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La Nuit a dévoré le monde
Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "La Nuit a dévoré le monde" et de son tournage !

Qui est Dominique Rocher ?

La passion de Dominique Rocher pour les films l’a amené à travailler en tant qu’assistant réalisateur dès sa sortie d’école de cinéma. Il a ensuite crée sa société de production aux côtés d’autres réalisateurs, avec laquelle il a fait ses premiers courts-métrages, diffusés et présentés partout dans le monde en festival ou à la télévision. En 2011, Rocher est lauréat du programme Audi Talents qui lui permet de tourner le court-métrage La vitesse du passé, un drame de science fiction ambitieux avec Mélanie Thierry. Le film, diffusé notamment sur Canal+ et dans les cinémas du réseau MK2 en avant-programme, a été présenté dans certains des plus grands festivals internationaux (Cannes, Toronto, Bermudes…) et a remporté le prix du meilleur film étranger au festival de Santa Monica. Dominique Rocher développe actuellement une mini-série pour Arte intitulé La Corde (3x52minutes). La Nuit a dévoré le monde est son premier long-métrage.

Adaptation

La Nuit a dévoré le monde est tiré du roman de Pit Agarmen, pseudonyme et anagramme de l’écrivain Martin Page, sous lequel il s’autorise une veine plus « pulp ». "J’ai tout de suite été séduit par ce texte, son ton atypique et la façon dont il pose la question de l’isolement et du rapport aux autres. Et surtout par la personnalité de Sam, un personnage qui aime la solitude, à la limite de l’agoraphobie. C’est cette misanthropie qui s’incarne à travers le genre. Lorsqu’il émerge dans un monde transformé pendant la nuit, au milieu d’un océan de zombies, cette transformation ne le surprend pas. Je dirais même qu’il est armé pour survivre, psychologiquement. En une nuit, il se retrouve seul, dans cet immeuble haussmannien telle une île déserte, sans espoir d’être retrouvé. Sam s’apparente à un Robinson Crusoé et doit tout organiser pour sa survie. J’aimais l’idée de quelqu’un qui trouve une sorte d’équilibre dans cette solitude et dans cet univers", confie le réalisateur Dominique Rocher.

Rencontre

Lorsque Dominique Rocher a souhaité adapter le roman de Martin Page, l'auteur a voulu rencontrer le réalisateur. "Il m’a juste dit : « Sens-toi libre » ! Il ne voulait pas d’une adaptation littérale. Nous avons écrit le scénario à trois, avec Guillaume Lemans et Jérémie Guez. Une des grandes qualités de Guillaume Lemans est sa maîtrise dans l’invention d’une tension dramatique. Et nous n’avons eu cesse de préserver cette tension jusqu’aux dernières étapes de la post-production. On s’est très sérieusement posé la question d’en faire un film muet, en tout cas sans dialogues. Le silence, le rapport au son étaient des éléments qui m’intéressaient beaucoup et c’était un sujet permanent de nos discussions, le son est au coeur de tout. Mais j’avoue que c’est la rencontre avec Anders Danielsen Lie qui a été déterminante dans l’écriture. L’idée était de faire du « sur-mesure ». J’ai par exemple volontairement intégré des éléments de sa vie personnelle dans le script, pour qu’il se sente plus proche du personnage de Sam. Anders a fait le conservatoire en percussions, d’où la batterie, et certaines des cassettes que l’on entend sont des enregistrements de lui enfant."

Des zombies à Paris

Dominique Rocher aime le minimalisme, l’austérité dans la mise en scène, les personnages uniques, les situations épurées, les scènes qui vont à l’essentiel. L’histoire se déroule dans Paris, dans un immeuble haussmannien. Le cinéaste a toujours été fasciné par les grandes villes et en particulier par le paradoxe qui fait coexister la densité urbaine et l’incroyable solitude des gens qui vivent dans les mégalopoles. "Chaque individu évolue dans sa propre bulle, dans son univers, dans son île déserte, au milieu de la masse grouillante des « autres ». La vie de Sam change-t-elle réellement lorsque les gens autour de lui sont transformés en monstres ? La logique propre au cinéma de genre et aux films de zombies impose comme principe de transformer d’autres êtres humains en monstres... Et pour moi, l’idée de l’isolement sur laquelle je voulais travailler s’incarnait parfaitement dans cette convention. Ce qui m’intéressait alors, c’était de centrer le film sur Sam plutôt que sur ces monstres", analyse le metteur en scène.

Relation acteur-cinéaste

Dès l’origine, Dominique Rocher souhaitait faire un film axé sur un seul personnage, peut-être même un film où un personnage serait seul. Le cinéaste voulait filmer la trajectoire d’un homme, son évolution, en le suivant à chaque plan. Le travail avec l'acteur Anders Danielsen Lie a été essentiel et la relation acteur-cinéaste, déterminante. "Notre confrontation, notre tête-à-tête, ont fini par produire quelque chose auquel je tiens beaucoup. Et c’est également un véritable challenge pour un acteur, de la transformation physique totale aux contrastes émotionnels forts qu’il traverse. L’histoire se déroule sur une année, on perçoit la temporalité et l’impact des évènements sur la métamorphose de son corps et sa personnalité. En outre, nous avons tourné deux versions du film, l’une en anglais, l’autre en français. Cette double version impliquait de tourner chaque plan deux fois, deux films chacun avec ses spécificités, et finalement les deux versions sont assez différentes, car la langue a permis aux acteurs de créer des personnages subtilement différents", confie le réalisateur.

Influence jeux vidéo

Le genre « zombies » n’appartient pas qu’au cinéma. C’est aussi une référence importante de la culture des jeux vidéo, à laquelle le film semble parfois faire écho. "Le jeu vidéo est en moi et fait partie de ma culture, mais ce n’est pas du tout le cas pour les deux autres scénaristes, et si le film vous a fait penser à certains jeux, c’est largement inconscient de ma part. Je ne souhaitais pas réaliser un film d’horreur qui cherche à faire peur. Les scènes où l’on voit des cohortes de zombies en extérieur respectent les codes du genre sans vouloir impressionner. Si j’avais voulu cela, j’aurais filmé de nuit, en close-up, avec la caméra au sol, par exemple, pour produire beaucoup d’effets avec peu de moyens. J’ai choisi le contraire : des plans larges, de jour, qui sont en fait totalement anti-dramatiques, qui désamorcent la tension", explique Dominique Rocher.
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