Après SHAME, solide (et fine) fiction sur l’addiction sexuelle, puis TWELVE YEARS A SLAVE œuvre surestimée mais honorable sur l’esclavage, Steve Mc Queen se lance dans le film de braquage. Le film de braquage est un sous genre assez peu codifié (contrairement par exemple au film de prison ou au « rape and revenge »), mais de grands réalisateurs s’y sont frotté (Kubrick avec THE KILLING, Lumet avec Dog day afternoon, Huston avec Asphalt jungle, Michael man avec Le solitaire,et Heat, Peckinpah avec Guet apens, et même Tarantino avec Reservoir dogs pour n’en citer que quelques uns), sans oublier les réussites européennes : Topkapi, Le cercle rouge, Du riffifi chez les hommes, sept hommes en or …..) . Tous ces films sont très différents et montrent bien que l’imagination peut rester au pouvoir dans le « robbery movie ». Malheureusement Les veuves ne fonctionne pas, faute d’un scénario solide. Une impression de bâclé prédomine. Les scènes d’action sont plutôt réussies (la première en particulier), mais le manque d’intérêt porté aux personnages, et les invraisemblances grossières laissent le spectateur sur sa faim. On a l'impression que Steve Mac Queen ne croit pas vraiment à l’histoire qu’il raconte, et qu’il considère son film comme une sorte d’exercice de style. Mac Queen n’a manifestement pas cherché à imposer une patte, comme si le fait qu’il s’agisse de braqueuses d'origine différentes (deux black, une blanche, une latino) suffisait à distinguer le film, alors qu’il y avait déjà une braqueuse dans Danger diabolik (1968), sans même évoquer Audrey Hepburn dans Comment voler un million de dollars.! Plus récemment INSIDE MAN de Spike Lee était autrement plus réussi, et bien sûr THE TOWN de Ben Affleck . Le film se laisse voir bien sûr, ne serait ce que grâce aux actrices, mais il y avait bien mieux à faire de mon point de vue.