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Fuocoammare, par-delà Lampedusa
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Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "Fuocoammare, par-delà Lampedusa" et de son tournage !

Angle original

Si Gianfranco Rosi a cherché à faire un film sur Lampedusa, cette petite île surexposée médiatiquement depuis quelques années en raison du nombre de migrants qui y arrivent (ou meurent avant d’y accoster), il n'a pas voulu faire un film sur les migrants. Le metteur en scène a plutôt opté pour se centrer sur ce lieu dans sa globalité et non uniquement sur les tragédies qui s'y déroulent. Il explique son point de vue :


"Le grand défi à Lampedusa était de trouver un autre point de vue que celui présenté par les milliers d’images en provenance de là-bas. Les médias arrivent sur les lieux seulement lorsqu’une tragédie survient et repartent avec des images qui se ressemblent toutes. À Lampedusa, la plupart des habitants détestent les journalistes, et j’ai passé plusieurs mois sur l’île, sans caméra, à aller à la rencontre des habitants, avant de commencer à tourner. Pour réaliser des images différentes de ce qu’on peut voir à la télévision, pour changer de point de vue, j’ai besoin de transférer tout ce qui se passe sur cette île à l’intérieur des personnages. Je prends le lieu comme un élément à part entière, que je filme à travers ceux que j’ai choisis pour m’accompagner, en montrant la relation entre eux et l’endroit. Après avoir rencontré suffisamment de gens, un itinéraire mental se crée, qui me permet de créer un vide autour des personnages. C’est alors que je peux commencer à raconter les histoires permises par ces rencontres. Dans le film, Lampedusa peut paraître vide. Tout est vu à travers un enfant, un docteur et un DJ de la radio locale. Mais ce vide que je crée en me concentrant sur quelques personnages les relie entre eux comme le blanc qui sépare deux notes sur une partition, ce silence qui est aussi important que le son lui-même. La narration se fait donc à travers ces personnes, devenues des personnages, et une approche cinématographique qui me permet de donner à la réalité un impact plus fort."

Laisser libre court

Gianfranco Rosi n'a pas voulu délivrer un message ni de faire passer une thèse avec son film. Il n'a pas non plus cherché à ce que les informations prennent le pas sur le réel et sur l'interprétation des images par les spectateurs. "Là où les médias croient rendre compte de la réalité en empilant les informations et les images, je préfère fermer certaines portes, plutôt que les ouvrir toutes grandes avec des chiffres, des explications et des interviews, pour rendre le public curieux, intrigué et le laisser imaginer et ressentir. Je ne m’intéresse pas aux documentaires comme ceux de Michael Moore, qui ne sont qu’une succession de plaintes et d’explications montées les unes après les autres."

A l’Europe

Les deux premières phrases que l’on entend prononcer dans le film sont « How many people ? » puis « What’s your position ? ». Même si ces phrases sont prononcées par les garde-côtes en direction d’un bateau de migrants en détresse, elles s'adressent au spectateur et à l’Europe tout entière. "Pendant le montage, nous avions fait de cette phrase une sorte de running gag et nous nous demandions constamment quelle était notre position sur tel plan, ou tel coupe. Mais il est évident que mon film est aussi une adresse et procède à la fois par des scènes qui peuvent interpeller directement celui qui le regarde et par des métaphores, à l’instar de « l’oeil paresseux » de Samuele", précise Gianfranco Rosi.

Evolution

Dans le film, les migrants et les habitants de Lampedusa ne se croisent jamais, comme il en va de même dans la réalité. Gianfranco Rosi explique ainsi que ces dernières années, les conditions de débarquement ont profondément évolué :


"
Il y a cinq ans, avant même les printemps arabes, les bateaux accostaient directement à Lampedusa, tous les jours, en différents endroits de l’île comme à Lesbos aujourd’hui. Les habitants et les migrants pouvaient facilement se croiser, voire se rencontrer. À présent, la frontière a reculé et les embarcations des migrants sont directement interceptées en mer, depuis que l’opération Mare Nostrum s’est mise en place après la tragédie du 3 octobre 2013 et un nouveau naufrage de centaines de migrants. La frontière s’est donc déplacée des côtes de Lampedusa vers la haute mer, avec des navires militaires qui arrêtent les bateaux, transbordent les migrants, les amènent directement au port, d’où ils sont conduits par bus jusqu’à un centre, où ils sont identifiés puis transférés au bout de quelques jours dans d’autres hotspots, en Sicile ou ailleurs en Italie. Il n’existe donc aucune interaction entre les migrants et les habitants, à part le docteur qui les examine et constitue un des personnages centraux de mon film. Le mystère demeure sur cette mer qui peut amener des cadavres dans la vie des insulaires, mais qui ne se reflète pas nécessairement dans leur vie quotidienne. C’est une miniature de ce qui se passe dans toute l’Europe, où s’expriment avant tout les peurs et les sentiments négatifs vis-à-vis des migrants qui sont comme des ombres avec lesquelles on ne communique pas."

Titre

Le titre du film, « mer en feu », désigne une réalité pour les migrants, mais, pour les habitants de l’île, il s’agit d’abord d’une chanson populaire évoquant l’incendie d’un bateau au large de Lampedusa pendant la Seconde Guerre mondiale. "Une histoire racontée par la grand-mère qui parle d’un « temps de guerre » durant lequel « la mer est devenue rouge » : des mots qui peuvent se conjuguer au présent..."

Lumière

Pour Gianfranco Rosi, la lumière de son film est un personnage à part entière, complexe et délicat. Dans cette optique, le metteur en scène confie ne plus arriver à penser dès qu’il y a trop de soleil ou trop de lumière. "Durant l’été, j’arrête complètement de réfléchir et d’agir. Je suis « photophobe » et je déteste quand il y a une lumière trop crue ou trop forte. Je hais les ciels bleus, même si j’ai été contraint de tourner la scène de sauvetage, qui se trouve dans le film, sous un ciel azur. C’est pour cela que j’ai tourné mon film en hiver. J’adore aussi travailler la nuit, ou sous un arbre, ou bien quand il fait gris. Je peux donc attendre une lumière spécifique, qui me permette de voir l’histoire que je perdrais de vue avec une lumière trop forte."

Dans la filmographie du cinéaste

A la question de savoir comment Fuocoammare, par-delà Lampedusa s'inscrit dans sa filmographie, Gianfranco Rosi répond : "Quand je commence un film, j’ai besoin d’être complètement vidé de mon passé, vide de toute histoire antérieure, afin d’être disponible à la réalité qui se présente à moi. Tous mes films ont donc des dynamiques différentes. Celui-ci est sans doute celui où j’ai eu l’impression de m’approcher au plus près de l’histoire en train de se faire, et de son essence tragique. C’est aussi celui où j’ai sans doute été le plus profondément à l’intérieur des personnes que j’ai pu rencontrer. À la fois parce que j’ai passé plus d’un an sur place et que l’arche narrative du film est ample, au point de ressembler à une fiction dans laquelle on sent les personnages évoluer. Cette évolution est davantage présente que dans certains de mes films précédents, comme Sacro Gra ou Below Sea Level, qui fonctionnent davantage comme des synthèses, voire des instantanés."
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