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Le Silence des autres
note moyenne
4,1
140 notes dont 17 critiques
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17 critiques spectateurs

Chris58640
Chris58640

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4,0
Publiée le 24/02/2019
A la mort de Franco, le Parlement espagnol à voté en 1977 une loi d’amnistie générale : les prisonniers politiques du franquisme étaient immédiatement libérés et, en contrepartie, leur geôliers, leur bourreaux ne seraient jamais inquiétés. Cette loi de 1977, qui voulait imposer l’oubli par la force dans l’esprit des espagnols, est aujourd’hui elle-même devenue une prison : elle oblige des victimes à vivre à deux pas de leur bourreaux, elle prive des vieilles dame de la dépouilles de leur père, de leur mère, de leur frère, elle empêche la société espagnole d’avancer, d’une certaine manière même, elle paralyse la vie politique espagnole. « Le Silence des Autres » (mauvais titre pour un très bon film) est un documentaire de 90 minutes, produit par Pedro Almodóvar et mis en scène par Almundena Carracedo et Robert Bahar, que j’ai eu la chance de voir hier en compagnie d’une fille et d’une petite fille d’exilée espagnole. Le sujet central de ce documentaire, n’est pas la Guerre Civile ni même le Franquisme, mais le combat actuel des victimes et des descendants de victimes pour briser cette loi de 1977 et permettre enfin, avant qu’il ne soit trop tard, que Justice soit faite. Dans sa forme, le documentaire est bien calibré, pas trop long et même s’il est parsemé de scènes très fortes, voire carrément bouleversantes, il reste tout à fait accessible au plus grand nombre. Nul besoin d’être très au fait de l’Histoire de l’Espagne pour toucher du doigt les enjeux du combat de ces hommes et de ces femmes. Ce combat qui est le leur est le même que dans toutes les Dictatures échues, c’est un combat pour la Justice, pour la Dignité, pour l’Histoire, des valeurs ô combien universelles. Le documentaire choisi deux axes : l’axe chronologique et l’axe thématique. Chronologiquement, après une courte évocation historique, le combat commence… en Argentine. La Justice espagnole, muselée par la loi de 1977, ne peut entreprendre des démarches contre les franquistes encore vivants. Alors, au nom de l’Universalité des Droits de l’Homme et des crimes contre l’Humanité, c’est à 10 000 km de Madrid que tout démarre, dans un pays, l’Argentine, qui sait douloureusement ce qu’est une dictature militaire. Une juge argentine, une petit bout de femme opiniâtre et volontaire, lance une procédure avec au départ 2 plaignants. La tache d’huile d’étend en Espagne, où les victimes et leur héritiers s’organisent, militent, font du lobbying, ameutent la presse et une opinion publique quasi hostile. C’est à croire que cette loi de l’Oubli à bien fonctionné, puisque la jeunesse espagnole ne sait rien et que les autres ne veulent plus en parler. Eternel combat que celui de la Mémoire, entre les partisans du franquisme encore très actifs (et qui ont un salut qui ressemble beaucoup trop au salut nazi pour que cela soit interprété autrement), un partie de la droite espagnole qui refuse tout, même de débaptiser les noms de rues d’assassins et l’immense majorité d’un peuple espagnol qui regarde ailleurs, leur combat n’en est que plus héroïque. Cette course contre la montre est incarnée par le premier personnage qui apparait dans le film : une très vieille dame qui veut récupérer les restes de sa maman, enterré dans une fosse commune sur laquelle on a construit une voie rapide. Cette veille dame, qui finira par succomber, va transmettre son combat à sa fille : la course contre la montre devient un relais. Elles sont âgées, ces victimes, et le combat qui à commencé en 2010 dure toujours. L’instruction est toujours en cours, le nombre des plaignants s’accroit et le documentaire le montre très bien : ce sera long mais ce qui est entamé ne pourra plus être stoppé. Le second axe du documentaire est plutôt thématique et il donne la parole à des victimes différentes. Il y a les veilles dames qui veulent récupérer les dépouilles de leurs parents, et celles qui ne savent même pas où elles se trouvent, il y a ceux et celles qui ont été torturé dans leur chair par des policiers qui vivent aujourd’hui à deux rues de chez eux, et il y a celles à qui ont a volé leur bébé (un grand classique des Dictature du XXème siècle). Si les dictatures d’Amérique Latine ont produits des centaines de milliers de victimes en quelques années seulement, alors imaginez combien de victimes pour une dictature qui a duré 40 ans, au sein du continent européen, à quelques kilomètres de la France ? Une scène restera à mes yeux la plus forte du documentaire, c’est la scène d’ouverture de la fosse commune de la fin du film. Les corps sont là, pêle-mêle, il ne reste que les squelettes et… au milieu des os, l’éclat métallique de la balle qui les a tués. Quand bien même il ne resterait que de la poussière, la balle serait toujours là : la balle, c’est le Franquisme Espagnol. Je termine cette critique avec un bémol, un gros bémol : où est l’Eglise Catholique dans ce réquisitoire ? Nulle part ! Quand on sait que c’est elle, la base fondatrice du Franquisme, que c’est elle, la grande gagnante de la Dictature, que c’est elle qui a guidé (et absous) la main des bourreaux, des tortionnaires, des médecins voleurs d’enfants, où est-elle ? Cette Eglise Espagnole est-elle encore intouchable aujourd’hui ? Si l’Espagne veut faire son devoir de mémoire, elle devra faire aussi le procès de l’Eglise Catholique : y est-elle prête ? Visiblement pas…
Les choix de pauline
Les choix de pauline

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4,5
Publiée le 19/02/2019
Très bon documentaire au long court sur la lutte des victimes du franquisme à faire reconnaître leurs droits à la justice. Je connaissais assez bien le franquisme et ses exactions, j’étais admirative de la manière dont l’Espagne était redevenue une démocratie moderne et dynamique mais en fait,j’avoue que je n’avais pas idée du black-out total qu’il y avait eu sur le franquisme. La page a juste été tournée sans conséquences aucunes pour les tortionnaires. Les rues , dans lesquelles j’ai dû déambuler, portent encore leurs noms, les élèves n’apprennent rien sur cette période.... Sidérant. Un beau film sur la résilience et la force de résistance qui finit parfois par payer!! A voir.
Jmartine
Jmartine

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4,0
Publiée le 18/02/2019
Le Silence des autres ou la justice contre l’oubli…documentaire de Almudena Carracedo et Robert Bahar, produit par Pedro Almodovar….Quand un pays gratte son histoire et sa mémoire là où elles démangent, cela donne au cinéma d'émouvantes images de douleur et de combats partagés, de solidarités retrouvées. C'est un autre visage de l'Espagne qui se dévoile, loin du folklore et de la movida, dans un film déjà récompensé au festival de Berlin en 2018 et couronné il y a quelques jours du Goya du meilleur documentaire du cinéma espagnol à Madrid. Pendant près de 40 ans, le général Franco a dirigé un régime politique dictatorial avec le titre de Caudillo (Chef ou guide). . En 1977, 2 ans après la mort de Franco, le Parlement espagnol vote une loi d’amnistie : On ouvrit les prisons, les exilés purent revenir en Espagne, les crimes politiques furent amnistiés. Ce « pacte du silence » ou « pacte d'oubli » fut scellé par l'ensemble des partis politiques espagnols pour ne pas remettre en cause le passé et se projeter vers l’avenir….Dans les faits, elle interdisait de juger les crimes franquistes… Les mêmes politiciens, juges, fonctionnaires, chefs d'entreprises, etc., sont restés aux commandes…Cette loi servit d’ailleurs de modèle à d’autres pays ayant vécu une chute d’une dictature…. La période qui va de la fin des années 90 et le début des années 2000 est marquée par la contestation du « pacte d’oubli » de la transition espagnole. De nombreuses victimes du franquisme, elles-mêmes relayées par les associations et les partis politiques dans l’opposition, dénoncent une illusion de réconciliation fondée sur le silence et l’absence de justice rétroactive … L’Espagne qui avait avec fierté’, obtenu l’arrestation du dictateur chilien Augusto Pinochet, au nom de ce principe qui rend imprescriptibles les crimes commis contre l’humanité, bloque sur ses propres dossiers. Le juge Garzón, triomphal sur le dossier Pinochet, se cassera les dents et brisera sa carrière en voulant enquêter sur les crimes du franquisme. Le Silence des Autres est un documentaire terrible et douloureux mais indispensable. Pendant six ans les réalisateurs Almudena Carracedo et Robert Bahar ont suivi un groupe de victimes de la dictature de Franco, des gens qui cherchent le corps d’un membre de leur famille pour lui donner une digne sépulture ou des hommes ou des femmes qui ont souffert la torture ou le vol d’un bébé, et qui ont décidé de saisir la justice. Mais ils ne peuvent pas le faire dans leur propre pays car la loi d’amnistie empêche toute procédure, donc ils vont partir en Argentine pour qu’un tribunal international puisse juger les tortionnaires encore vivants, car les « crimes contre l’humanité » n’ont pas de prescription. Le film met un visage sur des victimes, ce ne sont pas des chiffres mais des personnes en chair et en os comme María Martín, une octogénaire qui peut à peine marcher mais qui continue à chercher le corps de sa mère ou José María Galante « Chato », que se bat pour condamner son tortionnaire « Billy el niño » qui habite à quelques pâtés de maison de chez lui… La réussite du film est de montrer qu'une communauté aux cheveux grisonnants s'est formée, redonnant un sens à toutes ces luttes individuelles, rendues muettes et invisibles par la loi d'amnistie, et du même coup, un espoir en l'avenir , et qui veulent réconcilier l’Espagne avec sa vérité, malgré l’incapacité actuelle de l’Espagne à faire face à cette vérité, le gouvernement ayant systématiquement refusé de donner suite aux demandes d’arrestation et d’extradition de la justice argentine. « Rien ne doit réveiller les vieilles rancœurs », déclarait encore récemment le roi Felipe VI. Les victimes n’ont, elles, pas d’autres espoirs que d’obtenir un jour l’abrogation de la loi d’amnistie...Nous retiendrons du film que c’est en bonne voie …
beida
beida

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1,5
Publiée le 04/03/2019
Documentaire militant qui prend de façon manichéenne le point de vue de victimes du franquisme, en occultant les violences équivalentes des Républicains, et surtout en faisant peu de cas de l'esprit et de la lettre du "pacte d'oubli", voté à la quasi-unanimité par les Cortes en 1975. Ces victimes s'illusionnent en croyant contourner cette loi en ayant recours à la justice argentine, au nom d'une prétendue compétence universelle. Il est permis de considérer que cette loi est le socle sur lequel s'est construite la démocratie espagnole, et que vouloir le saper au nom d'intérêts particuliers est une profonde erreur.
velocio
velocio

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3,5
Publiée le 20/03/2019
Un beau documentaire, sobre et honnête, sur les conséquences du "pacte de l'oubli", loi d’amnistie votée en 1977 par le Congrès espagnol et qui a empêché la justice de faire son travail sur les crimes innommables commis sous la dictature de Franco : actes de tortures, meurtres, bébés volés, etc.
Xavier G.
Xavier G.

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4,0
Publiée le 20/03/2019
Un documentaire poignant sur un sujet peu évoqué. On y voit le combat de ces gens meurtris sur des générations. Un montage intelligent qui prend à contre-pied la chronologie historique pour mettre en exergue les témoignages et les enjeux politiques d'aujourd'hui. Un documentaire important qui a toute sa place sur le grand écran.
Caroline F
Caroline F

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2,0
Publiée le 13/03/2019
Attribuer des "étoiles" dans ce cas précis n'est pas pertinent ... Si la souffrance exprimée dans ce documentaire est bouleversante et digne de respect, il donne une version univoque de la guerre civile, présentée à nouveau comme la lutte des bons et des mauvais, le sacrifice des innocents. Quant à la dictature, elle n'est pas défendable, mais je ne suis pas sûre qu'un certain nombre de républicains extrémistes, qui d'ailleurs signèrent l'arrêt de mort de la République espagnole en semant violence et chaos, auraient fait mieux que leur "pendant" franquiste. La réconciliation ne peut passer que par la justice, mais aussi la plurivocité, des perspectives plurielles. Le langage cinématographique mis en oeuvre ici (inserts sur les visages des victimes qui nous plongent dans leur souffrance et nous empêchent de penser, cuts qui amalgament bourreaux, dictateur, et tous les acteurs de la Transition) va à l'encontre de la démarche de vérité. Issue d'une famille de républicains qui subit des représailles à la fin de la guerre, je dois pourtant dire que j'ai de plus en plus de mal à accepter cette approche manichéenne qui compromet le devenir démocratique de la société espagnole.
Cinespagne
Cinespagne

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4,5
Publiée le 11/03/2019
Dix ans après Los caminos de la memoria de José Luis Peñafuerte, neuf ans après le documentaire d' Isabel Coixet, Escuchando al juez Garzón, deux ans après Lesa Humanitat d' Héctor Fáver (Gaudi Award for Best Documentary 2017), la lutte contre l'impunité des crimes du franquisme trouve un nouveau souffle au cinéma avec le documentaire d' Almudena Carracedo et Robert Bahar, El silencio de otros. Le laborieux travail des prédécesseurs regroupait des archives, des témoignages, des demandes. Ils ont tous ouvert des portes et renforcé les avancements. Aujourd'hui, avec Le silence des autres, c'est un nouveau mur qui tombe pour toujours plus de communication sur le sujet. « Un film qui bouleverse l'Espagne » car au plus près des victimes, sans peur des larmes, des lois et des responsables. Un film produit par des cinéastes mondialement reconnus, les frères Almodóvar, un film largement diffusé en France par Sophie Dulac Distribution, un film qui peut. Il parcourt le monde depuis plus de neuf mois, il a reçu plus de quinze prix dont le Goya au Meilleur documentaire par l'Académie du cinéma espagnol ce samedi 2 février. Douze semaines à l'affiche en Espagne, un DVD en vente. Il arrive dans les salles françaises, nous l'attendions, pour dire la vérité, demander justice, écrire l'histoire. Parce que la deuxième guerre mondiale a eu lieu, parce que nous sommes voisins, parce que nous voulons la paix, parce que nous sommes les fils d'émigrés, les petits-fils d'exilés, ici ou là. Pour en savoir plus, pour en savoir mieux, pour comprendre plus clairement. De la dictature franquiste à la pratique de la démocratie, depuis l'Argentine vers l'Espagne jusqu'aux commissions européennes des droits humains, pour l'universel, dans le temps et dans l'espace. Pour nous tous. Filmer pour la justice Les témoignages sont le fer de lance du documentaire qualifié de pédagogique à maintes reprises e tà juste titre. Le parti est pris, la caméra se situe du point de vue de ceux qui ont subi, de ceux qui n'ont pas été respectés dans leur dignité, des victimes du franquisme. Le documentaire se focalise sur des personnes qui nous permettent de comprendre dans le temps les enjeux de leur lutte, les causes et les conséquences. Nous suivons les vivants et les morts, la volonté et les traces. Les torturés, les enterrés, les mères des bébés volés. José Maria Galante, dit el Chato, est une figure qui nous est déjà familière. Il est l'un des fondateurs de l'association La Comuna (2011). Ancien prisonnier du franquisme, torturé à quatre reprises par Billy El Niño (Antonio González Pacheco), il est devenu l'un membre actif du déroulement judiciaire. Sa plainte et son témoignage représentent le début de tous ceux qui se sont mis en quête de la justice, et en aucun cas de la vengeance. Soledad Luque ne manque pas non plus à l'appel. Elle représente l'association des Mères des enfants volés de la dictature. Ils sont tous les chevaux de Troie qui nous permettent d'aborder et de suivre distinctement l'affaire, obstacle après obstacle, victoire après victoire. L'une des singularités du documentaire est de proposer également des images des bourreaux, de leur immeuble, des rues de Madrid aux noms des généraux dictatoriaux, des morts, d'hier et d'aujourd'hui, de face, à la volée ou encore dans les salles du Palais de justice. Nous voyons comment certains pleurent en disant et comment d'autres se taisent en fuyant. L'on voit aussi le nouveau visage, après celui de Baltasar Garzón, qui mène de front les démarches judiciaires et diplomatiques : l'avocate argentine María Servini. Le cinéma d'Almudena et de Robert s'impose comme un cinéma du peuple, un outil chargé de futur (cf. La poesía es un arma cargada de futuro, Gabriel Celaya). Aussi, les images réalistes et les images d'archives trouvent en l'ajout d'images poétiques un dosage adéquat des émotions assumées : le monument aux victimes de la Guerre Civile et du franquisme dans la vallée du Jerte du sculpteur Francisco Cedenilla est un élément évocateur puissant. Il s'agit de quatre figures humaines, un homme âgé, deux hommes jeunes et une femme, tous nus. Elles aussi portent les blessures de la période noire de l'Espagne : des traces de balles tirées en 2009 quelques jours après l'inauguration. Elles sont l'expression des impunités. Les plans panoramiques sur ce mirador apportent le souffle nécessaire au spectateur pour assumer la dureté des expériences déclarées par les témoins, mots qui ne sont, nous le répétons, pas encore autorisés à être entendus dans les tribunaux espagnols. La justice contre l'oubli Les réalisateurs sont toujours sur le terrain, elle à la caméra, lui au son. Elle, concernée par cette histoire qui fait partie de son pays natal et lui parce qu'il a la distance nécessaire pour apporter une dimension universelle au documentaire. Toute l'équipe du film est aussi internationale, et c'est aussi en cela que le film touche un public plus large. Six ans de tournage, 450h de rush, un an et demi de montage. Une volonté commune : permettre la justice pour plus de 120 000 disparus, pour les corps des 300 fosses communes déclarées, pour les 30 000 bébés volés recensés. Et par le cas de l'Espagne, soutenir tous les autres. Le film montre pour ne plus cacher, accompagne l'ouverture des fosses, identifie un corps qui représente tous les autres; il comprend aussi le décès d'un témoin et la reprise de son combat par sa fille parce que l'espoir est admis sans limite, parce que la mémoire est obstinée (cf. Patricio Guzmán, Chile, la memoria obstinada). La relation avec les figures du film s'est déroulée dans le temps; la confiance et la complicité ont permis la confidence de leur témoignage après plus de quarante ans à chercher, ou à se taire. Le 14 octobre 1977, le congrès espagnol a voté la loi d'Amnistie. Le 2 juin 2018, Pedro Sánchez reprenait la lutte pour la mémoire historique. La mise à jour en 2019 est plus que nécessaire. L'Espagne a changé et ne peut avancer sans affronter ces fantômes, voilà ce qu'attendent les hommes et les femmes libres. Le documentaire ne lésine pas à les filmer au plus près car ils parlent, ils se montrent à visage découvert et disent leur souffrance. Certains penseront que l'empathie est quelque peu forcée mais elle permet la mobilisation et la divulgation. Les plaintes déposées en Argentine et l'union des associations des victimes et des bébés volés forment les piliers de la demande judiciaire. Les plaignants ne sont plus seuls, leur traumatisme est partagé, ils sont entendus. Ce début de procédure a constitué le cri après le silence, la vérité après la torture, la justice universelle envisageable. Les pressions et blocages diplomatiques révélés aux côtés des victimes, par la juge argentine, sont aussi filmés. Tous les ingrédients pour inspirer confiance et espoir sont là : les demandeurs se manifestent de plus en plus au fil des ans, des scandales et des réussites. La visibilité offerte au thème est indéniable, elle lui sert. Le film est au service de la population d'avant la dictature, de pendant la dictature et d'après la dictature. Le film est là pour combler l'absence de procès, pour rappeler l'injuste pacte de l'oubli, pour la réconciliation. La problématique originale des réalisateurs était : « quelles sont les conséquences du pacte de l'oubli, en 40 ans de démocratie, pour les victimes vivantes du franquisme ? » Après le visionnage du film, les réponses seront claires, le besoin d'un jugement international encore et toujours plus soutenu, nous en sommes persuadés. Le silence des autres, « un film au titre ouvert qui donne lieu au questionnement », rappelle l'urgence de la cause. Il est à l'aube d'une justice en route, toujours fragile au regard des récentes élections régionales en Espagne. Vu par plus de 25 000 spectateurs, il a fait salle comble lors de son avant-première à Paris (cf. Españolas en París), a été applaudi longtemps à Montpellier (Festival du cinéma méditerranéen, octobre 2018). Son affiche est largement diffusée et reconnaissable. Un Trending topic des plus importants du réseau Twitter. Quarante salles en France le programment. Un nouvel épisode de la Transition espagnole est en train de s'écrire. L'heure est enfin venue, l'outil pour faire appliquer les lois, pour que justice soit faite, pour qu'un pays progresse, pour que tous sachions mieux. Comme l'a rappelé Almudena Carracedo sur le tapis rouge qui précédait la remise des Goyas au micro des Rédacteurs : « Nous avons une responsabilité, nous ressentons cette responsabilité [...] L'heure est arrivée. Aidons à diffuser le film.» Marie-Ange Sanchez
alokin44
alokin44

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4,5
Publiée le 03/03/2019
Un documentaire qui mérite d'être vu pour comprendre l'importance de la mémoire d'un peuple. Un sujet pas nouveau mais traité avec beaucoup de profondeur. A voir !
Ufuk K
Ufuk K

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4,0
Publiée le 25/02/2019
" le silence des autres " produit par pedro Almodovar est un documentaire édifiant sur l'Espagne sous la dictature de Franco. En effet nous suivons le combat d'une poignée espagnole qui se bat pour la condamnation de certaines politiques qui ont pratique des crimes horribles pendant la présidence de franco et protège par une loi aberrante de 1977 dans un récit glaçant, émouvant et nécessaire.
In Ciné Veritas
In Ciné Veritas

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3,0
Publiée le 25/02/2019
Pendant sept ans, Almudena Carracedo derrière la caméra et son époux Robert Bahar à la prise de sons ont saisi les témoignages d’anciennes victimes ou parents de victimes des exactions perpétrées durant la dictature de Franco. Le silence des autres raconte ainsi le combat d’un groupe de citoyens espagnols pour briser le silence imposé à toute une nation par le « pacte de l’oubli ». Critique complète sur incineveritasblog.wordpress.com
Frédéric P
Frédéric P

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4,5
Publiée le 22/02/2019
Documentaire extrêmement émouvant sur la mémoire du franquisme refoulée. On comprend pourquoi la transition a conduit à l’amnésie. La loi d’amnistie de 1977 afin d’amnistier les opposants a aussi amnistié les bourreaux franquistes. Le documentaire montre comment des descendants de victimes luttent pour rouvrir les fosses communes et poursuivre les criminels en contournant la loi d’amnistie en passant par l’Argentine et la compétence universelle sur les crimes contre l’humanité. On reste étonné de voir que le débaptême des rues de Madrid portant les noms de criminels n’a eu lieu que très récemment.
cyclo86
cyclo86

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5,0
Publiée le 18/02/2019
Après la mort de Franco, a été votée une loi d’amnistie générale, qui certes a permis la libération des prisonniers politiques, mais qui interdisait de revenir sur les crimes franquistes. Elle était censée devenir un pacte de l’oubli. Mais l’oubli de quoi ? Des bourreaux et des tortionnaires qui, pendant près de quarante ans, ont jugulé toute opposition, ont torturé et assassiné en toute impunité et sans laisser de traces (cf les nombreux disparus qui gisent dans environ 3000 fosses communes), ont volé des enfants à des familles républicaines pour ne pas qu’ils soient nourris de mauvaises idées et aussi à des mères célibataires à qui on faisait croire que leurs bébés étaient morts, pour les punir d’avoir fait un enfant hors mariage ? Aujourd’hui, tant les familles des disparus que les mères en question réclament justice. C’est ce que montre le formidable documentaire réalisé par Almudena Carracedo et Robert Bahar, Le silence des autres. Des douzaines, des centaines de témoignages ont été portés devant une cour de justice de Buenos Aires (puisque c’est impossible de juger en Espagne), les crimes en question étant qualifiés de crimes contre l’humanité. Les enfants et familles des victimes disparues (120000 environ) demandent l’exhumation de leurs restes, les mères de bébés volés (30000 tout de même !) réclament des comptes. L’Espagne n’en finit pas de clore ce passé, cette mémoire historique ; il a fallu briser un tabou. Le film est passionnant qui nous montre la souffrance des familles et de ces mères, leur tragédie d’avoir été obligées de taire leurs histoires pendant trente ans, au point que les jeunes Espagnols d’aujourd’hui ne savent rien du franquisme !
ANDRÉ T.
ANDRÉ T.

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3,5
Publiée le 18/02/2019
Moins enthousiaste que certains, pourquoi ? Les horreurs exposées, dépassent largement le cadre de l'Espagne et sont universels ! Charniers d’opposants au franquisme, bébés enlevés à leur mère, autres horreurs…... Il semble à la lumière de ce document que l’Espagne n’a pas tourné la page du franquisme et garde précieusement la poussière sous le tapis. Qui pour leur jeter la pierre ? En France, avons nous tourné la page de la collaboration de la 2ème guerre mondiale, ou plus récemment, celle de la guerre d’Algérie ? L‘Allemagne et le nazisme, l’Afrique du Sud et l’Apartheid, le Cambodge et les Khmers rouges…. Dans chaque région du monde, il y a des zones d’ombres indélébiles….. Comment continuer à vivre ensemble ? Le Pardon, la Mémoire ? La Vérité Historique reste nécessaire et impérative, tôt ou tard. Ça pose des interrogations sur « l’espèce humaine »
soulman
soulman

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4,5
Publiée le 17/02/2019
Un modèle de documentaire, abordant un sujet sensible avec les qualités d'une investigation remarquable. Les différentes étapes de la lutte sont remarquablement exposées, les témoignages judicieusement choisis, tout comme les images d'archives. Un film émouvant et intelligent à projeter devant toutes les classes du secondaire.
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