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Sparring
Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "Sparring" et de son tournage !

Un film né des interrogations de son réalisateur

Sparring est le premier long métrage réalisé par Samuel Jouy. Le cinéaste précise qu'il ne s'agit pas d'un film de boxe mais d'un film sur un boxeur : "Ce n’est pas le ring qui m’intéressait le plus, mais ses à-côtés. L’entraînement, l’avant match, l’après match. La solitude du boxeur, son inconscient, ses états d’âme, sa vie de famille, comment il se lève chaque matin et surtout, pourquoi ? Mais le vrai point de départ de l’écriture de Sparring, c’est la naissance de mon premier enfant. A cette période, ma carrière d’acteur était au point mort et je passais mes journées à la salle de boxe pour m’épuiser. Une question m’obsédait : qu’est-ce que je vais bien pouvoir transmettre en tant que père si ma vie professionnelle est un échec ? L’écriture de Sparring est née de toutes ces conjonctions."

Un ouvrier du ring

Steve, le personnage qu’interprète Mathieu Kassovitz, est un boxeur professionnel qui a un palmarès de 33 défaites pour "seulement" 13 victoires. Samuel Jouy le voit non pas comme un looser mais comme un ouvrier du ring, un boxeur de l'ombre qui représente l’immense majorité des boxeurs professionnels. Il raconte :

"Ils sont pour moi l’âme de la boxe. On les appelle parfois trois jours avant un combat pour remplacer un combattant qui s’est blessé, ou bien ils servent de combat test pour les jeunes stars en devenir du noble art. Même si ce genre de boxeurs fait tout pour gagner, à la base les dés sont pipés pour eux et ils sont souvent condamnés à perdre. Sparring est un film qui rend hommage à tous ces boxeurs qu’on ne voit jamais."

Une fonction méconnue

Un sparring-partner est un partenaire d'entraînement dans certains sports, principalement en boxe. Une fonction qui peut s'avérer parfois plus dangereuse que faire des combats en eux-mêmes. Samuel Jouy explique : "Un combat va durer au maximum une demi-heure et si vous êtes trop dominé, l’arbitre arrêtera avant que vous ne preniez un coup fatal. Alors qu’un sparring, c’est un boxeur qui pendant un mois va chaque jour mettre les gants avec un type surmotivé qui va se déchaîner sur lui pour préparer son combat. Être sparring, c’est faire un combat par jour pendant un mois avec un champion. C’est ce que vit Steve avec Tarek M’Bareck."

Trouver Aurore

Pour trouver l'interprète d'Aurore, la fille de Steve, Samuel Jouy a vu plus de 200 enfants. Au moment où il s'apprêtait à trancher entre trois d’entre eux, sa directrice de casting lui a téléphoné en lui disant qu’elle venait de rencontrer la perle rare. "Je regarde les essais et là... tout de suite j’ai compris. Les trois autres petites que j’avais sélectionnées étaient vraiment d’excellentes actrices mais Billie c’était autre chose. Une respiration différente. Je n’entendais plus mon scénario, je voyais un être de chair et de sang. Et puis elle a ce sourire merveilleux qui termine le film…", se rappelle le cinéaste.

Trouver Tarek M’Bareck

C’est un ancien champion du monde, Souleymane M’Baye, qui interprète le personnage de Tarek M’Bareck. Son palmarès est impressionnant : champion du monde de boxe anglaise version WBA des super légers, 47 combats et seulement quatre défaites. Dans le scénario, ce personnage était décrit comme une sorte de Noureev du ring et Samuel Jouy avait besoin d’un boxeur au style unique. C’est en allant faire un repérage au Casino de Deauville où il avait imaginé une scène de gala que le réalisateur a vu Souleymane combattre. Il se rappelle :

"Je le connaissais, bien sûr, comme tout amateur de boxe, mais bizarrement je n’avais pas pensé à lui pour le rôle. Souleymane n’a pas dit oui tout de suite, il craignait de ne pas être assez bon acteur. Je l’ai fait travailler. Au bout de deux jours de tournage, c’était devenu un acteur pro. Il avait le « truc ». Souleymane possède notamment une des qualités les plus importantes pour un acteur : il sait écouter."

Pour de vrai !

Dans les scènes de combat, les coups sont portés pour de vrai, sans trucages, et Mathieu Kassovitz a tout de suite accepté ce postulat. "Il a même été plus loin. Mon idée de départ était de porter les coups pour de vrai mais dans le cadre de combats chorégraphiés à l’avance. Au bout d’un mois d’entraînement, Mathieu vient me voir et me dit : « Allons au bout de ton idée. Oublions les chorégraphies, donnenous des thèmes et boxons pour de vrai. » J’ai dit banco ! Les marques qu’a Mathieu sur le visage dans le film, je peux vous dire que ce n’est pas du maquillage", confie Samuel Jouy.

Références

Les références que Samuel Jouy avait en tête au moment de la conception de Sparring étaient les travaux de James A. Fox, un photographe qui a beaucoup travaillé sur la boxe, ainsi que Noble art de Pascal Deux sur Fabrice Benichou, qu'il considère comme l’un des meilleurs documentaires sur la boxe. "Je connais évidemment tous les films de boxe mais si je m’étais mis à penser à Gentleman Jim, Marqué par la haineRocky ou Raging Bull, je ne me serais même pas risqué à faire ce film parce que j’aurais été écrasé sous ces références glorieuses", note-t-il.

Steve selon Kassovitz

"Steve fait partie des derniers de ces générations de boxeurs qu’on engageait pour aller se faire casser la gueule. C’étaient des bosseurs qui allaient au charbon et se faisaient littéralement massacrer par ceux qu’ils entraînaient. Mais la boxe a évolué, ce n’est plus un sport de cogneurs comme ça l’était à une époque, tout est devenu plus technique, plus intelligent, et cette tradition est en voie d’extinction. Impossible aujourd’hui de tenir un round en allant simplement à la castagne. Du coup, tous les boxeurs sont devenus des sparrings."

Authenticité !

Comme il n’y avait pas de chorégraphies, Samuel Jouy filmait nécessairement les combats en dehors du ring, de l’autre côté des cordes. "Il devait se débrouiller pour avoir ses plans. Nous, on s’en fichait, on faisait nos trucs. Quand on s’était pris un coup, on se retournait vers lui : « Tu l’as eu ? Tu l’as eu ou pas ? ». Parfois il l’avait eu, parfois non", présice Mathieu Kassovitz.

Arrivée de Souleymane

A l'origine, Mathieu Kassovitz devait travailler avec un autre comédien, novice en boxe. Lorsqu'ils ont commencé à s'entraîner, cet autre acteur a vite jeté l’éponge. C'est à ce moment que Souleymane M'Baye, qui n’était là au départ que pour les aider, s’est imposé. "Son statut de champion du monde donnait du poids au film et, pour moi, c’était une garantie : je savais qu’il mesurerait ses coups et, qu’à l’inverse, je pourrais boxer sans crainte. Nous nous faisions confiance", note Kassovitz.

La réalité rattrape la fiction

En juin 2017, Mathieu Kassovitz a disputé son premier vrai combat amateur au Centre international de Deauville. Il a combattu un dénommé Franck Barigault, 48 ans, pendant trois rounds de trois minutes avec casque en "version assaut", donc sans recherche du KO. Les deux hommes ont fait match nul.

Concours de circonstances

Samuel Jouy a eu l'idée de situer l’entraînement de Tarek dans le théâtre grâce à un incroyable concours de circonstances. Le metteur en scène se souvient : "J’étais en repérage au Casino de Deauville. Comme j’avais oublié mon passeport et pour m’éviter d’avoir à rentrer dans la salle de jeux, un vigile m’a fait passer par les sous-sols. J’ai découvert un monde incroyable : des meubles cassés en réfection qui en disaient bien plus long sur le Casino que le Casino lui-même, des sanitaires dont j’ai décidé de faire les douches et les vestiaires des boxeurs et enfin les coulisses du théâtre dont j’ignorais jusqu’à l’existence… un magnifique théâtre à l’italienne de 500 places ! J’ai immédiatement voulu en faire le lieu de l’entraînement. C’était un peu comme si les choses étaient venues naturellement à moi. Et puis le théâtre et la boxe ont un point commun : sur une scène comme sur un ring, tout se passe « ici et maintenant »."
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