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Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "Le Dernier Vice-Roi des Indes" et de son tournage !

Dans "l'ombre de la partition"

La Partition de l'Inde de 1947 a toujours intéressé Gurinder Chadha. Bien qu’elle ait grandi à Londres et qu'elle soit née à Nairobi treize ans après la division de l’Inde en deux nations, la réalisatrice a été élevée dans "l’ombre de la partition". Ses ancêtres vivaient dans les contreforts de l’Himalaya, dans le Pakistan actuel et ses grands-parents ont été témoins du chaos au cours duquel la violence tribale entre la minorité musulmane – qui aspirait à sa propre patrie – et la majorité hindoue et sikh a engendré le plus vaste exode de réfugiés de l’histoire. On estime qu’environ 14 millions de personnes ont été déplacées au cours de la Partition et qu’un million d’entre elles ont trouvé la mort.

Un déclic

C'est en 2005, lorsqu'elle a participé à l'émission "Who Do You Think You A" sur la BBC dans laquelle une personnalité revient sur la terre de ses ancêtres, que la réalisatrice de Joue-la comme Beckham Gurinder Chadha a décidé d'aborder la dimension tragique de son passé culturel via un film. Elle se rappelle :

"J'étais très réservée sur le Pakistan. Dans l’émission, au moment où je suis arrivée sur place, j’ai expliqué que je préférais parler de l’Inde ‘d’avant la Partition’. Mais j’étais à Jhelum pour tenter de retrouver la maison de mon grand-père et on a fini par la localiser grâce aux gens qui y habitent actuellement. Le plus émouvant, c’était de croiser tous ces gens âgés à qui je demandais : 'Vous habitez ici depuis combien de temps ? Vous avez connu mon grand-père ?' Et ils me répondaient tous : 'Je suis arrivé ici en 47. Je suis arrivé ici en 47. Etc.' Du coup, j’ai compris que toute une communauté Sikh avait été expulsée du Pakistan et remplacée par une autre communauté, tout comme cette nouvelle communauté musulmane avait été expulsée d’Inde et obligée de quitter son port d’attache. Tout cela m’a renvoyé avec force aux répercussions de la Partition."

Angle

Gurinder Chadha a voulu que le spectateur cerne bien l’impact de la Partition sur les gens les plus modestes, comme elle l'explique : "Je ne voulais pas me contenter de raconter pourquoi la Partition a eu lieu et m’attacher aux conflits politiques entre les grands dirigeants de l’époque. Je tenais à ce que le spectateur cerne bien l’impact de la Partition sur les gens les plus modestes."

La réalisatrice a donc eu l’idée de situer entièrement l’intrigue du film dans le palais du vice-roi, siège du gouvernement britannique à Delhi, pour présenter une vision métaphorique de la Partition entre « les étages supérieurs » et les « étages inférieurs ». Elle précise : "Dans le film, le palais du vice-roi est quasiment un personnage à part entière », précise la cinéaste. "Il a été conçu par Lutyens et il a fallu 17 ans pour le construire. Son architecture imposante symbolisait le pouvoir impérial et était destinée à impressionner ses visiteurs. Je suis certaine qu’en 1929, année où il a été achevé, personne n’aurait pu imaginer que moins de vingt ans plus tard elle deviendrait la résidence du premier président de l’Inde (et elle reste à ce jour la plus vaste demeure de chef d’État au monde)."

Modèles prestigieux

Pour Gurinder Chadha, Le Dernier Vice-Roi des Indes s’inscrit dans la lignée de La Route des indes (1984) de David Lean et Gandhi (1982) de Richard Attenborough. La cinéaste confie : "David Lean a toujours été l’un des mes cinéastes préférés. J’adore ces vastes épopées anglaises. Je trouve que c’est triste qu’on ne tourne plus ces films populaires à grand spectacle car ils nous permettent, d’une certaine façon, de définir notre identité nationale. Ils nous éclairent sur ce que nous sommes en se penchant sur notre histoire pour mieux décrypter le présent. C’est exactement ce que j’ai cherché à faire avec ce film : toucher le plus grand public possible et lui rappeler cet événement majeur largement oublié aujourd’hui."

Résonance

Gurinder Chadha voit Le Dernier Vice-Roi des Indes comme ayant une forte raisonnance à l'heure actuelle, le tournage du film dans le camp de réfugiés ayant coïncidé avec la publication, le 2 septembre 2015, de la photo d'un petit garçon syrien de trois ans retrouvé mort sur une plage turque. Le cinéaste confie :

"Tous les jours aux infos, on voyait des réfugiés syriens et d’autres nationalités dans des camps, victimes des grandes puissances qui se font la guerre par procuration en Syrie », témoigne la réalisatrice. « Et quand on a retrouvé ce petit garçon syrien échoué sur une plage, c’était totalement bouleversant. Je me suis dit : ‘Je dépense tout cet argent pour reconstituer la détresse pour un millier de figurants jouant le rôle de réfugiés, et pour reconstituer un phénomène auquel j’assiste dans la vraie vie partout dans le monde. C’était franchement déprimant."

Un film engagé

Gurinder Chadha a également conçu Le Dernier Vice-Roi des Indes pour que le public puisse comprendre "les conséquences logiques de la politique de la haine et de la division". La réalisatrice développe : "Ce n’est pas ça, l’avenir de l’humanité. Ça ne peut pas être un motif de fierté pour les gens. J’espère donc que mon film séduira ceux qui ont le sentiment que les hommes politiques les déçoivent en jouant sur la haine. Cela vous montre les conséquences directes de ce qui peut se passer quand on favorise la division. Ça aboutit en général à la mort, la destruction et la violence."

Représentation de la violence

Avec Le Dernier Vice-Roi des Indes, Gurinder Chadha s'est davantage attardée sur les six mois qui sont soldés par la Partition plutôt que sur la Partition en tant que telle. C'est pour cette raison que le film comprend peu de violence graphique à l'écran. Elle justifie ce choix :

"Je n’aime pas la violence physique au cinéma de toute façon, mais j’ai aussi eu le sentiment qu’elle était hors-sujet par rapport à ce que je racontais. On aurait parfois dit qu’on rouvrait de vieilles blessures. Du coup, s’agissant de l’émeute dans l’espace des domestiques, j’ai cherché à rendre la scène plus abstraite en utilisant par exemple des costumes indifférenciés, si bien qu’on avait du mal à distinguer les assaillants des agressés. Je ne voulais surtout pas que le spectateur se dise ‘ce sont les musulmans qui tuent les Hindous, ou au contraire ce sont les Hindous qui assassinent les musulmans’. Je souhaitais seulement montrer que la violence éclatait de toutes parts."
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