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Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "Sonita" et de son tournage !

Au commencent, une rencontre

Rokhsareh Ghaem Maghami a rencontré Sonita grâce à sa cousine qui travaillait comme animatrice sociale au sein d’une Organisation Non Gouvernementale, House of Affection, qui milite auprès des enfants des rues. La cinéaste se rappelle :


"Elle m’a parlé de Sonita, de son projet de faire de la musique et de son besoin d’établir des connections dans ce milieu. J’ai alors rencontré Sonita. Elle était très ambitieuse. C’est comme ça que j’ai commencé à m’intéresser à elle. Peu de temps après j’ai eu envie de faire un documentaire. Ce qui m’intéressait chez Sonita c’était qu’elle nourrissait beaucoup de rêves. Je ne voyais aucun avenir pour elle. Son destin tragique m’interpellait. Même si le gouvernement iranien la reconnaissait comme citoyenne, le gouvernement afghan, lui, ne la reconnaissait pas ! Elle ne pouvait pas obtenir de pièce d’identité, ni aucun papier. Elle ne pouvait pas non plus aller à l’école, ni voyager. Elle ne pouvait rien faire."

A l'origine

A l'origine, Rokhsareh Ghaem Maghami voulait faire un film qui aborde la situation difficile des jeunes immigrants en Iran, pour la plupart abandonnés à leur sort par leurs parents une fois la frontière passée. La réalisatrice a ensuite plutôt souhaité suivre Sonita dans sa vie en observant ce qu'elle faisait de ses rêves. Elle explique :


"Je ne voulais pas spécialement engager le sujet du mariage forcé. Je savais que c’était une tradition courante en Afghanistan, mais ce n’était pas le sujet de mon film. J’étais plus focalisée sur les sujets de la discrimination, l’éducation et la justice mais par la force des événements, ce thème est devenu central."

Changement

Si ce n'était pas, à l'origine, une volonté de sa part, Rokhsareh Ghaem Maghami est devenue un personnage de son propre documentaire. Elle confie : "Effectivement, je ne voulais pas apparaître dans le film. C’est pour cela qu’on fait le choix de devenir réalisateur de documentaire, parce qu’on veut filmer d’autres personnes. Mais quand j’ai vu que l’ONG n’allait pas lui venir en aide, j’ai pensé que c’était important de le faire… Je devais réfléchir au processus de production et avant toute chose à la décision que je voulais prendre. C’est alors qu’il m’a semblé nécessaire que j’apparaisse dans le film, de devenir un personnage, autrement, cela aurait été très étrange que ses problèmes soient résolus de façon magique. Il n’y avait pas d’autres choix. J’y ai longuement réfléchi. J’étais convaincue que nous ne pouvions pas juste enregistrer, nous devions intervenir."

Le rap pour changer les choses

Sonita explique qu'elle ne voulait pas spécialement devenir rappeuse mais qu'elle a choisi ce style musical parce qu'il est, selon elle, le plus adapté à faire partager son message. Elle poursuit : "C’était désormais mon tour après avoir été celui de mes soeurs d’être vendue, mariée de force, au nom de la tradition. C’est une chose courante dans mon pays. Malgré tout j’aime certaines traditions en Afghanistan, j’ai grandi avec. Mais je n’aime pas toutes les traditions, comme celles qui consistent à vendre les filles. Ils ne se rendent pas compte à quel point c’est horrible ! J’étais choquée… Je n’arrivais pas à le croire. J’allais devoir abandonner tous mes rêves, mon école, tout…. Mes amies. Je n’arrivais pas à le croire quand m’est venue cette solution : j’étais dans le pétrin, j’analysais la difficulté de ma situation et à ce moment-là j’écoutais un morceau de rap. J’avais déjà écouté du rap avant mais sans vraiment y prêter attention. C’est là que j’ai réalisé que je pouvais utiliser le rap pour changer la société et j’ai trouvé que c’était le meilleur moyen pour partager un message important."

S'en sortir

Sonita est parvenue à trouver du soutien auprès de ses amis, d'une ONG et de la réalisatrice, qui l'ont aidé en donnant de l'argent à sa mère, laquelle est rentrée en Iran. Ensuite, le jeune femme a écrit la chanson "Brides for sale" qui concentre toutes les émotions qu'elle ressentait. Aujourd'hui, sa relation avec sa famille s’est améliorée. Sonita confie : 


"Je suis très heureuse d’avoir fait ce documentaire. Pas seulement parce que j’en ai échappé, mais aussi parce que cela m’a permis de prouver qu’on peut refuser le mariage d’enfant et que si on a confiance en soi, on peut être fort et y arriver. Je voudrais que le monde entier voie ce film pour montrer aux familles que les filles ont du pouvoir, qu’elles peuvent construire leur avenir et aussi soutenir leurs parents. J’ai une vie meilleure désormais, mais je reste attristée, car je garde en mémoire des images de mes amies, de ma soeur et d’autres filles qui portent des ecchymoses sur leurs visages. Ce film montre le passage le plus triste de ma vie. Mon but est d’en finir avec le mariage forcé des enfants dans mon pays et ailleurs dans le monde, de travailler avec les organisations et d’autres personnes qui se battent pour cette cause."
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