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Si tu voyais son coeur
Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "Si tu voyais son coeur" et de son tournage !

Adaptation libre

Si tu voyais son coeur est l'adaptation très libre du roman "Mon ange" de l’écrivain cubain Guillermo RosalesJoan Chemla a surtout voulu garder la substance du livre et les sensations qu'elle a eues au moment de sa lecture. La réalisatrice explique : "Les premières phrases du roman donnent immédiatement le ton : « On pouvait lire boarding home sur la façade de la maison, mais je savais que ce serait mon tombeau. C’était un de ces refuges marginaux où aboutissent les gens que la vie a condamnés. Des fous pour la plupart. Mais aussi des vieillards que leurs familles abandonnent pour qu’ils meurent de solitude et n’empoisonnent plus la vie des triomphateurs. » Je me suis tout de suite sentie imprégnée par cette atmosphère tour à tour tragique, absurde, romantique, lyrique, et teintée d’humour noir."

Changement

Si le roman se déroule aux Etats-Unis et suit un exilé cubain, Joan Chemla - qui signe ici son premier long métrage - a choisi d'ancrer le film dans un hôtel social en France et de faire de son héros un exilé de la communauté gitane. Elle raconte :

"Aux États-Unis, les Latinos sont des boucs émissaires, on leur tire dessus à la carabine à la frontière. Quand je me suis demandée quel serait l’équivalent en France de cette communauté, j’ai pensé aux Tsiganes, puis aux Gitans. Je suis moi-même fille et petite-fille d’émigrée, une partie de ma famille a été déportée pendant la Seconde Guerre mondiale. Le choix de cette communauté et le sujet de l’exil me parlaient personnellement. Un autre point de réflexion a été : quel serait l’équivalent en France d’un boarding home à Miami, cette pension pour exilés dans laquelle atterrit le héros ? Et l’hôtel social s’est imposé."

Documentation

Joan Chemla s'est beaucoup documentée sur les hôtel sociaux. Elle se rappelle : "Chaque année, il y a plein d’histoires autour de ces lieux et des marchands de sommeil. J’ai effectué des recherches sur le sujet, rencontré beaucoup de gens, visité des endroits insalubres, avec des loyers plus ou moins encadrés. Monsieur Ali est l’un de ces marchands de sommeil. Cette réalité sociale très concrète m’a beaucoup intéressée mais je ne voulais pas pour autant la filmer frontalement."

Mise en scène

Si l'histoire que raconte Si tu voyais son coeur est sombre, son esthétique n'est jamais misérabiliste. Joan Chemla ne se reconnait en effet pas dans le fait de tourner caméra à l’épaule pour accentuer la noirceur et le glauque d'un film. La réalisatrice voulait au contraire une mise en scène ample, aller dans le très noir pour ensuite accéder, par contraste, au très lumineux. "Je crois d’abord à la force du lyrisme, au décalage de l’humour grinçant, à l’émotion du romantisme noir. J’avais envie de proposer un cinéma engagé, mais sensoriel. Que l’on ressente avant de comprendre", précise-t-elle.

Consultant précieux

Si tu voyais son coeur raconte aussi les magouilles des mafieux gitans, notamment la manière dont ils vident une maison de ses biens. Pour se renseigner sur cette pratique, Joan Chemla a parlé avec des gitans et des policiers, mais a également rencontré le journaliste d’investigation Jérôme Pierrat, qui est devenu consultant sur le scénario. "Je l’ai suivi à Marseille, au cœur d’enquêtes qui parfois n’avaient rien à voir avec mon film mais qui m’ont nourrie. Jérôme est passionné et passionnant, il a des milliards d’anecdotes à raconter. Il est spécialisé dans toutes les mafias, des yakusas aux trafiquants de drogue. Il m’a fait rencontrer des gens plus qu’à la marge, des figures du grand banditisme...", se souvient-elle.

Lieux de tournage

Si tu voyais son coeur a été tourné à Marseille. Au lieu de s'inspirer de la ville, Joan Chemla a voulu la plier à sa propre perception, à ce qu'elle avait en tête lorsqu'elle écrivait le scénario. Pour l’hôtel, la cinéaste tenait à un seul décor afin de garantir l’unité et l’énergie du tournage. Elle note : "Nous avons trouvé un endroit abandonné sur le port où logeaient parfois les marins de passage. Mais je ne voulais pas que l’on sente la présence de la mer, il a donc fallu boucher toutes les vues ! Avec Alain Frentzel, le chef décorateur, nous avons travaillé un peu comme si on était en studio et je pense que cela participe à l’atmosphère du film, à la fois réaliste et irréelle. Voire fantastique."

Préparation pour Gael García Bernal

Gael García Bernal parlait déjà un peu français mais a dû beaucoup travailler pour le film. Avant le tournage, il a passé une quinzaine de jours à Marseille, où Joan Chemla lui a présenté tous les contacts qu'elle avait pu personnellement nouer avec les gens de la communauté gitane.

"Il écoutait, s’imprégnait de leur façon de parler, qui est un autre espagnol de celui de sa langue natale, avec un autre accent, une autre intonation, leur façon d’agir aussi. C’est vraiment une culture particulière, avec ses propres codes. Gael adore ce genre de travail, c’est quelqu’un de très engagé et je pense qu’en tant que Mexicain, il a vu des ponts entre lui et eux. Le voir ainsi interagir avec eux m’a guidée dans mon choix d’acteurs non professionnels pour jouer les autres gitans. Sans le faire exprès, il a été un révélateur", confie la réalisatrice.

Mélange

Joan Chemla a voulu que son film ait un casting composé d'acteurs professionnels et non professionnels. Elle développe à ce sujet : "Ce maillage entre professionnels et non professionnels n’était pas simple à mettre en place mais je tenais à prendre ce risque-là. Gael est un acteur très expérimenté, presque américain, dans sa façon de travailler et d’être dans le contrôle de son image. Le mettre face à des non professionnels était déstabilisant et lui a sans doute donné beaucoup de fil à retordre mais j’ai tout de suite pensé que ce serait enrichissant pour tout le monde. Ces non professionnels lui renvoyaient en miroir ce que peut être un gitan et lui, de son côté, pouvait leur faire partager son expérience et sa technique de comédien."
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