le racisme ouvertement affiché de l'époque, la paranoïa à travers l'inquiétude constante de Richard Loving et ce regard si particulier sur la paternité, ici légèrement en retrait mais bien présent. De plus, Richard Loving est un héros dans la pure tradition de ce que nous a offert le cinéaste, à savoir bourru, direct et mue par une sensibilité introvertie. On est pleinement dans le cinéma de Nichols qui voit ici l'occasion de faire exploser la charge amoureuse souvent présente mais étouffé de ses précédents films, jamais il n'avait étudié aussi frontalement le couple. Il le fait ici avec une sobriété touchante, refusant de tomber dans un pathos larmoyant préférant l'économie émotionnelle. Un regard et quelques mots suffisent à se montrer bouleversants. Sa narration se révèle d'une fluidité incroyable, retraçant un combat de 10 ans avec aisance évitant un rythme trop mécanique souvent de mise dans les biopics. Il évite tout académisme et impressionne dans sa façon d'amener les ellipses dans son récit sans provoquer une coupure dans son histoire. Histoire qu'il gère de manière intimiste, comme Richard, Nichols s'intéresse peu aux retombées politiques qu'a entraînée cette histoire, ce qui a son attention ici c'est comme cela à pu affecter le couple. Même si il est obligé de passer par la case juridique, et qu'il le fait avec beaucoup de respect, il l'étoffe pour mieux que l'on se recentre sur le parcours de la famille. Nichols semble fasciné par la noblesse de l'ignorance de Richard, homme dénué de tout racisme qui ne sait pas ce que cela implique d'être noir à cette époque. Le racisme étant quelque chose qu'il a du mal à concevoir car totalement irréaliste pour lui, et il découvre avec amertume un monde qui est loin d'être tolérant à l'égard de tous. C'est d'une certaine manière ce que Mildred aime chez lui, tout comme c'est une chose qui l'oppresse. Richard étant un homme qui n'agit pas, refuse de faire des vagues et préfère s'enterrer la tête dans le sable. Mildred, bien plus consciente de ce que sa couleur de peau signifie pour l'époque, et celle qui prend part aux événements et met en marche l'Histoire. Et c'est dans ce fonctionnement que le couple se révèle incroyablement émouvant, dans cette manière que chacun ont de se protéger et de se faire confiance de manière presque religieuse. La foi trouvant toujours une incarnation différente dans l'oeuvre de Nichols, et ici elle prend la forme d'un foi indéfectible entre deux êtres qui s'aiment profondément. Incarné avec justesse deux acteurs qui partagent une alchimie évident, le film doit beaucoup à son couple principal. Joel Edgerton offre une performance tout en retenue et se révèle comme dans Midnight Special en acteur sensible absolument déchirant. Nichols est probablement celui qui a réussi à tirer le plus de cet acteur, et Edgerton tient probablement ici son meilleur rôle grâce à la subtilité de son jeu et la force de ses regards. Quand à Ruth Negga, elle offre une prestation plus éclairée, son personnage laissant plus souvent entrevoir ses sentiments. L'actrice brille par la conviction qu'elle insuffle à son personnage même si elle se voit beaucoup plus limité par l'écriture. Son personnage étant plus classique dans son traitement et donc moins surprenant dans les émotions qu'elle traverse mais ça n'enlève rien à l'excellence de son jeu. Les acteurs secondaires sont très impliqués mais on restera marqué par le partenaire fétiche du cinéaste, Michael Shannon qui signe sa 5ème collaboration avec ce dernier. Même si il n'a que quelques minutes de présence à l'écran, il absorbe toute l'attention dans ce qui est le meilleur passage du film, et il est loin d'y être pour rien. Montrant encore une fois une nouvelle facette de son jeu, il se montre tantôt léger tantôt concerné apportant un vent de fraîcheur bienvenu. L'association entre Shannon et Nichols fait encore une fois des miracles. La réalisation est impeccable, que ce soit par la photographie feutrée de Adam Stone ou les compositions inspirées de David Wingo, fidèles collaborateurs de Nichols qui enrobe superbement son style. La mise en scène de Jeff Nichols se marie parfaitement bien avec le récit, le cinéaste refusant d'en faire trop et épate par sa sobriété. C'est peut être d'ailleurs sa mise en scène la plus minimaliste en terme d'audace mais elle reste bourrée d'idées absolument géniales qui viennent apporter quelques fulgurances ici et là. Que ce soit dans sa manière de filmer le danger et l'urgence où dans ses habiles confrontations entre la vie en ville et celle à la campagne, il déploie un langage cinématographique impressionnant arrivant à donner corps à ses idées sans trop y insister. Donc même si elle n'a pas la force évocatrice de ses premiers films, elle reste admirablement pensée et travaillée pour sortir du tout venant de la production cinématographique indépendant US et offrir de très beaux moments de cinéma. Loving est donc ce que Jeff Nichols à réalisé de plus accessible tout en parvenant à y insuffler la force de son cinéma. Même si in fine, c'est une oeuvre qui marquera moins les esprits que ses précédentes et qu'en cela elle peut décevoir les fans du bonhomme, on reste devant un très bon moment de cinéma. Sensible sans jamais tomber dans le pathos, le film impressionne par sa sobriété et sa justesse soutenu par un casting exemplaire et un langage cinématographique unique. Nichols digère ses influences et prouve avec ce 5ème film qu'il à développé un style qui lui est propre, confirmant son statut de jeune prodige. A l'aise avec différents genres, il s'attaque avec brio au biopic, refusant de tomber dans les codes du genre et fait de Loving une oeuvre qui mérite donc d'être vu.
    Requiemovies
    Requiemovies

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    4,0
    Publiée le 16 février 2017
    (...) Sous les notes biographiques de cette histoire vraie qui a changé la constitution américaine, Jeff Nichols ne s’étend pas sur la finalité de son récit mais plutôt sur les actes propre à son déroulement. Le regard est alors porté uniquement sur la relation de ce couple, où lui est blanc et elle noire dans une Amérique ségrégationniste, et les frontières qu’ils ont du franchir pour simplement vivre libre. Le point le plus intéressant, comme souvent chez le réalisateur, c’est l’intelligence et l’originalité de traitement de ses personnages, aucun d’eux ne sera dans l’excès, de joie, de peur, de déception, sans non plus être apathique, traitement qui donne au final un regard et une projection parfaitement humaine au récit, à hauteur d’hommes. Pas d’envolées convenus, de réactions stéréotypées aux contournements sociales, que devront affronter les deux protagonistes ; uniquement une simplicité de comportements et une justesse étonnante de traitements réactionnels. Place à un classicisme éclatant là où les enjeux importent peu et laissent place à la simplicité et au réalisme des sentiments déployés. Là où certains auraient clairement appuyés sur l’intolérance des faits de manière trop prononcée, Jeff Nichols tente de projeter tout cela à travers l’amour et le regard de ses deux comédiens. Personnages aimés et aimants, incroyablement interprétés par Joel Edgerton, force tendre dans un corps rude et froid, et surtout Ruth Negga, faisant figure de vraie révélation du film tant elle dégage une justesse splendide selon l’intensité des moments filmés. A travers ce couple mixte, où chaque séquence semble nécessaire au récit, le réalisateur délivre plus qu’un combat contre le racisme et la tolérance (même si évident et nécessaire), puisqu’il invoque simplement et en toute pudeur le droit de s’aimer librement. Et si on ne retrouve pas l’élégance présente dans tous ses précédents films c’est justement pour laisser plus de place à son histoire, profondément humaine, qui ne demandait pas un traitement plus tape à l’œil. Mesure qui annonce une nouvelle fois la facilité de Jeff Nichols à s’adapter à son sujet et réaliser un film d’une intelligence et d’une sensibilité encore surprenante. Sous ce classicisme Jeff Nichols imprègne encore un peu plus le 7ème art de son talent, celui de déjouer tous les « plans » attendus à chaque genre qu’il met en scène. Au-delà de la démonstration d’un combat pour les inégalités sociales, « Loving » s’offre au spectateur avec autant de discrétion, de sincérité et de douceur que l’amour qui unie ces deux personnages principaux.
    Gabrielle A.
    Gabrielle A.

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    4,0
    Publiée le 13 février 2017
    belle histoire vraie donc d'autant plus emouvante.Le duo d'acteurs est remarquable neanmoins jai trouve Que ca manquait de rythme
    DaeHanMinGuk
    DaeHanMinGuk

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    3,5
    Publiée le 16 février 2017
    L’histoire est toute simple et pourtant cela vaut la peine de la raconter car il y a seulement 50 ans aux USA, un homme blanc n’avait pas le droit d’aimer et de se marier avec une femme noire ! Le scénario de ce film est basé sur l’histoire vraie d’un couple dont le nom de famille était « Loving » : nom très à-propos pour évoquer une histoire d’amour ! Le film a une grande qualité : il n’appuie pas là où cela fait mal, il laisse le spectateur seul juge et se révolter ou non des arguments fournis à l’époque par la justice et du traitement qu’elle fait subir à ces dangereux « délinquants ». D’ailleurs, ce couple de travailleurs manuels, peu au fait des arcanes judiciaires, laisse les plaidoiries aux professionnels, évitant ainsi les effets artificiels des dialogues made in Hollywood. Le film a quand même un petit défaut : son manque de rythme. Le prolongement de cette histoire, cela pourrait être le tournage, dans 50 ans, en France, d’un film qui racontera comment deux hommes ou deux femmes ont acquis le droit de s’aimer et de se marier en 2013 ?
    EricDebarnot
    EricDebarnot

    Suivre son activité 127 abonnés Lire ses 910 critiques

    3,5
    Publiée le 18 février 2017
    "Loving" est ce que les journalistes snobs et pas très anglophones appellent un film "déceptif", c'est-à-dire trompeur, et pas décevant... même si les fans hardcore de l'aimable Jeff Nichols ressentiront probablement un pincement de déception en constatant que leur idole s'éloigne cette fois de son chemin indie / fantastique pour aller patauger, en apparence du moins, dans le marigot du politiquement correct édifiant de Hollywood. Pas de panique quand même, malgré l'abus, très hollywoodien en effet, de musique visant à souligner avec lourdeur ce que l'image suggère avec grâce : "Loving" n'est pas vraiment un film pamphlet sur l'Amérique réactionnaire qui refusa si longtemps le droit aux "nègres" d'être traités en être humains à part entière, et qui plus est aux blancs de les considérer en tant que tels. Ce n'est pas non plus le récit d'un combat juridique, ici livré en coulisses par des avocats à la fois bien tendres et un peu benêts. Non, contre toute attente, "Loving" est bel et bien une nième peinture très "nicholsienne" de la famille comme cellule essentielle, en résistance contre le monde extérieur : malgré une forme hyper classique, qui traduit une sorte d'apaisement loin des combats du monde, Nichols nous parle encore et toujours de la même chose : comment l'Amour est, comme il survit, comment il résiste, entre un homme et une femme, entre un père et ses fils. Et c'est très beau, filmé ainsi comme une évidence lumineuse, mais une évidence têtue, bornée, à l'image du personnage principal, un homme simple, voire limité, et littéralement habité par cet acteur lui aussi terriblement limité qu'est Joel Edgerton, pour une fois formidablement bien utilisé et dirigé. "Loving" nous murmure une vérité autre, presque un mystère, loin des clichés habituels du genre : le film peut déconcerter, ennuyer peut-être du fait de son rythme ténu et de son refus d'un pathos qui ne demande pourtant qu'à s'épancher. Pas de tragédie ici, pas de révolte, juste la splendeur humble de la vie qui passe, malgré tout. La plus belle scène du film, qui décrit effectivement la démarche de Nichols, est la visite du photographe de LIFE (Michael Shannon, précieux comme souvent) qui observe, en retrait, et saisit quelques instants suspendus d'un bonheur conjugal qu'on voit rarement à l'écran.
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