Notez des films
Mon AlloCiné
    Une vie cachée
    note moyenne
    3,9
    890 notes dont 160 critiques
    répartition des 160 critiques par note
    41 critiques
    53 critiques
    29 critiques
    21 critiques
    9 critiques
    7 critiques
    Votre avis sur Une vie cachée ?

    160 critiques spectateurs

    poet75
    poet75

    Suivre son activité 196 abonnés Lire ses 684 critiques

    5,0
    Publiée le 12 décembre 2019
    Ils ne furent pas nombreux, ceux qui, en Allemagne comme en Autriche, eurent l’audace de dire non, d’une manière ou d’une autre, à Hitler et au nazisme. Oser faire cela, il est vrai, c’était, fatalement, le payer de sa vie. En Allemagne, du côté de Munich, il y eut Sophie Scholl, son frère Hans et leurs autres compagnons de la Rose Blanche. En Autriche, il y eut le parcours exemplaire de Franz Jägerstätter, un paysan du village de Sainte Radegonde qui fut guillotiné le 9 août 1943 à la prison de Brandebourg à Berlin. Il faut observer que celles et ceux qui s’opposèrent à Hitler le firent toutes et tous au nom de leur foi chrétienne. Franz Jägerstätter a d’ailleurs été béatifié le 26 octobre 2007 à la cathédrale de Linz. C’est donc de cet homme-là que Terrence Malick a choisi de raviver le souvenir. Après sa série de films plus ou moins expérimentaux conçus à la manière de poèmes, de méditations, voire de prières, films sublimes mais qui pouvaient déconcerter certains spectateurs, le réalisateur de The Tree of Life renoue avec une narration beaucoup plus classique, mais sans se délester pour autant de son style, reconnaissable entre tous. On retrouve donc, dans Une Vie cachée, le goût du cinéaste pour les voix off, sa propension à filmer la nature, ainsi que de nombreux gros plans sur les acteurs qui semblent presque filmés avec une focale trop courte (mais c’est, évidemment, un effet voulu), etc. Le début est on ne peut plus caractéristique. Comme dans la plupart de ses films, Malick commence par filmer la nature d’une manière quasi édénique. En quelques plans, nous sommes conviés à goûter la vie à la montagne du fermier Franz Jägerstätter (August Diehl), de sa femme Fani (Valerie Pachner) et, bientôt, de leurs trois filles, ainsi que de quelques autres personnages, dont la belle-sœur de Franz qui est venue vivre avec eux. La vie de paysan est rude, certes, mais, au départ, tout est filmé dans une sorte d’innocence première, comme s’il fallait ainsi souligner d’autant plus, par contraste, l’irruption du mal absolu, qui ne tarde pas à paraître. Nous en avions déjà été averti, il est vrai, dès l’ouverture, par des films d’archives montrant avec quel empressement de nombreux Autrichiens accueillirent l’hitlérisme. On pouvait espérer, néanmoins, que le petit village de Sainte Radegonde resterait préservé de cette folie. Il n’en est rien. Personne ne peut se targuer ni d’être neutre ni d’être indifférent. Franz, lui, ne tergiverse pas. Il fait d’abord ses classes, puis, de retour chez lui, ne peut ignorer qu’on va exiger de lui, comme de tout homme en âge de combattre, un serment d’allégeance au Führer. Mais, au nom de sa foi comme de son humanité, il lui est impossible de se résoudre à un tel engagement. Dans son village, il se fait aussitôt remarquer et ostraciser. Quand des nazis passent par là pour réclamer à chaque habitant sa contribution à l’effort de guerre, il est le seul à refuser. Dès lors, sa détermination est telle que rien ne peut l’en détourner. C’est bien l’itinéraire d’un martyr que filme Malick, il n’y a pas de doute, mais sans ostentation, sans prêchi-prêcha, comme certains se plaisent à le reprocher au cinéaste, à la sortie de chacun de ses films, de manière totalement fallacieuse. Au contraire, il y a dans cet homme, tel qu’il est ici filmé, une sorte d’évidence ou de simplicité, comme si la sainteté allait de soi. Pour le détourner de sa voie, certains reprochent à Jägerstätter son orgueil, alors que c’est son humilité qui, au contraire, nous interpelle. Plusieurs interlocuteurs interviennent pour le faire changer d’avis, y compris l’évêque du lieu qui se réfère à saint Paul affirmant qu’il faut se soumettre aux autorités. Le maire du village, lui, affirme à Franz qu’il est plus coupable que les ennemis du pays, puisqu’il agit comme un traître. Plus tard, quand il est emprisonné, il est sournoisement invité à signer son acte d’allégeance à Hitler, quel que soit son sentiment profond, même si celui-ci est contraire à la déclaration écrite. On ne lui demande pas d’aimer le Führer, mais de parapher un document. « Ce n’est qu’un bout de papier, lui dit-on. En ton for interne, tu peux penser ce que tu veux. » Mais Jägerstätter ne peut se résoudre à cette hypocrisie. Terrence Malick film l’obstination d’un homme dont la droiture morale est sans faille et qu’aucun raisonnement, aucune intimidation, aucune torture ne font plier. En cet homme, tout comme d’ailleurs en sa femme Fani, il y a une bonté qui semble naturelle et qui se traduit, entre autres, par une absence de jugement d’autrui. Même ses bourreaux, Franz ne les juge pas. Le cinéaste réussit le tour de force de filmer la bonté sans maniérisme, sans mièvrerie d’aucune sorte. Car la force de l’accusé, ce qui lui permet de tenir jusqu’au bout, jusqu’au don de sa vie, cette force, il la puise dans sa foi chrétienne, sans nul doute, mais aussi, c’est évident, dans l’amour qui l’unit à Fani. Leurs échanges épistolaires, superbes, interviennent en voix off, à plusieurs reprises au cours du film. Malgré les épreuves, le mépris des villageois, la séparation du couple, la dureté des travaux de ferme en l’absence de Franz, malgré l’issue fatale qui se profile, l’amour ne faiblit pas. Ceux qui affirment à Franz que son sacrifice ne sert à rien, qu’il ne modifiera en rien le cours de l’histoire, qu’il ne sera connu de personne, qu’il n’aura d’autre effet que de faire du mal à ses proches, ceux-là ne savent rien de la grandeur de l’amour. « L’amour excuse tout, croit tout, espère tout, supporte tout. L’amour ne passera jamais… », écrit saint Paul dans sa Première Lettre aux Corinthiens (13, 7-8). Les bourreaux de Jägerstätter avaient tout prévu, sauf cela. Une phrase de George Eliot, tirée du roman Middlemarch, phrase projetée sur l’écran à la fin du film, le dit aussi à sa manière et l’éclaire de sa douce lumière : « Si les choses ne vont pas aussi mal pour vous et pour moi qu'elles eussent pu aller, remercions-en pour une grande part ceux qui vécurent fidèlement une vie cachée ».
    William Dardeau
    William Dardeau

    Suivre son activité 7 abonnés Lire ses 90 critiques

    4,5
    Publiée le 12 décembre 2019
    Une vie cachèe est un film difficile à analyser et critiquer, mais je suis tout de même étonné du nombre relativement élevé d'avis négatifs qui voudraient dissuader d'aller voir cette oeuvre. Même si je conçois qu'on puisse ne pas entrer dans les différentes thématiques de Malick (Dieu, la foi, la nature, l'homme, le martyr entre autres), il faut vraiment ne pas aimer le cinéma pour ne pas être au moins impressionné par la beauté (et le mot est faible) du film. Mais si on est sensible à ces thématiques, et même prêt à en débattre, alors Une vie cachée devient un film très important, voire essentiel. Une des phrases du film donne le ton: le soleil se lève quand même sur le mal. Depuis La balade sauvage, et surtout Les moissons du ciel, Terence Malick a imposé un style et une façon de filmer immédiatement reconnaissable, et le premier plan d'Une vie cachée sur les montagnes autrichiennes est sa façon de signer l'oeuvre. Mais loin de se répéter, Malick veut aller plus loin que dans ses précédents films. De mon point de vue (mais il y a évidemment d'autres manières d'appréhender le film), le cinéaste veut montrer que l'éblouissement de la nature ne doit pas être confronté au mal (en l'occurence le nazisme): en d'autres termes il ne faut pas poser une question telle que: qui donc a créé de telles merveilles, et en même temps un homme capable des pires noirceurs ? Car pour Terence Mallick, grâce à des hommes tels que le héros du film, qui restent intransigeants face à la barbarie, le monde est vivable, et surtout mérite que l'on y vive. Les agnostiques trouveront certainement à redire sur la conception du monde de Terence Malick, mais c'est bien à cela que l'on reconnaît une oeuvre d'importance: faire discuter. Une vie cachée doit être considéré comme un film indispensable, à méditer longuement.
    garnierix
    garnierix

    Suivre son activité 46 abonnés Lire ses 169 critiques

    5,0
    Publiée le 12 décembre 2019
    « Si les choses ne vont pas si mal pour nous aujourd’hui, c’est notamment grâce à ceux qui vécurent fidèlement une vie cachée et qui reposent dans des tombes que personne ne visite plus ». C’est la citation (approximative) tirée de George Eliot à la fin du film ––et qui ne le résume pas, car elle lui est supérieure (parlerait-on de ce fermier exécuté par Hitler s’il n’avait pas été béatifié par Benoît XIV ?). Le film s’inspire donc de la vie d’un petit objecteur de conscience, Franz Jägerstätter, qui refusa de servir dans l’armée allemande, jusqu’à en mourir en abandonnant tout, dont femme et enfants, malgré son amour pour eux. « S’inspire » parce qu’on doute que, dans la réalité, les ouailles de Hitler aient pris autant de précautions et de temps pour l’éliminer. Mais il fallait que Terrence Malick ait le temps de déployer tout son art pour en faire une symphonie (trois heures de film). Et c’est bien qu’il ait pris ce temps : ce film est comme un ralenti augmenté de la douleur de vivre, magnifié (contrasté en permanence) par la beauté qui pourtant nous entoure (la nature, l’amour). Il fallait bien sûr l’œil et l’oreille de Malick pour se saisir du sujet et nous en enivrer jusqu’à l’écœurement. Christique ––Malick a trouvé un Christ à filmer. Tout est dit dès les premières minutes quand une voix off murmure « on vivait au-dessus des nuages » (c’est-à-dire pas sur terre). A partir de là, c’est une longue symphonie égrenant des réflexions qui nous concernent tous : la patrie, la communauté, la famille, Dieu, la reconnaissance du bien et du mal, la résistance, la conscience, la lâcheté, le sens du sacrifice, l’art. Symphonie aussi d’images et de sons que vous avez encore en tête en sortant de la salle, en même temps que les questionnements. Evidemment, ce film n’est pas un divertissement, ni un thriller. Ce n’est même pas un film où l’on pleure, bien qu’il y ait de quoi pleurer ––le seul moment où Malick se laisse aller est à la fin, avec un gamin, peut-être homosexuel (parce que les nazis ratissaient large dans leur haine des autres), qui embrasse Franz avant la guillotine, lequel lui rend son baiser. Ce film est une méditation. Le message le plus poignant et le plus révoltant du film reste un message qu’il ne formalise pas mais qui est clair : finalement les pires monstres de notre société, ce sont les moutons. A.G.
    Sebastien B
    Sebastien B

    Suivre son activité Lire sa critique

    5,0
    Publiée le 14 décembre 2019
    Cette majestueuse épopée de résistance intime d'un objecteur de conscience autrichien du village de St Radegund contre le Mal nazi au début de la seconde guerre mondiale est embellie par une virtuose mise en scène impressionnante touchée par la grâce (somptueuse photographie). Terrence Malick livre l'une de ses plus éblouissantes offrandes cinématographiques par le biais de cette passionnante narration méditative sur les croyances, incarnée magistralement par les bouleversants August Diehl et Valérie Pachner notamment, couple d'amoureux séparés par l'enfer de la guerre. Une divine quête spirituelle bien accompagné par une lyrique bande sonore émouvante. Terrassant. Christique. Déchirant. Sublime. Magistral.
    benoitG80
    benoitG80

    Suivre son activité 2442 abonnés Lire ses 1 405 critiques

    3,0
    Publiée le 23 janvier 2020
    « Une vie cachée » atteint de véritables sommets quant à la beauté dégagée par chaque image ! Terrence Malick a décidément un œil d’une sensibilité rare, et sa photographie nous plonge dans un état de grâce, un vrai phénomène en soi qui se renouvelle tout au long de son film... C’est vrai que tout est magnifique, du paysage minéral et embrumé d’une Autriche superbe, aux visages sublimés par lesquels passent un nombre d’émotions incroyables (jusqu’à toutefois exagérer et étirer les cadrages, avec le danger de déformer les proportions de ses personnages) ! Émotions sur lesquelles le réalisateur mise beaucoup en nous les procurant à chaque instant, et avec lesquelles il va presque nous éblouir et nous bluffer visuellement, tout en réveillant nos différents sens... En effet, le réalisateur sait à ce niveau parfaitement nous interpeller, Franz Jägerstätter et sa famille seront ainsi un excellent sujet d’étude en terme de réflexion quant aux limites de nos convictions et de notre détermination personnelle... Au sein de ce foyer au début des années 40, tout est ici affaire de délicatesse, de tendresse et d’amour alors que vient s’immiscer dans crier gare, les affres de la guerre et l’idéologie nazi ! Terrence Malick sait très justement faire planer ce bonheur pur et simple, en le magnifiant à sa façon, afin de mieux créer cette fracture brutale quand l’appel à la mobilisation sonne irrévocablement à la porte de l’insouciance et de la plénitude. Ce seront alors toutes les petites voix intérieures qui vont ainsi nous guider dans le cheminement de chacun de ces êtres dans cette lutte profonde et enfouie, à la manière de voix off qui viennent nous susurrer à l’oreille, plus que les dialogues véritablement construits et étayés qui à la longue, finissent par manquer malgré tout. Sans doute, un choix empreint de mysticisme et de spiritualité, cher au réalisateur qui pourra envoûter, émerveiller, mais aussi à contrario, rebuter le spectateur plus cartésien ! Le mélange des langues est aussi très gênant et franchement discutable, avec l’anglais presque chuchoté, réservé à la douceur intérieure, et l’allemand complètement éructé, destiné à la violence et à l’agressivité. Certes, dans sa démarche le cinéaste a l’art et la manière de nous baigner dans cette ambiance très particulière, tout en soulevant d’ailleurs et indirectement bon nombre de questions, mais par là-même, comme s’il s’agissait des défauts inhérents à ses qualités, son travail empêche également de bien cerner et de comprendre la démarche de ce chef de famille guidé par la foi, extrêmement dévoué et bon. On ne peut que fort bien être d’accord avec cette décision de se porter objecteur de conscience, mais même si on la comprend, on aurait aimé connaître la réelle motivation de ce refus d’accepter en bloc de servir l’armée de son pays, car à aucun moment ou presque, on arrive à saisir le déclic véritable qui amènera Franz à se forger ses propres convictions, qu’il mènera d’ailleurs jusqu’au bout ! Si l’idée d’obtempérer et d’obéir dans ce contexte, est plus que louable et intéressante en soi, on oublie un peu toutes les autres options sans doute bien plus efficaces pour contrer la montée d’Hitler et de son régime fasciste, comme l’engagement dans la résistance, moyen assurément plus porteur en soi que cette position radicale de ne pas faire allégeance, qui invite au respect et même à l’admiration, mais qui sur le fait de marquer profondément l’Histoire, n’a que finalement peu d’impact... On aurait donc voulu mieux sonder le fond de la pensée de cet homme qui par son mutisme dans lequel il s’enferme, nous laisse perplexe quant à ce choix radical, définitif et infaillible... Par son pari esthétique réussi et évident, Terrence Malick nous empêche ainsi d’appréhender complètement ce héros dans sa complexité psychologique, et de fait limite également la portée qu’il aurait pu avoir, alors qu’en parallèle les acteurs sont magnifiquement dirigés (August Diehl et Valérie Pachner vraiment impressionnants). Un très beau film au sens esthétique, qu’on aimerait défendre d’arrache pied, mais qui risque de nous séduire assurément, plus que nous convaincre réellement dans ce qu’il tend à vouloir montrer ou prouver, dans ce très bel hommage aux « vies cachées ».
    tarmokeuf
    tarmokeuf

    Suivre son activité 6 abonnés Lire ses 105 critiques

    5,0
    Publiée le 12 décembre 2019
    Une fois de plus, mon réalisateur fétiche ne m'a pas déçu. La fluidité de la caméra, la lumière, la musique, le rythme, le montage, le casting impeccable, et l'incontournable voix off, bref on retrouve dans cette "vie cachée" tout ce qui fait le style Malick que j'aime tant et que ses détracteurs lui reprocheront en criant aux gimmicks... Comme dans l'ensemble de ses oeuvres précédentes, cette histoire sert de support à la quête toute malickienne de la vérité existentielle de l'homme et de son rapport à la nature, à la Création (au sens spirituel du terme plus qu'au sens religieux). Moi qui suis athée, cette spiritualité assumée, m'a une fois encore transporté (élevé ?) au point que quand les lumières se sont rallumées à l'issue des trois heures de projection, il m'a fallu un long moment pour retrouver mes esprits tant l'émotion ressentie était forte. Malick, par son talent (son génie, à mes yeux), a ce pouvoir de vous amener à l'essentiel, à l'essence même. Irrésistiblement, en séparant le bon grain de l'ivraie, en extrayant la musique de la vie du bruit de fond du monde (par exemple en ne traduisant pas les phrases en allemand dont le ton suffit bien à nous faire comprendre ce dont il s'agit), par petites touches sur les leviers de nos sens et de notre inconscient plutôt qu'en faisant appel à notre intellect, il nous guide, nous amène à l'émotion, au questionnement. Encore faut-il que le spectateur accepte pour un instant de laisser ses certitudes au vestiaire... De toute évidence, au vu de l'état du monde et à la lecture de certaines critiques, ça n'est pas à la portée de tous. Dommage.
    Laurent P
    Laurent P

    Suivre son activité 6 abonnés Lire ses 3 critiques

    5,0
    Publiée le 15 décembre 2019
    Un film époustouflant d'une force incroyable ! Terrence Malick au sommet de son art. La mise en scène et l'image sont magistrales et aussi soignées que dans la ligne rouge. Certainement un des plus beaux films qu'il m'ait été donné de voir en salle ces dix dernières années.
    Viv75
    Viv75

    Suivre son activité 1 abonné Lire ses 14 critiques

    4,5
    Publiée le 16 décembre 2019
    “Une Vie Cachée” de Terrence Malik, relate le combat moral d’un objecteur de conscience, Franz Jägerstätter, durant le IIIe Reich. Dans la première partie du film, le réalisateur nous montre la vie de ce paysan, avec sa femme et ses filles, dans leur ferme des alpes autrichiennes, au village de Radegund. La composition de chaque plan est juste splendide. C’est d’une beauté à couper le souffle. Il n’y a pratiquement aucun dialogue. On contemple la magnificence de cette nature grandiose et de cette vie rurale faite de labeur et d’amour, en toute harmonie. Dans la seconde partie, on voit Franz appelé à rejoindre l’armée allemande et refuser de prêter serment à Hitler. Incarcéré, il paiera le prix fort au nom de ses convictions. Croyant, intègre, déterminé, insoumis, la voix-off nous donne à entendre sa lutte intérieure et ses pensées (d’après la correspondance qu’il a eue avec son épouse). August Diehl/Franz et Valérie Pachner/Fani sont remarquables de sobriété, tout comme l'ensemble. Le réalisateur nous maintient pourtant à distance, par pudeur peut être ou exercice de style. On en sort remué. C'est bouleversant.
    Paul F.
    Paul F.

    Suivre son activité 6 abonnés Lire ses 232 critiques

    4,5
    Publiée le 17 décembre 2019
    Un film de Terrence Malick est un film qu’il ne faut pas louper, et surtout pas celui-ci. D’entrée des images à couper le souffle et une symphonie de musiques classiques, pour nous faire sentir la vie, la liberté, l’amour. La suite, moins drôle, est Inspirée d’une histoire vécue, et certainement d’autres. Frantz vit en Allemagne sous le 3em Reich, il est objecteur de conscience, il refuse donc de porter les armes et tout ce qui va avec, il rejette en bloc tout le système, et il ira jusqu’au bout de son intime conviction. Peu sont allés jusqu’à cette extrémité et la grande question qui se pose à nous est la suivante ; sommes-nous prêt au sacrifice suprême pour suivre sa conscience ? Sans aller jusqu’à cette extrémité et sachant que nous vivons dans une société démocratique, quoiqu’on en dise, le jour où il faudra prendre position il s’agira d’être du bon côté, et savoir que notre conscience sera toujours là pour nous rappeler ce jour-là. Ce film est magnifique et il ne faut pas passer à côté, surtout à voir en salle pour la belle photographie. 4,5 étoiles
    Emma155
    Emma155

    Suivre son activité 2 abonnés Lire ses 16 critiques

    5,0
    Publiée le 20 décembre 2019
    Ca, c'est du cinéma... Je ne connaissais pas les autres films de Terrence Malick, je découvre en lui un réalisateur d'exception. Il a une façon de raconter les histoires tout en finesse et subtilité, tout est juste, beau, en place. Les acteurs sont tous magnifiques de justesse, y compris les seconds rôles. Et sur le fond, l'histoire (vraie) est très prenante, d'une rare intensité. Une histoire singulière, celle d'un héros caché qui a résisté jusqu'au bout à la folie du nazisme. Rien n'est de trop dans les 3h que dure le film, aucune longueur, aucun ennui, mais attention ce n'est pas un film d'action. Je recommande à toute personne ayant une certaine sensibilité et pouvant être intéressée par les tourments intérieurs liés à un cas de conscience. 5 étoiles sans hésiter!
    L'écureuil
    L'écureuil

    Suivre son activité 1 abonné Lire ses 2 critiques

    4,5
    Publiée le 11 décembre 2019
    Près de trois heures de film pour une intrigue qui tient en quelques mots: un paysan qui refuse de prêter fidélité à Hitler est mis en prison. Mais pas de "longueurs" cependant, car le parcours de cet objecteur de conscience est reconstitué d'une manière intense. L'amour qui l'unit à son épouse et à ses filles, le poids du dilemme moral, la prière où Jägerstätter puise sa force de résister, la solitude de sa famille face au conformisme de la communauté villageoise : tout cela est filmé avec une grande puissance d'évocation grâce au style si propre à Malick (caméra mouvante, attention aux visages...). Intense aussi, la beauté de cette nature qui n'est pas un simple décor mais qui tient un rôle à part entière: la montagne et les travaux des champs, montrés dans le cycle perpétuel des saisons, donnent un sentiment d'éternité qui dépasse la barbarie d'une époque et semble soutenir le héros dans son rejet du nazisme. Une vraie réussite. Seul bémol : j'aurais préféré un film soit tout en allemand, soit tout en anglais ; il est dommage que la langue allemande soit réduite à sa caricature (nazis qui vocifèrent), alors que ce peut être une langue pleine de douceur (comme on le voit dans de trop brefs passages du film).
    Yves G.
    Yves G.

    Suivre son activité 380 abonnés Lire ses 1 808 critiques

    0,5
    Publiée le 11 décembre 2019
    Un conscrit autrichien, Franz Jägerstätter fut décapité pendant la Seconde guerre mondiale pour avoir refusé de prêter allégeance au Führer. Le dernier film de Terrence Malick - comme d'ailleurs ses précédents - ne saurait laisser différent. Il suscitera la fascination ou la répulsion. Dans la première hypothèse, on se laissera hypnotiser par une oeuvre radicale, puissante, écrasante portée par une caméra tourbillonnante, une musique élégiaque et une interprétation inspirée. On sera ému jusqu'à l'âme par le dilemme qui se pose à Frantz : transiger ou pas, sauver sa peau ou mourir pour ses principes. On sortira durablement bouleversé de la salle, traumatisé par la dernière demie heure d'un film qui, comme peu d'autres, nous aura fait ressentir la peur de la mort et le courage inhumain qu'il faut pour l'affronter. Dans la seconde, on aura trouvé le temps effroyablement long. Près de trois heures pour raconter une histoire qui se résume en une phrase. Terrence Malick ne cherche d'ailleurs pas d'échappatoire : il n'enrichira sa trame d'aucun artifice, d'aucune histoire secondaire qui lui donnerait plus de chair. Au surplus, il a une façon de monter ses scènes qui leur donne un tempo incroyablement rapide. Il refuse la banalité du champ-contrechamp, filmant chaque scène comme on le ferait dans un clip vidéo, avec une musique envahissante et des ellipses qui en rendent parfois la compréhension difficile et empêchent l'émotion de s'installer. Ainsi, paradoxalement, ce film trop long est couturé de scènes trop courtes (ainsi de la confrontation entre Franz et le président du tribunal militaire qui le juge, interprété par un Bruno Ganz mourant qui allait décéder quelques semaines plus tard). Les tics qui caractérisent son cinéma deviennent vite envahissants : ses travelings interminables sur des champs de blé, cette voix off susurrante semblable à celle d'un prêtre donnant l'absolution, ces tableaux de famille censés incarner la félicité domestique où immanquablement on voit les enfants gambader dans les prés et les parents rouler dans les foins comme s'ils avaient seize ans. Et, last but not least, ce mélange babélien de dialogues anglais et allemands (pourquoi diable faire parler anglais des personnages autrichiens), les seconds n'étant pas traduits, soit que le budget ait manqué pour le faire, soit que le réalisateur ait voulu ainsi souligné l'incommunicabilité de cette langue. On l'aura compris au déséquilibre entre les deux points de vue qui précèdent : je suis sorti passablement excédé de la salle avec l'impression d'y avoir perdu mon temps et de m'être laissé enfumer par un escroc. Mais, les critiques dithyrambiques que je lis, la vénération admirative dans laquelle on tient Terrence Malick m'empêchent de défendre mon opinion sans l'accompagner d'un instant de doute. Que vous ayez déjà vu d'autre film de Terrence Malick ou pas, faites vous votre opinion. Allez voir "Une vie cachée" : vous adorerez… ou pas.
    ConFucAmuS
    ConFucAmuS

    Suivre son activité 180 abonnés Lire ses 521 critiques

    4,0
    Publiée le 26 décembre 2019
    On lit ici et là qu'Une vie cachée marque le retour de Terrence Malick, après une pelletée de films abstraits (abscons?) qui ont grandement divisé. Et force est de constater que le cinéaste légendaire semble revenu de ses expérimentations cosmogoniques. Dans sa forme, Une vie cachée s'inscrit dans la veine des œuvres phares de son auteur. Plus narratif, moins ésotérique; le récit colle aux tourments de ses protagonistes principaux. En l'occurrence Franz Jägerstätter, objecteur de conscience ayant refusé de prêter allégeance à Hitler et l'uniforme nazie, et sa femme Franziska. On retrouve les grands totems du cinéma Malickien (voix-off, nature, amour, religion), ici déclamée dans un poème mêlant le genre épistolaire avec les méditations de ses personnages. Le film est avant tout une histoire d'amour poignante, doublée d'une invitation à l'osmose avec l'environnement et ses richesses. Terrence Malick offre une myriade d'images proprement sidérantes de beauté, célébrant chaque hectare de forêt, de champs labourés et moment de vie du couple Jägerstätter. Cette force tient à cet équilibre parfait qui sait se taire pour montrer (magnifier plutôt). Mais également prendre la mesure d'une situation qui confronte bien et pureté avec l'hypocrisie et la cruauté d'une communauté. Par ce simple procédé, Franz Jägerstätter devient une incarnation christique (assumée) sans jamais sombrer dans le grandiloquent. De même que Franziska, femme aimante qui devient le prolongement de cette bonté mise à mal par le rejet et l'injustice. August Diehl et Valerie Pachner bouleversent par la simplicité et l'incarnation d'un idéal menacé, ce jardin d'Éden encerclé par le mal et la désolation. Je reprocherai peut-être au film quelques longueurs, mais cela n'entache pas la magnificence du propos et de la direction artistique (paradisiaque). Retour de Terrence Malick ? Oui, si on parle en termes de narration. Mais sinon, le réalisateur n'a jamais perdu ce sixième sens qui lui permet de transcender n'importe quel plan. Cette fois, il y a de grandes chances qu'Une vie cachée mettent tout le monde d'accord.
    cinono1
    cinono1

    Suivre son activité 95 abonnés Lire ses 1 457 critiques

    5,0
    Publiée le 15 décembre 2019
    "je ne peux pas faire ce que je crois mauvais" Tout le film de Malick tient dans cette phrase. Dans cette ode à la grace et à l'idéalisme. L'histoire est ici beaucoup plus incarné que dans ses derniers films, tout au moins dans sa première partie. Et cela fait du bien de revoir un Malick plus impliqué dans la narration, avec des personnages qu'on finit par connaitre, dans leur quotidien et leur géographie. C'est rempli de plans marquants, magnifiques. Le film se perd parfois dans la deuxième partie, encombrés de quelques bondieuseries parfois balourdes mais aussi inspirés. Mais le cinéma, ce sont aussi les images et celles de Malick sont si magnifiques et quand le propos est incarnée comme ici...
    CineRepertoire.free.fr
    CineRepertoire.free.fr

    Suivre son activité 86 abonnés Lire ses 1 288 critiques

    4,0
    Publiée le 14 janvier 2020
    C'est probablement le meilleur film de Terrence Malick depuis un bon bout de temps. Le plus lisible. Le moins "mystique à tous crins", même si Dieu et la foi sont questionnés tout au long du film, même si le clocher du village apparaît le plus souvent possible dans le champ de la caméra... D'autres dimensions, humanistes et historiques, entrent heureusement en concurrence dans ce scénario qui trouve un meilleur équilibre entre la terre et le ciel, entre l'humain et le divin. Il y est question de justice, de conscience, de droiture morale, de liberté, de conformisme... Tout cela par le biais de l'histoire (réelle) d'un paysan plutôt taiseux, qui s'arc-boute contre les vents dominants, sans grand discours philosophico-politique, arguant simplement d'une intime conviction. Posture à la fois héroïque, égoïste et fatale, que Malick, en citant George Eliot en conclusion de son récit, célèbre comme l'acte non historique d'une vie cachée dont dépend finalement le bien du monde. Et son salut, d'une certaine manière. Le réalisateur s'engouffre dans le silence buté de son héros et dans les grands espaces autrichiens avec son lyrisme habituel... auquel on ne s'habitue quand même jamais tout à fait, tant il est traversé de fulgurances poétiques, de sensations inouïes, de compositions incroyablement picturales. La caresse du vent dans les blés, un banc de brume sur une vallée, les travaux des champs, un enfant qui court, une lumière qui filtre par la lucarne d'une prison et éclaire une nature morte… On touche parfois au sublime ; la réalisation et la photo sont à tomber par terre. Les espaces apparaissent comme "habités", illustrant un panthéisme de toujours. Et le temps, étiré, est comme "dolorisé", lent chemin de croix méditatif, qui ne cesse heureusement de tutoyer la beauté du monde à mesure que le héros marche vers sa fin. Alors, bien sûr, le film est trop long, un peu répétitif, lourd parfois. Mais il dégage une impression de magnificence et une force émotionnelle (à laquelle contribuent beaucoup les deux acteurs principaux) qui imprègnent durablement l'esprit et la chair. Et qui invitent, cette fois-ci, à une certaine indulgence quant aux travers emphatiques du maître…
    Les meilleurs films de tous les temps
    • Les meilleurs films de tous les temps selon les spectateurs
    • Les meilleurs films de tous les temps selon la presse
    Back to Top