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Jusqu’à la Garde
note moyenne
4,1
2284 notes dont 359 critiques
25% (88 critiques)
42% (150 critiques)
14% (52 critiques)
7% (24 critiques)
6% (22 critiques)
6% (23 critiques)
Votre avis sur Jusqu’à la Garde ?

359 critiques spectateurs

benoitG80

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5,0Chef-d'oeuvre
Publiée le 23/11/2017

« Jusqu’à La Garde » arrive sans prévenir à nous asséner un véritable coup de massue dont on reste encore groggy longtemps après... Sans artifice, dans le plus grand dépouillement, et avec une adresse remarquable et un tact exemplaire, le cinéaste Xavier Legrand arrive à nous mettre sur les rails d’une histoire très douloureuse dont on ne voit absolument pas les véritables tenants et aboutissants avant un bon moment. Car si l’on part d’un problème de garde d’enfant à répartir entre deux parents séparés, rien ne nous permet de saisir vers quelle voie on se dirige, ni de saisir toute l’horreur et ses raisons qui se profilent à l’horizon... Le cinéaste nous laisse en effet toutes les hypothèses en main sans donner une quelconque clé pour la suite à venir. Le cheminement de ce couple qui se déchire en se disputant la garde de leurs fils Julien, va donc se dessiner, se préciser petit à petit alors que chacun des parents ne se dévoile pas encore vraiment pour tout comprendre ! C’est ici un cinéma vrai, puissant, violent, sans aucun pathos ou bon sentiment, qui va révéler des acteurs en prise directe avec leur rôle, interprété dans la plus grande sincérité, la plus grande pureté, à la limite d’un documentaire et dont le petit Thomas Gioria est ahurissant dans son interprétation on ne peut plus crédible dans la retranscription de la peur... Tout se lit sur ce visage terrorisé, dépassé par des faits concrets et irrémédiables qui le dépassent... On reste tétanisé de voir ses acteurs aussi justes, aussi sobres, dans une composition extrêmement difficile (Léa Drucker et Denis Ménochet), nous amener sur un sujet sensible et délicat, dont l’issue est quelquefois dramatique... Un film fort, sorte de témoignage glacé et terriblement authentique à l’impact évident, dont on ne peut qu’être remué, bouleversé et pour longtemps ! Bravo et encore bravo !

angelo F.

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5,0Chef-d'oeuvre
Publiée le 15/02/2018

Ce film est assommant tellement il prend aux tripes et s'avère vrai. Un véritable coup de poing et on sort de la salle, complètement sonnés et bouleversés. Aussi, les critiques très négatives restent un véritable mystère pour moi.

btravis1

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4,0Très bien
Publiée le 15/02/2018

Film au sujet délicat, dur sur le fond et totalement maîtrisé sur la forme. En effet, le réalisateur a la bonne idée de nous présenter l'histoire via la juge d'instruction, c'est à dire avec les pièces du dossier, quelques témoignages. Et on comprend vite la difficulté pour elle, et donc pour nous, de savoir qui dit vrai quand on a seulement un regard extérieur sur la situation et finalement peu d'éléments probants. Du coup, une fois le jugement délibéré, on se pose pas mal de questions, on ne comprend pas toujours les réactions des protagonistes et au fur et à mesure que le film avance, le film lève le voile sur la vraie personnalité de certains, jusqu'au final, certes attendu mais efficace. Le choix des comédiens, aux physiques communs, est judicieux et renforce la crédibilité du film.

velocio

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4,5Excellent
Publiée le 05/02/2018

Il y a 5 ans, le comédien Xavier Legrand avait réalisé "Avant que de tout perdre", un court-métrage de 30 minutes sur les violences conjugales qui avait remporté le Grand prix du Festival de Clermont-Ferrand 2013 et obtenu le César du meilleur court-métrage en 2014. Dans la distribution de ce court-métrage, on trouvait Léa Drucker, Denis Ménochet et Mathilde Auneveux. Trois interprètes que l’on retrouve dans "Jusqu’à la garde", premier long métrage de Xavier Legrand. Un film doublement primé lors de la dernière Mostra de Venise : Lion d’argent du meilleur réalisateur et Lion du futur (Meilleur premier film, l’équivalent de la Caméra d’Or cannoise). La décision que va prendre la juge a une importance capitale, et elle doit la prendre en l’espace de 20 minutes : le couple Besson a divorcé et il s’agit maintenant de savoir ce que vont devenir Julien et Joséphine, les enfants de ce couple, garde alternée ou garde exclusive pour la mère. La réponse est particulièrement importante en ce qui concerne Julien, qui n’a que 11 ans et dont la suite du film va nous amener à comprendre qu’il a une peur bleue d’un père qu’il sait violent. Mais là, dans une extraordinaire scène d’ouverture, ce sont les avocates de Miriam et d’Antoine qui s’expriment et, grâce au grand talent des deux comédiennes qui les interprètent, on entre de plain-pied dans le film, en ayant l’impression d’être vraiment dans le cabinet de la juge. Laquelle des deux avocates cette dernière doit-elle croire ? L’avocate de Miriam décrit un Antoine particulièrement possessif et violent : cette assertion reflète-t-elle ou non la vérité ? L’avocate d’Antoine nie bien sûr ce caractère violent : pour elle, il est anormal que Miriam veuille empêcher Antoine de témoigner son amour pour sa fille et son fils. Xavier Legrand, en greffant de façon magistrale les codes du thriller sur un drame social, a tapé très fort pour ce qui est son premier long métrage. Très vite, le spectateur comprend qu’il va à coup sûr se passer entre Miriam et Antoine au moins une scène d’une grande intensité et, du début à la fin du film, la tension que ressent le spectateur est particulièrement intense. Une tension qui est exacerbée par le choix de faire de Miriam et, surtout, d’Antoine des personnages aux facettes multiples : les questions que se posait la juge dans la scène d’exposition, on peut continuer à se les poser durant une bonne partie du film, le pervers narcissique Antoine sachant parfois apparaître comme étant un être incompris qu’on pourrait presque plaindre. Une tension qui provient aussi de l’utilisation que fait Xavier Legrand des bruits du quotidien, ces bruits tels celui que fait une clé lors de l’ouverture d’une porte et que les femmes battues et qui vivent avec la peur au ventre savent interpréter comme autant de signaux pouvant annoncer l’arrivée d’un épisode violent. Même si la grande force du film réside surtout dans la façon dont le réalisateur nous tient en haleine, avec en point d’orgue ce mélange de crainte et d’espérance un peu perverse de voir arriver LA scène dont tout laisse penser qu’elle pourrait être d’une grande violence, Xavier Legrand fait également preuve de grandes qualités cinématographiques dans des scènes non directement liées à cette montée en puissance du suspense mais qu’on aurait tort de qualifier d’annexes : par exemple, la façon étonnante et intelligente dont il filme la scène où Joséphine procède à un test de grossesse. En fait, dès son premier long métrage, Xavier Legrand s’invite à la table des grands réalisateurs, quelque part entre Pialat et Haneke. Dans le rôle de Miriam, Léa Drucker sait donner à son personnage le juste dosage de force et de fragilité face à la peur qui la tenaille et à son désir de protéger ses enfants. A ses côtés, Denis Ménochet est impressionnant dans son rôle de pervers narcissique, mélange de ce qu’on peut prendre pour de l’amour paternel et de violence qui ne demande qu’à se manifester. Quant au jeune Thomas Gioria, l’interprète de Julien, cet enfant pris en otage entre son père et sa mère, c’est une véritable révélation qui arrive à exprimer avec peu de mots mais beaucoup de spontanéité toutes les émotions que le comportement de son père lui fait traverser. Il faut pas mal de courage pour se lancer, dès son premier long métrage, dans un film qui n’a, a priori, rien de facile, ni même de plaisant. Heureusement, le résultat est un film d’une force exceptionnelle, un film qui coupe le souffle, qu’on reçoit comme un coup de poing. Il est évident qu’avec "Jusqu’à la garde", un grand réalisateur est né, un réalisateur dont on va attendre les prochains films avec impatience et un peu de crainte : arrivera-t-il de nouveau à se montrer aussi proche de la perfection ?

Laure D.

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5,0Chef-d'oeuvre
Publiée le 14/02/2018

Je ne m'attendais pas du tout à ça, courrez le voir sans lire les critiques pour ne pas vous spoiler. J'ai pris une grande claque c'était un fort moment riche en émotion, vous n'en sortirez pas indifférent.

FredArrow

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5,0Chef-d'oeuvre
Publiée le 18/06/2018

Une juge lisant froidement la déclaration d'un jeune enfant qui réclame le droit de vivre avec sa mère pour échapper à son père, divers documents suggérant des violences et des menaces impossibles à établir, des avocats débitant leurs arguments péremptoires vis-à-vis du camp adverse et, au milieu de ça, deux silhouettes silencieuses, le père et la mère, que la magistrate observe au milieu des questions d'usage pour chercher à déceler à travers un geste ou un regard quelque chose qui lui permettrait d'ôter tout doute sur le poids de sa décision à venir. Mais ce regard distancié de l'institution judiciaire sur lequel le premier film de Xavier Legrand s'ouvre est de toute manière faussé par avance, il lui manque une donnée majeure qui ne peut rendre qu'irrationnelle toute tentative de jugement définitif sur la situation. Lorsque la caméra quitte l'ambiance froide de ce bureau à la fin d'une audience qui n'a su aucunement levé l'ambiguïté de notre perception des deux parents (démontrant par là même l'absurdité d'un futur verdict), c'est pour mieux nous dévoiler les autres nombreux cas que l'on imagine similaires en attente d'un jugement dans les couloirs du palais de justice. La masse des procédures de garde d'enfant(s) tend sans doute à les rendre désormais uniformes aux yeux de ceux qui les prononcent mais le film de Xavier Legrand va nous rappeler que l'intimité d'un couple séparé sur la durée, d'une famille brisée où tous les signaux de détresse sont à leur plus haut niveau sans que personne ne s'y attarde, est cette donnée cruciale à laquelle la justice n'aura jamais accès pour avoir ce regard véritablement humain, équitable et simplement juste dans ses décisions qui devrait être motivée à la vue de chaque situation particulière... Nul besoin de recourir à des flashbacks pour nous retranscrire le passé de ce qui fut une famille rongée par la violence, il est là, bel et bien omniprésent en permanence telle une chappe de plomb qui dicte aujourd'hui la conduite de chacun des deux anciens époux. On le devine sans cesse dans ces quelques semaines sur lesquelles s'étale "Jusqu'à la Garde" peu après la décision de la magistrate. Tout en saisissant le présent, Xavier Legrand le traduit comme une ombre derrière les regards et les dialogues de personnages qui ont conscience de vivre une situation dramatique sans savoir comment sans sortir hormis la fuite perpétuelle. Certes, le film lève assez rapidement le voile sur la direction d'où vient le danger mais il montre aussi que toute tentative de le guérir était vouée à l'échec par avance. L'engrenage de peur et de violence l'a tellement emporté sur absolument tous les autres sentiments ayant pu unir cette famille à un moment ou à un autre de leur existence qu'il ne peut y avoir qu'un chemin tragique à sens unique vers l'explosion comme issue. Sous tension permanente, "Jusqu'à la Garde" nous ballotte tel le petit (et exceptionnel) Thomas Gioria dans cette guerre psychologique entre les deux parents pour ne jamais nous laisser indemne devant la montée en puissance des événements. Allant toujours à l'essentiel sans jamais sacrifier aucune des ramifications que lui offre ce formidable récit (le film est d'une densité incroyable tout en ne durant que 1h30), la maîtrise formelle impressionnante dont fait preuve Xavier Legrand (on le répète, ce n'est qu'un premier film, punaise !) est remarquablement secondée par l'intensité de ses deux comédiens principaux, Léa Drucker et Denis Ménochet, engagés dans un bras de fer parfait. On taira évidemment la teneur de la dernière partie mais, à ce moment, l'explosion tant redoutée nous assène un tel uppercut qu'on en ressort sur les rotules, complètement hagard d'avoir enfin terminé cette virée dans cet ascenseur émotionnel qui n'a jamais cessé de gravir les étages de la tension dramatique. Et puis, finalement, à notre plus grand désarroi, le film nous fait réaliser une chose qui nous met au même niveau pitoyable que le regard aveugle de la justice des débuts : à force de croiser un déferlement sans fin d'histoires de ce genre au détour de tous les canaux d'information possibles, nous aussi, nous en venons à les traiter avec la même indifférence devant la neutralité et l'uniformité de leur retranscription, sans imaginer un seul instant tous les destins brisés qu'elles ont pu entraîner, voire gangrener pendant des années, dans leur sillage. "Jusqu'à la Garde" nous rappelle sans concession cet état de fait et nous met face à nos propres contradictions en nous permettant de retrouver ce regard devant une oeuvre fictive que l'on avait peut-être laissé de côté dans la réalité. "C'est fini !" répétera sans cesse un personnage dans les ultimes instants. Pour lui, oui, même si les séquelles seront dures à surmonter mais, pour beaucoup d'autres, ce ne sera jamais fini, ça recommencera et "Jusqu'à la Garde" refera inévitablement surface dans nos mémoires devant la triste réalité d'une situation similaire ainsi rapportée. Longtemps que le cinéma français n'avait pas enfanté un film susceptible d'autant secoué... Un chef-d'oeuvre ? Pas loin en tout cas.

tony-76

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4,0Très bien
Publiée le 17/04/2018

Un film choc ! Il y en a si peu en France des longs-métrages français de ce type qu'on aimerait bien en avoir un peu plus dans nos salles ! Jusqu'à la Garde est le premier film de Xavier Legrand, mettant en scène Léa Drucker et Denis Ménochet. Ce couple est en plein divorce (malgré les tensions qui règne au sein de la famille Besson), le père va tout faire pour avoir la garde de son fils, âgé de 11 ans. Le spectateur est très vite plongé au cœur de cette affaire à la fois sombre et réaliste, le film ne possède que très peu de temps mort. Un sujet tabou, délicat puisque tout le monde connaît certaines situations et peuvent être ému ! Des émotions fortes dans lequel personne ne ressortira indemne Spoiler: - un grand moment d'angoisse devant une finale qui nous laisse sans voix - surtout quand on voit le générique défilé sous nos yeux, sans musique... Le réalisateur joue avec nos nerfs. Jusqu'à la Garde nous transforme aussi et nous épuise de voir toute cette violence ! La violence des gestes et des mots en face de ces enfants (tous les deux convaincants) mais une mention spéciale pour le jeune Thomas Giori. Il est magistral ! Léa Drucker n'a jamais été aussi émouvante et fragile ! Et que dire de Denis Ménochet qui s'avère dans son élément le plus total dans lequel il impressionne, rien que dans son regard... Sans aucun doute l'une de ses meilleures prestations au cinéma ! Jusqu'à la Garde frôle le documentaire comme à son début d'introduction où Spoiler: les parents sont réunis devant le juge et les avocats des deux parties... De longs monologues s'installent ! Une atmosphère pesante, voir inquiétante qui trouble le public... En l'état, Jusqu'à la Garde est un film noir, prenant, juste et qui nous prend aux tripes. Une expérience intense ! Un cinéaste à suivre et à découvrir sans plus tarder...

alice025

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4,0Très bien
Publiée le 11/02/2018

Un drame dur, poignant et dont on ne ressort pas indemne. C'est l'histoire d'un couple qui divorce, voulant chacun obtenir la garde du fils. La mère accuse le père d'être violent, lui nie totalement. Qui a raison, qui a tort ? C'est au fur et à mesure que la vérité va petit à petit éclater, mais tout en subtilité jusqu'au final extrêmement éprouvant. Le jeu des acteurs est tellement authentique, en particulier celui de Denis Ménochet qui m'a bluffé. Un sujet qui malheureusement doit toucher beaucoup de personnes. A voir vivement. cinephle-critique.over-blog.com

Rémy S

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4,0Très bien
Publiée le 30/01/2018

Ce premier film est un coup de maître et on ne serait pas étonné d’en voir un remake américain dans les années à venir. « Jusqu’à la garde » commence comme un drame judiciaire où lors d’une longue séquence dans le bureau d’une juge on nous expose les différents entre un homme et une femme en instance de divorce, notamment concernant la garde des enfants. Tous les faits sont expliqués de manière concise, le sens du cadrage et le découpage des plans instaurant déjà une tension plus que palpable. Si le metteur en scène se garde bien de faire pencher la balance pour l’un ou l’autre, on sent néanmoins que quelque chose cloche sans pour autant savoir quelle direction le film va prendre. Et sur l’heure et demie que dure le film, le spectateur ne va pas cesser d’être malmené (et c’est la réussite du film) dans un film coup de poing tout le temps surprenant entre pics de tension et accès de fureur. Après une ellipse narrative maîtrisée, le long-métrage devient complètement anxiogène et instaure une pression permanente. Le drame familial se mue alors peu à peu en thriller domestique implacable. Et c’est là qu’on prend toute la dimension des enjeux du film où un père déséquilibré s’insinue dans la vie de son ex-femme et ses enfants jusqu’à l’irréparable. « Jusqu’à la garde » doit beaucoup à ses interprètes qui livrent des performances impressionnantes. On redécouvre Léa Drucker, actrice quelque peu sous estimée et sous exploitée par le cinéma français, qui s’avère parfaite dans ce rôle de mère apeurée. On applaudit également le choix du réalisateur Xavier Legrand qui a su caster un enfant au-delà de tous les superlatifs en la personne du jeune Thomas Gioria. Très émouvant, on ressent directement une forte empathie pour lui, il parvient à nous transmettre sa peur avec brio. Mais c’est Denis Ménochet, instantanément césarisable, qui retient le plus l’attention. Il est littéralement terrifiant dans ses accès de folie, passant de la douceur à la fureur avec une pertinence inouïe. Legrand sait filmer, on le constate lors de longues séquences en voiture à déconseiller aux claustrophobes et où s’accroche à notre siège. Il rend chaque apparition de Ménochet inquiétante, chacune d’elle devenant synonyme d’angoisse. Mais, surtout, on est scotché par un final en forme d’home invasion tout à fait exemplaire en termes de mise en scène qui pousse la terreur domestique et la tension dramatique à leur paroxysme. « Jusqu’à la garde » s’avère un impressionnant thriller où à chacune des peu nombreuses séquences (le film va vite), on sent que tout peut basculer. La force de frappe de cette œuvre est puissante et magistrale. Cela faisait longtemps qu’un film français ne nous avait pas secoué de la sorte, sans cesse oppressant et éprouvant pour le spectateur tout en faisant bien attention de rester dans un réalisme brut qui accroît sa portée émotionnelle. Tout juste lui reprochera-t-on de ne pas donner assez de temps dans la première moitié du film au personnage de la mère, mais c’est bien peu pour cette œuvre impressionnante et mémorable. Plus de critiques sur ma page Facebook Ciné Ma Passion.

Espace-Critique.fr

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3,5Bien
Publiée le 29/07/2018

Un film qui m’a scotché et m’a rappelé, dans sa progression et sa puissance, L’Inconnu du lac de Guiraudie (en moins bon quand même). On glisse imperceptiblement des codes du film noir vers ceux du thriller puis de l’horreur, avec une tension permanente, portée par un casting exceptionnel (il y a du César dans l’air) et une mise en scène d’une sécheresse et d’une précision hallucinantes. Il y a peut-être un côté roublard dans la façon de ménager ses effets qui peut être gênant étant donné le sujet traité, mais en tout cas c’est mon film préféré de 2018 pour l’instant.

Maitre Kurosawa

Suivre son activité 171 abonnés Lire ses 1 172 critiques

3,5Bien
Publiée le 25/02/2018

Récompensé par un prix de la mise en scène à la dernière Mostra de Venise, "Jusqu'à la garde" est un thriller tendu, même étouffant dans ses meilleures scènes. La réussite du film, malgré ses limites, tient à l'absence totale de complexité : la femme est une victime qui aime ses enfants, ces derniers ne veulent pas revoir leur père, une brute malade. En distribuant très vite les rôles, brisant l’ambiguïté de la longue et partiellement intéressante séquence d'ouverture (une interprétation très inégale), Legrand peut enfin filmer le conflit en faisant valoir la pleine maîtrise de sa mise en scène – cadrages serrés, plans fixes et plans-séquences anxiogènes – afin de progressivement resserrer l'étau autour de ses personnages. La critique a beaucoup comparé ce film au "Shining" de Kubrick, à la fois pour leur final respectif et également en rapprochant le personnage de Nicholson à celui de Menochet. Si l'on ressent de l'empathie pour le père monstrueux de "Shining", c'est parce qu'on sait que sa violence est liée à quelque chose qui aura dépassé le personnage (l'Overlook l'aura avalé, dominé de bout en bout); dans "Jusqu'à la garde", le père n'a aucune excuse, c'est un manipulateur dangereux capable du pire. Ainsi, l'absence de nuances rend l'ensemble plus prévisible et nuit à l'émotion mais permet en contrepartie l'instauration d'un suspense particulièrement éprouvant. Un premier film prometteur qui donne envie de suivre le parcours de son cinéaste.

Sildenafil

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3,5Bien
Publiée le 12/02/2018

Film réaliste, percutant, outrageusement sombre et déprimant, porté par un bon jeu d'acteur (Ménochet et le petit Gioria en tête). Bref, du bon cinéma.

Lounini

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3,5Bien
Publiée le 03/02/2018

Scénario original. Du suspense. On s'attend à quelque chose de violent, mais on ne sait pas quand cela va arriver. Peu de musique, donc ambiance inquiétante permanente.

ARGOL

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5,0Chef-d'oeuvre
Publiée le 14/02/2018

Lorsque le générique de fin est apparu sur l’immense écran de la salle 21, j’avais le souffle coupé et les larmes aux yeux, bouleversé par l’histoire qu’on venait de me raconter. Je me suis précipité en dehors de la salle pour m’extirper de l’emprise sous laquelle j’étais tombé, pour respirer et me calmer. J’étais d’ailleurs content d’être seul parce que j’aurais été incapable de dire un mot. Le cœur palpitant, totalement emballé par cette expérience unique, j’ai envoyé un SMS à un collègue cinéphile en exagérant mon impression : « Ça vaut 10 Dardenne ! » J’ai descendu les marches du complexe en tremblotant et en me disant que je ne pouvais pas écrire tout de suite, que je devais prendre le bon air du boulevard MacDonald et retrouver ma sérénité. M’avait-on habilement manipulé ? Peut-être. J’étais en tout cas conquis, heureux d’avoir vu un aussi bon film alors que le cinéma français me déçoit la plupart du temps. Le dénouement ne m’a certes pas plu (j’allais dire « convaincu », mais en réalité si), mais il est fort malgré tout d’une vérité, certes à laquelle certains d’entre nous ne voulons pas croire/adhérer, ou à laquelle nous voudrions substituer une écriture poétique, mais qui s’inscrit en réalité dans une vision cohérente de la vie, sinon de certaines vies (plus dures que les nôtres). La direction d’acteurs est d’une justesse rarissime, et les interprètes sont tous d’une puissance dramatique qui impressionne. Le plus troublant est le petit garçon qui interprète Julien, l’enfant qui se retrouve au cœur de la tourmente, instrumentalisé et martyrisé par des parents qui se déchirent. J’en avais le cœur brisé. On pense bien sûr à « Faut d’amour » d’Andrey Zvyagintsev. Et puis Xavier Legrand, dont c’est le premier long métrage en tant que réalisateur, n’a pas oublié le cinéma. Ses cadres sont absolument splendides, tantôt au plus près des visages et des émotions, tantôt en mouvement pour des plans-séquences somptueux... Son titre anglais est lui aussi très beau : « Custody ». Présenté à Venise (c’est pourtant du cinéma cannois selon moi), il a déjà été vendu dans de nombreux pays. C’est le meilleur du cinéma français, élégant, puissant, universel. Bravo. À ne surtout pas rater !

poet75

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3,5Bien
Publiée le 07/02/2018

Le souhait de Julien (Thomas Gioria), 11 ans, ne laisse place à aucun doute : il veut rester avec sa mère. Pour la juge qui reçoit ses parents, Miriam (Léa Drucker) et Antoine (Denis Ménochet), un couple déchiré, la décision n’est cependant pas si simple à prendre. Pour ce qui concerne la fille aînée du couple, pas de problème, elle a presque 18 ans, c’est donc à elle de se prononcer. Mais dès qu’il s’agit de Julien, c’est autrement compliqué. Malgré les vœux qu’il a exprimés, peut-on priver un enfant de cet âge-là de la garde de son père ? Ce qui corse le tout, ce sont les propos des avocates. Celle qui représente la mère parle de violence et d’insécurité, mais sans pouvoir présenter de preuves convaincantes, ce qui laisse tout loisir à l’avocate du père de contre-attaquer. Spoiler: Le suspens ne dure pas bien longtemps : la juge a tranché en faveur du père, lui accordant le droit de garde qu’il réclamait. Sur ce point, pas d’expectative. Mais reste la question lancinante posée dans le bureau de la juge et qui n’a pas reçu de réponse évidente : le père est-il, oui ou non, l’homme violent décrit par l’avocate de Miriam ? Subtilement, la réalisation de ce film nous conduit, petit à petit, vers la vérité ou, du moins, ce qu’on peut en percevoir. Car, bien sûr, le réalisateur s’est gardé de mettre en scène des personnages trop schématiques. Pour traiter de la violence conjugale et de ses conséquences, Xavier Legrand nous met en présence d’un homme complexe, un homme qui peut sembler, par moments, presque monolithique, mais qui révèle malgré lui ses propres failles. Lui-même apparaît fragilisé quand il est en présence de ses propres parents, ce qui explique peut-être en partie ses ambiguïtés et ses désirs malsains et maladroits de s’affirmer en tant que père et époux. Quand il réussit à se trouver en présence de Miriam, l’étreinte qu’il lui accorde fait ressortir toute son incertitude : elle est à la fois marque d’une affection malhabile et tentative d’emprise sur sa partenaire, au point de presque l’étouffer. Astucieusement, le film prend de plus en plus l’allure d’un thriller, s’achevant par une séquence si impressionnante qu’elle cloue le spectateur dans son fauteuil. On sort d’une telle projection muet de stupéfaction. À la 74ème Mostra de Venise, le film a obtenu le Lion d’Argent de la meilleure mise en scène, une récompense plus que méritée !

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